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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 12:43

Le cauchemar des algues vertes

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Le problème d'une agriculture devenue folle et polluante au point d'être un problème de santé publique tout en étant  incapable de nourrir correctement les paysans

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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 14:20

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La manipulation génétique ne modifie pas que le porte-greffe mais l’ensemble de la vigne cultivée, le raisin et le vin.


Conscient de la catastrophe commerciale que cela pourrait engendrer, les vignerons ne veulent en aucun cas courir le risque du moindre soupçon d’une possible présence d’OGM dans leurs vins. Pour leur faire accepter son expérimentation, l’INRA prétend que la manipulation génétique du porte-greffe ne modifie pas la vigne qui produit le raisin (le greffon). Pourtant, dès 2008, Jean Masson, directeur de la station viticole de l’INRA de Colmar, reconnaissait dans le journal Les échos ses doutes sur lesquels il n’est bizarrement jamais revenu : « Les chercheurs estimaient il y a quelques années impossible que le transgène passe du porte-greffe au cépage. Nous ne l’excluons plus. »


Il est vrai qu’il ne pouvait pas ignorer les travaux de ses collègues de l’INRA de Versailles qui dès 1997, soit bien avant le début de son expérimentation à Colmar, avaient montré sur le tabac la transmission très importante de « produits » du transgène du porte-greffe au greffon [1].

Il ne pouvait pas non plus ignorer les soucis de la société civile sur ce problème clairement évoqué dans la publication du collectif CCC-OGM : « OGM-Vigne, Opinion Grossièrement manipulée ». Depuis, de nouveaux travaux ont confirmé la fréquence de ce passage [2]. Le Comité Scientifique du HCB a pointé lui aussi ce problème en soulignant que les analyses réalisées par l’INRA de Colmar sont insuffisantes pour le documenter correctement (annexe 1).


Toute manipulation génétique engendre de nombreux risques aujourd’hui non maîtrisés.


Au-delà de l’impact sanitaire ou environnement du transgène lui-même, toute insertion par transgénèse provoque des réarrangements non intentionnels du génome ou de ses relations avec son environnement (épigénétique), générant des effets non intentionnels pouvant passer inaperçus. La plupart des problèmes sanitaires engendrés par des OGM et aujourd’hui documentés ne sont pas dus directement au transgène, mais à ce type de réarrangement.


La manipulation génétique du porte-greffe de l’INRA de Colmar engendre des risques de recombinaison virale particulièrement importants


Christian Vélot, Docteur en Biologie et en génétique moléculaire à l’Université Paris-Sud explique : « Le véritable danger de cette vigne (comme toutes les plantes transgéniques résistantes à des virus), c’est qu’elle est un véritable réservoir à virus recombinants. Il s’agit de plantes transgéniques dans lesquelles le transgène est un gène viral. La présence de ce transgène les protège contre le virus en question ainsi que contre les virus apparentés (sans qu’on n’en connaisse vraiment les mécanismes intimes). Or, les virus ont une très grande capacité à échanger spontanément leur ADN (phénomène de recombinaison) : les séquences d’ADN viral sont très recombinogènes. Par conséquent, quand cette plante est victime d’une infection virale, il peut se produire très facilement des échanges entre l’ADN du virus infectant et l’ADN du transgène, ce qui conduit à l’apparition de virus dits recombinants dont on ne maîtrise rien et qui vont pouvoir se propager dans la nature. Il est là le vrai danger avec ces plantes, ! Avec des plantes conventionnelles, une telle situation ne peut se produire que si la plante est infectée simultanément par deux virus. Avec ces plantes transgéniques, au contraire, un seul virus suffit et on augmente donc considérablement la probabilité de ces évènements. Tout ceci est expliqué en détail dans mon livre (OGM : tout s’explique) aux pages 140 à 142. »


L’expérimentation menée à Colmar générait des risques importants et non maîtrisés de dissémination dans l’environnement


A la demande du Comité de Liaison et de Surveillance (CLS), l’INRA a annoncé avoir pris toutes les précautions nécessaires pour les risques de dissémination dans l’environnement. On peut déjà s’interroger sur la durée de l’efficacité d’une bâche enfouie dans le sol pour empêcher le passage hors du périmètre de l’expérimentation de tout nématode porteur du virus du court-noués, ou de tout microorganismes du sol, bactérie ou virus… modifiés par la vigne OGM. La suppression des fleurs empêchait toute dissémination éventuelle par le pollen. Mais elle n’empêchait pas la dissémination par les insectes piqueurs-suceurs dont le rôle important dans la dissémination des maladies virales dans la vigne est largement connu. Le responsable d’une station viticole de l’INRA ne pouvait pas ignorer ce risque depuis que la flavescence dorée, maladie transmise par un de ces insectes piqueurs suceurs, a justifié l’obligation réglementaire de nombreux traitements insecticides dans le vignoble français. Il ne pouvait pas non plus ignorer la capacité de tels insectes de disséminer des éléments du transgènes ou les produits d’éventuelles recombinaisons génétiques ou virales provoquées dans le porte-greffe et/ou le greffon. Il ne pouvait pas non plus ignorer la capacité de tels insectes à contaminer l’ensemble du vignoble à partir de l’échappement d’un seul agent pathogène. Il est curieux qu’il n’en ait informé ni les « citoyens » consultés lors de la première expérimentation sociologique précédant le premier essai, ni le CLS.


Le déroulement de l’essai en milieu ouvert empêchait de répondre aux questions scientifiques les plus importantes


L’INRA de Colmar prétend qu’il était indispensable de mener cet essai en milieu ouvert pour que le sol et la vigne puissent subir directement les influences du climat afin de vérifier « en conditions réelles » l’efficacité de la transgénèse vis-à-vis de la maladie et d’évaluer les risques de dissémination dans le sol. Ces deux questions sont certes importantes, mais méritent-elles de courir les risques qui ont été pris ? Les sommes dépensées par l’INRA pour faire semblant de « sécuriser » cet essai au prétexte qu’il se déroulait en milieu ouvert ont en effet largement dépassé ce qui aurait été nécessaire à la construction d’une serre simulant correctement les influences climatiques les plus pertinentes. Et surtout, ces deux questions sont-elles pertinentes tant qu’on n’a pas répondu aux questions des risques de recombinaison génétique ou virale, de passage du porte-greffe au greffon, au raisin ou au vin, de dissémination dans l’environnement de parties ou de produits de l’OGM, et des conséquences sanitaires, environnementales ou commerciales de tous ces risques ? Or, en coupant les fleurs avant floraison, non seulement il devenait impossible de vérifier un éventuel passage au raisin et au vin, mais en plus on a modifié le métabolisme de la vigne en supprimant l’induction florale (première étape de la maturité), ce qui rendait peu pertinent tout résultat scientifique concernant l’efficacité du transgène sur le développement du court- noué dans la vie de la vigne. Il est clair que les questions scientifiques primordiales posées par un tel essai ne peuvent être correctement étudiées qu’en milieu confiné, en gardant les fleurs.


