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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 08:40

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Le Monde 13 01 2010


Militant révolutionnaire et théoricien de l'émancipation, figure de Mai-68 et cofondateur de la Ligue communiste révolutionnaire, Daniel Bensaïd est mort à Paris, le 12 janvier, des suites d'une longue maladie. Il avait soixante-trois ans.

25 mars 1946
Naissance à Toulouse.

1962
Adhésion à la Jeunesse communiste.

1966
Cofondateur de la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR).

1968
Participe à la création du Mouvement du 22 mars.

1997
Publie "Le Pari mélancolique".

2004
Publie "Une lente impatience".

12 janvier 2010
Mort à Paris.


En janvier 2001, alors qu'il était encore maître de conférences à l'université Paris-VIII, Daniel Bensaïd avait soutenu son habilitation à diriger des recherches en philosophie.


Souriant, d'une voix à laquelle son accent du Sud-Ouest donnait une intonation joueuse, il avait exposé les étapes de son itinéraire intellectuel, comme le veut l'usage. A la fin de son intervention, le philosophe Jacques Derrida (1930-2004), qui faisait partie du jury, prit la parole. Il releva l'insistance d'un motif : celui du "rendez-vous". Quand vous parlez révolution, lui fit-il remarquer en substance, vous faites comme si les militants avaient un "rendez-vous" avec elle ; or, ajouta-t-il, l'événement authentique, en tant qu'il est imprévisible, exclut toute rencontre assurée...


Que l'espérance révolutionnaire fasse alterner exaltations brûlantes et rendez-vous manqués, voilà une vérité que Daniel Bensaïd n'aura jamais cessé d'endurer. Cette dialectique de l'élan absolu et de l'illusion déçue, il l'avait reçue en héritage. Né le 25 mars 1946, à Toulouse, il grandit dans un milieu populaire et révolté. Sa mère est fille de communards, son père, un juif né à Oran, est un "miraculé" de Drancy. Dans les faubourgs toulousains, tous deux tiennent le Bar des Amis, où se côtoient postiers communistes, antifascistes italiens et anciens des Brigades internationales.


Adolescent, ce "rejeton du bistrot" se prend d'amitié pour le fils du médecin de famille. Ce dernier est membre du Parti communiste et ancien résistant, et sa maison est bientôt plastiquée par les ultras de l'Algérie française. Pour le jeune Bensaïd, c'est le déclic. Après la répression sanglante à la station Charonne, le 8 février 1962, il adhère aux Jeunesses communistes. Bensaïd appartient donc à cette génération qui est née à la politique en réaction aux guerres coloniales. Il est aussi de ceux dont la radicalisation s'est opérée contre les "trahisons" de la gauche traditionnelle, en particulier du PCF.


Pour avoir refusé de voter Mitterrand dès le premier tour de l'élection présidentielle de décembre 1965, il se trouve exclu de l'Union des étudiants communistes en avril 1966. Avec Alain Krivine et Henri Weber, il fait partie du noyau qui fonde alors la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR). Trois ans plus tard, en 1969, celle-ci devient la Ligue communiste, section française de la IVe Internationale.


Les jeunes militants trotskistes se jettent à corps perdu dans le combat sans frontières, en solidarité avec la révolution cubaine et contre la guerre du Vietnam. Ayant gagné Paris et intégré l'Ecole normale supérieure de Saint-Cloud, Daniel Bensaïd devient l'un des dirigeants les plus influents de son organisation : "Il était très beau, très séducteur, se souvient Janette Habel, cofondatrice de la Ligue communiste. Par ses qualités d'orateur, par sa culture littéraire aussi, il dominait tout le monde du point de vue théorique. Il était très radical, très léniniste. A ses yeux, la construction du parti révolutionnaire était à l'ordre du jour. Il avait une vision de révolutionnaire pressé."

 


Bensaïd avait hâte, il voulait être à l'heure au rendez-vous. Durant ces "années rouges", toute son existence est placée sous le signe d'une attente enthousiaste et angoissée. Au lendemain de Mai-68, dont il est l'une des figures, et alors que les groupes d'extrême gauche sont interdits, il se réfugie chez Marguerite Duras pour écrire, avec Henri Weber, un livre qui qualifie le mouvement de "répétition générale". Convaincu que la révolution mondiale est imminente, il signe ensuite un texte dans lequel il affirme : "L'histoire nous mord la nuque." La formule résume l'emballement gauchiste de l'époque. Dans les années 1970, c'est elle qui fonde l'engagement de Bensaïd aux côtés des militants espagnols comme des guérilleros latino-américains ; c'est encore elle qui nourrit les pulsions militaristes de son organisation, rebaptisée Ligue communiste révolutionnaire (LCR) en 1974.


De défaite en désillusion, pourtant, l'Histoire se dérobe. Viennent les années 1980, l'hégémonie libérale, le reflux de la question sociale : "L'idée même de révolution, hier rayonnante d'utopie heureuse, de libération et de fête, semble avoir viré au soleil noir", constate-t-il en 1988. Peu à peu, tout en conservant des tâches dirigeantes, et sans jamais manquer un Forum social ou une manif pour les sans-papiers, le militant se tourne néanmoins vers une activité plus théorique. Les objectifs : renouveler la pensée stratégique, puis assurer le passage du témoin.


Comment maintenir une perspective radicale d'émancipation, après les désastres du stalinisme, malgré le triomphe du capitalisme ? Livre après livre, Daniel Bensaïd a tenté d'apporter des éléments de réponse à cette question. Martelant que la marchandise "n'est pas le dernier mot de l'aventure humaine", il souligne la nécessité d'en finir avec une certaine conception mécanique du progrès, et d'envisager l'Histoire non plus comme un flux linéaire, mais comme un agencement de rythmes "désaccordés". Il plaide pour un marxisme moins dogmatique, plus "mélancolique", attentif à l'inouï de l'événement comme aux "misères du présent" (Péguy), rajeuni par le pari pascalien ou le messianisme de Walter Benjamin (Le Pari mélancolique, Fayard, 1997).


La renaissance d'une gauche radicale et l'émergence du mouvement altermondialiste précipitent l'effort de transmission auquel Daniel Bensaïd a consacré ses dernières années. Polémiste impitoyable et parfois injuste, il dialogue volontiers avec ses contemporains, en France comme à l'étranger, discutant Alain Badiou, Slavoj Zizek, Antonio Negri et John Holloway. Mais ce passeur a aussi à coeur de favoriser l'émergence d'une nouvelle génération.


En 2001, il crée la revue Contretemps, qui vise à confronter recherche universitaire et critique sociale. "Son souci de la transmission était très présent, tant dans ses textes que dans les discussions informelles, qui mêlaient de manière joyeuse ou sérieuse échanges politiques et anecdotes truculentes", témoigne le jeune économiste Cédric Durand, l'un des animateurs de la revue. Plus tard, lui qui se présente toujours comme un "simple militant" souhaite partager son expérience pratique et sa réflexion théorique avec les membres du Nouveau Parti anticapitaliste, au sein duquel la LCR s'est dissoute en 2009.


Internationaliste intransigeant, lecteur de Musset, de Proust et de Bernanos, auteur d'essais consacrés à Jeanne d'Arc ou à la Révolution française, il se présentait aussi comme un"hussard rouge de la République". Avec Walter Benjamin, il affirmait que la fidélité aux opprimés et aux "vaincus" d'autrefois constitue un premier pas vers la justice à venir. Tel était le principe de la "lente impatience" qui avait tant frappé Derrida.

 

 

Jean Birnbaum
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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 10:10

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Pour ces régionales, le NPA a, tant au plan national que local, engagé des discussions pour parvenir à l'unité de toutes les forces qui affirment ne pas avoir renoncé à un changement radical de société c'est à dire avec le PCF, Lutte ouvrière, le Parti de gauche, les Alternatifs, la Fédération, les Objecteurs de croissance... Le fossé qui sépare le programme du PS et celui d'une gauche digne de ce nom justifiait la présentation de listes séparées de celles des socialistes partout.


A l'inverse de son choix de 2004, le PCF a cette fois décidé de présenter des listes «autonomes» dans 17 régions sur 22. Mais la prise de distance avec le vieil allié socialiste n'est que formelle. En effet, le PCF a annoncé qu'il constituerait de toute façon avec les socialistes des majorités de gestion. Quitte à reproduire la politique qu'il mène actuellement dans 16 régions puisqu'il en juge le bilan «plutôt satisfaisant».


Contrairement à l'image qu'on veut lui coller, le NPA ne refuse ni d'avoir des élus, ni de prendre ses responsabilités pour appliquer un programme radical s'il en a le rapport de force. Ce qu'il refuse, c'est de cautionner dans les institutions l'inverse de ce pourquoi il se bat au quotidien. Les dirigeants nationaux du PCF – et leurs alliés du PG – ont refusé d'adopter la même attitude et nous le regrettons. Quant à Lutte ouvrière, cette organisation a tout simplement refusé toute discussion.


Il ne faut toutefois pas tirer de leçons définitive de cette situation. Une vaste recomposition du paysage politique est en cours. A la gauche du PS, deux projets contradictoires s'affrontent.


