Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 13:54


Education : la grève du 93 s'étend....
6747_image.jpg

Des professeurs et élèves de Seine-Saint-Denis sont en grève contre la suppression de postes d’enseignants. Un mouvement à élargir à l’échelle nationale.

Suite à la grève de la fonction publique, jeudi 21 janvier, les enseignants des lycées Jean-Jaurès à Montreuil et Flora-Tristan à Noisy-le-Grand avaient décidé de se mettre en grève, dès le lundi 25.


Le 1er février, les professeurs et élèves du collège et du lycée Henri-Wallon d’Aubervilliers se mettaient en grève illimitée et ont été rejoints, au cours de la semaine, par douze autres établissements (Aubervilliers, Pantin, Saint-Denis, Bobigny, Dugny, Drancy, Montreuil).


Après s’être rassemblés à plus 200 devant la mairie d’Aubervilliers, jeudi 4 février, les grévistes se sont retrouvés en assemblée générale et ont décidé d’amplifier le mouvement.


Toute la semaine, des délégations des établissements en grève ont parcouru le secteur pour étendre la mobilisation. Résultat : mardi 9 février, plus d’une trentaine d’établissements du secondaire et de nombreuses écoles se déclaraient en grève et plus de 500 personnes se rassemblaient dans le froid devant la mairie de Saint-Denis. Signe du succès du mouvement, à l’AG des établissements qui s’est tenue dans la foulée, le Snes académique a proposé, pour jeudi 11 février, une journée de grève et une manifestation à Paris, de l’Odéon au ministère. Pari tenu pour les grévistes !


L’extension rapide du mouvement, soutenu par le Snes, la CGT Éducation, SUD, la CNT et la FCPE, montre l’ampleur d’un ras-le-bol aux nombreuses raisons : mauvaises conditions de travail et d’enseignement, classes surchargées, personnels non remplacés, précarité toujours plus grande, absence totale de formation pour les futurs enseignants, mise en place de la réforme Chatel, etc. Alors que le nombre d’élèves remonte, l’annonce de la suppression de 16 000 postes à la prochaine rentrée, s’ajoutant aux 80 000 postes supprimés depuis cinq ans, est au cœur du problème.


Si le mouvement reste encore localisé à la Seine-Saint-Denis, si la mobilisation est variable d’un établissement à l’autre, se greffant souvent sur des problèmes locaux, la colère est réelle et profonde. Ilne s’agit plus de se battre contre telle ou telle réforme, mais contre un système cohérent qui s’applique de la maternelle à l’Université et qui ne vise rien d’autre que la destruction du service public d’éducation.


Les enseignants entrés en résistance ont bien conscience que le pari de se lancer dans la lutte est périlleux mais aussi qu’ils n’ont plus rien à perdre. Ils espèrent que la prise de conscience de leurs collègues et la réactivité de leurs syndicats, dans un contexte électoral, pourra aboutir à un élargissement rapide du mouvement à l’échelle nationale. La stratégie syndicale de grève à répétition sans lendemain a montré ces dernières années son inefficacité et seul un mouvement tous ensemble et dans la durée peut permettre la victoire.
Anne Lafran

Partager cet article
Repost0
12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 13:27

le Jeudi, 11 Février 2010


La polémique qui a fait suite à l'annonce de la candidature de notre jeune camarade française Ilhem Moussaïd sur une liste du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) n'a pas cessé d'enfler, jusqu'à prendre une tournure proprement surréaliste. On est abasourdi, étourdi par le flot de bêtises, d'ignorance crasse et de mauvaise foi qui se déverse dans les médias et les politiciens bourgeois sur notre camarade et sur le choix NPA. Comme bien d'autres, la LCR belge a tenu à exprimer toute sa solidarité à la camarade Ilhem.


Dernière péripétie en date de la chasse aux sorcières contre cette dernière, l'association "Ni pute, ni soumise", dont la fondatrice et ex-présidente

a intégré le gouvernement de Sarkozy, qui a déclaré dans un communiqué ubuesque sa volonté de porter plainte contre la liste du NPA. Rien que ça! Nous le reproduisons ci dessous tel quel tant il est symptômatique et anthologique.


L'hystérie anti-NPA de l'establishment, des médias et des véritables «idiots utiles» qui ont hurlé avec les loups est en tous les cas le résultat direct de la campagne islamophobe permanente et du climat raciste installé par la droite depuis plusieurs années.


Une offensive qui a gagné en intensité depuis l'interdiction du port du foulard dans les écoles, jusqu'aux «débats» actuels sur «l'identité nationale» et la burqa. A l'heure où certains en Belgique, en premier lieu le MR, s'engagent également sur cette voie, la situation française à de quoi nous alterter; de l'égratignure au danger de gangrène, il n'y a qu'un pas.

 






Ni putes ni soumises porte plainte contre le fichu d’Ilham:

UN PACTE ILLEGAL CONTRE LA LAICITE ET LE FEMINISME !


Ni Putes Ni Soumises dénonce les paroles du nouveau cheval de Troie de Besancenot. Non content de bafouer les principes fondateurs de notre République, le NPA cherche à retrouver une nouvelle virginité en portant le voile.

 

A l’heure où les filles et les garçons des quartiers luttent contre l’obscurantisme rampant et défendent l’égalité et la mixité, le NPA fait du voile, symbole de l’oppression des femmes, l’étendard de son projet de société :”On peut être féministe, laïque et voilé”.