Le but du déroulement de l’essai en milieu ouvert était avant tout commercial et non scientifique


Le syndicat Sud-Recherche dénonce avec justesse les intentions commerciales de l’INRA mal camouflées derrière les discours sur une recherche prétendue neutre : « La communication développée aujourd’hui par la Direction de l’INRA sur le sujet nous interpelle :elle affirme simultanément que cet essai sur la vigne vise à maintenir « l’existence d’une expertise impartiale au-delà de celle des entreprises internationales », mais aussi que sa destruction fait prendre le risque de « voir la France incapable de développer des produits alternatifs à ceux des grandes firmes ». Alors, nécessité (bien compréhensible) de connaissances nouvelles ou objectif (déjà annoncé) de valorisation commerciale ? C’est justement le débat de fond ! »


Le premier essai mené en champagne avait révélé une profonde irrégularité de l’efficacité de la manipulation génétique pour conférer une bonne résistance au virus du court-noué. Le but de l’INRA de Colmar était de repérer les clones réellement résistants et de se donner les moyens d’améliorer la production de tels clones dans les conditions exigées pour l’obtention de l’autorisation de commercialisation (essai CTPS en milieu ouvert pour l’inscription au catalogue). Cette précipitation mercantile s’est faite au détriment d’une recherche en milieu confinée indispensable pour se donner en préalable le moyens de répondre aux questions scientifiques que pose l’acceptabilité sanitaire, environnementale, économique, sociale ou éthique d’une telle production.


Les travaux de l’INRA sont destinés à conforter les profits de Monsanto ou d’autres entreprises qui exploiteront les brevets protégeant la technologie utilisée


Christophe Bonneuil et Christophe Thomas indiquent dans leur ouvrage « Gènes, pouvoirs et profits » (édition Quae-FPH) : « En 1985, Monsanto dépose une demande de brevet sur une stratégie de résistance des plantes aux virus par introduction du gène de la protéine capsidaire. A cette date, seule est réalisée expérimentalement l’insertion du gène de protéine de la capside d’un virus de TMV, dans le tabac. Mais cette première application est mise en avant pour démontrer la validité générale de la stratégie. Monsanto ne revendique pas simplement ce qui est réalisé au moment du dépôt du brevet, mais demande que le brevet couvre l’utilisation de cette stratégie de résistance aux virus pour toutes les plantes et tous le virus ! Quand dans les années 1990, un consortium réunissant l’Inra, le Cnrs et LVMH développe des porte-greffes de vigne résistants au virus du court-noué, Monsanto se signale à leur attention : Monsanto les prévient que dès lors qu’une commercialisation des vignes transgéniques serait envisagée, il faudra obtenir une licence car ils travaillent sous la dépendance du premier brevet. (Joly P.B., 2002) »

La stratégie de résistance virale utilisée pour la production des porte greffe résistants au court-noué n’a donc pas été inventée par l’INRA, mais avait été mise au point et protégée par un brevet avant le début de son essai. Ce premier brevet s’épuisant en 2005, Monsanto en a déposé un nouveau en 2003 dont la protection s’étend jusqu’en 2023. En 2010, l’Université de Cornell a déposé un nouveau brevet concernant une stratégie de protection virale spécifiquement ciblée contre le court-noué de la vigne. Il est clair que les travaux menés par l’INRA de Colmar ne serviront pas « le public » ou « la Science », mais avant tout ceux qui exploiteront ces brevets et/ou un éventuel nouveau brevet déposé par l’INRA lui-même.


Le court noué est une « maladie commerciale » aggravée par la politique agricole


Contrairement à ce qu’affirme l’INRA (communiqué du 27 mai 2010), le virus du court noué n’est pas une maladie qui « provoque la mort des vignes et rend les terres impropres à la viticulture ». Le court noué est sans incidence sur les vignes françaises plantées sans porte-greffe (actuels greffons). Ses dommages ne se manifestent que dans les vignes greffées sur porte-greffe américain suite à l’épidémie de phylloxéra depuis bientôt un siècle. Ces vignes ne sont pas mortes et les terres où il s’est manifesté ne sont pas devenues impropres à la viticulture. Son incidence n’est économiquement insupportable que dans les vignes à haut rendement qu’il pénalise trop. Dans les vignobles de qualité conduits avec des méthodes naturelles, notamment en biodynamie, il ne menace pas la survie de la parcelle et est au contraire un régulateur de rendement qui permet les années trop productives de conserver une bonne qualité du vin. Dans les vignobles de production de masse, les vignerons ont depuis longtemps appris à vivre avec en pratiquant des rotations de culture suffisamment longues (8 à 10 ans) entre deux plantations afin que les nématodes qui le propagent disparaissent tous, avant de replanter avec des plants sains. Seuls ceux qui veulent replanter vigne sur vigne sans aucune période de repos du sol n’ont pas aujourd’hui de solution sanitaire satisfaisante face au court noué. A l’heure où la viticulture européenne se trouve confrontée à une crise permanente de surproduction, on peut s’interroger sur la pertinence de la Politique Agricole Commune qui dépense chaque années des milliards d’€ pour diminuer le potentiel de production. Elle élimine ainsi de nombreux vignerons qui vont directement ou indirectement grossir le rang des chômeurs, alors qu’une aide au repos du sol entre deux plantations aurait la même incidence sur les surfaces en production, tout en aidant les vignerons à faire face aux maladie de la monoculture comme le court noué et en maintenant un nombre de paysans bien plus nombreux. La « solution magique » de la vigne OGM résistance au court-noué n’est qu’un expédient destiné à encourager des pratiques viticole anti-agronomique, anti-sociales et anti-économique.


Contrairement à ce qu’affirme l’INRA, il existe de nombreuses alternatives à la solution OGM


Il y a longtemps que les vignerons ont appris à vivre avec le court noué grâce à une multitude de pratiques agronomiques de respect des sols et d’assainissement des plants de vigne, chacune adaptée à chaque terroir et à chaque type de conduite du vignoble. En 2009, l’INRA de Colmar a découvert l’une d’entre elles et communique depuis sur ses importants efforts de recherche sur les alternatives aux OGM, alors qu’il n’a installé qu’une petite parcelle d’essai chez un vigneron bio. Il s’agit de l’implantation de plantes nématicides, certes intéressante mais dont l’efficacité nécessite la complémentarité d’autres pratiques comme le repos des sols, la conduite à rendement modéré favorisant la qualité des vins, ce que les vignerons savent depuis longtemps… En effet, ces plantes n’agissent que sur la premières couches superficielles du sol alors que le nématode vecteur du court-noué peut se réfugier jusqu’à plus d’un mètre de profondeur. Contrairement aux recherches officielles d’un pays comme la Suisse, jamais l’INRA n’a daigné s’intéresser à la globalité des pratiques de chaque vigneron qui seule permet de vivre avec la maladie, pratiques toutes gratuitement disponibles pour tous. Il ne s’intéresse qu’à quelques recettes brevetables et toutes totalement insuffisantes dans la plupart des situations.


Le plus surprenant reste l’absence totale de communication de l’INRA sur la mise au point par pollinisation dirigée et non avec des OGM d’un porte greffe résistant au court-noué par un chercheur de l’INRA de Montpellier, Alain Bouquet, porte-greffe qui disposera très prochainement d’une autorisation de commercialisation démontrant l’inutilité totale de la solution OGM.

Les citoyens et professionnels participant à « l’expérience pilote de co-construction de ce programme de recherche » qui a précédé cet essai, puis du Comité de Liaison et de Surveillance, n’ont jamais été informés des réelles questions scientifiques posées. On les a laissés (volontairement ?) ignorants des résultats scientifiques déjà connus sur le passage du porte greffe au greffon, sur l’instabilité des transgènes, sur les rôle des insectes piqueurs suceurs dans la transmission des maladies de la vigne, sur les enjeux commerciaux découlant de la Politique Agricole ou des brevets déjà existant sur ces manipulations génétiques et sur l’existence de réelles alternatives. L’entêtement de l’INRA et du gouvernement à poursuivre cet essai, n’ont pour but encore une fois que de manipuler l’opinion publique afin de forcer l’acceptation des OGM par des vignerons, des citoyens et des consommateurs qui n’en veulent pas.