Celui d'une gauche anticapitaliste qui pose comme base de rassemblement la volonté de lutter jusqu'au bout pour la transformation radicale de la société et celui de la direction du PCF qui refuse de s'émanciper de la tutelle du parti socialiste au risque de voir les rêves de transformation sociale se transformer en cauchemar gestionnaire. C'est bien cette question qui a provoqué l'échec des discussions nationales, notamment avec le PCF.


Le parti de Marie George Buffet s'enfonce de plus en plus dans la crise. Dans de nombreuses régions, des élus sortants et militants communistes ont fait le choix d'affronter les listes de leur propre parti en participant aux listes des socialistes ou à celles d'Europe écologie.


Loin de se résigner face à l'échec des discussions nationales, les comités du NPA ont discuté dans toutes les régions avec les mêmes formations.

Dans quelques régions, et c'est positif, des listes unitaires associant le NPA, le PG et parfois le PCF, constituées sur des bases plus claires ont pu voir le jour.


En Languedoc Roussillon, le Front de gauche et le NPA mèneront campagne ensemble. La personnalité très controversé de la tête de liste socialiste, Georges Frêche, a agi comme un repoussoir sur les militantes et militants communistes et facilité un accord unitaire.


La liste NPA-Front de gauche ne fusionnera pas avec celle du PS à l'issue du premier tour. Un programme de rupture sur le terrain social et écologique a été adopté et la composition de la liste permet un équilibre entre les diverses composantes. Des discussions se poursuivent également avec le Front de gauche en Limousin, Poitou-Charente.


En Pays de Loire, le PCF s'est coupé en deux. Dans trois départements, il participe à la liste des socialistes. Deux fédérations discutent avec le NPA et le PG pour une liste commune.


Dans 5 régions, le PCF a fait le choix d'une alliance avec le PS dès le premier tour. Ainsi un accord a pu être conclu avec le le Parti de gauche notamment en Basse Normandie et en Champagne Ardennes. Les discussions se poursuivent en Lorraine, Alsace et Bourgogne. En Bretagne, le PG s'est divisé, une partie contractant un accord avec le NPA, l'autre avec la Fédération.


Enfin, dans un plusieurs régions, le NPA mènera campagne aux côtés de militants écologistes radicaux, et de la mouvance des objecteurs de croissance.


Un communiqué national NPA_ Mouvement des objecteurs de croissance lance un appel à «ceux qui ne se résignent pas à accepter comme inévitable la domination du capitalisme, ceux qui sans attendre les catastrophes planétaires à venir veulent dès à présent, engager des luttes de résistances et des alternatives concrètes (y compris dans les institutions ), à se regrouper dans une Convergence de la Gauche anticapitaliste et de l'Ecologie radicale pour les élections régionales.»


L'accord est ainsi dores et déjà conclu en Auvergne avec les «alterekolos».

Que cela soit dans un cadre unitaire ou pas, le NPA mène campagne dans les 21 régions métropolitaines pour y défendre un même programme de rupture sociale et écologique. Une campagne contre la droite au pouvoir et en toute indépendance du PS et de ses alliés. Une campagne pour envoyer dans les conseils régionaux des élus aussi fidèles à la jeunesse et aux travailleurs que le droite l'est du patronat.


Frédéric Borras

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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 09:52


Photo d'Audrey Cerdan (Rue 89) - février 2008
Photo d'Audrey Cerdan (Rue 89) - février 2008
«Dans la rencontre amoureuse des regards, dans la fulgurance de l'événement, l'infiniment petit domine l'infiniment grand. L'éphémère capture l'éternité», Daniel Bensaïd, Walter Benjamin - Sentinelle messianique - A la gauche du possible (Plon, 1990).


Daniel Bensaïd (1946-2010) est décédé ce mardi 12 janvier matin. Je suis triste.


Daniel était pour moi un "grand frère" en matière politique et intellectuelle. Sans lui, je n'aurai pas fait ce parcours difficile qui m'a conduit de la famille socialiste (1976-1992) à la LCR (un rapprochement fin 1997 se traduisant par une adhésion en 1999), et aujourd'hui au NPA.


Sans lui, je n'aurai pas découvert la philosophie de l'histoire de Walter Benjamin. Deux de ses livres m'ont alors tout particulièrement ouvert de nouveaux horizons philosophiques : Walter Benjamin - Sentinelle messianique - A la gauche du possible (Plon, 1990) et Le pari mélancolique (Fayard, 1997). Ces interférences benjaminiennes nous avaient conduit à écrire ensemble un texte qui devait beaucoup à ses analyses : "Le travail intellectuel au risque de l'engagement" (revue Agone, n°18-19, 1998). Il avait l'humanité et l'intelligence médiatrices.


 


C'était aussi un ami et un camarade.

Je pouvais lui faire part de mes divergences intellectuelles et politiques (il faut dire que je n'étais ni "trotksyste", ni même "marxiste"...), voire exprimer publiquement des critiques de certains de ses écrits, sans que cela n'affecte le rien du monde ni l'amitié, ni la camaraderie militante.


Il avait une élégance éthique et une fraternité joyeuse.

Avec lui disparaît un des derniers grands intellectuels-militants, figure qui a tant marqué historiquement le mouvement ouvrier (avec les Proudhon, Marx, Rosa Luxemburg, Jaurès...), et qui a peu à peu disparu sous les doubles coups de butoir de la spécialisation du travail intellectuel et de la désintellectualisation de la gauche.


La maladie n'entamait pas sa joie de vivre et son espièglerie. Il maintenait un horizon utopique radicalement autre en politique, mais cela ne l'empêchait pas de vivre pleinement chaque instant, chaque rayon de soleil.

Son autobiographie nous invitait à Une lente impatience (Stock, 2004), enracinée dans l'immanence de notre présent mais reliée aux fils de la mémoire et aux possibilités de l'à-venir.


 


Respect et mélancolie, Daniel, le combat et l'amour continuent...

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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 09:26

PORTRAIT

Daniel Bensaïd, 63 ans, philosophe. Soixante-huitard sentimental, tête pensante de la Ligue communiste révolutionnaire puis du NPA est décédé ce matin. Il avait conservé sa foi de moine-soldat anticapitaliste.


Par EMMANUEL PONCET - Libération


Le philosophe Daniel Bensaïd (ici en 2008), l'un des intellectuels de la LCR et du NPA, est


Le philosophe Daniel Bensaïd (ici en 2008), l'un des intellectuels de la LCR et du NPA, est décédé mardi matin. (AFP / MIGUEL MEDINA)

Le philosophe Daniel Bensaïd, théoricien de l'ex-LCR et du Nouveau Parti Anticipaliste, est décédé à Paris mardi matin, des suites d'une longue maladie. Nous republions ci-dessous un portrait de lui, datant d'avril 2004.


Et si la chasse aux soixante-huitards se calmait provisoirement ? Ils ont tout sapé, tout gagné, tout occupé. Rien laissé, rien lâché, rien transmis aux générations suivantes, a-t-on beaucoup écrit. Mais, depuis le frémissement éditorial et historiographique (entre autres Edwy Plenel, Benjamin Stora, en ce moment Bernard Kouchner et Cohn-Bendit) consécutif aux non-dits de jeunesse de Lionel Jospin, le procès récurrent fait à la disparate cohorte 68 prend un tour moins hargneux. Peut-être plus juste. Du genre : «Regardez, ils deviennent presque modestes en se racontant.»


Ou, plus psy : le soixante-huitard, comme tous les pères putatifs est, selon une formule consacrée, celui qui ne répond pas aux questions qu'on ne lui pose pas. Justement, Daniel Bensaïd répond aux questions. Simplement. Il dit des trucs bêtes et explicites comme : «Il ne faut pas oublier que nous étions la première génération médiatisée. Sur les barricades, certains négociaient déjà les photos à Paris Match.»


Ce n'était certainement pas lui. Personne ou presque ne connaît ce philosophe. Maître de conférences à Paris-VIII. Globe-trotter militant. Eminence grisonnante à la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). Il fait pourtant de régulières et prolifiques apparitions éditoriales depuis 1995. Il court les réunions politiques et les forums sociaux de Narbonne à Porto Alegre. Voix féminine, accentuée Sud-Ouest. Corps frêle, visage émacié, santé très fragile. Il se meut aussi discrètement dans l'espace que ses ex-congénères l'occupaient (l'espace).


Longtemps tribun séducteur, il ne manie plus la faconde charismatique des leaders médiamythiques de 1968. Il se pose un peu coquettement comme la figure inversée du séducteur libéral-libertaire. Il s'insurge contre les visions autosatisfaites de 68 comme celle d'Henri Weber («la génération de 68 n'a pas trop lieu de clamer sa douleur»). Mais ni contrition reniante genre Jospin, ni récit épique façon Génération, le style Bensaïd, c'est surtout de raconter sereinement les «z'événements», au café, comme s'ils allaient naturellement se remettre à leur juste place historique.


«On a beaucoup exagéré 68, dit-il, parce que nous étions en manque. En manque d'événements fondateurs. Nous voulions rejouer l'Affiche rouge.» Sous la modestie, on croise quand même un joli Who's Who médiatico-mondain de gauche.


Lorsqu'il effectue son stage de Capes de philosophie au lycée Jean-Baptiste-Say, à Paris, en 1970, il croise un jeune agitateur nommé Michel Field. Plus tard, au lycée La Fontaine, sa costagiaire s'appelle Sylviane Agacinski, future femme de Jospin.


