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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 08:35

PARIS, 30 oct 2009 (AFP) -

 Olivier Besancenot (NPA) a salué vendredi le renvoi de Jacques Chirac devant la justice, tout en souhaitant que le "procès de Supermenteur" soit aussi celui de "l'immunité présidentielle".

Jacques Chirac a été renvoyé vendredi devant le tribunal correctionnel de Paris - une première pour un ancien président de la République - pour une affaire d'emplois de complaisance lorsqu'il était maire de Paris.

Pour M. Besancenot, interrogé par l'AFP, "on attend que le procès de Jacques Chirac ne soit pas uniquement le procès de "Supermenteur" (la marionnette de l'ex-président dans les Guignols, ndlr) mais aussi le procès de l'immunité présidentielle".

La décision de la juge Xavière Simeoni "va dans le bon sens", a-t-il expliqué. Elle "donne l'espoir que le scandale des emplois fictifs puisse enfin aboutir" et "l'espoir d'une première brèche du système de l'immunité présidentielle", a-t-il ajouté.

Il faut que les présidents de la République, "que ce soit Jacques Chirac ou l'actuel président (Nicolas Sarkozy)", puissent être "jugés en temps et en heure, comme tout un chacun", a ajouté le porte-parole du NPA.
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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 11:35



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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 11:28
«Le NPA ne veut pas faire le grand écart» (interview à Libération d'Olivier Besancenot)

Après avoir été dépassé par le Front de gauche (PCF et Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon) aux européennes, Olivier Besancenot a engagé le NPA dans une énième tentative unitaire à la gauche du PS. Il répond dans Libération à l’offre nationale arrêtée ce week-end par les communistes.

Le PCF a choisi de partir au premier tour des régionales avec le Front de gauche, sans le PS. En êtes-vous ?


On nous parle d’une offre nationale, mais c’est une politique à géométrie variable. On sait déjà qu’il y aura entre un tiers et la moitié des régions où le PCF ira avec le PS dès le premier tour. Ailleurs, ce seront des listes Front de gauche «élargies», mais la direction du PCF pose comme préalable la constitution de majorités de gestion avec le PS. Le PCF refuse ainsi la main tendue par une partie de la gauche radicale dont le NPA, pour privilégier ses accords avec les socialistes.


Jean-Luc Mélenchon semble prêt à y aller…


On a vu que Jean-Luc Mélenchon se dit partant, on verra. Mais s’il est sorti du PS pour se fixer pour objectif de reconstituer des majorités de gestion avec le PS, ça sert à quoi ?


Que proposez-vous, alors ?


L’offre du PCF n’étant pas acceptable, nous allons proposer demain soir la constitution de listes unitaires de la gauche radicale, indépendantes du PS dans toutes les régions.


En quoi votre projet est-il incompatible avec celui du PS ?


Deux exemples : proposer que des régions portent plainte pour détournements de fonds publics contre les entreprises qui licencient, cela permettrait au moins aux salariés de s’appuyer sur une jurisprudence. Je ne me vois pas aller voir des salariés licenciés pour leur dire qu’on va essayer de récupérer les subventions publiques touchées par leur boîte, et au même moment voter ses subventions dans les exécutifs.


On ne veut pas le faire, ce grand écart. On avait cru comprendre que le PCF non plus… Autre exemple : dans le cadre de la libéralisation totale du trafic des voyageurs, chaque région va devoir se prononcer sur la mise en concurrence des TER ; elles doivent poser un droit de veto.


Intégrer les exécutifs de gauche n’obligerait pas pour autant les élus du NPA à voter les décisions qui les dérangent…


Pour que nos élus aient leur liberté de parole, de proposition et de vote, nous pensons qu’il n’y a pas besoin d’être dans les exécutifs. La direction du PCF explique qu’elle a obtenu la gratuité des transports collectifs pour les chômeurs en Ile-de-France parce qu’elle était dedans. Nous leur avons rappelé qu’en Midi-Pyrénées, lors du mandat précédent, nos deux élus LCR avaient obtenu la même chose en lien avec les mouvements sociaux.


Estimez-vous avoir joué le jeu de l’unité ?


Après les européennes, on a constaté l’émergence d’un bloc de centre gauche autour du PS, Europe Ecologie et Modem. Ces trois courants jouent la concurrence au premier tour pour se disputer le leadership, mais n’insultent pas l’avenir. La discussion est de savoir si, à ce bloc de centre gauche, on oppose un bloc de la gauche radicale, fort de ses nuances et de sa diversité, mais qui assume son indépendance.