Le NPA en choisissant le camp de la laïcité « ouverte », pervertit les valeurs de la République et en propose une nouvelle lecture, conforme aux visions rétrogrades de la femme.

Parce qu’il est inconcevable d’arborer une tenue qui affiche la ségrégation des sexes,

Parce que la soumission de la femme est interdite par la République,

Parce que les candidat-es amené-es à être élu-es de la République sont tenu-es à une obligation de neutralité et de réserve,

Ni Putes Ni Soumises s’insurge et ne peut qu’agir.

Sihem HABCHI, présidente, annonce : « Notre Mouvement portera plainte auprès de la juridiction compétente contre cette liste anti-laïque, anti-féministe et anti-républicaine ! »

Nous ne transigerons avec aucun parti politique dès lors qu’il tentera de vendre notre République ! Il en va de notre droit à l’émancipation à toutes !

mercredi 10 février 2010 (15h07)



Soutien large à la candidature de Ilham

Nous soutenons la candidature d'Ilham Moussaïd sur la liste NPA départementale du Vaucluse pour les élections régionales.


Ilham est une militante engagée avant tout contre un système économique menant aux plus grandes inégalités, contre un système politique qui favorise les intérêts particuliers d'une minorité, contre un système où l'intérêt général est réduit à une vague référence dans un texte constitutionnel.


Ilham trouve dans ses convictions personnelles des raisons de militer contre un système stigmatisant les opprimés qu'ils soient musulmans, femmes, privés d'emploi, habitants de quartiers populaires ou homosexuel-le-s.

Ilham est d’abord et avant tout une jeune militante anticapitaliste, écologiste, internationaliste et féministe.


Par son engagement et son courage, elle représente un modèle d'émancipation. Elle prouve que l'on peut être femme, immigrée, habitant un quartier populaire, croyante et en même temps se battre pour la liberté, la laïcité et la démocratie, pour l’émancipation. Elle a le courage de ne pas dissimuler ses convictions personnelles et de refuser une attitude hypocrite.


Une nouvelle fois, ses détracteurs nient les valeurs qu’ils prétendent défendre et en particulier le rejet de toute forme de discrimination. Stigmatiser la candidature d’Ilham, c’est pratiquer une quintuple discrimination :


- discrimination entre hommes et femmes: une candidature masculine d’un homme de confession musulmane ne poserait pas de problème puisqu’elle ne serait pas visible,

- discrimination entre croyants: une candidature de quelqu’un portant une croix ou une kippa ne fait jamais problème, pourquoi une candidate portant un foulard serait-elle inacceptable ?

- discrimination entre croyants et non croyants: pourquoi nier que les motivations des uns et des autres peuvent conduire à un même objectif: une alternative au capitalisme qui exploite les hommes et la planète ?

- discrimination entre ceux qui font état de leurs convictions philosophiques pour justifier leur engagement politique et ceux qui les passent sous silence,

- discrimination entre citoyens de France selon leurs origines, alors que tout au long des siècles, le peuple de France s’est enrichi de sa diversité, de sa pluralité.


Croire ou ne pas croire est une liberté individuelle fondamentale. Sauf à brimer la liberté de pensée, ce n’est pas la religion qu’il faut combattre, ce sont les institutions qui veulent l’imposer. Ce n’est pas l’opium qu’il faut combattre, c’est celui qui le vend.


L’émancipation ne signifie pas l’alignement des opinions personnelles sur un mode de pensée unique. “La liberté, c’est d’abord la liberté de celui qui pense autrement” (Rosa Luxemburg).


Nous nous réjouissons qu’un parti politique, en dehors de tout racolage électoraliste et au terme d’un débat intense et difficile, n’ait pas fait obstacle à une candidature qui intervient dans un climat malsain provoqué par un débat aux relents nauséabonds sur l’identité nationale.

Nous nous constituons en comité de soutien à la candidature d’Ilham Moussaïd.


Envoyez votre signature de soutien à : ajcrev@hotmail.fr


Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

Premières signatures :


Véronique MARCEL (NPA 84),

Raoul Marc JENNAR (NPA 66 – CPN),

Pierre JOURLIN(NPA 84),

Gilbert GUEDON (NPA 84 – CPN),

Yannick HERBERT (NPA 75 - CPN) ,

Daniele OBONO (NPA Aubervilliers, CPN et CE),

Bruno GERARA (Conseiller Municipal à Simiane-Collongue, 13),

Célia BAUDU (NPA comité Aix-ville, syndicaliste et militante LGBTI),

Régis EYRAUD (Paris 5/13),

Kevin VAY (NPA 13),

Abdel ZAHIRI (NPA 84),

Jocelyne DUPRE (NPA 84),

Nora BENAMEUR (NPA 84),

Michel REGNAUD (NPA 84),

Jean-Baptiste MESCHI (NPA 13)

Célia HUERTAS (NPA 13),

Emre ONGUN (NPA 13),

Jean Claude MEYER du BN de l'UJFP,

Philippe Corcuff,  militant du comité de Nîmes du NPA (30),

Julien SERGERE (Paris 20ème Centre),

Pablo SEBAN (NPA 31),

Nadia MAALEM comité PAF 34,

Stefan BEKIER (NPA Cergy, 95),

Liliane Cordova Kaczerginski, NPA Clichy 92,

Cyril Leconte NPA59, Valérie Dernoncourt Sympathisante NPA...