A l'Ecole normale d'Auteuil, c'est le jeune rocardien prometteur Patrick Viveret. Du beau linge d'époque, auquel s'ajoute la longue liste du staff de Rouge, fameux journal de la Ligue et vivier de médiastars à venir : Edwy Plenel, futur directeur de la rédaction du Monde ; Dominique Pouchin, ex-directeur adjoint de la rédaction de Libération ; Bernard Guetta, chroniqueur à France Inter ; Hervé Chabalier, PDG de Capa ; etc., etc.


Le plus drôle des années Rouge reste la rencontre avec Jean-Luc Godard. Il vient lui demander un soutien financier comme à Jean-Paul Sartre, Michel Piccoli ou Delphine Seyrig avant lui. «Le réalisateur du Mépris et de Pierrot le Fou m'intimidait [...], écrit-il, il déclara abruptement que le mouvement d'une caméra était comme une caresse autour de l'image, alors que le geste mécanique du journaliste qui ramène brutalement à la ligne le chariot de son Underwood ou de sa Remington était celui que l'on fait pour gifler un enfant. Il n'y avait rien à ajouter.»

L'air de rien, ce discret name dropping dessine les contours d'une génération intello-médiatique qu'il feint d'avoir observé de loin. Une distance ambiguë que l'on retrouve dans son amitié contrariée avec Edwy Plenel. Ils se sont tant aimés. C'est Plenel qui le pousse à écrire aux alentours de 1988. C'est la femme de Plenel, Nicole Lapierre, qui l'édite aujourd'hui (1). Mais entre-temps l'amitié entre les deux hommes s'est manifestement distendue.

«Edwy a toujours eu la passion du journalisme. Mais la logique impersonnelle de la production médiatique est dévorante. Entre nos visions du monde, la distance s'est creusée. Pour autant, Edwy n'est pas devenu cynique», assure-t-il.

Bensaïd est décidément plus au calme dans son habit de moine soldat du trotskisme parcourant le monde. Il fait figure à la Ligue communiste de sage tutélaire qu'on consulte mais qui met aussi les mains dans le cambouis. Il s'est d'abord opposé au casting Besancenot. «J'avais peur qu'on échoue lors du recueil de signatures, comme en 1981 et 1988 avec Alain Krivine.» Peur du côté virginal et anonyme du jeune postier. Aujourd'hui, il semble ravi, malgré les piètres résultats des européennes

«Olivier a levé l'hypothèque d'une génération encombrante». Parfois, il prend un verre avec cet étrange héritier du trotskisme aimant Zebda, très demandeur de collectif «alors que nous étions des francs-tireurs». Il lui téléphone pour corriger certaines prestations télévisées. «Un jour, il avait dit que La Poste n'avait pas pour but d'être rentable. Je lui ai dit de trouver une autre formule moins choquante.»

Un autre membre de la Ligue, Philippe Corcuff, politologue à Lyon-II, le définit comme «un authentique intellectuel organique», ne dissociant jamais la théorie de la pratique. «Philosophe rustique», corrige une note un peu méprisante de la fondation Saint-Simon. «Moléculaire plutôt», conclut Bensaïd qui dit être tombé dans le communisme comme dans un bain chimique. Sa mère, surtout, chez qui «on chantait rouge». Ouvrière modiste, elle est pétrie de lectures sentimentales hugoliennes. Son père, juif et boxeur lit plutôt l'Equipe.

Il pleure parfois, devant Autant en emporte le vent. Après Oran, la famille s'installe près de Toulouse. Enfance dans le Bar des Amis, le café familial sur la route de Narbonne. Observatoire sociologique précieux. Tapis de cartes Cinzano. Le «rejeton du bistrot» côtoie charnellement les ouvriers et réfugiés politiques espagnols. Vaccination à vie contre les mythologies prolétariennes. Au comptoir, Pierrot, le résistant communiste flingueur conduit gratis son patron le dimanche au champ de courses. Sensible au «mépris social», il n'a pas signé la pétition pro-intelligence des Inrockuptibles. En 1960, la mort précoce de son père le plonge dans une «méditation morbide» qui lui épargne, affirme-t-il, «les conflits de l'adolescence».

La mère reprend péniblement le café. Elle sera contrainte de faire des ménages pour assurer son minimum retraite. Lui entre dans le tourbillon parisien, étudiant et militant en 1966. Il rencontre sa femme, Sophie, avec laquelle il vit toujours, dans le XIe arrondissement de Paris. Et tous les acteurs de sa génération. Second rôle sensible, antihéros récurrent, il ne veut crânement pas sortir de l'utopie. Sa vision du monde reste clairement partagée. Certains diraient rigide. «Il y a un désir de ne pas se rendre, c'est sûr...», confesse-t-il. Mais,«Entre ceux qui prennent des coups sur la gueule et ceux qui en donnent, la frontière est tout de même facile à définir, non ?».

(1) Une lente impatience, Stock.

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PS : Je me souviens de Daniel ,assistant dans les années 70, aux réunions du Comité rouge ORTF , artistes, comédiens, réalisateurs et techniciens du cinéma...un intello pédagogue et très chaleureux.Nous allions ensuite, lui et sa "vache" prendre un dernier verre du côté de République...

Adieu Bensa !

Jema


Mort de notre camarade Daniel Bensaïd

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Gravement malade depuis plusieurs mois, notre camarade Daniel Bensaïd est décédé ce matin.
Militant révolutionnaire depuis l’adolescence, il avait été l’un des fondateurs de la JCR (Jeunesse Communiste Révolutionnaire) en 1966 puis l’un des animateurs du Mouvement du 22 Mars et l’un des acteurs du mouvement de Mai 68 avant de participer à la création de la Ligue Communiste, en avril 1969.
Daniel Bensaïd a été longtemps membre de la direction de la LCR. Engagé dans tous les combats internationalistes, il a aussi été l’un des principaux dirigeants de la Quatrième Internationale. Il avait activement participé à la création du NPA.
Philosophe, enseignant à l’Université de Paris VIII, il a publié de très nombreux ouvrages de philosophie ou de débat politique, animé les revues Critique Communiste et ContreTemps, participé activement à la création de à la Fondation Louise Michel et mené sans concession le combat des idées, inspiré par la défense d’un marxisme ouvert, non dogmatique.
Les obsèques se dérouleront dans l'intimité.

Le NPA organisera une soirée d’hommage militant le samedi 23 janvier prochain à Paris.

Cet après midi mardi 12 janvier à 15h et demain mercredi 13 à la même heure, Daniel Mermet rediffuse son émission "Là bas si j'y suis" consacrée à Daniel Bensaïd autour de son ouvrage "La lente impatience".


NPA - Montreuil, le 12 janvier 2010

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Puissances du communisme (par Daniel Bensaïd)

En meeting pendant les européennes avec Laurence De Bouard

Ce texte, probablement un des derniers que Daniel ait écrit, fait partie du dossier du dernier numéro de la revue Contretemps dont il était un des 3 directeurs de publication, consacré à la question du communisme ("De quoi le communisme est il le nom ?") en lien avec le colloque du même nom organisé les 22 et 23 janvier à l'université de Paris 8, colloque auquel Daniel tenait beaucoup....et auquel nous vous convions...


Dans un article de 1843 sur« les progrès de la réforme sociale sur le continent », le jeune Engels (tout juste vingt ans) voyait le communisme comme « une conclusion nécessaire que l'on est bien obligé de tirer à partir des conditions générales de la civilisation moderne ». Un communisme logique en somme, produit de la révolution de 1830, où les ouvriers «retournèrent aux sources vives et à l'étude de la grande révolution et s'emparèrent vivement du communisme de Babeuf ».


Pour le jeune Marx, en revanche, ce communisme n'était encore qu'« une abstraction dogmatique », une «manifestation originale du principe de l'humanisme ». Le prolétariat naissant s'était« jeté dans les bras des doctrinaires de son émancipation », des «sectes socialistes », et des esprits confus qui «divaguent en humanistes» sur « le millenium de la fraternité universelle» comme «abolition imaginaire des rapports de classe ». Avant 1848, ce communisme spectral, sans programme précis, hantait donc l'air du temps sous les formes « mal dégrossies» de sectes égalitaires ou de rêveries icariennes.


Déjà, le dépassement de l'athéisme abstrait impliquait pourtant un nouveau matérialisme social qui n'était autre que le communisme: « De même que l'athéisme, en tant que négation de Dieu, est le développement de l'humanisme théorique, de même le communisme, en tant que négation de la propriété privée, est la revendication de la vie humaine véritable. » Loin de tout anticléricalisme vulgaire, ce communisme était« le développement d'un humanisme pratique », pour lequel il ne s'agissait plus seulement de combattre l'aliénation religieuse, mais l'aliénation et la misère sociales réelles d'où naît le besoin de religion.


De l'expérience fondatrice de 1848 à celle de la Commune, le «mouvement réel» tendant à abolir l'ordre établi prit forme et force, dissipant les «marottes sectaires» et tournant en ridicule «le ton d'oracle de l'infaillibilité scientifique ». Autrement dit, le communisme, qui fut d'abord un état d'esprit ou «un communisme philosophique », trouvait sa forme politique. En un quart de siècle, il accomplit sa mue: de ses modes d'apparition philosophiques et utopiques, à la forme politique enfin trouvée de l'émancipation.