Guy Kastler (représentant de la Confédération paysanne au CEES du HCB), le 23 août 2010.



 

Annexes 1 : extrait du rapport du Comité scientifique du HCB

3.3 Matériel faisant l’bjet de dissémination


Le matériel proposéau champ correspond aux porte-greffes transgéniques G68, G77, G206, G219 et G240 sur lesquels sont greffés des scions, ou greffons, provenant de la variété non transgénique Pinot Meunier de vigne cultivée (Vitis vinifera L). Les greffons ne contiennent donc pas de transgènes, mais il serait vraisemblable d’en retrouver certains des produits de transg鈩èns (mRNA, siRNA, protéines) par circulation dans le phlo ?e1 à partir du porte-greffe où ils sont initialement produits (Mlotshwa et al., 2008 ; Palauqui et al., 1997). Les analyses réalisées par le pétitionnaire par ELISA et RT-PCR n’ont pas mis en évidence d但RNm ou de protéines dans les feuilles ou les inflorescences de scions, analysées après leur arrachage.

Concernant la détection des protéines, le CS indique que les analyses ELISA effectuées ne sont pas les plus sensibles. En effet, si un tel transfert avait lieu, il s’effectuerait par le phlo鑪e, qui représente une portion infime (de l弛rdre de 2 à 3 %) des extraits qui ont été analysés par le péitionnaire.

Le seuil de détection de protéines dans le phlo鑪e par la méthode utilisée n’est pas préisé mais il semble inadapté au CS. Des méthodes permettant de pallier l’effet de dilution des protéines seraient plus appropriées. Le péitionnaire projette judicieusement de faire une analyse par immuno- localisation

.1 Tissu conducteur dans lequel circule la sève 駘abor馥, transportant entre autres des acides aminés et des sucres, et également des peptides et des acides nucléiques.


Notes

[1] Palauqui J.-C., Elmayan T., Pollien J.-M. & Vaucheret H. (1997) Systemic acquired silencing : transgene specific post-transcriptional silencing is transmitted by grafting from silenced stocks to non- silenced scions. EMBO J. 16, 4738-4745
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/art...

[2] Exchange of Genetic Material Between Cells in Plant Tissue Grafts Sandra Stegemann and Ralph Bock, Science 1 May 2009 : Vol. 324. no. 5927, pp. 649-651

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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 13:26

Yannick Chenevoy
source: Médiapart  link

Le parti communiste s’indigne dans un communiqué de l’action des faucheurs volontaires contre une vigne transgénique de l’INRA à Colmar. Ce communiqué (en gras dans ce qui suit et également en entier en bas du message) fleure bon le scientisme assumé et reprend les mêmes termes que ceux des transnationales de l’agro-chimie.


Le PCF s’indigne des actes de vandalisme...


Ce sont les mêmes termes employés par les multinationales de l’agrochimie comme Monsanto ou les grand semenciers comme Limagrain pour toutes les actions des faucheurs volontaires. Ça secoue pas mal de lire ça ici, mais bon , voyons la suite :


rien ne saurait légitimer un tel vandalisme...


Les faucheurs volontaires ont toujours revendiqué leurs actions et assumé le coté illégal de ces actions. La meilleure preuve est qu’en ce qui concerne l’action de Colmar, ils ont attendu gentiment que les forces de l’ordre viennent prendre leur identité. Ils revendiquent une légitimité supérieure, comme dans toute action de désobéissance civile, ceci afin de faire avancer le droit. Nier cette légitimité revient à renier toute forme de désobéissance civile.


Il est vrai que dans cette action, mis à part les pieds de vigne qui ont été neutralisés (70 pieds, pas même de quoi se saouler en réunion de section), il y a eu sans doute une dizaine d’euros de grillage coupés à la pince à cisailler, c’est une faute de la part des faucheurs, mais on ne va quand même pas en faire un fromage, les dommages subits sont sans doute inférieurs à ceux commis par ces militants syndicalistes qui ont enfoncé le portail du MEDEF à Chalon, qui ont été poursuivis en justice pour ces dégradations et que nous avions été nombreux à soutenir à l’époque, y compris le PCF.


ces actions portent atteinte à la recherche publique...


La recherche publique est sinistrée de manière général ; il est vrai que l’Etat se désengage de plus en plus du financement et force les laboratoires publics à trouver des financements privés. Il suffit de jeter un coup d’œil sur le site de l’INRA de Colmar pour voir que cet établissement n’échappe pas à la règle.

 

Parmi les partenaires (http://www.colmar.inra.fr/pages/SEA...), on peut citer :


- Arvalis (sorte de laboratoire-conseil pour optimiser les rendements agricoles),
- CEDE environnement (filiale à 100% de Véolia),
- Agri-obtention (un semencier qui revendique sur son site 450 variétés dans son "portefeuille de variétés végétales"),
- mais aussi et surtout, ceux qu’on appelle le club des cinq et qui fournissent "le meilleur de la génétique disponible en France" : Florimond Desprez, Limagrain Verneuil Holding, Syngenta Seeds SAS, Serasem et Unisigma.

Tout un programme, rappelons que Syngenta et Limagrain sont respectivement les 3èmes et 4èmes consortiums mondials de la semence, tout juste derrière Monsanto et DuPont !


Rappelons également que si la recherche publique est en général sinistrée, elle ne l’est pas de manière uniforme. Dans le domaine de la biologie qui nous intéresse ici, l’essentiel de l’argent public part hélas uniquement dans la biologie moléculaire et la génétique. Rien en revanche sur la biologie des sols. Il ne s’agit pas d’interdire toute forme de recherche en matière de génétique, mais tout miser dans le même panier relève d’une pathologie mentale, impulsée par une poignée de transnationales dont le seul métier est de vendre du produit chimique par le biais d’un système de brevets qui vise la totalité de l’alimentation humaine et animale.

 

Il est vraiment à regretter que ces "professionnels de la nécro-technologie" deviennent de plus en plus les seules sources de financement des établissements publics de recherche. C’est vrai pour la biologie, comme dans toutes les disciplines scientifiques à fort potentiel de rentabilité à court terme (informatique, médecine, chimie...)


et réduisent du même coup sa possibilité d’étudier les effets éventuels de ces organismes génétiquement modifiés sur notre santé et sur l’environnement.


Ce n’était pas du tout l’objectif des recherches menées à Colmar. Il s’agissait de recherches sur le court-noué, une maladie virale qui affecte les pieds de vigne et menace le rendement de la production viticole. Une maladie qu’on sait soigner en arrachant les pieds infectés et en laissant la terre en jachère plusieurs années, pas franchement acceptable pour de nombreux professionnels de la vigne. Alors peut-être que la génétique peut apporter une solution, mais alors, rien n’empêchait l’INRA de faire ces expériences sous serre, cela aurait même permis de compléter les essais en faisant varier la température, le taux d’humidité, la luminosité. On peut douter de la bonne foi de l’INRA qui en effectuant ces expériences en plein champs n’a fait que jouer la provocation pour préparer les esprits à une nouvelle forme de brevetage du vivant.


S’il s’agit de voir quels sont les effets des OGM sur l’environnement, pas besoin d’expérience pour cela, observons simplement ce qui s’est passé au Canada (deuxième pays le plus grand du monde après la Russie). Il n’a fallu que 6 années après l’introduction des cultures transgéniques pour qu’il ne soit plus possible de trouver sur le marché canadien du colza certifié non OGM. 6 années ! Et maintenant ce colza parasite est devenu indestructible aux herbicides, il pousse partout, y compris dans les champs de blé. Selon inf’OGM, les prochaines génération d’OGM seront même résistantes au gel ou à la sécheresse. Il remplaceront définitivement leurs cousins naturels.