Partager cet article
Repost0
11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 10:44



Partager cet article
Repost0
11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 10:37
ilhem-moussaid-8191a.jpg
qui ébranle l'identité du NPA (Le Monde du 10 février)

Ilhem Moussaid n'a que 21 ans. La jeune Avignonnaise voilée qui figure sur la liste du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) pour les élections régionales en PACA semble pourtant avoir supporté avec un grand sang-froid la tempête médiatique suscitée par sa candidature.


Dimanche 7 février, elle a tout de même douté, confiant dans un courrier interne adressé aux militants : "J'ai beaucoup de tristesse de voir huit ans de ma vie réduits à mon foulard, j'ai beaucoup de tristesse d'entendre que ma croyance personnelle est un danger pour les autres alors que je prône l'amitié, le respect, la tolérance, la solidarité et l'égalité pour tous les êtres humains." Son doute l'a même conduite à se demander si sa place pourrait durablement être au NPA.


Evidemment, dans un parti très laïque et féministe, la candidature d'Ilhem n'allait pas de soi. "La réaction des féministes, c'est cela le plus dur, relève la jeune fille, qui a clairement pris position pour la contraception et le droit à l'avortement. J'ai beau dire et expliquer que je ne suis pas opprimée, et je pense que cela se voit, il reste une incompréhension."


L'histoire commence lorsque l'ancienne Ligue communiste révolutionnaire (LCR), en voie de construire le NPA fin 2007-début 2008, accueille en son sein plusieurs membres d'une association de quartier d'Avignon, dont l'étudiante fait partie. L'Alliance de la jeunesse contre le racisme, l'exclusion et la violence (AJC-REV) dont l'acronyme laisse entendre une sympathique injonction qui fait sauter le pas à cette dizaine de jeunes, majoritairement musulmans. Car un parti, cela veut dire des moyens, une structure, un soutien. "


La politique avait déserté le quartier, il ne restait plus que du sécuritaire. Avec une association on pouvait mettre des pansements par-ci par-là, c'est tout", témoigne Abdel Zahiri, 30 ans, toujours bénévole dans un club de foot. Ilhem, comme les autres, prodigue de l'aide aux devoirs. "A 10 ans, certains ne savent toujours pas lire, il y a quand même quelque chose qui cloche dans ce système, non ?", glisse-t-elle.


Pourtant, avant l'exclusion scolaire ou sociale, ce sont les prises de position du NPA dans le conflit du Proche-Orient qui déclenchent chez Ilhem Moussaid l'envie de militantisme politique : défense de la Palestine et de Gaza contre Israël, Rwanda, Kosovo, elle est de toutes les manifestations. Nadia El Bouroumi, une avocate de 35 ans, amie de la famille Moussaid, rappelle aussi combien le contexte général a changé après le 11 septembre 2001. Le sentiment d'appartenance à la communauté musulmane se renforce devant ce qui est ressenti comme une montée de l'islamophobie.


"Je vais très bien !"


Jacques Hauyé, tête de liste NPA du Vaucluse, militant de longue date de la LCR, fait partie de ceux qui ont accueilli l'association des jeunes et Ilhem. Cet enseignant de 53 ans, professeur de physique, profondément laïque, a engagé un travail commun avec ces porteurs de traditions autres que la sienne. Les campagnes en faveur des Palestiniens ont scellé la confiance avec ces croyants musulmans.

Et puis, personne ne s'étant précipité sur cette tâche ingrate, Ilhem a proposé d'être la trésorière départementale du NPA, fonction qu'elle assure depuis un an.


Dès lors, et puisqu'il y avait accord sur les questions de fond - sauf sur ce "fichu foulard", comme disent certains militants -, pourquoi ne pas investir la jeune femme aux élections régionales ? En décembre 2009, elle s'était portée candidate : "C'est une décision difficile, qui nous a divisés. Chacun s'est déterminé en fonction de sa conscience, de son idéologie, de son histoire", raconte Jacques Hauyé.


La candidature provoque un vif débat au sein de la section locale. Le mélange de l'ancienne LCR et du nouveau NPA reste d'huile et d'eau. Certains tentent de convaincre Ilhem de retirer son foulard, en vain. Le débat est tranché par un vote majoritaire en faveur de sa candidature. Une "minorité" décide alors de se retirer de la campagne : "Les convictions religieuses doivent demeurer dans la sphère privée, expliquent les minoritaires dans un communiqué. Même si des camarades ont une interprétation progressiste de leur foi, que nous saluons, il n'empêche que les systèmes religieux demeurent de terribles instruments d'oppression."

"C'était pratiquement un acte d'expérimentation sociale, ajoute Jacques Hauyé. Et c'est aussi un moment particulier."


La révélation, dans la presse, de la candidature d'Ilhem en plein débat sur l'identité nationale et la fin des travaux du Parlement sur la burqa, ont créé un mélange explosif.

Mais si une majorité s'est finalement dégagée pour soutenir sa candidate voilée, c'est aussi pour qu'une nouvelle génération accède à des responsabilités. Une génération où le voile n'a plus le même sens qu'il y a dix ans. Comme le souligne Nadia El Bouroumi, conseillère municipale (PS) d'opposition à Avignon, "les musulmanes de ma génération essaient à tout prix d'être comme les autres. La génération d'Ilhem n'a pas de complexes". Elle la juge "militante, clairvoyante, cohérente".


Pierre Godard, la tête de liste régionale, n'était pas si confiant voilà quelques jours. "Ilhem a bien tenu le choc jusque-là, mais ma grande trouille, c'est de la péter. Elle a été projetée dans un truc d'une violence inouïe", dit cet habitué des luttes syndicales.