1.Les mots de l'émancipation ne sont pas sortis indemnes des tourments du siècle passé. On peut en dire, comme des animaux de la fable, qu'ils n'en sont pas tous morts, mais que tous ont été gravement frappés. Socialisme, révolution, anarchie même, ne se portent guère mieux que communisme. Le socialisme a trempé dans l'assassinat de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg, dans les guerres coloniales et les collaborations gouvernementales au point de perdre tout contenu à mesure qu'il gagnait en extension.


Une campagne idéologique méthodique est parvenue à identifier aux yeux de beaucoup la révolution à la violence et à la terreur. Mais, de tous les mots hier porteurs de grandes promesses et de rêves vers l'avant, celui de communisme a subi le plus de dommages du fait de sa capture par la raison bureaucratique d'Etat et de son asservissement à une entreprise totalitaire. La question reste cependant de savoir si, de tous ces mots blessés, il en est qui valent la peine d'être réparés et remis en mouvement.


2. Il est nécessaire pour cela de penser ce qu'il est advenu du communisme au xx· siècle. Le mot et la chose ne sauraient rester hors du temps et des épreuves historiques auxquelles ils ont été soumis. L'usage massif du titre communiste pour désigner l'Etat libéral autoritaire chinois pèsera longtemps beaucoup plus lourd, aux yeux du plus grand nombre, que les fragiles repousses théoriques et expérimentales d'une hypothèse communiste. La tentation de se soustraire à un inventaire historique critique conduirait à réduire l'idée communiste à des « invariants» atemporels, à en faire un synonyme des idées indéterminées de justice ou d'émancipation, et non la forme spécifique de l'émancipation à l'époque de la domination capitaliste. Le mot perd alors en précision politique ce qu'il gagne en extension éthique ou philosophique.


Une des questions cruciales est de savoir si le despotisme bureaucratique est la continuation légitime de la révolution d'Octobre ou le fruit d'une contre-révolution bureaucratique, attestée non seulement par les procès, les purges, les déportations massives, mais par les bouleversements des années trente dans la société et dans l'appareil d'Etat soviétique.


3. On n'invente pas un nouveau lexique par décret. Le vocabulaire se forme dans la durée, à travers usages et expériences. Céder à l'identification du communisme avec la dictature totalitaire stalinienne, ce serait capituler devant les vainqueurs provisoires, confondre la révolution et la contrerévolution bureaucratique, et forclore ainsi le chapitre des bifurcations seul ouvert à l'espérance. Et ce serait commettre une irréparable injustice envers les vaincus, tous ceux et celles, anonymes ou non, qui ont vécu passionnément l'idée communiste et qui l'ont fait vivre contre ses caricatures et ses contrefaçons. Honte à ceux qui cessèrent d'être communistes en cessant d'être staliniens et qui ne furent communistes qu'aussi longtemps qu'ils furent staliniens !


4. De toutes les façons de nommer «l'autre », nécessaire et possible, de l'immonde capitalisme, le mot communisme est celui qui conserve le plus de sens historique et de charge programmatique explosive. C'est celui qui évoque le mieux le commun du partage et de l'égalité, la mise en commun du pouvoir, la solidarité opposable au calcul égoïste et à la concurrence généralisée, la défense des biens communs de l'humanité, naturels et culturels, l'extension d'un domaine de gratuité (démarchandisation) des services aux biens de première nécessité, contre la prédation généralisée et la privatisation du monde.


5. C'est aussi le nom d'une autre mesure de la richesse sociale que celle de la loi de la valeur et de l'évaluation marchande. la concurrence «libre et non faussée» repose sur «le vol du temps de travail d'autrui». Elle prétend quantifier l'inquantifiable et réduire à sa misérable commune mesure par le temps de travail abstrait l'incommensurable rapport de l'espèce humaine aux conditions naturelles de sa reproduction. Le communisme est le nom d'un autre critère de richesse, d'un développement écologique qualitativement différent de la course quantitative à la croissance. La logique de l'accumulation du capital exige non seulement la production pour le profit, et non pour les besoins sociaux, mais aussi « la production de nouvelle consommation », l'élargissement constant du cercle de la consommation « par la création de nouveaux besoins et par la création de nouvelles valeurs d'usage» : d'où «l'exploitation de la nature entière» et «l'exploitation de la terre en tous sens». Cette demesure dévastatrice du capital fonde l'actualite d'un éco-communisme radical.


6. La question du communisme, c'est d'abord, dans le Manifeste communiste, celle de la propriété: « Les communistes peuvent résumer leur théorie dans cette formule unique: suppression de la propriété privée» des moyens de production et d'échange, à ne pas confondre avec la propriété individuelle des biens d'usage. Dans «tous les mouvements », ils « mettent en avant la question de la propriété, à quelque degré d' évolution qu'elle ait pu arriver, comme la question fondamentale du mouvement». Sur les dix points qui concluent le premier chapitre, sept concernent en effet les formes de propriété: l'expropriation de la propriété foncière et l'affectation de la rente foncière aux dépenses de l'Etat; l'instauration d'une fiscalité fortement progressive; la suppression de l'héritage des moyens de production et d'échange; la confiscation des biens des émigrés rebelles; la centralisation du crédit dans une banque publique; la socialisation des moyens de transport et la mise en place d'une éducation pu,blique et gratuite pour tous; la création de manufactures nationales et le défrichage des terres incultes.


Ces mesures tendent toutes à établir le contrôle de la démocratie politique sur l'économie, le primat du bien commun sur l'intérêt égoïste, de l'espace public sur l'espace privé. Il ne s'agit pas d'abolir toute forme de propriété, mais « la propriété privée d'aujourd'hui, la propriété bourgeoise », « le mode d'appropriation» fondé sur l'exploitation des uns par les autres.


7. Entre deux droits, celui des propriétaires à s'approprier les biens

communs, et celui des dépossédés à l'existence, «c'est la force qui tranche », dit Marx. Toute l'histoire moderne de la lutte des classes, de la guerre des paysans en Allemagne aux révolutions sociales du siècle dernier, en passant par les révolutions anglaise et française, est l'histoire de ce conflit. Il se résout par l'émergence d'une légitimité opposable à la légalité des dominants.


Comme «forme politique enfin trouvée de l'émancipation », comme «abolition» du pouvoir d'Etat, comme accomplissement de la République sociale, la Commune illustre l'émergence de cette légitimité nouvelle. Son expérience a inspiré les formes d'auto-organisation et d'autogestion populaires apparues dans les crises révolutionnaires: conseils ouvriers, soviets, comités de milices, cordons industriels, associations de voisins, communes agraires, qui tendent à déprofessionaliser la politique, à modifier la division sociale du travail, à créer les conditions du dépérissement de l'Etat en tant que corps bureaucratique séparé.


8. Sous le règne du capital, tout progrès apparent a sa contrepartie de régression et de destruction. Il ne consiste in fine «qu'à changer la forme de l'asservissement ». Le communisme exige une autre idée et d'autres critères que ceux du rendement et de la rentabilité monétaire. A commencer par la réduction drastique du temps de travail contraint et le changement de la notion même de travail: il ne saurait y avoir d'épanouissement individuel dans le loisir ou le «temps libre» aussi longtemps que le travailleur reste aliéné et mutilé au travail. La perspective communiste exige aussi un changement radical du rapport entre l'homme et la femme : l'expérience du rapport entre les genres est la première expérience de l'altérité, et aussi longtemps que subsistera ce rapport d'oppression; tout être différent, par sa culture, sa couleur, ou son orientation sexuelle, sera victime de formes de discrimination et de domination. Le progrès authentique réside enfin dans le développement et la différenciation de besoins dont la combinaison originale fasse de chacun et chacune un être unique, dont la singularité contribue à l'enrichissement de l'espèce.


9. Le Manifeste conçoit le communisme comme «une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous ». Il apparaît ainsi comme la maxime d'un libre épanouissement individuel qu'on ne saurait confondre, ni avec les mirages d'un individualisme sans individualité soumis au conformisme publicitaire, ni avec l'égalitarisme grossier d'un socialisme de caserne. Le développement des besoins et des capacités singuliers de chacun et de chacune contribue au développement universel de l'espèce humaine. Réciproquement, le libre développement de chacun et de chacune implique le libre développement de tous, car l'émancipation n'est pas un plaisir solitaire.


10. Le communisme n'est pas une idée pure, ni un modèle doctrinaire de société. Il n'est pas le nom d'un régime étatique, ni celui d'un nouveau mode de production. Il est celui du mouvement qui, en permanence, dépasse/supprime l'ordre établi. Mais il est aussi le but qui, surgi de ce mouvement, l'oriente et permet, à l'encontre des politiques sans principe, des actions sans suites, des improvisations au jour le jour, de déterminer ce qui rapproche du but et ce qui en éloigne. A ce titre, il est, non pas une connaissance scientifique du but et du chemin, mais une hypothèse stratégique régulatrice. Il nomme, indissociablement, le rêve irréductible d'un autre monde de justice, d'égalité et de solidarité; le mouvement permanent qui vise à renverser l'ordre existant à l'époque du capitalisme; et l'hypothèse qui oriente ce mouvement vers un changement radical des rapports de propriété et de pouvoir, à distance des accommodements avec un moindre mal qui serait le plus court chemin vers le pire.


