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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 10:16

Vidéo : Copenhague : Demand Climate Justice

Une video (3'30") dans la manifestation à Copenhague le 12 décembre avec interviews e.a. de José Bové (Europe Ecologie), Céline Caudron (LCR), Charles (NPA), Marisa Matias (groupe GUE au parlement européen), Korea Federation for Environmental Movement.



samedi 19 décembre 2009
Copenhague.jpg

L’arrivée à Copenhague des chefs d’Etat aux dernières heures du sommet de Copenhague n’y aura rien changé.


Le sommet international consacré aux changements climatiques aura été un échec de bout en bout, puisqu’aucun des objectifs qu’on pouvait attendre pour éviter que la hausse de la température ne dépasse 2°C n’a été atteint.


Aucun accord contraignant les puissances industrielles à diminuer fortement leurs réductions de gaz à effet de serre n’a été établi. Le blocage persistant des Etats-Unis a pu s’appuyer sur l’absence de volonté de l’Union Européenne, chacun des deux puissances préférant stigmatiser la Chine, qui de son coté a continuellement renvoyé la balle vers les Etats-Unis.


Le débat sur les financements pour l’aide à l’adaptation des pays pauvres, les premiers menacés par les dérèglements climatiques, n’a pas non plus abouti à des propositions satisfaisantes, puisque si des engagements, au demeurant modestes, sont pris jusqu’à 2012, aucun plan de financement à long terme n’est envisagé, ce qui rend impossible toute planification de la lutte contre le réchauffement dans les pays du Sud.


En l’absence d’accord international, une déclaration politique renvoie à plupart des choix qui sont pourtant à opérer dès maintenant. Et on ne voit pas ce qui dans six mois ou un an aura changé.


On estime déjà qu’au vu des propositions faites à Copenhague, la température devrait monter d’au moins 3 °C avant la fin du siècle. Les grands vainqueurs de ce sommet sont finalement les multinationales et les lobbys industriels, qui vont pouvoir continuer à polluer et à émettre des gaz à effet de serre, tout en profitant de l’aubaine créée par la finance carbone et les marchés de droits à polluer.


La proposition d’Evo Morales d’un tribunal de justice climatique pour juger ceux qui détruisent la Terre Mère s’en trouve d’autant plus légitimée. L’espoir est à chercher ailleurs. En effet, malgré une répression permanente des forces de l’ordre danoises, les mouvements sociaux et environnementaux n’ont pas cessé de manifester leur colère et leurs exigences, résumées dans les slogans « Changeons le système, pas le climat ! » et « Reprenons le pouvoir ! ».


L’immense manifestation internationale du 12 décembre et les actions qui ont suivi ont donné naissance à un mouvement global pour l’urgence climatique et la justice sociale.


Dans les semaines et les mois à venir, le NPA s’emploiera à renforcer et à construire un tel mouvement.


N’attendons pas des capitalistes qu’ils résolvent un problème qu’ils ont eux-mêmes créé, l’alternative énergétique est indissociable d’un projet anticapitaliste et antiproductiviste.

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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 10:02



On savait que le sommet des Nations Unies à Copenhague ne déboucherait pas sur un nouveau traité international mais sur une simple déclaration d’intention – une de plus.


Mais le texte adopté au terme de la rencontre est pire que tout ce qu’on pouvait imaginer : pas d’objectifs chiffrés de réduction des émissions, pas d’année de référence pour les mesurer, pas d’échéance, pas de date !


Le texte comporte une vague promesse de cent milliards de dollars par an pour l’adaptation dans les pays en développement, mais les formules utilisées et divers commentaires font craindre des prêts administrés par les grandes institutions financières plutôt que de vraies réparations payées par les responsables du gâchis.


L’incohérence du document est totale. Les chefs d’Etat et de gouvernement reconnaissent que « le changement climatique constitue un des plus grands défis de notre époque » mais, à l’issue de la quinzième conférence de ce type, ils sont toujours incapables de prendre la moindre mesure concrète pour y faire face.