Encore une fois, on a l’impression que l’enjeu est de rejeter sur l’autre la responsabilité de la désunion…


L’unité de la gauche radicale, ce n’est pas une fois l’union avec le PS et une fois avec le NPA. J’espère que du côté du PCF ces discussions unitaires n’étaient pas des postures pour faire monter les enchères avec le PS.


N’allez-vous pas faire le jeu de la droite qui part unie ?


La droite part unie car une orientation, l’UMP, a su gagner l’hégémonie politique sur les autres courants. A gauche, certains peuvent se dire : ce qui se passe autour du Modem, d’Europe Ecologie et du PS sera le meilleur moyen de dégager Sarkozy.


C’est une illusion. Nous, nous avons intérêt à créer l’événement en disant : «Pour une fois, on s’assume ensemble, on s’affranchit de la tutelle du PS, et on aura des élus pour contester son hégémonie.» Qu’on ne nous dise pas que faire ça, c’est refuser de battre la droite : il y a des possibilités de «fusions démocratiques» qui respectent la proportionnelle au second tour. On demande un accord au PS sur cette base. Ce qui manque dans les régions aujourd’hui, c’est une bonne opposition de gauche.


Le NPA ne va-t-il pas jouer à gauche le jeu que le FN à longtemps eu à droite ?


Comme allié de la droite, on fait mieux… Si une partie de la gauche institutionnelle n’est pas capable de se remettre en cause et préfère se trouver des boucs émissaires, ce n’est pas de notre faute. Sur le fond politique, on nous traite de diviseurs. Les socialistes savent très bien se tirer dans les pieds tout seuls.


Electoralement, quand le PS et la gauche se portent bien comme aux dernières municipales, nous aussi. Et quand le PS descend, comme aux européennes, nous ne faisons pas une percée fracassante : 5% ! Ceux qui leur grappillent des voix sont du côté du Modem et d’Europe Ecologie.


On ne peut pas nous dire : «Vous êtes les diviseurs qui piquez des voix à la gauche, et vous vous êtes cassé la gueule aux européennes !» Qui a fait la démonstration à gauche qu’il était efficace pour battre Sarkozy ? Un peu d’humilité ! Le problème n’est pas de faire un coup électoral, mais de consolider un bloc anticapitaliste dans les années qui viennent.


Olivier Besancenot, ministre dans un gouvernement de gauche ?


J’entends 10 000 fois dire : «Olivier, avec ta grande gueule tu vas y aller et imposer tes idées.» Il faut expliquer que des accords de gestion, c’est tout sauf un mec qui met un coup de pression à un autre. Dans un exécutif régional ou national, il y a une orientation. Pas deux. On vote quotidiennement pour ou contre telle privatisation, telle subvention à la formation, à l’école privée…


Vous êtes anticapitaliste et n’engrangez pas sur la crise. Vos appels à la grève générale ont tourné court au printemps…


Certains nous avaient annoncé un grand boulevard pour les anticapitalistes au moment du congrès de formation du NPA, en pleine crise et après la première journée de grève générale.


Les mêmes nous expliquent aujourd’hui qu’on est morts et enterrés et que nos militants se sont barrés. La réalité est entre les deux : le NPA est une organisation qui compte 10 000 militants et s’est stabilisée dans une situation de reflux social et politique.


Si on veut éviter un second quinquennat de Sarkozy, il faut fragiliser sa politique maintenant. Je pense qu’on peut remporter une victoire contre la privatisation de la Poste.


Résistons ensemble face à la droite. Pendant dix ans, le PS a estimé que, pour être fréquentables dans les mobilisations sociales, il nous faudrait accepter d’aller dans un gouvernement avec Aubry, Bayrou et Cohn-Bendit. Ça n’a pas marché, tout le monde s’en mord les doigts. Résultat, à mi-mandat, Sarkozy n’a pas enregistré de défaite sociale majeure.


Par Matthieu Ecoiffier, le 27 octobre 2009.

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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 07:55



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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 08:47
Déclaration du Comité exécutif du NPA :
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Le Nouveau Parti Anticapitaliste s'adresse, quelques semaines après la rentrée et à quelques mois de l'échéance électorale des régionales, à toutes celles et tous ceux qui n'en peuvent plus de cette droite réactionnaire, mais qui ne veulent plus d'une gauche gestionnaire qui a renoncé à transformer la société.


Ras le bol des attaques de la droite, mais assez d'une gauche plus préoccupée de rechercher l'alliance d'un homme de droite comme François Bayrou, des présidentielles de 2012 que d'opposer un front uni et cohérent au projet Sarkozyste.