11. La crise, sociale, économique, écologique, et morale d'un capitalisme qui ne repousse plus ses propres limites qu'au prix d'une démesure et d'une déraison croissantes, menaçant à la fois l'espèce et la planète, remet à l'ordre du jour «l'actualité d'un communisme radical» qu'invoqua Benjamin face la montée des périls de l'entre-deux guerres.

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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 15:17
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«Un révolutionnaire d’actualité» (Libération)

«C’est une très grande perte», vient de réagir, «avec beaucoup de tristesse», Alain Krivine, cofondateur de la LCR auprès de Libération.fr. «Il appartenait à toute une génération militante qui avait fait ses preuves en 1968. Il n’a pas, lui, abandonné le drapeau de la révolte et de la résistance, il incarnait la continuité du combat révolutionnaire», décrit-il, à propos de celui qui conjuguait à la fois «théorie marxiste, sans en faire un dogme sectaire», et «militantisme de terrain». «Un révolutionnaire d’actualité», ajoute Krivine, soulignant son enthousiasme lors de la mise sur pied du NPA: «c’était la culture, la joie de vivre, la convivialité.»


Cliquez pour la vidéo
retrouver ce média sur www.ina.fr


Lors de la campagne présidentielle de 1969: Alain Krivine et Daniel Bensaïd (Source:ina)

«Il n'était pas un prof»

Contacté par Libération.fr, Pierre-François Grond, membre du comité exécutif du NPA, se souvient de l’avoir rencontré pour la première fois , «en 1982-1983», lors d’un stage d’été de la Ligue: «il était à la fois l’idéologue de la Ligue et jouait au foot avec nous, mettait les tables en place.» Proche d’Olivier Besancenot, il salue la mémoire de «celui qui a permis, dans les années 90, de réactualiser le marxisme à partir des grands bouleversements qui se sont produits». «Il a transmis ce retour à Marx, en mariant l’ancrage dans l’Histoire et une certaine modernité», ajoute Grond: «Il ne donnait pas une pensée toute faite mais des lignes de compréhension du monde, il n'était pas un prof.»

Les communistes, Marie-George Buffet et Pierre Laurent, saluent «une des figures les plus marquantes du courant révolutionnaire français», un «homme de grande culture», «simple et attachant» qui «n’aura eu de cesse de revisiter l’apport de Marx à la lumière de l’expérience historique et des enjeux théoriques et politiques de notre époque».

Evoquant un «grand penseur», «inspiré par la défense d’un marxisme ouvert et généreux», le porte-parole du PS, Benoît Hamon rend hommage à un «infatigable débatteur» qui était «un des théoriciens les plus solides intellectuellement» du mouvement trotskiste, «en France et dans le monde».

Le secrétaire national du PS, Christophe Cambadélis, qui avait un temps milité à l’OCI (Organisation communiste internationale), autre école du trotskisme, dit de Bensaïd, qu’il «appartenait à cette catégorie de militants politiques pour qui la pensée politique n’était pas une compilation de slogans et de formules, mais une dialectique de raisonnements bien construits». «Il était un penseur exigeant et attentif aux autres, cherchant toujours à comprendre avant de condamner [...] Sa voix et sa plume manqueront aux débats passionnés de la gauche», écrit-il dans un communiqué intitulé «Salut Bensa!».

Le NPA organisera une soirée d’hommage militant le samedi 23 janvier à Paris.


Daniel Bensaïd est mort (L'Humanité)


Le philosophe, théoricien de l’ex-LCR et du NPA, interrogateur infatigable de la démocratie et du marxisme, est décédé à Paris ce matin, des suites d’une longue maladie.

« Ma génération était tout naturellement inscrite dans le mouvement ouvrier ou les récits de la résistance pendant la guerre d’Espagne ou d’Algérie. La génération symbolisée par Olivier Besancenot est entrée en politique dans les années quatre-vingt-dix, après la chute du mur de Berlin. Ses références à elle sont le zapatisme ou le mouvement altermondialiste ». Le philosophe, à l’heure de la transformation de la LCR en NPA, ne désespérait pas de voir « ces cultures converger vers une culture politique commune ».


Longtemps membre de la direction de la LCR et un des principaux dirigeants de la IVe Internationale (organisation communiste trotskiste fondée en 1938), il était engagé dans tous les combats internationalistes.


Né le 25 mars 1946 à Toulouse, ce philosophe, enseignant à l’Université de Paris VIII, a publié de très nombreux ouvrages de philosophie ou de débat politique, animé les revues "Critique Communiste" et "ContreTemps", et participé à la création de la Fondation Louise Michel.


Le NPA indique qu’il organisera une soirée d’hommage militant samedi 23 janvier à Paris.


En 2002, dans un entretien à l’Humanité conduit par Jean-Paul Monferran, Daniel Bensaïd revenait sur notre histoire :


"Évidemment, l’on n’a pas encore mesuré la portée des dégâts provoqués par ce que j’appelle le stalinisme, toute une séquence de déceptions, de désillusions, de défaites - des pires défaites, celles qui viennent de son propre camp -, avec toutes les blessures intimes qu’elles provoquent".


Ensuite, il y a la thèse selon laquelle le socialisme ouvrier et populaire tel qu’il est né au XIXe siècle aurait été progressivement capturé et détourné par le " pacte républicain " : l’Affaire Dreyfus, le Front populaire, etc.


Il y a sans doute là un élément de vérité, mais pourquoi ce " pacte " se déferait-il seulement aujourd’hui ?


Le philosophe interrogeait alors l’histoire immédiate : "L’expliquer par la conversion des composantes majoritaires de la gauche à une forme de social-libéralisme est une thèse certes séduisante, mais la question plus fondamentale qui me semble être posée est de savoir comment ce " pacte républicain ", qui s’était noué aussi autour de la question scolaire par exemple, a fonctionné dans le cadre politico-stratégique de l’État-nation.


Loin de moi l’idée que les États-nation auraient été dissous dans un marché sans rivages ni frontières, mais leur affaiblissement patent, en même temps qu’une redistribution des fonctions, des attributs de souveraineté, des instances de décisions, etc., aboutit à une situation d’incertitude stratégique. S’il existe, pour moi, des repères qui ne sont pas effacés, qui demeurent des lignes et des expériences fondatrices - la Révolution française, 1848, octobre 1917 - ; en revanche une page, si ce n’est blanche, du moins pour l’instant à peine ouverte, concerne ce que seront les données stratégiques du XXIe siècle. Nous sommes au tout début d’un nouveau cycle d’expériences : il s’agit d’être disponible à leur égard pour apprendre ce qu’elles ont à nous apprendre, mais rien ne se fera dans l’effacement d’une histoire et d’un héritage".


Dans le dernier ouvrage auquel il a participé, Démocratie, dans quel état ?, avec Giogio Agamben, Alain Badiou, Jean-Luc Nancy ou Jacques Rancière, il discutait âprement avec Alain Badiou, pour qui une vraie démocratie consiste en une « politique immanente au peuple », préférant chercher « les modes de représentation garantissant le meilleur contrôle des mandants sur les mandataires », que s’en remettre à l’utopie d’une assemblée générale et permanente du peuple.


Tout récemment encore, en février 2009, il publiait dans l’Humanité une tribune sur Gaza intitulée Sarkozy, Kouchner, où serez-vous ?, où les auteurs écrivaient notamment "vous vous êtes ensuite rendu coupable, Nicolas Sarkozy, de complicité de crimes de guerre. Par vos vaines allées et venues entre le Caire, Damas, Jérusalem, vous avez donné à Israël le temps de poursuivre les bombardements sur la population civile de Gaza".


Auteur et penseur infatigable, il a d’abord publié des livres co-écrits avec


Henri Weber : « Mai 68, une répétition générale » (1968),

avec Camille Scalabrino : « le Deuxième souffle, problèmes du mouvement étudiant » (1969),

avec plusieurs autres théoriciens : « Contre Althusser » (1974),

avec Michael Löwy et Charles-André Udry « Portugal, une révolution en marche » (1975).

Puis des ouvrages écrits seul et édités par La Brèche, les Editions de la Ligue : « Les Haillons de l’utopie » (1980), « Stratégies et partis » (1987), « Mai si, 1968-1988, rebelles et repentis » (celui-là en collaboration avec Alain Krivine) (1988).

Enfin, des livres plus personnels : « Moi, la révolution » (Gallimard 1989), « Walter Benjamin, sentinelle messianique » (Plon 1990), « Marx l’intempestif » (Fayard 1995), et « la Discordance des temps » (Editions de la Passion, 1995).

Et aussi : « le Pari mélancolique » (Fayard 1997).

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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 15:13

PORTRAIT

Daniel Bensaïd, 58 ans, philosophe. Soixante-huitard sentimental, tête pensante de la Ligue communiste révolutionnaire, il a conservé sa foi de moine-soldat anticapitaliste.