"Je vais très bien ! Je comprends qu'on veuille me protéger", sourit Ilhem. "Les valeurs que mes parents m'ont transmises, c'est l'égalité, la justice, la solidarité", explique la jeune femme, née au Maroc, dernière d'une famille de sept enfants. Exactement ce qu'elle prône dans la politique et dans la société. "La base de mes combats... c'est tout ce militantisme qui me construit", dit la candidate, qui conduit de front ses études de BTS de gestion et la campagne. Si ses mentors ont du souci à se faire, ce n'est pas pour elle.


Béatrice Gurrey
Partager cet article
Repost0
11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 09:24

sarkozy-rome.jpeg


L’annonce de la candidature d’Ilhem Moussaïd a précipité une tourmente médiatique. Il ne s’agit pas évidemment ici de confondre, de quelque façon que ce soit, les charges violentes d’une grande partie de la classe politique avec les arguments qu’échangent militantes et militants du NPA, du mouvement social et féministe.

Sans surprise, l’affaire autour d’Ilhem a révélé les incompétences ou le manque d’objectivité de certains médias. Quand une radio de grande audience annonce que le NPA a fait le choix de présenter aux élections une « intégriste musulmane portant la burqa », on n’est plus dans l’info mais bien dans l’intox. Quoique l’on pense de sa candidature, il vaut mieux partir de la réalité. Ilhem porte un foulard et pas une burqa. Elle marque sa croyance religieuse, mais elle proclame son accord avec les principes fondateurs du NPA basés sur l’anticapitalisme, l’antiracisme, le féministe et la laïcité. Rien à voir avec l’intégrisme.


Les mêmes savent faire preuve de plus de nuance en faisant la différence entre Gaillot et Benoît XVI quand il s’agit des cathos.


Relayée par exemple par un Mélenchon mal inspiré, la thèse du « coup politique » a connu un certain succès. En réalité, la direction du NPA a été obligée de gérer dans l’urgence le contre-coup d’une secousse dont l’épicentre est localisé dans le Vaucluse. C’est le Figaro, relayé par tous les médias, qui a fait le choix de braquer les projecteurs sur une de nos 2000 candidat-e-s.


Les porte flingue de Sarkozy n’y sont pas allés de main morte. Ne concevant la communication politique que comme de la manipulation, Xavier Bertrand y a logiquement vu... la manip chez Olivier Besancenot. Nadine Morano a dénoncé « un coup médiatique contre les valeurs de la République ». Valeurs de la République auxquelles elle attribue tout de même un sens particulier quand tout récemment elle exhortait les « musulmans à enlever leur casquette », participant d’un climat islamophobe et raciste détestable. Le gouvernement est un expert en manipulations de toutes sortes. Le débat nauséabond sur l’identité nationale dont l’un des buts est de faire oublier le chômage, les licenciements, la crise écologique en est un exemple.


Pas de problème en revanche quand le chef de la meute, à la fois président de la République et chanoine de Latran, reçoit le Pape en grande pompe et lui tombe dans les bras ou quand il se signe en public dans le cadre d’un voyage officiel. Pas de problème non plus quand la très bigote et homophobe Boutin brandit la Bible à l’Assemblée nationale.


PS et PCF ne sont pas en reste. La socialiste Aurélie Filipetti nous invite à relire Marx. Ce ne serait pas mal qu’elle ne se contente pas de le feuilleter mais qu’elle le lise entièrement, ce qui lui permettrait de comprendre à la fois les causes profondes de la crise majeure du capitalisme et l’insipidité des réponses du PS.


Il faut par ailleurs rendre à Marx, ce qui est à Marx. Très utilisée, la citation « la religion est l’opium du peuple » est tronquée. En réalité, celui-ci disait : « La détresse religieuse est, pour une part, l’expression de la détresse réelle et, pour une autre, la protestation contre la détresse réelle. La religion est le soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde sans cœur, comme elle est l’esprit de conditions sociales d’où l’esprit est exclu. Elle est l’opium du peuple. (...) L’abolition de la religion en tant que bonheur illusoire du peuple est l’exigence que formule son bonheur réel. Exiger qu’il renonce aux illusions sur sa situation c’est exiger qu’il renonce à une situation qui a besoin d’illusions ». On voit que l’idée est un brin plus sophistiquée.


Mais sur la question de la laïcité, on croit rêver ! N’est-ce pas le Parti socialiste qui a subventionné main dans la main avec le droite à coups de millions d’euros les écoles privées confessionnelles, notamment catholiques ? Faussement désintéressé, Pierre Laurent, le futur numéro 1 du PCF a déclaré ne pas vouloir se « mêler des affaires internes du NPA », mais pour ajouter immédiatement que les féministes de notre parti « ont sans doute dû être désarçonnées par ce type d’utilisation ».


Peut être faut-il y voir la marque de l’expérience quand on sait qu’à Échirolles (Isère) siège, pour le compte du PCF, une élue portant le foulard. Quant à Martine Aubry, elle ferait bien elle aussi d’être plus prudente car à Échirolles, il s’agit d’une majorité municipale d’union de la gauche et à Creil (Oise), c’est une élue socialiste qui est concernée. Vont-il demander leur démission ?
Au bout du compte, nous prenons la mesure de l’ensemble de ces attaques sans toutefois nous vivre comme une citadelle assiégée. Le NPA y fait face ensemble, tout en assumant un débat approfondi, aussi nécessaire que public.