Contrairement à toutes les autres formes de pollution humaine, celle-ci est irréversible et se fiche complètement des "oh merde, on ne savait pas...".


les chercheurs qui travaillent dans ce cadre ne sont pas des apprentis sorciers...


A répéter en boucle au moins 10 fois le soir avant de ce coucher :

les chercheurs qui travaillent dans ce cadre ne sont pas des apprentis sorciers,
les chercheurs qui travaillent dans ce cadre ne sont pas des apprentis sorciers,
les chercheurs qui travaillent dans ce cadre ne sont pas des apprentis sorciers...


Plus sérieusement, il ne s’agit pas de douter de la qualité scientifique des chercheurs de Colmar, tous sont sans aucun doute d’excellents docteurs en biologie moléculaire, mais pour ce qui concerne leurs compétences sociale, sociétale, économique, ou tout simplement dans leur compréhension du mécanisme de la vie du sol, on peut en douter sérieusement. Le métier de chercheur n’est pas toujours facile, mais avec le nez dans le guidon et soumis comme ils le sont de plus en plus à des pression financières, on ne peut pas leur demander d’avoir un recul pour lequel ils n’ont pas été formé ni d’avoir un avis sur des sujets pour lesquels ils n’ont aucune compétence. Nier cette évidence relève d’un scientisme malsain que Rabelais avait déjà dénoncé dans son "science sans conscience n’est que ruine de l’âme".


Le génie génétique est à ses débuts ; en priver la recherche publique française c’est ouvrir grand les portes à la mercantilisation de ces activités, c’est permettre aux requins de la finance et de l’agroalimentaire mondiaux d’être seuls maîtres de ce qui doit se faire ou non et des conditions dans lesquelles les nouvelles technologies de l’alimentaire doivent évoluer.


Les OGM pour nourrir la planète, qui font des guilis dans le cou et qui servent le café le matin tout en coupant le saucisson, ça n’existe pas ! 70% des variétés produites sont tolérantes à un herbicide (on peut noyer le champ avec du round-up ; tout crève, sauf l’OGM qui à tout bu et qui nous dit "même pas mal, va-y, mange moi !"), les 30% restant produisent un insecticide (de 10 000 à 100 000 fois plus qu’un traitement classique selon Jean-Pierre Berlan, ex directeur de recherche à l’INRA précisément, mais bon, lorsqu’il s’agit d’économiser de la main d’œuvre sur les traitements, on ne va pas faire la fine bouche). Les variétés OGM n’ont pas vraiment des rendements supérieurs à ceux de variétés classiques comparables, surtout si on pousse les études sur plusieurs années à cause des phénomènes de résistances, les paysans indiens en ont fait les frais, qui se suicident par dizaines de milliers chaque année, poussés à la faillite et à la misère.


Non, le seul intérêt des OGM, c’est pour les industriels qui les commercialisent, car ils sont brevetés. La marchandisation du vivant est déjà là, il n’est pas besoin de la recherche publique française pour enfoncer des portes déjà grandes ouvertes. L’alimentaire n’a pas besoin de nouvelles technologies mais de techniques et pratiques respectueuses de l’environnement, tout comme des gens qui travaillent la terre ou qui consomment le fruit de ce travail. La faim dans le monde ne vient pas du fait que les pauvres du Sud ne savent plus cultiver la terre mais c’est un problème politique que les OGM n’ont pas vocation à endiguer. A en croire les paysans sans terre du Brésil, les OGM ont même la fâcheuse tendance à accroître ce problème !


Refuser de consommer des OGM, est le droit de chacune et chacun


Oui, c’est la moindre des choses, mais ne nous illusionnons pas, les OGM sont une forme d’agriculture totalitaire qui interdit toute forme d’agriculture alternative.

- Soit par la pollinisation directe - en Amérique du Nord, les paysans contaminés doivent payer des royalties à Monsanto and co car ils ne sont pas propriétaires des gènes contenus dans les graines qui poussent par erreur dans leurs champs, c’est le principe du pollué payeur.
- Soit par le mélange volontaire des filières et l’absence de toute forme de traçabilité,
- et aussi par les coûts de plus en plus exorbitants pour arriver à une production saine et certifiée non contaminée.

Le choix d’accepter ou de refuser les OGM risque fort d’être de l’histoire ancienne si tous les acteurs du mouvement social prennent les mêmes positions que celles du PCF ici. Fort heureusement, il n’en est rien et de plus en plus d’acteurs syndicalistes, associatifs, politiques, y compris parmi les militants communistes, prennent conscience que l’exploitation des ressources naturelles relève du même principe que l’exploitation des ressources humaines : la soif du profit immédiat !


Yannick Chenevoy, faucheur volontaire solidaire

Le PCF s’indigne des actes de vandalisme perpétrés à l’encontre de vignobles OGM de Colmar

Le PCF s’indigne des actes de vandalisme perpétrés à l’encontre de vignobles OGM sous responsabilité exclusive de l’Organisme Public de Recherche Agronomique (INRA) à Colmar ; rien ne saurait légitimer un tel vandalisme. Sous couvert de s’opposer à la culture des OGM en plein champ, ces actions portent atteinte à la recherche publique et réduisent du même coup sa possibilité d’étudier les effets éventuels de ces organismes génétiquement modifiés sur notre santé et sur l’environnement. La Recherche publique en France est victime d’une politique continue d’affaiblissement de ses moyens budgétaires mais les chercheurs qui travaillent dans ce cadre ne sont pas des apprentis sorciers. Le génie génétique est à ses débuts ; en priver la recherche publique française c’est ouvrir grand les portes à la mercantilisation de ces activités, c’est permettre aux requins de la finance et de l’agroalimentaire mondiaux d’être seuls maîtres de ce qui doit se faire ou non et des conditions dans lesquelles les nouvelles technologies de l’alimentaire doivent évoluer. Refuser de consommer des OGM, est le droit de chacune et chacun ; mais porter atteinte au potentiel scientifique national est un acte totalement répréhensible ; le PCF renouvelle sa confiance dans le sang-froid et les capacités intellectuelles des équipes de l’INRA , dans leur indépendance par rapport aux pressions des multinationales de l’agroalimentaire. Au-delà, nos concitoyennes et concitoyens doivent pouvoir s’approprier les divers aspects du développement scientifique. Cela exige de nouvelles instances démocratiques au plus près d’eux, permettant l’échange fructueux entre collectivité scientifique et l’ensemble de la société ; c’est là un défi de notre temps, un défi que toute politique de gauche se devrait de relever. Les protestations de Mme Pécresse suite à cet acte odieux ne doivent pas faire illusion : elle conduit avec N Sarkozy une politique de casse de la recherche publique, qui précisément tourne le dos aux défis de civilisation contemporains, ceux que le PCF, avec d’autres entend permettre de relever.

Parti communiste français

« Car ils ont inventé le fer à empaler, et la chambre à gaz et la chaise électrique, et la bombe au napalm et la bombe atomique, et c’est depuis lors qu’ils sont civilisés, les singes, les singes, les singes de mon quartier » - Jacques Brel

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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 08:44

Un plant d'essai de vigne génétiquement modifiée à Colmar, en septembre 2005 (Vincent Kessler/Reuters)

 

 

Connaissant notre pays, il y a peu de chances que l'on accepte un jour d'associer l'image du vin à celle des OGM. Pourquoi dès lors, avoir engagé un million d'euros de recherche publique sur une vigne transgénique ? Et pourquoi le gouvernement s'expose-t-il tant après le saccage de plants d'essai près de Colmar ?