Par EMMANUEL PONCET


Le philosophe Daniel Bensaïd (ici en 2008), l'un des intellectuels de la LCR et du NPA, est

Le philosophe Daniel Bensaïd (ici en 2008), l'un des intellectuels de la LCR et du NPA, est décédé mardi matin. (AFP / MIGUEL MEDINA)


Le philosophe Daniel Bensaïd, théoricien de l'ex-LCR et du Nouveau Parti Anticipaliste, est décédé à Paris mardi matin, des suites d'une longue maladie. Nous republions ci-dessous un portrait de lui, datant d'avril 2004.


Et si la chasse aux soixante-huitards se calmait provisoirement ? Ils ont tout sapé, tout gagné, tout occupé. Rien laissé, rien lâché, rien transmis aux générations suivantes, a-t-on beaucoup écrit. Mais, depuis le frémissement éditorial et historiographique (entre autres Edwy Plenel, Benjamin Stora, en ce moment Bernard Kouchner et Cohn-Bendit) consécutif aux non-dits de jeunesse de Lionel Jospin, le procès récurrent fait à la disparate cohorte 68 prend un tour moins hargneux. Peut-être plus juste. Du genre : «Regardez, ils deviennent presque modestes en se racontant.»


Ou, plus psy : le soixante-huitard, comme tous les pères putatifs est, selon une formule consacrée, celui qui ne répond pas aux questions qu'on ne lui pose pas. Justement, Daniel Bensaïd répond aux questions. Simplement. Il dit des trucs bêtes et explicites comme : «Il ne faut pas oublier que nous étions la première génération médiatisée. Sur les barricades, certains négociaient déjà les photos à Paris Match.»


Ce n'était certainement pas lui. Personne ou presque ne connaît ce philosophe. Maître de conférences à Paris-VIII. Globe-trotter militant. Eminence grisonnante à la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). Il fait pourtant de régulières et prolifiques apparitions éditoriales depuis 1995. Il court les réunions politiques et les forums sociaux de Narbonne à Porto Alegre. Voix féminine, accentuée Sud-Ouest. Corps frêle, visage émacié, santé très fragile. Il se meut aussi discrètement dans l'espace que ses ex-congénères l'occupaient (l'espace).


Longtemps tribun séducteur, il ne manie plus la faconde charismatique des leaders médiamythiques de 1968. Il se pose un peu coquettement comme la figure inversée du séducteur libéral-libertaire. Il s'insurge contre les visions autosatisfaites de 68 comme celle d'Henri Weber («la génération de 68 n'a pas trop lieu de clamer sa douleur»). Mais ni contrition reniante genre Jospin, ni récit épique façon Génération, le style Bensaïd, c'est surtout de raconter sereinement les «z'événements», au café, comme s'ils allaient naturellement se remettre à leur juste place historique.


«On a beaucoup exagéré 68, dit-il, parce que nous étions en manque. En manque d'événements fondateurs. Nous voulions rejouer l'Affiche rouge.» Sous la modestie, on croise quand même un joli Who's Who médiatico-mondain de gauche.


Lorsqu'il effectue son stage de Capes de philosophie au lycée Jean-Baptiste-Say, à Paris, en 1970, il croise un jeune agitateur nommé Michel Field. Plus tard, au lycée La Fontaine, sa costagiaire s'appelle Sylviane Agacinski, future femme de Jospin. A l'Ecole normale d'Auteuil, c'est le jeune rocardien prometteur Patrick Viveret. Du beau linge d'époque, auquel s'ajoute la longue liste du staff de Rouge, fameux journal de la Ligue et vivier de médiastars à venir : Edwy Plenel, futur directeur de la rédaction du Monde ; Dominique Pouchin, ex-directeur adjoint de la rédaction de Libération ; Bernard Guetta, chroniqueur à France Inter ; Hervé Chabalier, PDG de Capa ; etc., etc.


Le plus drôle des années Rouge reste la rencontre avec Jean-Luc Godard. Il vient lui demander un soutien financier comme à Jean-Paul Sartre, Michel Piccoli ou Delphine Seyrig avant lui. «Le réalisateur du Mépris et de Pierrot le Fou m'intimidait [...], écrit-il, il déclara abruptement que le mouvement d'une caméra était comme une caresse autour de l'image, alors que le geste mécanique du journaliste qui ramène brutalement à la ligne le chariot de son Underwood ou de sa Remington était celui que l'on fait pour gifler un enfant. Il n'y avait rien à ajouter.»


L'air de rien, ce discret name dropping dessine les contours d'une génération intello-médiatique qu'il feint d'avoir observé de loin. Une distance ambiguë que l'on retrouve dans son amitié contrariée avec Edwy Plenel. Ils se sont tant aimés. C'est Plenel qui le pousse à écrire aux alentours de 1988. C'est la femme de Plenel, Nicole Lapierre, qui l'édite aujourd'hui (1). Mais entre-temps l'amitié entre les deux hommes s'est manifestement distendue.


«Edwy a toujours eu la passion du journalisme. Mais la logique impersonnelle de la production médiatique est dévorante. Entre nos visions du monde, la distance s'est creusée. Pour autant, Edwy n'est pas devenu cynique», assure-t-il.


Bensaïd est décidément plus au calme dans son habit de moine soldat du trotskisme parcourant le monde. Il fait figure à la Ligue communiste de sage tutélaire qu'on consulte mais qui met aussi les mains dans le cambouis. Il s'est d'abord opposé au casting Besancenot. «J'avais peur qu'on échoue lors du recueil de signatures, comme en 1981 et 1988 avec Alain Krivine.» Peur du côté virginal et anonyme du jeune postier. Aujourd'hui, il semble ravi, malgré les piètres résultats des régionales.


«Olivier a levé l'hypothèque d'une génération encombrante». Parfois, il prend un verre avec cet étrange héritier du trotskisme aimant Zebda, très demandeur de collectif «alors que nous étions des francs-tireurs». Il lui téléphone pour corriger certaines prestations télévisées. «Un jour, il avait dit que La Poste n'avait pas pour but d'être rentable. Je lui ai dit de trouver une autre formule moins choquante.»


Un autre membre de la Ligue, Philippe Corcuff, politologue à Lyon-II, le définit comme «un authentique intellectuel organique», ne dissociant jamais la théorie de la pratique. «Philosophe rustique», corrige une note un peu méprisante de la fondation Saint-Simon. «Moléculaire plutôt», conclut Bensaïd qui dit être tombé dans le communisme comme dans un bain chimique. Sa mère, surtout, chez qui «on chantait rouge». Ouvrière modiste, elle est pétrie de lectures sentimentales hugoliennes. Son père, juif et boxeur lit plutôt l'Equipe.


Il pleure parfois, devant Autant en emporte le vent. Après Oran, la famille s'installe près de Toulouse. Enfance dans le Bar des Amis, le café familial sur la route de Narbonne. Observatoire sociologique précieux. Tapis de cartes Cinzano. Le «rejeton du bistrot» côtoie charnellement les ouvriers et réfugiés politiques espagnols. Vaccination à vie contre les mythologies prolétariennes. Au comptoir, Pierrot, le résistant communiste flingueurconduit gratis son patron le dimanche au champ de courses. Sensible au «mépris social», il n'a pas signé la pétition pro-intelligence des Inrockuptibles. En 1960, la mort précoce de son père le plonge dans une «méditation morbide» qui lui épargne, affirme-t-il, «les conflits de l'adolescence».


La mère reprend péniblement le café. Elle sera contrainte de faire des ménages pour assurer son minimum retraite. Lui entre dans le tourbillon parisien, étudiant et militant en 1966. Il rencontre sa femme, Sophie, avec laquelle il vit toujours, dans le XIe arrondissement de Paris. Et tous les acteurs de sa génération. Second rôle sensible, antihéros récurrent, il ne veut crânement pas sortir de l'utopie. Sa vision du monde reste clairement partagée. Certains diraient rigide. «Il y a un désir de ne pas se rendre, c'est sûr...», confesse-t-il. Mais,«Entre ceux qui prennent des coups sur la gueule et ceux qui en donnent, la frontière est tout de même facile à définir, non ?».

(1) Une lente impatience, Stock.


Daniel Bensaïd en 5 dates

25 mars 1946

Naissance à Toulouse.

1962

Adhésion aux Jeunesses communistes consécutive à la manifestation de Charonne.

Octobre 1967

Assassinat de Guevara.

1995

Publication de Marx l'intempestif (Fayard) et de la Discordance des temps (éditions de la Passion).

15 février 2003

Première manifestation mondiale contre la guerre.

Le théoricien de la LCR, Daniel Bensaïd, est mort


LAURE EQUY


Le philosophe marxiste et théoricien de l’ancienne Ligue communiste révolutionnaire (LCR), grande sœur du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), Daniel Bensaïd, est décédé ce matin à 63 ans. Il était gravement malade depuis plusieurs mois.


Après avoir cofondé la JCR (Jeunesse Communiste Révolutionnaire) en 1966, puis compté comme l’un des principaux acteurs du mouvement de Mai 68, Daniel Bensaïd a participé à la création de la LCR, en avril 1969, dont il a longtemps été membre de la direction. En 2008 et 2009, il avait aussi contribué à la création du NPA, né en février dernier, dans la foulée de la dissolution politique de la Ligue.