Ils admettent – c’est une première ! - la nécessité de rester « au-dessous de 2°C » de hausse de la température, donc la nécessité de « réductions drastiques » (deep cuts) des émissions « conformément au quatrième rapport du GIEC », mais sont incapables d’endosser les conclusions chiffrées par les climatologues: au moins 40% de réduction en 2020 et 95% de réduction en 2050 dans les pays développés. Ils soulignent avec emphase leur « forte volonté politique » de « collaborer à la réalisation de cet objectif » (moins de 2°C de hausse de la température), mais n’ont rien d’autre à proposer qu’une auberge espagnole où chaque pays, d’ici le 1er février 2010, communiquera aux autres ce qu’il compte faire.

 


Piégés par l’hyper-médiatisation qu’ils ont eux-mêmes orchestrée, les grands de ce monde se sont retrouvés sous les feux de la rampe, sans rien d’autre à montrer que leurs rivalités sordides.


Alors, les représentants de 26 grands pays ont viré les ONG, écarté les petits Etats et pondu en catastrophe un texte dont le but principal est de faire croire qu’il y a un pilote politique dans l’avion. Mais il n’y a pas de pilote. Ou plutôt, le seul pilote est automatique : c’est la course au profit des groupes capitalistes lancés dans la guerre de concurrence pour les marchés mondiaux.


Le candidat Obama et l’Union Européenne avaient juré leurs grands dieux que les entreprises devraient payer leurs droits d’émissions. Bernique : en fin de compte, la plupart d’entre elles les ont reçu gratuitement et font du profit avec, en les revendant et en les facturant au consommateur ! Tout le reste est à l’avenant. Touche pas au grisbi, telle est la consigne.


Ce soi-disant accord sue l’impuissance par tous les pores. Rester au-dessous de 2°C, cela ne se décrète pas. Pour peu que ce soit encore possible, il y a des conditions drastiques à remplir. Elles impliquent en définitive de consommer moins d’énergie, donc de transformer et de transporter moins de matière.


Il faut produire moins pour la demande solvable et satisfaire en même temps les besoins humains, notamment dans les pays pauvres. Comment faire ? C’est la question clé.


Elle n’est pas si difficile à résoudre. On pourrait supprimer la production d’armes, abolir les dépenses de publicité, renoncer à quantité de fabrications, d’activités et de transports inutiles. Mais cela irait à l’encontre du productivisme capitaliste, de la course au profit qui nécessite la croissance. Sacrilège !


Tabou ! Résultat des courses ? Alors que les émissions mondiales doivent diminuer de 80% au moins d’ici 2050, alors que les pays développés sont responsables de plus de 70% du réchauffement, la seule mesure concrète épinglée dans l’accord est l’arrêt de la déforestation… qui ne concerne que le Sud et représente 17% des émissions.


Avancée écologique ? Que nenni ! « Protéger » les forêts tropicales (en chassant les populations qui y vivent !) est pour les pollueurs le moyen le moins cher d’acheter le droit de continuer à produire (des armes, de la publicité, etc) et à polluer … donc de continuer à détruire les forêts par le réchauffement. C’est ainsi que la loi du profit pourrit tout ce qu’elle touche et transforme tout en son contraire.

Prise de conscience

Heureusement, face à la déroute au sommet, Copenhague est une magnifique victoire à la base. La manifestation internationale du samedi 12 décembre a rassemblé quelque 100.000 personnes. Le seul précédent de mobilisation aussi massive sur cette thématique est celui des cortèges qui ont regroupé 200.000 citoyens australiens dans plusieurs villes simultanément, en novembre 2007.


Mais il s’agissait d’une mobilisation nationale et l’Australie subit de plein fouet les impacts du réchauffement : ce n’est (encore) pas le cas des pays européens d’où sont venus la plupart des manifestants qui, en dépit d’une répression policière féroce, ont investi la capitale nordique au cri de « Planet first, people first ».


Face à l’incapacité totale des gouvernements, face aux lobbies économiques qui empêchent de prendre les mesures pour stabiliser le climat dans la justice sociale, de plus en plus d’habitants de la planète comprennent que les catastrophes annoncées par les spécialistes ne pourront être évitées qu’en changeant radicalement de politique.


Copenhague symbolise cette prise de conscience. Elle s’exprime par la participation d’acteurs sociaux qui, il y a peu encore, se tenaient à l’écart des questions écologiques, voire les envisageaient avec méfiance : organisations de femmes, mouvements paysans, syndicats, associations de solidarité Nord-Sud, mouvement de la paix, groupements altermondialistes, etc.