L'Institut national de la recherche agronomique (Inra) a investi plus d'un million d'euros pour des recherches sur un porte-greffe transgénique de vigne, susceptible de permettre aux vignobles de lutter contre la maladie du court-noué.


Après l'opération de fauchage volontaire du 15 août, Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture et Valérie Pécresse, sa collègue de la Recherche, viennent, ce mardi, se recueillir sur les 70 plants de vignes cultivés par l'Inra à Colmar .

Le motif de la visite ministérielle, dûment annoncée dans la presse, tient à la défense de la recherche scientifique, laquelle aurait été mise à mal par les anti-OGM. En réalité, les choses sont un peu plus compliquées et ce sont la légalité et l'intérêt de ces cultures qui sont à interroger.

De gros doutes sur la légalité de cette culture

Tout d'abord, la légalité de cet « essai en plein champ » de plants transgéniques de vigne n'est pas assurée. En effet, une première autorisation de mise en culture délivrée par le ministre de l'Agriculture pour la période 2005-2009 a été annulée par le tribunal administratif de Strasbourg, à la suite d'un recours de France Nature Environnement.

Coup dur pour les promoteurs de cet essai qui se prévalent sans cesse de son caractère démocratique et transparent : le juge avait en effet relevé un manque de transparence de l'opération dés l'instant où l'autorisation ne prévoyait pas la transmission périodique à l'administration d'un rapport sur les résultats de la dissémination après l'achèvement de celle-ci.

A la suite de ce jugement, plutôt que de remettre tout le dossier à plat, l'Inra a préféré faire appel et le ministère de l'Agriculture lui a délivré derechef une nouvelle autorisation.

Pourtant, le droit français n'est pas encore tout à fait compatible avec le droit de l'Union européenne, s'agissant notamment des conditions d'accès à l'information en matière d'OGM. Le Conseil d'Etat avait d'ailleurs enjoint le gouvernement de faire voter de nouvelles dispositions législatives sur ce point, avant le 30 juin 2010… sans effet jusqu'à présent.

Qu'en pensent les viticulteurs ?

Mais c'est surtout l'intérêt de cette « recherche » de l'Inra qui mérite attention. Marion Guillou, sa présidente, a-t-elle raison de déclarer :

« Les faucheurs d'OGM ont handicapé la capacité d'expertise de la recherche publique » ?

Rien n'est moins sûr. Si l'Inra a organisé une concertation préalable à son essai et si un comité local de suivi a été mis en place, c'est davantage l'intérêt même de cette recherche que ses modalités qui devrait être discuté.

Plusieurs questions auraient ainsi pu être débattues, à commencer par celle-ci : qu'en pensent les viticulteurs ? A l'heure actuelle, les représentants de la profession agricole n'ont pas publiquement exprimé le souhait de développer des OGM dans leurs parcelles.

L'Inra pense-t-elle vraiment qu'il se trouvera des producteurs pour prendre un tel risque commercial avec l'image même d'un produit phare ? Difficile à concevoir.

Quelles priorités pour la recherche publique ?

Au contraire, des recherches sur des solutions alternatives aux OGM pour mettre un mal à un symptôme de l'agriculture intensive n'auraient-elles pas été possibles ? Au sein du groupe OGM qui s'était réuni lors du Grenelle de l'environnement, il avait été décidé d'étudier, non pas seulement les risques des OGM, mais également leur intérêt.


La mise en place du Haut conseil des biotechnologies (HCB) est une réponse à cette préoccupation. Sa composition élargie devait permettre de discuter et des risques et de l'intérêt des OGM. Or, dans le cas présent, le Haut conseil des biotechnologies a certes volé au secours de l'Inra en condamnant le fauchage des plants, mais il n'est pas certain qu'il ne soit pas sorti ainsi de ses attributions, comme l'ont souligné les communiqués des ONG qui y siègent. Le HCB n'a en effet pas vocation à peser sur mais à éclairer la décision publique.


En clair, cette affaire de vignes OGM soulève le problème des choix de recherche publique et la question reste donc entière : est-il donc prioritaire de consacrer les maigres moyens de la recherche publique aux vignes transgéniques ?

Photo : un plant d'essai de vigne génétiquement modifiée à Colmar, en septembre 2005 (Vincent Kessler/Reuters)

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 08:24


Communiqué de presse de la Confédération Paysanne - 23 août 2010

 

En déplaçant deux Ministres sur la station de recherche de Colmar, le gouvernement démontre à nouveau que le développement des OGM en France est pour lui un objectif politique et non une question scientifique pour résoudre le problème du court-noué, maladie de la vigne. Le gouvernement est prêt pour cela à faire prendre aux vignerons français les risques d'une nouvelle crise commerciale résultant de l'introduction des OGM dans le vin, ainsi que d'une crise sanitaire pouvant résulter de la dissémination par les insectes de produits du transgène installé en milieu ouvert à Colmar.
L'autorisation donnée à cet essai au mois de mai dernier a été la première rupture du moratoire politique sur les cultures OGM instauré en 2008 [1]. La récente autorisation, en plein repos estival, de commercialisation de semences, et donc de culture, de deux variétés de maïs transgénique T25 du groupe Maïsadour confirme que le gouvernement essaye bien de siffler la fin de la résistance aux OGM.
La Confédération Paysanne demande pourquoi l'INRA ne communique que sur les recherches OGM alors qu'un de ses chercheurs de Montpellier a mis au point par des croisements traditionnels un porte-greffe non OGM résistant au court-noué qui sera très prochainement commercialisé.
Les déclarations répétées de l'INRA sur la nécessité de "développer des produits (transgéniques) « alternatifs » à ceux des grandes firmes" et celles de Ministres sur la possibilité d'autoriser les vignes transgéniques et d'envisager leur commercialisation ne cachent plus leurs intentions de passage en force. Les mots utilisés tels « alternatif » tout comme la méthode de « concertation » au sein du « comité local de suivi » de l’essai, qui n’a pas de rôle décisionnel, sont des outils de communication destinés à dissimuler ce passage en force.
On peut aussi s'interroger sur "l'indépendance française" face à ces grandes firmes, quand on sait que la technologie développée par l'INRA de Colmar est déjà protégée par deux brevets de la multinationale Monsanto et un autre de l'Université de Cornell, et que Monsanto a fait savoir depuis bientôt dix ans qu'il exigerait des droits de licence en cas de commercialisation des porte-greffe transgéniques de l'INRA .
L'agriculture n’a pas besoin des OGM ; la recherche doit travailler sur de réelles alternatives agronomiques adaptées aux besoins des paysans et aux attentes sociétales.
La Confédération Paysanne continuera de s'opposer à toute réintroduction de cultures et aux essais OGM en milieu ouvert en France.

[1] pour suspendre en France l'autorisation du MON 810.
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22 août 2010 7 22 /08 /août /2010 10:58

5 000 000 de tonnes de pétrole déversées chaque année en mer

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21 août 2010 6 21 /08 /août /2010 09:52

Bové, Duflot, Joly et Cohn-Bendit aux Journées d'été Les Verts-EE à côté de Nantes, le 20 août (Stéphane Mahé/Reuters)

 

 

(De Nantes) « Le terme de décroissance a au moins un mérite aujourd'hui, c'est qu'il remplit les salles », se réjouit Paul Ariès, politologue, à la tête du mouvement des « objecteurs de croissance ». Invité à débattre aux Journées d'été Verts-Europe Ecologie, à Nantes, il est vainqueur à égalité à l'applaudimètre avec…Corinne Lepage, l'ancienne ministre de l'Environnement de Jacques Chirac, récemment démissionnaire du MoDem.