Philosophe, enseignant à l’Université de Paris VIII, il a publié de nombreux ouvrages de philosophie ou de débat politique, dont «Prenons parti pour un socialisme du XXIe siècle» (Editions Mille et une nuits, 2009), en collaboration avec Olivier Besancenot. Animateur des revues Critique Communiste et ContreTemps,«il a participé activement à  la création de la Fondation Louise Michel et mené sans concession  le combat des idées, inspiré par la défense d’un marxisme ouvert, non  dogmatique», rappelle le NPA, dans son  communiqué.

«Un révolutionnaire d’actualité»

«C’est une très grande perte», vient de réagir, «avec beaucoup de tristesse», Alain Krivine, cofondateur de la LCR auprès de Libération.fr. «Il appartenait à toute une génération militante qui avait fait ses preuves en 1968. Il n’a pas, lui, abandonné le drapeau de la révolte et de la résistance, il incarnait la continuité du combat révolutionnaire», décrit-il, à propos de celui qui conjuguait à la fois «théorie marxiste, sans en faire un dogme sectaire», et «militantisme de terrain».


«Un révolutionnaire d’actualité», ajoute Krivine, soulignant son enthousiasme lors de la mise sur pied du NPA: «c’était la culture, la joie de vivre, la convivialité.»

 

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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 14:51
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Gravement malade depuis plusieurs mois, notre camarade Daniel Bensaïd est décédé ce matin.


Militant révolutionnaire depuis l’adolescence, il avait été l’un des fondateurs de la JCR (Jeunesse Communiste Révolutionnaire) en 1966 puis l’un des animateurs du Mouvement du 22 Mars et l’un des acteurs du mouvement de Mai 68 avant de participer à la création de la Ligue Communiste, en avril 1969.


Daniel Bensaïd a été longtemps membre de la direction de la LCR. Engagé dans tous les combats internationalistes, il a aussi été l’un des principaux dirigeants de la Quatrième Internationale. Il avait activement participé à la création du NPA.


Philosophe, enseignant à l’Université de Paris VIII, il a publié de très nombreux ouvrages de philosophie ou de débat politique, animé les revues Critique Communiste et ContreTemps, participé activement à la création de à la Fondation Louise Michel et mené sans concession le combat des idées, inspiré par la défense d’un marxisme ouvert, non dogmatique.


Les obsèques se dérouleront dans l'intimité.


Le NPA organisera une soirée d’hommage militant le samedi 23 janvier prochain à Paris.

Cette après midi mardi 12 janvier à 15h
et demain mercredi 13 à la même heure,
 
Daniel Mermet rediffuse son émission "Là bas si j'y suis" consacrée à Daniel Bensaïd autour de son ouvrage "La lente impatience".

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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 10:02
 Les contre-réformes à marche forcée
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Retour sur les faits marquants de l’année en quelques mots.

Automobile


La crise arrivée en France fin 2008 fait ses premières victimes dans le secteur de l'automobile. Renault, Peugeot, mais également les sous-traitants et les équipementiers licencient pas milliers et recourent sans compter au chômage partiel, avec toutes les conséquences dramatiques sur les travailleurs et leurs familles. Face à cette catastrophe économique, le gouvernement choisit de donner des milliards aux patrons du secteur plutôt qu'aux travailleurs. Continental, Michelin, Goodyear, Ford, Freescale, PSA, Dunlop... des centaines de salariés tentent d'empêcher les licenciements ou d'en réduire les conséquences en obtenant de meilleures indemnités. Le 17 octobre, ils convergent à Paris pour une manifestation devant la Bourse.

Bachelot


Des accidents sur-médiatisés durant l'été sans remise en cause du système de santé et une loi Hôpital, patients, santé, territoire (HPST) réformant les hôpitaux : cette année 2009 aura vu l'actualité de la santé au devant de la scène sociale.


Sarkozy exigeait « un patron, un seul, le directeur » pour les hôpitaux. La transformation de l’hôpital public en entreprise rentable dénoncée par l’appel des 25 n’est en effet qu’une partie du projet global et cohérent qu’est le projet de loi Bachelot, projet de marchandisation de la santé. La loi prévoit également grâce à la création des Agences régionales de santé (ARS), la réduction de la place du service public hospitalier au profit de la médecine libérale, des cliniques privées et du secteur médico-social associatif. Il organise enfin la restructuration des hôpitaux publics accompagnée de la fermeture des services d’urgence, de chirurgie et des maternités des hôpitaux de proximité.


Heureusement la résistance s'organise et du chef de service à l'aide-soignant, la mobilisation se construit et permet, malgré le vote à l'Assemblée nationale, de poursuivre la bataille encore aujourd'hui et tout au long de cette année 2010.


EDF GDF


En mai, les agents d'EDF et de GDF se sont mobilisés pour obtenir 5 % d'augmentation, une prime de 1 500 euros et la fin de l'externalisation des missions. Grève, coupures, application des tarifs heures creuses se succèdent et les seules réponses de la direction sont les poursuites disciplinaires, les procès en référé.


La répression policière fut de la partie alors que les grévistes s'apprêtaient à tenir une assemblée générale devant le siège de l'Unité réseau Paris et de l'Unité client, la police a arrêté 74 salariés. Aujourd'hui, plusieurs salariés ont commencé l'année comme ils l'avaient terminée, en grève de la faim afin de s'opposer aux sanctions qui sont encore prises quelques mois après le mouvement à l'encontre des syndicalistes et de certains salariés.

Identité nationale


À quelques mois des élections régionales, le gouvernement en perte de vitesse ressort les vieux procédés nauséabonds. Besson, le caniche de Sarkozy, s'y colle en lançant un « débat sur l'identité nationale » fin octobre. En plus de racler les poubelles du FN, il compte bien diviser les travailleurs qui résistent contre les mesures injustes et les licenciements, en prenant les immigrés et en particulier les musulmans comme boucs émissaires.


Les débats comme le site gouvernemental ouvert pour l'occasion sont le creuset des dérives les plus racistes. Mais la réaction existe et un collectif de chercheurs lance une pétition pour la fermeture du ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale.

Hadopi


Rejetée en avril par une Assemblée nationale déserte, la loi Hadopi est présentée à nouveau et adoptée en septembre. Prétendue protectrice des droits des auteurs, cette loi liberticide contre les internautes est surtout un moyen de conforter les majors de l'édition.

IVG


Après la fermeture de plusieurs centres IVG en Île-de-France, un collectif de soutien se met en place contre la fermeture du centre IVG de l'hôpital Tenon dans le 20e arrondissement de Paris. Entre les manques d'effectifs et de budget, l'IVG risque de devenir un droit virtuel dans le pays.

Jungle


Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, avait juré en 2002 qu'il fermerait le centre de Sangatte qui accueillait les réfugiés, souvent afghans, souhaitant passer en Grande-Bretagne. Résultat, des milliers de migrants se sont trouvés dans une situation encore pire.


Campant depuis des années autour de la gare de l'Est à Paris avant de retrouver ceux qui restent autour de Calais dans l'attente d'une possibilité de passer le tunnel. Mais une fois encore, Besson a répondu présent pour les pires ignominies. Le 22 septembre, avec les forces de l'ordre et sans oublier les caméras, il fait arrêter 278 migrants dont 132 mineurs et déclare « Je remercie les CRS d'avoir agi avec délicatesse ». Il va encore plus loin en novembre en expulsant trois Afghans vers leur pays en guerre et réitère en décembre.

Lait


À partir du mois de mai et jusqu'à l'automne, les producteurs de lait se battent pour vivre dignement. Avec des revenus en chute de 30 % en un an, ils refusent la politique du gouvernement qui consiste à privilégier les grosses exploitations au détriment des petits producteurs et des consommateurs qui continuent de payer le lait au prix fort.

Millions


À l'appel des syndicats, près de deux millions de manifestants défilent dans toute la France le 29 janvier pour exiger du gouvernement un changement de cap. Le 19 mars, le record est battu et près de trois millions de personnes manifestent. De nombreuses entreprises du privé rejoignent la grève. Mais ce succès est bradé par les syndicats qui se contentent d'appeler à une prochaine manifestation le… 1er mai !


Celle-ci, bien que réussie, marque un premier recul, confirmé lors des manifestations suivantes les 26 mai et 13 juin, pour lesquelles il n'y a même pas d'appel clair à la grève. Les syndicats jouent là un bien triste rôle, éteignant un mouvement qui aurait pu être massif. Cela est notamment reproché à la CGT lors de son congrès en décembre.

NPA


Au lendemain de la dissolution de la LCR, le NPA voit officiellement le jour le week-end du 12 février. Son congrès de formation est placé sous le signe des luttes et de l'internationalisme avec la participation de camarades du LKP et de nombreuses organisations anticapitalistes de tous les pays.


Revendiquant entre 9 000 et 10 000 membres fondateurs, le jeune parti est très vite confronté aux élections européennes en juin et obtient un score honorable avec 4,8 % au niveau national. Mais au sein même du NPA, les tactiques du parti concernant les élections sont l'objet de nombreux débats qui se poursuivent pour décider de la ligne à adopter pour les élections régionales de 2010.


Pour autant, la vie ne s'arrête pas aux échéances électorales, et malgré une situation sociale parfois morose, le NPA lance sa campagne pour l'emploi en octobre, soutient les luttes aussi bien de l'automobile, du secteur de la santé, des sans-papiers... sans oublier la campagne Boycott désinvestissement sanctions contre Israël.