Sans surprise le gouvernement utilise les marges de manœuvre que lui procurent les résultats des Européennes et l'absence d'opposition organisée, unie et déterminée face à sa politique. Du coup, la feuille de route des contre-réformes est observée dans toute sa rigueur touchant les acquis sociaux et les libertés publiques du plus grand nombre.


Si bon nombre « d'affaires » qui se multiplient en cette rentrée ont leur fonction d'écran des problèmes réels, le népotisme, l'arbitraire et l'hyper autoritarisme du pouvoir de la droite, fonctionnent à plein, il est vrai permis par le fonctionnement des institutions de la Ve République.


L'enjeu est de taille, il s'agit de faire payer la crise du capitalisme, la crise écologique, à une majorité de la population qui n'en est pas responsable. Faire semblant que tout change (bonus, parachutes dorés, paradis fiscaux) alors que rien ne change.


Le projet de privatisation de La Poste est là comme un symbole du maintien du dogme libéral. Le débat lancé sur la taxe carbone, le « nouveau grenelle » sur les retraites et la réforme territoriale, pour ne prendre que ces exemples, ont comme point commun d'illustrer la facture de la crise. C'est en nous faisant travaillant plus, sans gagner davantage que le MEDEF et Sarkozy, entendent régler l'addition et sauvegarder leurs privilèges.


Ce qui implique de travailler le dimanche, de remettre en cause les 35 heures, d'allonger la durée de cotisations pour les retraites, d'organiser de nouvelles coupes sombres dans les dépenses publiques en reformatant l'Etat (abandon de ses missions sociales au profit de priorités répressives).


Alors même que chômage et licenciements, stagnation du pouvoir d'achat, frappent de plus en plus à la porte de la population, le pouvoir s'est fixé une nouvelle échéance clé dans la route d'une éventuelle réélection en 2012 : faire des régionales un test grandeur nature de rapports favorables au camp réactionnaire permettant une nouvelle phase d'offensives politiques et sociales.


C'est bien pourquoi les résistances et mobilisations de cet automne et la préparation des régionales forment une même séquence politique où doivent se combiner une opposition frontale au MEDEF et à la droite, et la radicalité de réponses alternatives face à la crise, nécessitant l'unité et le rassemblement.


Car rien n'est fatal. La mobilisation qui a accompagné la consultation populaire pour défendre le service public postal, les luttes contre les licenciements qui commencent à se coordonner, l'impopularité manifeste de l'équipe gouvernementale et des principales mesures phares de celle-ci, montrent que le rapport de force peut s'inverser, que l'espoir peut changer de camp. Mais il est vrai, que l'absence de stratégie de mobilisation de la part des principales directions syndicales pèse lourd dans la situation.


Les opérations de mise en œuvre d'un centre gauche, comme la priorité mise dans l'organisation de primaires pour la prochaine présidentielle permettant à chacun d'assister au spectacle de la multitude d'ambitions au PS et du vide du projet proposé, illustrent une nouvelle fois la défaillance d'une gauche d'adaptation qui n'a plus la volonté et les outils pour s'opposer sur le fond à la logique capitaliste et aux projets de la droite. Il y a eu suffisamment d'exemples en Europe pour connaître le coût de telles expériences.


Mais le résultat des européennes, dont on sait pourtant que par l'absence de participation électorale des classes populaires et des plus jeunes il n'est qu'une photographie partielle des rapports de force réels, donne du poids à une coalition rose-verts-orange qui soi-disant pourrait battre Sarkozy.


C'est pourtant, de notre avis, l'histoire d'une défaite annoncée car une telle coalition ne contesterait Sarkozy que sur la forme de l'exercice du pouvoir et pas sur le fond de son projet de société. Cette coalition ferait l'impasse par exemple sur la répartition des richesses et ne chercherait pas dans les combats d'aujourd'hui à défaire les projets gouvernementaux.


C'est la brutalité de la situation qui exige un rassemblement sur des bases claires.


Il s'agit de savoir, au-delà de mobilisations unitaires contre le pouvoir, si la gauche radicale est au rendez-vous. Au rendez-vous des luttes et des confrontations sociales. Au rendez-vous des réponses anticapitalistes, à la définition d'un programme de rupture face au défi de la crise générale du système. Au rendez-vous des régionales.