Un rôle clé est joué par les peuples indigènes qui, en luttant contre la destruction des forêts (dans un rapport de forces digne de David affrontant Goliath !), symbolisent à la fois la résistance à la dictature du profit et la possibilité d’une autre relation entre l’humanité et la nature. Or, ces forces ont en commun de miser davantage sur l’action collective que sur le lobbying, cher aux grandes associations environnementales.


Leur entrée en scène déplace radicalement le centre de gravité. Désormais, la lutte pour un traité international écologiquement efficace et socialement juste se jouera dans la rue - plus dans les couloirs des sommets - et ce sera une bataille sociale - plus un débat entre experts.


Tandis que le sommet officiel accouchait d’un chiffon de papier, la mobilisation sociale et le sommet alternatif ont jeté les bases politiques de l’action à mener à la base dans les prochains mois: « Change the system, not the climate », « Planet not profit », « bla bla bla Act Now », « Nature doesn’t compromise », « « Change the Politics, not the climate », « There is no PLANet B ».


En dépit de ses limites (concernant le rôle des Nations Unies, notamment) la déclaration du Klimaforum09 est un bon document, qui rejette le marché du carbone, le néocolonialisme climatique et la compensation (« offsetting ») des émissions par des plantations d’arbres, ou d’autres techniques bidon.


De plus en plus de gens le comprennent: la dégradation du climat n’est pas le fait de « l’activité humaine » en général mais bien d’un mode de production et de consommation insoutenable. Et ils en tirent la conclusion logique : le sauvetage du climat ne saurait découler seulement d’une modification des comportements individuels, il requiert au contraire des changements structurels profonds. Il s’agit de mettre en accusation la course au profit, car celle-ci entraîne fatalement la croissance exponentielle de la production, du gaspillage et du transport de matière, donc des émissions.

Le roi est nu

Catastrophe, l’échec du sommet ? Excellente nouvelle au contraire. Excellente nouvelle car il est temps que s’arrête ce chantage qui impose que, en échange de moins d’émissions, il faudrait plus de néolibéralisme, plus de marché.


Excellente nouvelle car le traité que les gouvernements pourraient conclure aujourd’hui serait écologiquement insuffisant, socialement criminel et technologiquement dangereux : il impliquerait une hausse de température entre 3,2 et 4,9°C, une montée du niveau des océans de 60cm à 2,9 mètres (au moins), et une fuite en avant dans des technologies d’apprenti-sorcier (nucléaire, agrocarburants, OGM et « charbon propre » avec stockage géologique de milliards de tonnes de CO2). Des centaines de millions de pauvres en seraient les principales victimes.


Excellente nouvelle car cet échec dissipe l’illusion que la « société civile mondiale » pourrait, par « la bonne gouvernance », en associant tous les « stakeholders », trouver un consensus climatique entre des intérêts sociaux antagoniques.


Il est grand temps de voir qu’il n’y a, pour sortir des combustibles fossiles, que deux logiques totalement opposées : celle d’une transition pilotée à l’aveugle par le profit et la concurrence, qui nous mène droit dans le mur; et celle d’une transition planifiée consciemment et démocratiquement en fonction des besoins sociaux et écologiques, indépendamment des coûts, donc en recourant au secteur public et en partageant les richesses. Cette voie alternative est la seule qui permette d’éviter la catastrophe.


Le roi est nu. Le système est incapable de répondre au gigantesque problème qu’il a créé autrement qu’en infligeant des dégâts irréparables à l’humanité et à la nature.


Pour l’éviter, l’heure est à la mobilisation la plus large. Nous sommes toutes et tous concerné(e)s. Le réchauffement de la planète est bien plus qu’une question « environnementale » : une énorme menace sociale, économique, humaine et écologique, qui nécessite objectivement une alternative écosocialiste.


Le fond de l’affaire: le capitalisme, en tant que système, a dépassé ses limites. Sa capacité de destruction sociale et écologique l’emporte clairement sur son potentiel de progrès.