C'est son camarade Yves Cochet, « écolo de souche » et vieux théoricien de la fin de la croissance qui l'a invité, au grand dam de Dany Cohn-Bendit, déjà exaspéré lors du premier jour de ces rencontres par l'incantation « anticapitaliste » de Jean-Vincent Placé, numéro deux des Verts. Dany avait boudé et filé à la plage, puis au théâtre.


Dans l'amphi bondé de près d'un millier de sympathisants venus de toutes les familles de l'écologie politique, chacun semble d'accord sur le constat que « la décroissance est une réalité qui s'impose », mais entre l'avocate centriste et l'apôtre de la décroissance, il y a un monde.


Corinne Lepage aux Journées d'été Les Verts-EE à Nantes le 20 août 2010 (Sophie Verney-Caillat/Rue89)Corinne Lepage, en pleine opération séduction, se la joue modeste et s'attend à se faire huer à chaque phrase. Elle fait le plus grand pas possible en direction de la frange rouge d'Europe Ecologie :

« J'arrive, au bout de trente-cinq ans de combat écologique, au constat que le développement durable nous propose de continuer avec un modèle qui ne tient pas la route.

Je n'aime pas le terme de croissance, je ne l'emploie jamais. Mais il est impossible à court terme d'instaurer la décroissance. »

« Des slogans qui ont une barbe incroyable »

Son discours rejoint largement celui de Daniel Cohn-Bendit. Je le croise errant comme une âme en peine dans les couloirs de la fac de droit, un peu plus tôt dans la matinée. Il refuse lui aussi de se laisser enfermer dans le débat croissance/décroissance :

« On a besoin d'une transformation écologique des entreprises, ça ne se fera qu'avec des entrepreneurs. L'anticapitalisme, c'est la recherche de slogans qui ne fonctionnent pas.

L'attraction d'Europe Ecologie, c'est d'accepter la complexité. On ne réduit pas cette complexité en sortant des slogans qui ont une barbe incroyable. Si on a envie de ça, on revient à 1,5% des voix. »

La position de l'eurodéputé José Bové n'est pas si éloignée. Sans s'être concerté avec son camarade de Strasbourg, il lance :

« Le terme de décroissance a été un très bon slogan coup de poing face à tous ceux qui croyaient au dogme de la croissance, indépassable. Ecrouler ce mythe, c'était important mais la réponse n'est pas dans le slogan.

Il faut se demander comment on fait croître la solidarité, la défense de la planète, une économie plus sobre et comment on fait décroître l'impact sur le climat, etc. Il n'y a pas une réponse en noir et blanc, pas un mot qui peut résumer tout. »

A la tribune aux cotés de Corinne Lepage, le député de Paris Yves Cochet réjouit les militants lorsqu'il dénonce « la croissance actuelle au sens d'Aubry et de Fillon qui est antisociale, anti-économique et anti-écologique. » Et de proposer, puisque « la décroissance est notre destin », quatre solutions :

  • l'autosuffisance locale et régionale ;
  • la décentralisation géographique des pouvoirs ;
  • la relocalisation économique ;
  • et la planification démocratique.

« Il faudra rompre vite et fort avec le capitalisme »

Invitée, la sociologue (proche du PS) Dominique Méda, qui a longuement réfléchi sur la question des indicateurs de richesse, ne voulait pas du terme de décroissance jusqu'à ce qu'elle lise l'ouvrage de l'économiste britannique Tim Jackson « Prospérité sans croissance, transition vers une économie durable ». Celui-ci l'a incitée à aller « vite et fort vers la décroissance. Mais pour cela, il faudra rompre vite et fort avec le capitalisme. Et est-ce que les gens vont accepter d'avoir beaucoup moins de revenus ? »

Paul Ariès aux Journées d'été Les Verts-EE à Nantes le 20 août 2010 (Sophie Verney-Caillat/Rue89)Les questions des revenus et de la popularité n'inquiètent pas du tout Paul Ariès. Dans le programme politique qu'il s'apprête à proposer à tous les partis de gauche, il veut un revenu garanti (élevé) et versé en partie en « droit de tirage sur les biens communs », et un revenu maximal autorisé.

Haranguant la foule avec un vrai talent d'orateur, Paul Ariès lance :

« Il faut rendre la décroissance désirable, sinon nous n'arriverons pas à convaincre les gens de peu que la décroissance économique est une croissance en humanité. Le bon combat n'est pas de manifester pour le pouvoir d'achat mais d'étendre la sphère de la créativité. »

Et de conclure, en forme de quasi-menace :

« Il y aura des gagnants et des perdants, il s'agit de savoir lesquels et de se ranger dans le bon camp. »

Photos : Bové, Duflot, Joly et Cohn-Bendit aux Journées d'été Les Verts-EE à côté de Nantes, le 20 août (Stéphane Mahé/Reuters) ; Corinne Lepage et Paul Ariès aux Journées d'été des Verts et d'Europe Ecologie à Nantes (Sophie Verney-Caillat /Rue89).

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21 août 2010 6 21 /08 /août /2010 09:36


Le point de vue de Sortir du nucléaire Cornouaille et du CRILAN , un problème d’intérêt général, pas une perspective marchande !

18 août 2010 –

 


Le nucléaire ne peut se réduire à la question énergétique, c’est un choix de société, nucléaire, militaire, policière, centralisée qui a été imposé aux Français sans consultation démocratique. C’est un choix qui épuise les ressources, met en danger son propre avenir, qui endette durablement le pays. C’est un choix qui hypothèque l’avenir de l’humanité.


Albert Jacquard parle « de suicide à long terme » si nous ne stoppons pas cette folie.


La question du démantèlement des installations nucléaires ( il y en a plus d’une centaine en France actuellement ) doit être dictée par des impératifs de santé publique, de sécurité des travailleurs et de la population, de préservation des écosystèmes en raison des risques liés à la contamination radioactive. Elle ne doit pas être dictée par la poursuite d’intérêts commerciaux ou pour en faire un secteur durable d’emplois même si hélas, l’héritage sera lourd et long à gérer.


Les conditions actuelles de démantèlement sont révélatrices de l’impasse nucléaire. C’est cela qu’a mis en lumière le combat de l’association Sortir du nucléaire Cornouaille avec d’autres associations antinucléaires sur la question du démantèlement, combat soutenu et appuyé par des milliers de citoyens.

L’association Sortir du nucléaire Cornouaille a engagé depuis plus de 5 ans un bras de fer avec EDF et les autorités, sur le difficile dossier du démantèlement de la centrale nucléaire de Brennilis. Elle a contribué :


* à ce que le Conseil d’Etat annule en juin 2007 le décret de démantèlement complet de Brennilis


* à faire reconnaître par EDF en novembre 2007, la contamination radioactive du chenal de rejets grâce à des prélèvements de mousses analysés par le laboratoire de la CRIIRAD.


* Et récemment, en mars 2010, à ce que la commission d’enquête prononce un avis défavorable. Une lettre-pétition à l’initiative des 7 associations avec plus de 9000 signataires lui avait été remise.


Depuis plus de 3 ans, elle réclame avec d’autres associations, appuyée par de nombreuses pétitions signées par plusieurs dizaines de milliers de citoyens qu’un débat public national soit ouvert enfin sur la question du démantèlement des installations nucléaires et du devenir de ses déchets, car 14 démantèlements d’installations vont être engagés. Ce à quoi, les autorités et le lobby nucléaire tentent de se soustraire en morcelant les dossiers par des enquêtes éparpillées, empêchant le citoyen d’avoir une réelle vision globale et de pouvoir peser sur des choix cruciaux qui le concernent.