Des forces sont disponibles pour relever ces défis. Qu'il s'agisse d'affronter dès maintenant un pouvoir impopulaire et lui infliger des reculs, des défaites sur le terrain social, celui des mobilisations et des résistances. Ou de remettre en cause l'hégémonie social-libérale ce qui implique de modifier en profondeur les rapports de force à gauche, de construire une gauche indépendante de la direction et des orientations du PS. Ces forces, nous les appelons la gauche radicale.

 

Combien sommes-nous de militants de partis, syndicalistes, militants associatifs, féministes et écologistes qui enragent de cette situation ? Il est temps de s'unir dans la durée et dans la clarté. De se rassembler dans les luttes et dans les élections... C'est l'occasion de montrer que nous sommes capables, déterminés à affronter ce double défi.


C'est pourquoi le NPA a initié depuis cet été un processus de discussion entre différents partis politiques pour présenter ensemble des listes unitaires de la gauche radicale dans les 21 régions métropolitaines. Des listes qui soient ouvertes aux militants du mouvement social, mais où les partis politiques nationaux joueraient pleinement le rôle de levier, de mise en place d'un cadre national visant à regrouper autour d'un projet politique de rupture.


Cette démarche s'est adressée au PCF, au Parti de Gauche, à Lutte Ouvrière, au Forum Social des Quartiers Populaires, aux Alternatifs et à la Fédération, au MPEP et à Socialisme et république, au PCOF comme à la Gauche unitaire. Nous avons tenu plusieurs réunions et adopté une déclaration et une méthode de discussion pour nous mettre d'accord sur un rassemblement de la gauche radicale.


La gauche d'adaptation tente de se rassembler, il est temps que la gauche radicale, indépendante de l'orientation du PS, qui refuse l'alliance avec le MODEM comme une nouvelle compromission avec la droite, s'unisse. Qu'elle s'unisse pour favoriser les mobilisations et les résistances, qu'elle s'unisse autour d'un programme de rupture. Qu'elle s'unisse par une stratégie indépendante du PS. C'est la condition de la reconstruction d'un nouveau mouvement émancipateur.


Oui, il faut battre la droite ; oui, il ne faut pas confondre un électeur socialiste d'un électeur UMP. Mais, dans le même temps, il faut enregistrer qu'existent deux gauches dotées de programmes contradictoires qui interdisent de gérer ensemble les régions.


L'enjeu est bien plus élevé que la conquête négociée de quelques postes, il s'agit d'inverser les rapports de force à gauche, de redonner confiance au monde du travail, aux jeunes et de porter une perspective politique et sociale qui ose refuser tout licenciement, toute suppression de postes dans la fonction publique, qui se fasse le porte-parole de la convergence des luttes et des résistances dans le but de mettre un terme aux nuisances du capitalisme en soumettant les grandes banques et les grandes entreprises au contrôle des salariés et de la population.


Si les régionales permettaient d'avancer en ce sens, alors nous aurions fait un grand pas. À l'heure où nous écrivons, un premier rassemblement s'est opéré mais des obstacles subsistent en particulier parce que la direction du PCF se situe dans une perspective de reconduction d'une politique d'union de la gauche, de gestion des exécutifs avec le PS comme le revendique sa principale dirigeante. Pour autant il ne s'agit pas de renoncer mais de continuer à avancer en rassemblant les forces disponibles, c'est le sens de la politique unitaire menée par le NPA.



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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 08:41
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Daniel Bensaïd vient de publier en espagnol "Éloge de la politique profane", une œuvre dense et complexe avec laquelle il espère contribuer à une contre-attaque de la gauche radicale capable de sortir les gens modestes du marasme de la crise que nous connaissons.


Dans cet éloge, ce penseur éminemment politique, est déconcertant. Dans un contexte d' « autoritarisme libéral »,  sans occulter son appartenance au NPA, Daniel Bensaïd recherche où se trouvent les pôles de résistances fertiles. Et parmi eux, il essaye de séparer la paille du grain, critiquant parfois avec virulence certains théoriciens qui, sous prétexte de découvrir la « société civile », le « mouvement altermondialiste » ou le « nouveau radicalisme » inventent des théories qui les condamnent à l'impuissance.


« Éloge de la politique profane » est un titre au sens assez mystérieux, de quoi s'agit-il ?


Ah! ça paraît mystérieux ?


En tout cas pour moi.