Puisse ce constat aider à faire converger les combats en faveur d’une autre société. Les manifestants de Copenhague ont ouvert la voie. Ils nous invitent à les rejoindre dans l’action : « Act now. Planet, not profit. Nature doesn’t compromise ».


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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 09:59




Vendredi 11h00 du matin, gare du midi, c'est l'effervescence; des anglais cherchent des anglaises, une coordinatrice des amis de la terre France essaie de rassembler ses 400 militants tout droit descendus du Thalys, Oxfam croise le WWF, tandis que CSC et FGTB se lancent déjà des vannes rouges, vertes, bleues.


Ajoutez à cela 60 militants, libres de toute attache qui ont payés de leur poche pour aller manifester à Copenhague, la LCR dont les drapeaux "rouge et jaune" servent de repère dans la foule, les journalistes radio et télé qui interviewent à tout va et Climat et Justice Sociale qui essaie de gérer ce flux et de l'amener à monter dans le train qui part dans 20 minutes : voilà l'ambiance du départ du train pour Copenhague.

 


Dans le train tout le monde s'installe et les conversations commencent. En cuisine se mèlent les odeurs du four et les débats de la radio; La première émission commence gentiment avec une conversation amicale et consensuelle entre Brigitte Gloire d'Oxfam solidarité, Nicolas Nuffel du CNCD et moi-même pour Climat et Justice Sociale; tous trois sommes d'accord pour refuser un quelconque accord climatique dont les pauvres du sud ou du nord pourraient faire les frais.


Ensuite plusieurs sujets sont abordés, à la radio et en dehors: 12 heures de train c'est long, c'est lent et c'est plein de potentiel. Fini d'être pressés et de dire n'importe quoi pour avoir la main; cette fois on prend le temps de réfléchir, de parler et d'écouter la réalité des autres; entre syndicalistes, ONG du Sud ou du Nord, partis de gauche radicale, environnementalistes militants et individus conscients de l'urgence, on trouve plus de points communs que de divergences, et surtout un refus commun de la loi du profit qui ruine notre environnement et notre vie de tous les jours.


19h00, alors que ça s'agite en cuisine pour préparer les 600 repas bio-locaux-slow food, il n'y a pas que les fourneaux qui chauffent. Au micro de la Radio, face à Sarah Turine, la toute nouvelle Secrétaire fédérale d’Ecolo qui s'empêtre dans un non-sens, affirmant qu'il faut de la radicalité dans la pensée mais la capacité à passer des compromis dans l’exercice du pouvoir, le camarade Daniel Tanuro est sans appel : "On ne peut pas à la fois contester le système et participer à sa gestion". (voir à ce propos Défense du climat et budget bruxellois: Ecolo fait le grand écart)


Samedi 10h00 du matin. Après une nuitée spartiate (3h de sommeil sur le sol d'un gymnase, grand rassemblement à la pré-manifestation appelée par les amis de la terre.


Nous rejoignons nos copains du NPA et commençons à scander ensemble un petit "tout est à nous" pour se réchauffer tout en traversant les immenses avenues du centre de Copenhague. Nous rejoignons le coeur de la manif prévue à 13h00; sur place des milliers de personnes chantent, crient, dansent et débattent dans toutes les langues. Et les manifestants continuent à affluer de partout, sans arrêt, à tel point qu'à 14h00, transis de froids, nous nous demandons si la manif démarrera jamais.


Autour de nous, aucun panneau disant "nous voulons un bon traité", aucun slogan écologique pour le bien-être des ours polaires; au lieu de cela : "Stop the profit ! Climate justice now", "Nature doesn't compromise", pendant que des dizaines de faux bourgeois vantent le green washing et les merveilles du capitalisme vert. Les Tibetains, eux, passent sobrement avec des panneaux indiquant que la dégradation de leur pays à cause du réchauffement est un processus déjà entamé.


Plus de doute possible, les 100.000 personnes qui sont là ont bien compris ce qu'il en est et ce qu'ils sont venus réclamer, ce n'est pas une réforme de kyoto mais une toute autre politique. Et vu la détermination, on commence à sentir que cette autre politique elle est déjà en route, là, dans la rue, autour de nous, et qu'elle ne se fera pas en demandant poliment aux puissants de nous écouter.