Fred Borras

 

Besancenot. «Le NPA n'a pas de leçon à recevoir»

11 février 2010



Porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste, Olivier Besancenot est engagé dans un combat difficile, aussi bien en Ile-de-France, où il mène la liste du NPA, qu'au plan national.



Comprenez-vous le tollé déclenché, jusque dans les rangs du NPA, par la désignation d'une candidate qui porte le voile musulman?


Je comprends le débat. À l'occasion de notre prochain congrès, nous traiterons des questions du féminisme et de l'islamophobie. Mais nous n'acceptons pas les leçons d'une partie de la classe politique qui cherche à redorer son blason, alors qu'ils n'ont aucune leçon à nous donner. Dans toutes les régions, ce sont eux qui déversent des sommes faramineuses, l'argent de nos impôts, pour financer des écoles en grande majorité catholiques. La vraie laïcité consisterait à ce que l'argent public finance les seules écoles publiques. Sur ce terrain-là, nous n'avons de leçon à recevoir de personne. On assiste à une tentative d'instrumentalisation d'une candidate NPA sur 2.000 pour chercher à faire de notre parti une victime collatérale du débat sur l'identité nationale.

Le NPA sera présent dans 21régions. Vous présentez des listes autonomes dans onze régions. Dans les autres, vous êtes alliés tantôt à d'autres formations de la gauche radicale ou au Front de gauche. Où est la cohérence?


La cohérence, c'est que nous offrons partout la possibilité à ceux qui combattent la droite mais qui ne se reconnaissent pas dans les bilans des régions, de voter le plus à gauche possible. Nous souhaitons que les régions ne basculent pas dans le camp de la droite. En même temps, nous portons un regard critique sur ce qui a été accompli dans les 20 régions dirigées par le PS depuis 2004.

Quels sont vos objectifs en Bretagne?


Nous espérons mener en Bretagne une campagne dynamique. Notre liste, qui va au-delà des militants du NPA, montre que nous pouvons fédérer et rassembler afin de donner un prolongement politique aux luttes sociales comme celle de la SBFM.

Aucun sondage national ne vous crédite d'un score supérieur à 5% (la barre qui permet d'obtenir des élus dans les prochaines assemblées régionales). Est-ce le signe que le NPA peine à trouver son public?


Le seul sondage qui comptera, c'est celui qui sortira des urnes. À celles et ceux qui nous trouvent utiles et efficaces au quotidien, nous proposons de disposer demain de délégués du personnel, de vigies citoyennes au sein des assemblées régionales; ne serait-ce que pour exiger la nécessaire transparence à propos de l'utilisation des deniers publics. C'est quelque chose d'extrêmement important, et si nous parvenons à mettre un pied dans les instances régionales, ce sera vachement plus facile de le faire.

 

Partager cet article
Repost0
10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 10:15



Partager cet article
Repost0
10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 10:10




Partager cet article
Repost0
9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 09:51


1/ En même temps que le gouvernement approfondit sa politique antisociale, multiplie les expulsions de sans papiers, le pouvoir cible le NPA dans le cadre du débat sur l'identité nationale.

Le NPA est confronté à une campagne médiatico-politique autour d'une de ses 2000 candidat-e-s aux régionales, Ilham Moussaid, qui porte un foulard, quatrième de la liste NPA - Alternatifs du Vaucluse (PACA) dont la tête de liste départementale est Jacques Hauyé.

Contrairement à ce que certains ont laissé entendre, il ne s'agit en rien d'un « coup politique et médiatique » orchestré par la direction du NPA mais bien une décision prise dans le Vaucluse. Une minorité de membres du NPA de ce département s'y est opposée. La décision prise par les camarades du Vaucluse ne peut faire office de position pour l'ensemble du NPA, puisqu'il n'a pu en discuter avant à quelque niveau que ce soit.

2/ Notre camarade Ilham Moussaid est membre du NPA et, à ce titre, peut postuler à la candidature au même titre que les autres membres de notre parti. Une majorité de camarades du Vaucluse a décidé d'acter cette candidature. Quoi que l'on pense de cette décision, celle-ci est statutaire. Nous assurons la liste NPA-Alternatifs, l'ensemble des ses candidates et candidats, de notre solidarité dans ce moment difficile.

3/ Ilham porte un foulard (et pas une burqa comme on a pu l'entendre ou le lire). Elle n'y voit pas de contradiction avec les principes fondateurs dont la dimension féministe et laïque constitue une des clés de voûte et affirme son attachement à ces valeurs ainsi qu’à l’ensemble des principes fondateurs du NPA.

Le foulard est non seulement un symbole religieux visible mais il est également un instrument de soumission des femmes utilisé sous diverses formes et à diverses époques par les trois monothéismes même si Ilham ne le vit pas comme tel et elle n'est pas la seule dans la société.

4/ L'annonce de la candidature d'Ilham Moussaid a suscité de nombreuses réactions. Toutes ne sont pas de la même nature. Les critiques et désaccords formulés, à l'intérieur du NPA ou par des mouvements ou des militante-s du mouvement social et du mouvement féministe sont autant d'arguments qui alimentent la discussion et le débat va continuer.