Bon, donc procédons par ordre. Ce livre est d'abord un éloge, tout simplement, de la politique, de la vraie politique face à la situation actuelle, celle, comme l'a dit Anna Arendt, d'un mécanisme de marché administré par un pouvoir politique gestionnaire sans véritable pluralisme. Le livre fait aussi  l'éloge de la politique profane, face à l'avènement de toutes parts de la religiosité dans la politique. Cette renaissance du religieux saute aux yeux dans la croisade du bien contre le mal menée par les États-Unis. Également en Europe où la tentation est forte, avec Nicolas Sarkozy en tête, de redéfinir l'Europe par son origine chrétienne en expulsant la Turquie. Il y a un troisième exemple. Je ne sais pas si c'est le cas en Espagne mais, en France, le vocabulaire religieux pénètre de plus en plus le vocabulaire juridique. Le condamné doit non seulement accomplir sa peine mais aussi dire qu'il est revenu dans le droit chemin. C'est quelque chose qui ne vient pas du droit mais de la religion.


Vous faites également allusion à l'invasion religieuse du champ de la critique.


Oui, la dimension religieuse est claire chez des intellectuels comme Toni Negri avec ses références à Saint François. Badiou a quelque chose de religieux dans sa théorie sur l'évènement et de l'irruption d'un possible à partir de rien... Le religieux s'étend surtout au « sein du peuple », comme vous  dites, par la disparition de l'esprit de classe. L'offensive libérale a réussi à détruire de nombreuses solidarités de classe. C'est un recul auquel nous n'avons pas encore su répondre. On voit donc fleurir des solidarités religieuses et communautaires. En France, on parle beaucoup sur la question du voile islamique mais, en réalité, ce repli communautaire, existe aussi au sein de la communauté juive.


Avec l'aide de Benjamin, d'Arendt et de Schmitt, vous faites une radiographie de la domination actuelle. Vous examinez ensuite les pôles de résistance pour remettre l'Histoire dans le sens de l'émancipation.  Êtes-vous pessimiste ou optimiste ? 


Je  cherche à essayer d'analyser clairement la période politique. Tout ce que qu'on vit aujourd'hui fait suite à la défaite subie dans les années 1980, où l'idée d'émancipation a disparu. Mais il y a eu un point d'inflexion des idées à la fin des années 1990 avec le mouvement altermondialiste qui réunit des centaines de milliers de personnes et fait des forums. Mais je crois que tous ces évènements clés nous ont amené un moment utopique, c'est à dire des idées d'émancipation qui ne se confrontent pas à l'application pratique du possible. C'est pour cela que l'on use et abuse des termes « alter », « autre »... « un autre monde est possible », « l'autre gauche », « l'autre campagne »... Cela évite d'avoir à définir, c'est un signe de manque de maturité. Je ne suis ni pessimiste, ni optimiste. Je crois qu'il faut en passer par cette étape et définir une stratégie.


Que va-t-il se passer ?


Il faut introduire une nouvelle idée, qui fut formulée par Marcuse dans les années 1960 : est-il possible de rompre avec le cercle vicieux de la domination ? Avec un société de consommation toujours plus obsessive et inquiétante, avec une société du spectacle qui ne s'est pas encore convertie en société du simulacre... je suis inquiet et je pense qu'il faut commencer à chercher des formules pour en sortir. Les résistances ne suffisent pas à elles seules, il faut les mettre en relation avec une ou plusieurs forces politiques.

 

Oui, et pour cela vous faites partie du NPA, le parti d'Olivier Besancenot


Je le répète, une ou plusieurs forces politiques, car la nouveauté aujourd'hui c'est l'émergence de gauches radicales reformulées, capables de prendre le pouvoir, comme on l'a vu en Amérique latine. Quand on réfléchit aux défaites historiques qu'on subi, au vingtième siècle, les gauches sclérosées et bureaucratisées, une des causes qui ont permis l'offensive de l'autoritarisme libéral, ce qui se passe aujourd'hui est important. En France, le NPA et le Front de gauche. En Allemagne, Die Linke. Au Portugal et en Grèce également, monte une gauche radicale pendant que les social-démocraties sont en pleine décadence et les gauches d'appareil en danger. En Asie, nous avons moins d'informations, mais le déclin du maoïsme militant libèrent des forces pour une nouvelle alternative.


Oui mais on a pu voir dernièrement aux élections que la montée du Front de gauche, du NPA ou de Die Linke ne compense pas la chute de la gauche traditionnelle.