Ainsi, à la Hague, AREVA s’apprête à démanteler l’atelier Haute activité oxyde et 3 INB de l’usine UP2 400, pour un coût de 125 millions d’euros par an pendant 25 ans au moins ( Sans envisager la dérive des coûts).Il est important qu’on sache le coût global à venir du démantèlement dans une période où le pouvoir continue d’asséner que l’électricité nucléaire est la moins chère du Monde.


C’est dans ce contexte que Sortir du nucléaire Cornouaille vient de déposer en juin 2010 avec 6 autres associations [1] un recours devant le Conseil d’Etat pour le décret concernant l’ICEDA du Bugey (installation de stockage « provisoire » des déchets les plus radioactifs du démantèlement). Cette option, qui de plus, n’est pas définitive, augmenterait le nombre de transports de déchets hautement radioactifs et dangereux à travers toute la France.

Et il faut examiner et débattre de la possibilité du stockage des déchets radioactifs sur les sites mêmes où ils ont été produits, option nettement plus cohérente si l’on se place dans la situation d’arrêt du nucléaire.


Aussi à « Nucléaire : arrêter la fuite en avant ! », nous disons bien sûr oui ! mais à « démanteler maintenant », nous répondons :

non !

il est urgent d’attendre. Le démantèlement, parlons-en d’abord.


Le lobby nucléaire pousse à la précipitation dans ce domaine alors qu’il n’existe actuellement aucune solution de stockage pour ces déchets, que l’option sur site n’a pas été débattue et que les travailleurs seraient moins exposés si on attendait pendant 50 ans la décroissance radioactive de la cuve du réacteur. Les industriels EDF et AREVA veulent démontrer que le démantèlement est faisable, pour permettre ainsi le renouvellement du parc nucléaire. Peu leur importe si des doses de radioactivité accrues sont prises par les travailleurs, des déchets nucléaires entreposés provisoirement.


La CADA (Commission d’Accès aux Documents Administratifs) a accepté qu’EDF ne communique pas à l’avocat de Sortir du nucléaire, l’étude détaillée des scénarios de démantèlement de Brennilis pour un motif commercial . Elle contenait des éléments de comparaison concernant le calcul des doses de radioactivité prises par les intervenants. C’est inacceptable. Le démantèlement ne doit pas se faire au nom de logiques marchandes, au détriment de la santé des travailleurs, de la population et de l’environnement.


Utiliser les mots « marché porteur », « savoir-faire à l’exportation », c’est faire le jeu du lobby nucléaire et son complexe militaro-industriel et financier. Le démantèlement des installations nucléaires sera de toute façon une affaire « démente » [2] par le coût, la dangerosité, l’ingérabilité des déchets radioactifs. Et on ne pourra parler dans ce domaine que de moins mauvaise solution car il n’y en a pas de satisfaisante.


Pour sortir du nucléaire, nous devons faire prendre conscience au citoyen des problèmes[3]que pose le démantèlement des installations nucléaires, de l’urgence à arrêter de produire des substances radioactives. C’est pourquoi ces problèmes posés par le démantèlement, doivent être enfin exposés au grand jour et notamment par un débat public, honnête et non truqué que nous devons exiger conformément à la convention d’Aarhus.


Qui sait qu’à Brennilis, le démantèlement de la station de traitement des effluents radioactifs, autorisé par le premier décret de démantèlement partiel de 1996, n’a toujours pas pu être réalisé dix ans plus tard en raison du niveau d’irradiation rencontré ?


Les Verts Allemands ont été intraitables sur la question du démantèlement des installations nucléaires tant qu’une décision de sortie du nucléaire n’a pas été prise.


Ne leurrons pas les citoyens, le démantèlement sera toujours une affaire à hauts risques sanitaires en raison des poussières radioactives émises tant pour les travailleurs que la population.

 

Deux intervenants sur le démantèlement d’un atelier de l’usine de La Hague ont inhalé en 2006 des vapeurs contenant des particules de plutonium. Un millionième de gramme suffit pour déclencher un cancer des poumons à plus ou moins long terme.


Le démantèlement des installations nucléaires est une question d’intérêt général et non marchand qui doit être d’abord débattue, pour créer une coopération au point de vue international vers une dé nucléarisation de la planète.


18 août 2010


Chantal Cuisnier, Sortir du nucléaire Cornouaille-06 84 14 58 87

Didier Anger, Crilan-06 80 23 39 45


[1] AHDE , CRIIRAD, CRILAN, Médiane, SEPNB (ou Bretagne Vivante), Sortirdu nucléaire Cornouaille, Vivre dans les Monts d’Arrée

[2] Pour le 18 ème anniversaire de Tchernobyl, en avril 2004, les militants de Sortir du nucléaire Cornouaille avaient affiché devant la centrale de Brennilis :« Démantèlement tellement dément » (voir les images du film de Brigitte Chevet :

* « Brennilis, la centrale qui ne voulait pas s’éteindre »

[3] L’article du Canard Enchaîné du 28 juillet 2010 « Brennilis, 25 ans que cela dure »pointe bien ces difficultés et montre bien qu’il est plus facile de construire que de démanteler.

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20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 12:59

ogm-j_en-veux-pas.jpg Suite à l'action militante à Colmar qui a conduit à la destruction de plants de vigne OGM cultivés par l'INRA, la question est à nouveau posée.

Cette culture expérimentale en milieu ouvert est-elle sans danger ou comporte-t-elle des risques de dissémination et de pollution ? C'est en premier lieu parce que ce débat n'est pas tranché que la position du NPA est claire.

Non aux expérimentations OGM de plein champ. Toute recherche doit être faite en laboratoire afin de laisser le libre choix aux générations futures.

Mais au delà de cette question, c'est bien le problème du modèle de société que nous voulons qui est posé. Car nous assistons ici comme ailleurs à l'inexorable développement de la filiale OGM, dirigée par les grandes multinationales de l'agroalimentaire et relayées en l'occurrence par la recherche publique. Ce modèle, c'est la concentration du pouvoir de décision et de production en matière d'alimentation mondiale entre les mains de quelques propriétaires privés des grands groupes. C'est aussi l'uniformisation de la nourriture, la disparition de la variété et surtout le triomphe du profit sur l'indépendance alimentaire des peuples.

C'est pourquoi le NPA soutient l'action des faucheurs volontaires qui a le mérite de braquer les projecteurs sur les manœuvres des lobbies et des pouvoirs publics. Ceux-ci exercent en effet des choix irréversibles dans une opacité qu'ils aimeraient totale.

Les paysans et les travailleurs quels qu'ils soient doivent refuser cette manipulation globale sans pour autant renoncer à la recherche et au progrès scientifique.

Le 18 août 2010.

Source : http://www.npa2009.org/content/communique-du-npa-de-mulhouse-soutien-aux-faucheurs-volontaires-colmar

 

 

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La Confédération Paysanne rappelle son opposition aux essais OGM en plein champ et demande l’arrêt de toute poursuite contre les faucheurs volontaires qui ont neutralisé ce matin des pieds de vigne transgénique à l’INRA de Colmar.

La poursuite de cette opération destinée à faire accepter, par les viticulteurs et les citoyens français qui n’en veulent pas, les recherches sur la mise au point de plantes transgéniques cultivées dans les champs, n’avait aucun sens. Sans fleurs ni raisins qui n’auraient pu être laissés qu’en milieu confiné, cet essai ne pouvait en effet donner aucun résultat scientifique valable sur les risques de transmission de l’OGM au raisin et au vin, ni sur son efficacité dans la lutte contre le court noué après la floraison de la vigne.