En revanche, nous dénonçons le flot haineux et hypocrite provenant de l'extrême droite, de l'UMP, ou du PS voire du PG et du PCF. On les entend moins quand le Président de la République se jette dans les bras du pape, se signe de la croix en public en voyage officiel, ou quand Boutin brandit la Bible à l'Assemblée. Les partis institutionnels financent par millions les lycées privés confessionnels, notamment catholiques. Quant au PCF, il ferait mieux d'être plus prudent, lui qui, aux côtés du PS, a accepté sur ses listes une candidate qui portait le foulard pendant la campagne et continue de le porter au sein du conseil municipal d'Echirolles (38) où elle siège.

5/ Au sein du NPA, le CE confirme que le débat sur « religion et émancipations », prévu avant cette campagne politico médiatique, aura lieu. Le débat interne qui nous traverse est un débat public. La décision prise dans le Vaucluse ne crée aucune « jurisprudence » en la matière. Le congrès du NPA est souverain.

6/ L'heure est d'abord et avant tout à la campagne derrière les listes que nous présentons ou soutenons, une campagne pour faire entendre notre véritable spécificité, celle d'une gauche anticapitaliste, antiraciste, écologiste, internationaliste, féministe, qui a toujours été solidaire des femmes qui résistent à ceux qui veulent leur imposer le voile.

Adopté à l'unanimité des présent-e-s, moins une abstention, le 8 février 2010

Partager cet article
Repost0
9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 09:47


Ça devait arriver : à force de financer à fonds perdus les banques et les industriels, tout en baissant les impôts des entreprises et des riches, les États s’endettent de plus en plus… jusqu’à ce que les spéculateurs, qu’ils ont pourtant enrichis, se mettent à douter de leurs possibilités de rembourser au point de les menacer de faillite. On nous répète sans cesse que la reprise montre le bout du nez, que la crise est derrière nous... Mais ceux qui gouvernent ont toujours la même réponse : nous faire payer leur crise !

C’est ce qui a commencé à se passer cette semaine avec la Grèce, ainsi que le Portugal et l’Espagne. Dans ces trois pays, les gouvernements ont annoncé des plans d’austérité brutaux afin de réduire les déficits qu’ils avaient eux-mêmes provoqués. Au menu, entre autres mesures : la retraite qui passe à 67 ans, la réduction de l’emploi et des services publics, le gel des salaires des fonctionnaires.

C’est aussi ce que Sarkozy nous prépare ici pour l’après élections régionales : les saignées dans la fonction publique, l'injuste taxe carbone, les plans de licenciements qui ont été à peines repoussés de quelques semaines, sans parler des nouvelles attaques annoncées sur les retraites.

Le PS et ses alliés, un « rempart » ?

Le PS, sur le contenu, ne nous propose pas de choses très différentes. Les premières déclarations de Martine Aubry sur les retraites en sont un exemple. Parce que la gauche traditionnelle s’est convertie au capitalisme, elle s’adapte au discours ambiant et finit par faire des politiques proches de la droite.

Dans les régions que la gauche gouverne presque toutes depuis 2004, elle a arrosé de subventions les groupes du CAC40, les lycées catholiques, les centres de formation d’apprentis contrôlés par le patronat, tout cela au détriment du service public. On est loin des contre-pouvoirs pour résister à la droite, comme ils nous l'avaient promis lors de l'élection précédente en 2004.

Avec le NPA, un vote de résistance

Dans les élections régionales du mois de mars, nous pourrons sanctionner les responsables de la situation actuelle, ceux qui expliquent que le capitalisme est notre seul avenir, qu’il faut se résigner à un système injuste, inégalitaire, discriminatoire, car c’est le seul possible.

Nous pouvons envoyer dans les conseils régionaux des élus anticapitalistes qui aideront à préparer les luttes et à les soutenir. Car pour changer vraiment les choses, il faudra une mobilisation large des salariés et de la population, un « tous ensemble » capable de s’affronter au gouvernement et au patronat.

Sarkozy et le Medef peaufinent aujourd’hui de nouvelles attaques contre le monde du travail.

Le 14 mars, le vote pour la liste "VraimenT A Gauche" présentée par le NPA , des militants du Parti de Gauche ,des Objecteurs de Croissance et menée par Laurence de Bouard sera un geste politique qui servira à organiser l’indispensable riposte.

Partager cet article
Repost0
8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 11:13



Réalisation : Camille de Casabianca
Montage : Emmanuel Cabanes
Mixage : Bruno Tarrière
Production : Denis Freyd
Duré : 1h35

C'EST PARTI

Un film de Camille de Casabianca.

Sortie en salles le 10 février 2010.


Pendant plusieurs mois, Camille de Casabianca a suivi au plus près la naissance du Nouveau parti anticapitaliste (NPA). Résultat : un documentaire passionnant, cocasse, instructif… En haut du casting, un certain Olivier Besancenot.


Mais d'abord, une scène marquée par un peu d'humour et beaucoup de tristesse, à moins que ce ne soit l'inverse… Des filles et des garçons vident leurs bureaux. Sous des piles de vieux journaux et dossiers poussiéreux, ils retrouvent des traces d'un passé révolu.


Comptes-rendus antédiluviens, notes éparses. Un type raconte : « Y a des trucs qui croupissent ici depuis vingt-cinq ans. ». Plus le temps de faire le tri : les vieilleries passent par la fenêtre et atterrissent dans une gigantesque benne postée sur le trottoir.


Krivine, Besancenot, Weber… disent adieu à un monde ancien


La scène se situe à Montreuil. Et ceux qui font le vide pour cause de déménagement sont les permanents de la Ligue Communiste Révolutionnaire, auto-dissoute pour donner naissance au NPA, le Nouveau parti anticapitaliste.