La police aussi est au rendez-vous. Des centaines de robocops, organisés en peloton bloquent, comme un seul homme, les rues qui ne sont pas prévues dans la parcours de la manifestation. Ce n'est qu'une heure après les faits que la rumeur commence à se répendre dans le cortège; 900 militants ont été isolés et arrêtés par la police Danoise. Le lendemain, 13 étaient encore en prison.


Dimanche, c'est déjà l'heure de rentrer. Dans le train du retour, l'appel est lancé pour aller plus loin : Climat et Justice Sociale donne rendez vous le 31 janvier (voir lieu et heure sur www.climatetjusticesociale.be) pour agrandir le mouvement et continuer la lutte pour une politique socialement juste et climatiquement viable.


Afin de bien conclure le Week-end, un dernier petit débat sur radioxfam.org dans lequel la camarade Céline Caudron ré-explique calmement à la représentante ecolo Sarah Turine qu'il ne suffit pas de constater que le logement représente une des principales sources d'émission de CO2; au delà du constat il faut envisager une politique publique d'isolation des logements et prioritairement des foyers de ménages à bas revenus, sans se préoccuper de la demande solvable.


Une approche publique, démocratique et cohérente du changement climatique sera la seule façon de résoudre et la crise climatique et la crise sociale. Sans cela et sans des mobilisations massives pour inverser la tendance, la capitalisme vert sera notre période de transition vers une société environnementalement intenable et socialement dramatique.


A écouter: les émissions du Train pour copenhague de Radio-Oxfam:


www.radioxfam.org


Plus d'infos sur Climat et Justice Sociale :

www.climatetjusticesociale.be
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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 09:08
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 Les États au service des capitalistes pollueurs


L'un des enjeux du sommet de Copenhague est l'extension aux États-Unis et à la Chine du « marché carbone », encore appelé marché des « quotas d'émission de CO2 », des « permis d'émission de CO2 », ou, plus justement, des « permis à polluer ».

Pour l'instant, les discussions sont au point mort car les États-Unis se refusent à rentrer dans ce marché, n'acceptant toujours pas de mesure contraignante sur le plan écologique et ils pourraient être suivis par la Chine.

Ce nouveau système boursier est essentiellement cantonné à l'Europe pour le moment, concernant environ 12 000 entreprises et 45 % des émissions de CO2. Dans ce système, chaque participant, État ou entreprise, se voit attribuer une certaine quantité de quotas d'émission de CO2 par an (en tonnes de CO2), mesurant la quantité de CO2 qu'il a le droit d'émettre chaque année. S'il dépasse cette quantité, il devra acheter sur le « marché carbone » les quotas manquants ; si au contraire, il émet moins de CO2 que ce qui a été autorisé, il pourra revendre les quotas en surplus sur ce même marché, selon un cours de la tonne de CO2 fixé par le jeu de l'offre et la demande.

Soumettre à la loi du marché, et donc à la spéculation, le droit à polluer des industriels, voilà qui est bien à l'image de ce monde capitaliste où tout s'achète et tout se vend...

L'intention affichée de ce marché des quotas se voulait vertueuse : ce devait être un moyen d'inciter les entreprises à investir dans des installations moins polluantes. Mais cela n'est efficace que si le cours du quota d'émission de CO2 est suffisamment élevé pour que les capitalistes jugent plus rentable d'investir pour moderniser leurs installations que d'acheter des permis à polluer.

Or, depuis 2005, date de la création de ce marché au niveau européen, le cours du quota d'émission n'a jamais vraiment décollé. Aujourd'hui, il ne dépasse pas les 15 euros pour une tonne de CO2. La raison de cet échec ? Les multiples avantages et dérogations accordés par les États à leurs industriels respectifs.

Le calcul des quotas d'émission de chaque entreprise polluante a au départ été largement surestimé, à tel point que les premières années, la plupart des industriels ont émis moins de CO2 que ce qui leur avait été accordé. Les plus grands pollueurs, comme ceux de l'industrie pétrochimique par exemple, ont même empoché des millions de bénéfices en revendant les permis à polluer ainsi économisés !