C'est parce que domine toujours  la défaite historique des années 1980. Nous n'en sommes pas encore sortis. C'est une course contre la montre qui n'est pas gagnée. Il est clair que pour le moment la renaissance de la gauche radicale ne compense par le déclin de la gauche traditionnelle. Mais ce que je vois, c'est une nouvelle génération militante dans le NPA et un courant de jeunes qui voit les choses d'une manière différente de nous. Nous connaissons l'idéal de la révolution. Eux, ils ont une vision plus pratique et directe de la confrontation dans laquelle ils mettent beaucoup d'énergie. En France, Sarkozy poursuit sa contre-réforme libérale. Les gens savent que, s'il parvient à son objectif, nous ne vivrons plus dans le même pays, on aura abandonné le principe de solidarité et d'égalité. Quelque chose de fondamental depuis 1789.


Les sondages montrent que Sarkozy s'en sort bien malgré la crise.


Oui, mais n'oubliez pas qu'une crise en cache une autre, beaucoup plus fondamentale dont on ne sortira pas car, dans le fond, c'est une crise des valeurs. L'autoritarisme libéral étend les zones de marché à toutes les relations humaines. Il réduit tout échange à sa valeur accumulable, et, dans un monde des réseaux et de savoir, ceci est absurde. Cette volonté de quantifier, de mesurer l'incommensurable, pour s'approprier de la valeur est ridicule.


Quelles sont les raisons de se battre ?


Avant, nous avions une religion de l'Histoire qui nous disait : il y aura une lutte finale et nous la gagnerons nécessairement. Aujourd'hui, il faut nous débarrasser des fétiches de cette religion de l'Histoire, accepter l'incertitude et adopter une politique profane comme art stratégique.


Tous les discours de Sarkozy ne vous donnent-ils pas envie de l'appeler camarade ?


Il se maintient par son libéralisme autoritaire. Pour une raison de fond : le chômage s'est installé de façon durable. Personne ne sait comment vont réagir les sociétés modernes alors qu'il n'y a plus de réserve d'emplois ruraux, ni de structures de solidarité familiale. Si on remonte à la crise des années 1930, la France avait alors 35% de population  rurale. Il y avait des amortisseurs. Aujourd'hui, nos sociétés sont salariées à 90%. Comment vont réagir ces sociétés en terme de délinquance, d'urbanisme ?

Ils ne vont rien pouvoir faire de plus que de persister dans leur autoritarisme libéral. La grande invention de recourir à Keynes pour parler de relance keynésienne ne peut fonctionner. Je viens de finir de relire attentivement Keynes. Il dit que pour que la relance fonctionne, il faut qu'il y ait un espace économique homogène, pour que les capitaux publics puissent rentrer rapidement en circulation.


Pourquoi la propagande morale du capitalisme sauvage fonctionne-t-elle ?


La gauche traditionnelle a contribué activement à la mise en marche de l'autoritarisme libéral. Par exemple, avec le démantèlement des services publics et de l'État social. Il s'agit d'une crise des valeurs et d'une crise des solutions, car les gens ne voient pas de solution de rechange, pas d'alternative. Ainsi, si vous acceptez que l'on ne peut sortir de cette crise en conservant le système, il faut accepter également l'idée que les gens, actuellement, ne se rendent pas compte que l'on est entrain de détruire l'État social. La conscience ne vient pas du jour au lendemain. Aujourd'hui, les gens sont entre la peur et la colère. La peur de ce qui va arriver demain et la colère de l'injustice. 


Peut-on remplacer la réalité par des discours ?


Il y a eu une telle dégradation de la vie démocratique que nous en sommes arrivés à l'époque du storytelling (communication narrative) en politique. Alistair Campbell, conseiller de Tony Bmair, l'a écrit : l'objectif est de gagner les élections et, pour gagner les élections, il fait dire aux gens ce qu'ils veulent entendre et il faut chercher ceux qui sont capables de bien le dire. Le programme ? On verra plus tard. Il en résulte qu'il n'y a pas de débat, pas de convictions, pas de propositions ni d'arguments. Nous ne sommes plus en démocratie, nous sommes dans la démagogie. Nous somme en plébiscite permanent. 


Quelles sont les formes de ce qu'on appelle le biopouvoir ?


Le biopouvoir  de Foucault est la généralisation d'une société de contrôle diffus de la personne. Des caméras de vidéo-surveillance jusqu'aux tickets de métro, du fait que les gens acceptent et intériorisent l'obligation de se payer des heures d'embouteillage pour aller au travail, jusqu'à l'acceptation qu'on rentabilise notre temps mental libre en nous bombardant de publicités que nous payons... Tout cela sont des formes de biopouvoir, c'est une tyrannie diffuse, peut-être plus pénétrante que la discipline à l'ancienne.


Tu veux dire que les collectifs qui se constituent pour échapper à la vidéo-surveillance ne servent à rien ?