La Confédération paysanne conteste le choix de l’INRA de consacrer une telle part de son budget en amélioration des plantes aux seules manipulations génétiques brevetées et de n’attribuer que quelques miettes aux programmes de recherche alternatifs respectant l’intégrité du vivant et sa libre disposition pour tous.


Pour ce faire, la recherche publique doit s’attacher à rester indépendante des pressions de l’argent au détriment de l’éthique, tout particulièrement actuellement. La recherche agronomique doit être centrée sur les besoins réels de l’agriculture paysanne : l’INRA doit redonner à l’agronomie la place qu’elle n’aurait jamais dû abandonner, hier à la chimie, aujourd’hui à la manipulation génétique.


C’est pourquoi la Confédération paysanne travaille avec l’INRA dans d’autres cadres, notamment un comité de liaison constructif qui se réunit plusieurs fois par an. Elle y fait valoir les besoins fondamentaux pour l’agriculture et l’alimentation, les paysans et la société, centrés sur une meilleure connaissance des processus biologiques et des savoir-faire paysans pour donner du sens à une recherche publique et citoyenne.


Source : http://www.rezocitoyen.org/spip.php?article9288

 

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Pour information, la version Lutte Ouvrière de la question, on a rarement été plus divergents! Lutte Ouvrière ne serait-elle pas par "scientisme aveugle" en phase avec les recherches en plein champ? C'est un véritable défi pour les multinationales que d'imposer ces recherches hors laboratoire. La meilleure façon d'aboutir pour eux n'est-elle pas  d'arriver à nous émouvoir pour forcer le passage définitivement ?

 

José Bové solidaire des arracheurs de vigne de Colmar

Pour qui en douterait encore, la destruction par un commando d'écologistes des pieds de vigne transgéniques à l'Institut national de recherches agronomiques (INRA) de Colmar montre que, chez ceux qui se présentent comme des défenseurs de la nature, la débilité antiscientifique est largement répandue.

Depuis la crise du phylloxera qui ravagea les vignobles français au début du XXe siècle, tous les cépages français sont greffés sur des pieds américains, résistants à cet insecte mais pas au court-noué, une maladie virale mortelle pour les pieds de vigne atteints. C'est sur la mise au point, par manipulations génétiques, de porte-greffes capables de résister à ce virus que travaillait l'INRA de Colmar.

Le risque, classiquement évoqué par les anti-OGM, de dissémination dans la nature n'existait évidemment pas dans ce cas, puisqu'il s'agissait de ceps qui ne seraient utilisés que comme porte-greffes et que, sur les plants arrachés, les inflorescences avaient été éliminées.

Les crétins qui ont saccagé la plantation de l'INRA, réduisant ainsi à néant des années de recherches scientifiques (le temps nécessaire à vérifier l'efficacité de la méthode), ont reçu le soutien du député européen d'Europe Écologie José Bové qui, après avoir déclaré péremptoirement que les OGM n'étaient pas « une réponse qu'attendent les viticulteurs », a affirmé qu'il fallait « mettre en avant des pistes alternatives ».

Pour le moment les viticulteurs, en matière de solution alternative, n'ont d'autre possibilité que de recourir aux pesticides pour détruire les nématodes (des petits vers vivant dans le sol) qui sont les vecteurs du virus !

Comprenne qui pourra.

François DUBURG

 

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Et le PCF:

 

Le PCF s’indigne des actes de vandalisme perpétrés à l’encontre de vignobles OGM de Colmar


Par : Bureau de presse Mis en ligne : 18 août


Le PCF s’indigne des actes de vandalisme perpétrés à l’encontre de vignobles OGM sous responsabilité exclusive de l’Organisme Public de Recherche Agronomique (INRA) à Colmar ; rien ne saurait légitimer un tel vandalisme.

 

Sous couvert de s’opposer à la culture des OGM en plein champ, ces actions portent atteinte à la recherche publique et réduisent du même coup sa possibilité d’étudier les effets éventuels de ces organismes génétiquement modifiés sur notre santé et sur l’environnement. La Recherche publique en France est victime d’une politique continue d’affaiblissement de ses moyens budgétaires mais les chercheurs qui travaillent dans ce cadre ne sont pas des apprentis sorciers.

 

Le génie génétique est à ses débuts ; en priver la recherche publique française c’est ouvrir grand les portes à la mercantilisation de ces activités, c’est permettre aux requins de la finance et de l’agroalimentaire mondiaux d’être seuls maîtres de ce qui doit se faire ou non et des conditions dans lesquelles les nouvelles technologies de l’alimentaire doivent évoluer.


Refuser de consommer des OGM, est le droit de chacune et chacun ; mais porter atteinte au potentiel scientifique national est un acte totalement répréhensible ; le PCF renouvelle sa confiance dans le sang-froid et les capacités intellectuelles des équipes de l’INRA , dans leur indépendance par rapport aux pressions des multinationales de l’agroalimentaire.

 

Au-delà, nos concitoyennes et concitoyens doivent pouvoir s’approprier les divers aspects du développement scientifique. Cela exige de nouvelles instances démocratiques au plus près d’eux, permettant l’échange fructueux entre collectivité scientifique et l’ensemble de la société ; c’est là un défi de notre temps, un défi que toute politique de gauche se devrait de relever.

 

Les protestations de Mme Pécresse suite à cet acte odieux ne doivent pas faire illusion : elle conduit avec N Sarkozy une politique de casse de la recherche publique, qui précisément tourne le dos aux défis de civilisation contemporains, ceux que le PCF, avec d’autres entend permettre de relever.

Parti communiste français


Paris, le 18 août 2010

 

Et les lecteurs de "Bellaciao":

 

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Avec un communiqué pareil, le PCF apporte son soutien à la politique des multinationales et à l’instrumentation de la recherche publique à leur profit. Le reste, c’est du baratin.

 

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le PCF est figé dans son concept "progressiste" de la science c’est un vrai désastre pour ceux qui prétendent défendre un humanisme, le comble c’est que le PCF utilise les mêmes arguments que le gouvernement pour défendre l’INRA , d’ailleurs le PCF ne cherche même pas à se documenter et à réfléchir sur le sujet précis de la vigne OGM, ci-joint un article sur l’action et sur l’historique de cette fameuse recherche de l’INRA pour le bonheur du peuple.

 

http://www.reseauxcitoyens-st-etienne.org/article.php3?id_article=2133

 

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19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 08:26

19 août 2010 - Le Télégramme

Hier, à la suite de l'article sur l'Erika paru dans nos colonnes, la Confédération maritime, association née juste après le naufrage pour une juste indemnisation des victimes, a fait savoir qu'elle avait déposé une plainte au pénal contre l'assureur de l'armateur de l'Erika.

 

«Ce groupe d'assurances aurait dû provisionner l'équivalent de 12,82M€ auprès de la Caisse des dépôts et consignation. Cet argent aurait dû être mis à la disposition d'un juge-commissaire d'un tribunal de commerce, habilité à verser les dédommagements inhérents à la marée noire», explique Alain Malardé, président de la Confédération maritime.

 

Selon lui, l'argent a été distribué, via le Fipol, «selon les propres estimations de cet organisme, et sans contrôle du juge-commissaire. Ce sont donc les pétroliers qui décident, sur la base de leurs expertises non contradictoires, de la répartition de l'argent». Une plainte a été déposée il y a deux ans. L'affaire est à l'instruction à Lorient.

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