Les industriels ont ensuite bénéficié du mécanisme de développement propre (MDP) : en investissant dans un projet industriel « écologique » dans un pays du Sud, un capitaliste se voit attribuer de nouveaux quotas d'émission pour ses propres industries dans son pays d'origine, correspondant aux tonnes de gaz à effet de serre qui seront économisées dans ses nouvelles installations.

Le bilan de ces projets MDP est édifiant : très peu d'entre eux concernent les pays les plus pauvres, beaucoup sont très vaguement « propres » et de toute façon, moins de la moitié ont effectivement démarré !

Ainsi le « marché carbone » n'a pas décollé et ne s'est donc pas révélé particulièrement intéressant jusqu'à présent pour les spéculateurs en quête de bons placements.

Mais il n'a pas non plus permis de limiter la pollution due aux industries européennes car la priorité pour les États n'est pas la même s'il y va de l'avenir de la planète : elle est d'abord de servir au mieux les intérêts de leurs capitalistes respectifs.
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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 08:46


Démantèlement de Brennilis : en l’absence de débat public national, le Réseau "Sortir du nucléaire" demande de ne pas l’autoriser

 


Mardi 8 décembre 2009, le Réseau "Sortir du nucléaire" a écrit à Mme Faysse, Présidente de la Commission d’enquête publique du démantèlement de la centrale nucléaire des Monts d’Arrée (dite centrale de Brennilis). Cette enquête vient de se terminer vendredi 11 décembre 2009.


Le Réseau demande à Madame Faysse de recommander, dans le rapport qu’elle doit remettre aux Ministres concernés, que ne soit pas autorisé le démantèlement de la centrale de Brennilis tant que ne s’est pas tenu un débat public national sur le démantèlement des installations nucléaires.


Dans son courrier, le Réseau "Sortir du nucléaire" rappelle à Mme Faysse :

qu’il a mené de nombreuses démarches en faveur d’un tel débat, en particulier auprès du Premier ministre et de différents ministres de l’écologie (M Borloo et à Mme Kosciusko-Morizet) depuis l’annulation du décret de démantèlement de Brennilis en juin 2007 par le Conseil d’Etat suite à un recours du Réseau "Sortir du nucléaire".


que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) s’est elle-même prononcé en faveur d’un tel débat dans sa revue Contrôle (n°183, avril 2009, p.28) : "L’ASN a indiqué à la Commission nationale du débat public (CNDP) qu’elle était favorable à l’organisation d’un débat public sur le thème du démantèlement, demandé par un certain nombre d’associations."


Par ailleurs, dans son récent courrier (27 novembre 2009) au Ministre de l’Ecologie, le Président du Conseil général du Finistère, Pierre Maille - également Président de la Commission locale d’information du site des Monts d’Arrée, et en accord avec les membres de celle-ci - a attiré l’attention du Ministre sur "l’opportunité de saisir la CNDP pour l’organisation d’un débat national relatif aux options de démantèlement des installations nucléaires à l’arrêt" et a demandé au Ministre "d’en prendre l’initiative".


Malgré la demande de l’avocat du Réseau "Sortir du nucléaire", EDF refuse de communiquer l’étude de faisabilité détaillée qu’elle a menée en 1999 sur trois scénarios de démantèlement. Ces éléments sont pourtant évidemment nécessaires aux citoyens pour se prononcer en connaissance de cause sur ce qu’ils considèreraient comme la moins mauvaise solution.


Le Réseau "Sortir du nucléaire" dénonce le fait qu’un démantèlement puisse être engagé alors même qu’aucune solution n’est à ce jour opérationnelle pour assurer le stockage des déchets radioactifs qu’il génèrera.


Le démantèlement des installations nucléaires n’est pas une opération banale, avec de nombreux risques de contamination radioactive tant pour les travailleurs que pour la population. Cela nécessite l’ouverture d’un grand débat national qui concerne chaque citoyen et qui doit interroger sur la nécessité de continuer à produire des déchets radioactifs pour des millénaires.


Lien permanent vers ce communiqué : http://www.sortirdunucleaire.org/ac...

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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 08:40

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Près de 100 000 manifestants venus du monde entier ont réclamé que la Conférence pour le climat prenne de vraies mesures contre le réchauffement de la planète. Du jamais vu.