Non, non, au contraire. Je respecte toutes les pratiques de résistance. Elles sont à la base de cette fermentation de l'utopie et du projet, elles sont la condition de tout. Le problème vient des auteurs qui théorisent ces expérimentations dans le sens inverse de ce qui est nécessaire. Je ne dis pas, il faut le NPA ou rien. Le NPA n'est qu'un étape. Je dis que si la crise est profonde, comme je le crois, tout le paysage politique, syndical et social va subir une secousse . Dans dix ans, nous ne serons plus dans le même paysage.

 

Interview publiée sur le site en langue espagnole www.publico.es  (1).

Traduit de l'espagnol par Jack Radcliff.

 

(1) http://www.publico.es/culturas/257028/llegado/momento/definir/estrategia

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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 13:40
« Nos emplois pas leurs profits » : la campagne du NPA.
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Le chômage de masse, la précarité dans le public comme dans le privé, les licenciements, les fermetures d’entreprises et les suppressions de poste de fonctionnaires, l’aggravation des conditions d’existence des chômeurs détruisent nos vies depuis des dizaines d’années. Mais avec la crise un cran supplémentaire est franchi.


Les patrons restaurent les profits en dégradant l’emploi par tous les moyens et dans tous les secteurs. La crise est l’occasion de toutes les réorganisations capitalistes.


Aujourd’hui, même si les profits redémarrent, les emplois continuent de disparaître ou de se dégrader. Nous n’en avons pas fini avec les plans massifs de licenciements. Dans la filière automobile, par exemple, après avoir jeté les précaires à la rue, ravagé les équipementiers, les licenciements vont rapidement toucher les constructeurs eux mêmes.


Les attaques contre le droit à l’emploi et, au delà, contre le salaire et l’ensemble des conditions de vie et de travail sont multiformes. Ces attaques utilisent et renforcent toutes les divisions, toutes les oppressions, toutes les discriminations - entre les différents statuts, entre hommes et femmes, entre précaires et plus précaires encore, entre chômeurs et salariés, entre jeunes et moins jeunes, entre actifs et retraités, entre français et étrangers… Elles dégradent le rapport de force et nous affaiblissent tous. La réponse ne peut pas être trouvée entreprise par entreprise, secteur par secteur, catégorie par catégorie…


Avec cette campagne « nos emplois, pas leurs profits », le NPA veut faire du droit de chacune et chacun à vivre correctement de son travail une question politique, une question de choix de société. Nous voulons apporter des réponses précises, pour interdire les licenciements en prenant sur les profits, en impliquant les donneurs d’ordre, en récupérant l’argent public, pour lutter contre la précarité sous ses différentes formes, pour garantir à chacune et chacun 1500 € net  mini afin de vivre dignement, pour abolir chômage …


Nous défendons une cohérence globale : le droit absolu à un emploi et à un revenu pour toutes et tous. Cette perspective suppose une tout autre organisation de la société afin de produire ce qui est utile socialement et pour la sauvegarde de l’environnement en travaillant toutes et tous moins et mieux. Elle impose de contester le pouvoir patronal sur les salariés et le pouvoir des actionnaires sur toute la société.


Contrer les campagnes idéologiques de la bourgeoisie présentées comme des évidences représente un énorme chantier. Mais nous sommes plusieurs milliers de militant-es, convaincus et convaincants, nous ne parlons pas de l’extérieur comme leurs publicitaires,  leurs journalistes, leurs politiciens… nous vivons cette réalité que nous combattons.


Ce changement radical  ne peut être imposer que par le rapport de force. Notre campagne politique est donc totalement indissociable de la construction des mobilisations, de la coordination des luttes vers un mouvement d’ensemble, de la construction des outils d’organisation, d’auto-organisation.


De nombreux travailleurs confrontés à des licenciements contactent le NPA pour obtenir un soutien à leur lutte. Pour ces salarié-es, le NPA est le parti qui « ne les laisse pas tomber ». Nous devons faire plus et mieux ! Chaque comité, chaque coordination locale ou régionale peut contacter les boîtes, faire des propositions utiles pour la lutte, pour la coordination, la mise en contact de différentes équipes,  la solidarité de la population.


Dans le même sens, en construisant de manière unitaire, les marches régionales contre le chômage, les précarités et les licenciements nous voulons contribuer à construire la résistance aussi bien dans les quartiers que dans les entreprises, parmi celles et ceux qui ont un emploi ou qui en sont privés. Avec cette campagne, nous voulons que le NPA soit utile à la fois pour défendre des idées et pour construire le rapport de force.