Pôle Emploi


Alors que sous l'effet de la crise, le chômage monte en flèche en 2009 pour atteindre près de 10 % de la population à la fin de l'année, la fusion calamiteuse des Assedic et de l'ANPE  aggrave largement la situation. Conseillers non formés, submergés par des dossiers qu'ils n'ont pas le temps matériel de traiter, plateforme téléphonique aux abonnés absents, cette situation insupportable aboutit à des grèves d'ampleur en fin d'année des agents de Pôle Emploi.

Poste


Le gouvernement Fillon choisit de s'attaquer au service public postal en fixant à l'automne le débat parlementaire sur la privatisation de La Poste par le biais d'un changement de statut et de l'ouverture du capital. Bien sûr, comme à chaque privatisation, les belles promesses ressurgissent, identiques en tous points à ce que Sarkozy avait promis pour EDF GDF. Seulement, la résistance des postiers et des usagers permet d'organiser une immense votation citoyenne afin d'exiger un véritable référendum sur le changement de statut de La Poste. 2 300 000 personnes s'expriment lors de cette votation. 97,5 % de non contre le changement de statut ont fait de cette mobilisation un véritable succès.

RSA


Prenant la place du RMI, de l'allocation pour adulte handicapé et de celle pour parent isolé, le RSA aggrave la précarité de milliers de personnes, tout en offrant une main-d'œuvre au rabais pour les patrons.

Répression


Alors que Julien Coupat croupit dans une geôle depuis la fin de l'année 2008, 2009 voit l'État se déchaîner contre tous ceux qui résistent. Manifestants arrêtés le 19 mars ou encore à l'issue du contre-sommet de l'Otan à Strasbourg début avril, enquête pour incitation à la haine raciale à l'encontre d'Élie Domota, syndicalistes d'EDF GDF ou de Continental traînés en justice, la répression du mouvement social et l'intimidation montrent que le gouvernement met tout en œuvre pour écraser la résistance dans l'œuf.

Sans-papiers


Sur-exploités et sous-payés par des patrons qui profitent de leur situation, harcelés par la police qui se livre à de véritables rafles au faciès pour respecter les « objectifs » de reconduites à la frontière de Besson, 1 500 sans-papiers se mettent en grève le 12 octobre avec le soutien des syndicats.


Ils réclament une circulaire globale de régularisation « on bosse ici, on vit ici, on reste ici ! ». Malgré la répression qui s'abat sur certains piquets, malgré le froid, ils sont environ 6 000 à la fin de l'année et de nouveaux piquets se créent, notamment à Joinville-le-Pont. Leur combat est un coin enfoncé dans le système, une épine dans le pied du gouvernement et leur détermination est exemplaire pour les anticapitalistes.

TVA


Sarkozy n'hésite pas à grever encore davantage le budget de l'État en baissant la TVA dans la restauration. Résultat, 3 milliards de cadeaux aux patrons du secteur, mais quasiment pas d'embauches ni d'augmentation de salaire pour les salariés.

Universités


La loi LRU brade la formation des enseignants à travers la mastérisation qui va déconnecter les concours de recrutement de la formation et renforcer la précarité. Elle vise à soumette au bon vouloir des présidents d'université les conditions de travail des enseignants-chercheurs et la répartition entre recherche et enseignement.


Plusieurs grandes manifestations, les 19 février et 19 mars, ont contraint François Fillon au rôle de pompier de service : réécriture du décret de Valérie Pécresse sur les enseignants-chercheurs et engagement à ne pas recourir à des suppressions de postes en 2010 et 2011. Mais la réécriture n'est pas le retrait et le gouvernement ne revient pas sur les 1 030 suppressions de postes planifiées pour 2009.

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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 09:19
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Fin 2009, la page est tournée. Mais pas celle de la crise.

Malgré les rodomontades arrogantes et habituelles de Sarkozy lors des vœux télévisés, personne n’est dupe : la majorité de la population, les salariés, les jeunes, n’ont pas fini de payer la crise du système capitaliste. Sans compter la crise écologique à laquelle le sommet de Copenhague n’a amené aucune solution.


Le système capitaliste, au nom du profit sans fin, met en danger la planète du nord au sud et broient des millions de vies humaines, quand il ne mène pas de guerres aux quatre coins du monde.


L’année écoulée a été le témoin de nombreuses luttes, en France et ailleurs. N’oublions pas le mouvement dans les Antilles, n’oublions pas non plus que bien des occasions ont été sans doute manquées.


Pour autant depuis quelques semaines maintenant, de nombreux travailleurs se battent, notamment pour des augmentations de salaire. Des mobilisations initiées par les lycéens pointent dans l’Éducation nationale.


Des perspectives de grève existent également dans la fonction publique. Des milliers de travailleurs sans papiers se battent pour leurs droits.


Plus que jamais nous devons reprendre confiance en nos forces et travailler à la consolidation des résistances, des mobilisations et bien sûr, à leur convergence.


L’année 2010 sera aussi l’occasion de sanctionner le gouvernement et de proposer une politique alternative de rupture pour les régions lors des élections de mars prochain.


Nous n’avons pas le droit de laisser faire cette droite arrogante au service des puissants et qui casse un à un tous les acquis sociaux et les services publics.


Nous n’avons pas le choix : face au capitalisme et à sa barbarie, battons-nous pour une autre société, un autre monde de justice sociale et de fraternité.


Voilà les vœux que le NPA envoie au monde du travail, aux classes populaires, à la jeunesse, tout simplement pour une année 2010 belle, rebelle et pleine de promesses de luttes.


Myriam Martin

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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 08:57
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Lors de ses vœux pour 2010, Sarkozy a affiché une sollicitude pleine d’hypocrisie pour ceux qui souffrent de la situation économique. Mais ce sont de nouvelles attaques contre les droits sociaux et démocratiques de la population qu’il prépare pour continuer à servir les responsables et profiteurs de la crise.

"L’année qui s’achève a été difficile pour tous. » C’est par ce mensonge, incroyable de cynisme que Sarkozy a introduit ses vœux pour 2010, le soir du 31 décembre. Au même moment, on sablait le champagne à la Bourse de Paris où le CAC 40 a gagné plus de 22 % en un an, un record depuis 2005.


Les actions du secteur qui a le plus licencié et mis au chômage partiel ses salariés, celui de l’automobile équipementiers compris, affichent un bond annuel de 75 %, avec en particulier, pour Renault et Peugeot, une hausse de 95 %. Quant à celles des banques qui ont bénéficié à plein des largesses de l’État au plus fort de la crise, elles engrange une hausse de 70 % sur un an.


Autant dire que la sollicitude de Sarkozy pour, selon ses mots, « ceux qui ont perdu leur emploi » n’est pas seulement hypocrite, c’est une véritable provocation. En effet, toute son action et celle de son gouvernement ont été consacrées à permettre aux responsables de la crise de continuer à faire d’insolents bénéfices en licenciant des centaines de milliers de travailleurs et en réduisant le salaire, par le chômage partiel, de centaines de milliers d’autres.


Une politique qui, loin d’« éviter le pire », comme s’en est vanté Sarkozy, n’a fait que préparer une nouvelle aggravation de la crise !


Mensonges et autosatisfaction ! Feignant d’ignorer la chute de sa cote de popularité, en deçà des 40 %, ainsi que les revers subis par son gouvernement au cours de ces dernières semaines, comme, en particulier, le rejet par le Conseil constitutionnel de la taxe carbone qui aurait dû entrer en vigueur le 1er janvier, Sarkozy s’est félicité sans la moindre retenue des réformes « accomplies ».


Il a prétendu sans rire que « des problèmes qui paraissaient insolubles, comme les bonus extravagants ou les paradis fiscaux, [étaient] en voie d’être résolus » et que le sommet de Copenhague, un échec de l’aveu de tout le monde, était un succès.


Il a égrené les atteintes aux droits démocratiques et sociaux qu’il a réussi à imposer dans tous les domaines (suppression de la taxe professionnelle, réforme du lycée, autonomie des universités, RSA, casse du système hospitalier, réforme de la justice…) comme autant de succès. Mais s’il a évité d’en citer les bénéficiaires, le Medef, tout en rendant hommage au « grand sens des responsabilités » des « partenaires sociaux », dont font partie avec celui-ci les directions des confédérations syndicales, il a, en revanche, attaqué à mots couverts ceux qui s’opposent à cette régression sociale et qui représenteraient, selon lui, « l’immobilisme ».


Attaques contre les retraites, réforme territoriale, coupes claires dans les dépenses de l’État utiles à la population sont au menu de son année 2010. Voilà pourquoi Sarkozy veut une « France rassemblée », voilà pourquoi il a longuement insisté sur son souhait de nous voir « rester unis », adressant ses vœux, en particulier, « à nos soldats, séparés de leur famille qui risquent leur vie pour défendre nos valeurs et garantir notre sécurité ». Façon hypocrite de justifier la sale guerre de la France en Afghanistan !


Eh bien, ce sera sans nous et sans des millions d’autres, travailleurs, jeunes, chômeurs, toutes celles et ceux qui – et c’est ce que nous souhaitons pour l’année 2010 – vont reprendre confiance dans leur force collective et affirmer avec force les droits du plus grand nombre contre l’arrogance insolente des classes privilégiées et de leurs mandataires !


Galia Trépère

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