En marge de la conférence des Nations unies contre le réchauffement climatique à Copenhague, du 7 au 18 décembre, était organisée samedi 12 décembre, dans les rues de la capitale danoise, une manifestation visant à contester le manque d’ambition des gouvernements et les politiques climatiques promues par les grandes puissances.


Environ 100 000 personnes, venues de toute l’Europe mais aussi des pays du Sud, étaient réunies pour clamer haut et fort leur désapprobation, face à l’inaction des pays les plus émetteurs de gaz à effet de serre, pour exiger un traité ambitieux, contraignant, juste et solidaire.


Cette manifestation marque un tournant dans l’histoire des mobilisations pour la sauvegarde du climat. La jonction des mouvements écologistes et des mouvements sociaux a permis de lui donner un caractère radical et contestataire rarement rencontré sur les questions climatiques.


Alors que les rassemblements juxtaposaient jusqu’ici questions sociales et écologiques, dans les rues de Copenhague, peuples indigènes, ONG environnementalistes, paysans du Sud et du Nord, forces
sociales et partis politiques articulaient les messages sur l’urgence climatique et la nécessaire remise en cause d’un système dévastateur pour les peuples et pour le climat. Cela a donné lieu à des cortèges très dynamiques. Le capitalisme et le système productiviste étaient notamment les principales cibles des militants regroupés dans le cortège « System change, Not climate change ! »


Au sein de ce bloc, le NPA constituait un groupe d’environ quatre-vingts personnes. Les militants avaient pu rejoindre Copenhague avec le train organisé en commun avec le collectif Urgence climatique et Justice sociale, ou grâce aux bus que nous avions spécialement affrétés.


Les 30 heures de trajet aller/retour n’ont donc pas entamé la motivation des militants du NPA qui ont pu donner de la voix durant plus de quatre heures dans les rues danoises.


Face à cette foule enthousiaste et déterminée, la répression policière a été une nouvelle fois complètement déplacée et disproportionnée. Les lois exceptionnelles votées les jours précédents par le gouvernement danois avaient facilité la tâche des armadas de robocops qui ont arrêté près d’un millier de personnes, pour la plupart de simples manifestants. Une fois de plus, les gouvernements prouvent leur incapacité à accepter une opposition populaire et déterminée.


Les tentatives de décrédibilisation par des interventions policières se multiplient lors des manifestations internationales.
Cependant, elles ne doivent ni nous décourager ni nous détourner du nécessaire travail de construction d’un mouvement populaire pour l’urgence climatique et la justice sociale.


Cette manifestation de Copenhague marque un tournant dans le mouvement pour la sauvegarde du climat. Son dynamisme, la radicalité des prises de position et la remise en cause explicite du système capitaliste et productiviste par une large part des organisations présentes dans le cortège, doivent nous servir de point d’appui pour enclencher une dynamique de construction d’un mouvement militant autour des questions d’urgence climatique et de justice sociale. Ce n’est que par la constitution de tels cadres que le souffle né de Copenhague pourra perdurer.


Damien Joliton

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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 14:16
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5000 personnes ont essayé à 10 heures ce matin, de déborder le cordon de sécurité pour accéder au centre où se réunissent les délégués. La police riposte par des lacrymos (source: El Pais)
Les manifestants arrêtés font partie de "Climat Justice Action". Des membres des "Amis de la Terre" ont été retenus 5 heures et on leur a retiré leur accréditation.  Ils ont été expulsés parce qu'ils pertubaient l'ordre des Nations Unies selon José Bové. Ils disent que c'est pour la sécurité, mais c'est politique. Ils ont peur des gens qui s'y connaissent en changement   climatique. Selon un membre des "Amis de la Terre", ils avaient justement évité de prendre part à toute action problématique pour éviter cela.


 

 

 



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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 10:28


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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 10:13



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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 10:28
copenhague-un418.jpg


Du 7 au 18 décembre, se tient à Copenhague la conférence des Nations unies contre le réchauffement climatique dont le but est de déterminer des objectifs et des solutions internationales. Il est d’ores et déjà entendu que ce sommet, loin de « sauver la planète », aboutira à un échec supplémentaire, avec des résultats comparables à ceux de Rio en 1992, de Kyoto en 1996, et des suivants : promesses non tenues, objectifs non atteints, et de toute façon, ambitions insuffisantes.