Bientôt, des visages familiers apparaissent. Les plus connus ? Ceux d'Alain Krivine et Olivier Besancenot. L'ancien et le moderne, se retroussant les manches de concert pour que le processus de rénovation suive son cours. Pas une mince affaire.


D'un meeting à la Mutualité à l'université d'été à Port-Leucate en passant par un débat musclé à la fête de l'Huma (guest star : Henri Weber, ex de la Ligue reconverti en inconditionnel de la realpolitik), on croise des anonymes, sympathisants de la première ou de la nouvelle heure, et des personnalités historiques du mouvement. Daniel Bensaïd, décédé il y a peu, ou Pierre-François Grond, la figure montante.


Le film enregistre les grandes résolutions et les petits tracas des uns et des autres. Le trivial se mêle à l'idéologie. La crise de rire à la prise de tête. (Voir la bande annonce).


Un film d'entreprise ? Une fiction militante ? Deux fois non. Si Camille de Casabianca, la réalisatrice, a incontestablement de la sympathie pour ceux qu'elle observe (« Je ne sais pas faire de films sur des gens dont je me paie la fiole », dit-elle), « C'est parti » ne s'abîme jamais dans les ornières du docu pédago-partisan.


Pour la réalisatrice, une démarche de proximité, mais pas complaisante


Les responsables de la Ligue ont accepté le principe du film, laissé la cinéaste musarder où elle le voulait. Le résultat ne cherche en aucun cas à « vendre » (ou à salir) les couleurs new-look du trotskisme.

Ce qu'enregistre la documentariste est bien plus universel, drôle et passionnant : comment vit un groupe ? Comment rénover une vieille maison ? Comment imposer de nouveaux visages ? Comment résister, aussi, à la starisation du leader ?


Dépourvu de tout commentaire, le film renseigne sur les difficultés de cette gauche-là et, plus généralement, raconte avec un humour ravageur les inévitables tensions agitant une communauté au travail (parti politique, journal, club de foot, en l'occurrence peu importe).


Besancenot donne à voir l'ambivalence de son statut au sein du NPA


La caméra furette partout, parvient à se faire oublier et enregistre des crispations instructives. Ainsi cette scène, qui tombe à pic vu les polémiques du moment, où une nouvelle recrue interroge le NPA sur ses positions vis-à-vis de la religion et du voile. Et essuie une volée de bois vert (de bois rouge) de la part d'une militante fidèle aux racines ultra-laïques de la LCR.

Mais le plus passionnant est niché côté Olivier Besancenot… Il n'est qu'un personnage parmi d'autres de « C'est parti », mais le film, en creux, donne à voir l'ambivalence de son statut dans l'organisation.


Important meeting à venir… Les leaders du NPA cherchent à convaincre Besancenot d'y apparaître. Ce dernier freine des quatre fers. Semble redouter son instrumentalisation au sein même du parti.


Le postier Besancenot aux camarades permanents : « Mais je bosse, moi ! »


Le ton monte. Besancenot évoque son emploi du temps surchargé. Se fâche contre ses potes qui usent de stratagèmes tordus pour parvenir à leurs fins. « Vous me demandez de faire un boulot de merde. »

Un peu plus tard, il lâche même un historique « Mais je bosse, moi ! », en référence à ses activités de postier, comparé à l'emploi du temps de ses permanents de camarades. Ambiance.


Dur, pour l'un, d'échapper à la personnalisation. Dur, pour les autres, de ne pas titiller la touche people quand on a en magasin un type jeune, sympathique, excellent dialecticien. Le film, parmi ses nombreuses richesses, donne à voir ces ambiguïtés-là. Franchement captivant.


Par Olivier de Bruyn - Rue 89 - 8 Février 2010


C'est parti de Camille de Casabianca - en salles le 10 février

Interview de Camille de Casabianca, réalisatrice du film sur la naissance du NPA...
AFFICHE C'EST PARTI .jpg



Est-ce que ton film « C'est parti! » qui sort le 10 février,  se range dans la case documentaire, ou bien est ce que ton film est un véritable ovni cinématographique ?


« C'est parti » est un film que j'ai concu pour le cinéma. C'est l'histoire d'hommes et de femmes sympathiques qui ont un but: celui de construire ce parti. Ils ont un an pour y arriver. Ils ont des embûches, ils ont des problèmes, ils ont aussi des bonnes surprises, donc cela se raconte comme une histoire, sans interview. Donc finalement ces personnes, qui sont réelles, deviennent les personnages du film. En faisant ce film, ce que je souhaitais, c'est intéresser le public, un public plus large que les militants, même si je pense que cela les amusera eux aussi.


Lorsque tu as pris la décision de filmer le processus constituant du Nouveau Parti Anticapitaliste,  vers qui t'es tu tournée, et as-tu rencontré des difficultés pour faire accepter ton projet ?


A partir du moment où on m'a laissé  tourner, j'ai eu une confiance absolue et ça je dois dire que c'était bien. J'ai eu aussi un échange avec Olivier, qui ne souhaitait pas être au centre du film. On s'est mis d'accord, il était évident qu'il ne serait pas au centre du film, mais il était aussi évident  que c'était un des personnages importants de la création du NPA..


A travers « C'est parti ! » on rencontre un certain nombre de militantes et de militants, quels personnages de ce film t-ont le plus touché et pourquoi ?