La Commission Intervention sur les lieux de travail  (CILT) 

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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 09:27

 hébergé par Radio Rouge
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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 09:59



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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 12:55
La délégation du NPA....

 

Le 7 octobre dernier, s’est tenue une nouvelle réunion pour déterminer la stratégie des partis à la gauche du PS, pour les élections régionales.


Le NPA est résolument engagé dans une bataille unitaire offensive pour le nécessaire rassemblement en soutien aux mobilisations de celles et ceux qui refusent de payer la crise, mais aussi pour les régionales de mars 2010.


En effet, pour nous l’unité n’est pas une affaire tactique mais une question stratégique, liée aux coordonnées de la situation politique et sociale. C’est à cette nécessité que nous avons apporté une première réponse – certes insuffisante et partielle – en constituant ensemble le NPA.


C’est à cette nécessité que tente de répondre notre politique unitaire.

Nous avons pris l’initiative d’une première réunion de la gauche radicale, le 28 septembre dernier. À cette occasion, la délégation du NPA a défendu l’objectif d’une déclaration commune fixant un cadre de travail pour la suite des événements.


Seuls le PCF et la Gauche unitaire – cette dernière s’étant visiblement attribué la fonction de bouclier du Colonel-Fabien – n’y étaient pas favorables. Mais la pression de l’ensemble des autres forces présentes a permis de l’emporter, au prix de l’adoption d’une formule autorisant une double lecture des conditions dans lesquelles nous pourrions mener une politique alternative dans les régions.


Au début de la deuxième réunion, le 7 octobre, le PCF (et la Gauche unitaire…) campait sur une position très dure à notre endroit, portant le fer à la fois sur nos prétendues réticences à appeler à battre la droite et surtout sur la nécessité d’un accord préalable sur les majorités de gestion, y compris avec le Parti socialiste.


Le NPA a insisté sur la situation inédite dans laquelle se trouvait la gauche avec l’évolution accélérée du PS, rappelant que les socio-libéraux ne menaient pas dans le cadre des régions une politique différente de celles qu’ils mettent en œuvre au niveau national lorsqu’ils sont au pouvoir, et que l’incompatibilité programmatique entre ceux qui veulent gérer le système et ceux qui veulent rompre avec lui était donc valable aussi pour ces échéances.


Ainsi, s’il est bon, par exemple, que le cadre unitaire de lutte contre la privatisation de la poste inclue le PS, il en serait différemment s’il fallait s’accorder sur des propositions alternatives, au vu du bilan gouvernemental de la gauche dite plurielle sur le simple terrain de la destruction des services publics.


Cette recherche d’une unité, basée sur l’indépendance vis-à-vis du PS et de l’opération de recomposition au centre gauche, est partagée par bon nombre de mouvements participant à ces réunions.


Une fois encore, la tonalité générale qui s’exprimait a donc contraint le PCF à revoir sa position de départ. Il a dû à la fois admettre qu’il lui faudrait rester dans le cadre unitaire au-delà du 7, accepter que débute la discussion sur le programme et proposer comme introduction de la réunion suivante un texte énonçant sa stratégie globale pour les 1er et 2e tours.


Ce texte apportera-t-il les clarifications nécessaires à la poursuite des discussions ? Peut-être sera-t-il possible que les forces disponibles pour cela affirment ensemble leur volonté d’un accord national de premier tour dans les 21 régions métropolitaines ?


Le PG, notamment, devra cette fois, nous semble-t-il, faire un choix. Comment comprendre son revirement récent, qui le conduit à accepter de participer aux ateliers communs avec le PS ? Nous ne voyons rien dans la définition qu’en donne le PCF qui puisse expliquer ce changement d’approche.


Loin d’être des cadres de confrontation, comme les camarades du PG semblent le croire, il s’agit bien, d’après les initiateurs eux-mêmes, de servir de support à l’élaboration de propositions communes à l’ensemble des forces de gauche, incluant évidemment le PS.


Faut-il y voir le prélude à un ralliement à des alliances à géométrie variable et à l’union systématique dans la gestion sous direction du PS, y compris en présence du Modem ? Ce serait un tel décalage avec l’orientation défendue jusqu’ici par le PG que nous ne pouvons le croire.


Le NPA n’ira pas à ces ateliers et propose que la discussion se poursuive dans le cadre associant unitairement la gauche radicale, cadre qui se met en place également dans un certain nombre de régions.

Ingrid Hayes 

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