Tout le monde m'a touché, parce que c'est un film humain. Pour moi c'est un film romantique parce qu' on a cette idée de lutter pour cette société d'émancipation et d'égalité. Tous les gens dans le film partagent ça et je le partage avec eux. C'est vrai que pour moi qui suis cinéaste, il y avait des personnages... Par exemple François Sabado c'est un peu Raimu, pour ceux qui connaissent les vieux films français... Olivier c'est un peu le jeune acteur, comme les acteurs américains... Il y avait Anne Leclerc qui pourrait être Anna Magnani... Il y a Abdel d'Avignon, le p'tit mec rigolo qui a la tchatche, qui a de l'humour... Donc c'est devenu des personnages pour moi.

 

Dans les années 80, tu as rejoint les comités rouges, quels souvenirs gardes-tu de cette époque et de tes années de militantisme ?


L'époque était différente, on pensait qu'on allait faire la révolution assez vite. On devait être un certain nombre à pénétrer l'appareil d'état, aux télécoms, au ministère de l'Intérieur pour, le soir de la révolution, être aux manettes. On avait cette idée là, dans la tête, de la prise du pouvoir. J'ai commencé à avoir des doutes sur l'imminence de la révolution. J'ai demandé à aller en Californie, à l'université de Berkeley. Quand j'ai vu la classe ouvrière californienne, je me suis dit c'est peut etre pas pour tout de suite... Donc effectivement j'ai cessé de militer à la LCR mais je ne suis pas allée à la soupe et j'ai choisi une autre voie qui est celle du cinéma et qui est celle qui me permet de continuer à rêver.


N'as tu pas aujourd'hui l'envie de rejoindre les militants du NPA ?


C'est vrai que c'est une question que les gens me posent, mais il était clair que pour moi c'est un regard, c'est le contraire d'un film militant. C'est ce film que je propose, maintenant l'avenir, je ne sais pas, demain, de quoi il sera fait ! Mais pour l'instant, moi, je fais mon travail de cinéaste ! Je dis aux militants qui s'attendraient à voir le programme du NPA dans le film qu'il n'y est pas ! C'est juste un film sur ce que c'est d'être militant aujourd'hui.

 

Lors du grand nettoyage des locaux du parti, entre une porte qui vole et les oeuvres complètes de Lénine en passe de finir dans la benne, on découvre à travers ta caméra des militants partagés entre l'envie de se débarasser d'un passé bien encombrant et celle de conserver de précieux morceaux d'histoire.  Quel regard portes-tu sur ces images ?


Ce qui m'a intéressé dans ce film, c'est qu'en fait il y a une transmission entre les générations. Il y a les anciens, il y a les jeunes. Dans les partis en général, quand les jeunes arrivent, c'est un putsch, les vieux s'accrochent absoluement, mais là c'est assez joli, en fait c'est visuel parce qu'on voit que ce n'est pas la même génération. On voit d'ailleurs Daniel Bensaïd, que tout le monde aimait beaucoup... Quand il est mort, les journalistes m'ont appelé pour me demander si je n' avais pas un extrait à mettre sur internet, et je me suis appercue qu'en fait dans le film si on le voit deux fois vraiment longuement, on le voit plein de fois. Sa présence imprègne tout le film.


Tu expliques que tu as filmé  « ce processus de transformation, un peu comme une physicienne observe un corps passer d’un état à l’autre, solide à liquide. », penses-tu qu'aujourd'hui, notre construction est belle et bien achevée ?


Ah non pas du tout! Là c'est le début, on sent qu'il y a une dynamique dans cette création du NPA qui est extremement positive, c'est comme le début d'une histoire d'amour, c'est merveilleux mais peut etre qu'après ce sera la chienlit on sait pas mais au début, y a ce coté positif dans le film. Ce film montre la naissance d'un parti.


Propos recueillis par Linda...

 

Partager cet article
Repost0

Contactez le NPA du Finistère

 

faou

 

UNE-190.JPG

 

cgt-gg.jpg

 

affiche_Peillon_Fioraso_BAT_0_0.preview.jpg

 

encart npa taille normale

 

 

nukleel-nam-bo-ket.jpg

accueil
*

Brest

06 42 22 96 37

brest.npa@gmail.com

 

Quimper

06 59 71 42 21

quimper.npa@gmail.com
 

Le blog sur les

questions maritimes

L'autre grenelle de la mer

 

Le blog de solidarité avec

les camarades arabes

Revolution arabe 

 

fermoez-fesse.jpg

Recherche

Actions !

Pour plus de détails voir les liens: 

 

diapo prisonnier palestine

Soirée prisonniers palestiniens

AFPS Brest

mardi 16 avril

20H30

Maison des syndicats

 

sortir-copie-1.jpg


manifestants-hopital-SUD-copie-1


Quimper Gourmelen

Rassemblement

vendredi 19 avril

8 h 45


foto2-205-ebf3f

 

Fermez Cofrents

(pays Valencian)

 

 

laniion.jpg

  Concert à Lannion

 

no nuk

 

Dimanche 28 avril

Brennilis

anti-r-1-r-copie-1.jpg

 


robertbelle5mai13DZ

 

 

Mardi 7 mai

 Yves-Marie Le Lay,

Président de

Sauvegarde du Trégor

  Douarnenez

Librairie l'Ivraie à 20h00

 

nddk.jpg

 

yy.jpg

 

st nnonon

 

grece.jpg