Alors que tous les signaux d’un échec de Copenhague sont devant nos yeux, les chefs d’État jouent leurs partitions chacun de leur côté. Obama désormais s’engage : il annonce finalement qu’il assistera à la clôture du sommet et fixe des objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre pour les États-Unis : 17 % en 2020, puis 30 % en 2025 et 42 % en 2030 par rapport aux niveaux de 2005.Or, tous les objectifs fixés par le GIEC sont basés sur l’année 1990 ; l’objectif d’Obama par rapport à 1990 n’est en réalité que de 4 %, bien loin des 25 à 40 % préconisés par le GIEC.


Le Parlement européen vient d’adopter un texte, avec l’aval de la plupart des députés d’Europe Écologie, qui classe le nucléaire parmi les énergies à même de répondre à la crise climatique et qui souhaite une extension de la finance carbone.


Quant à Sarkozy, il s’agite, mais ses négociations avec Lula n’aboutissent à rien de précis, seulement des intentions de bonne volonté, à l’image sans doute de la déclaration finale du sommet de Copenhague. Mais en Inde, il cherche à placer quelques réacteurs nucléaires.


Les dirigeants indiens ont prévenu quant à eux qu’ils ne feraient rien tant que les pays du Nord n’auront pas réduit leurs émissions de 40 %, position que l’on peut comprendre, mais qui semble surtout servir de prétexte pour ne rien faire, compte tenu de l’immobilisme des puissances industrielles.
L’incapacité des États à conjurer les périls nécessite de vastes mobilisations des peuples qui ne veulent pas subir les conséquences de cette incurie.

Marchandisation du climat


Confrontés à une des plus graves crises écologiques de l’histoire de l’humanité, les puissants, totalement acquis aux dogmes libéraux et aux sirènes du marché, vont encore une fois tenter de nous imposer des mécanismes marchands pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre. C’est donc l’atmosphère qui va cette fois être privatisée !


Les industriels des pays riches s’en frottent déjà les mains… Eux qui ont réussi à s’enrichir par milliards grâce aux quotas d’émission mis en place après la ratification du Protocole de Kyoto, voient arriver avec gourmandise le prochain accord international et l’extension du marché du carbone à de nouveaux secteurs (les forêts, le nucléaire, le « charbon propre ») et de nouveaux pays.


Le capitalisme est le responsable de la crise que nous connaissons aujourd’hui. Nous ne pouvons donc rien attendre de ses fausses solutions. Elles ne sont qu’une fuite en avant, elles ne permettent pas de diminuer les émissions de gaz à effet de serre, elles aggravent les inégalités, et finalement elles nous font perdre un temps précieux dans la nécessaire lutte pour la sauvegarde du climat.

Illusion technologique


On assure que la science trouvera une solution au réchauffement comme aux déchets radioactifs. Le nucléaire est donné pour une énergie « propre », alors que les déchets sont une grave source de contamination. Les agrocarburants ont pour principal effet d’augmenter l’utilisation de pesticides et la déforestation et de remplir les réservoirs des riches avec la nourriture des pauvres.


L’exploitation des sables bitumineux (pétrole), met en œuvre des procédés complexes, pollue d’immenses quantités d’eau et consomme plus d’énergie qu’ils n’en produisent. La séquestration du carbone en sous-sol aboutirait à creuser sous nos pieds un monde souterrain, et pour quel résultat, puisque les capacités de stockage resteront nécessairement limitées alors que la fringale de pétrole, elle, semble insatiable ?


Sans parler des trouvailles plus ou moins farfelues : couvrir le ciel de miroirs ou de parasols pour renvoyer la chaleur vers l’univers, jeter de la limaille de fer dans les océans ou du soufre dans l’espace pour piéger le carbone, qui laissent croire que la solution est d’abord une affaire technique. Une alternative énergétique ne peut au contraire passer que par une diminution radicale de l’énergie consommée et produite, en premier lieu dans les pays industrialisés.

Plan d’urgence


Face aux fausses solutions avancées par les puissants, nous devons porter un programme d’urgence sociale et écologique qui marque une rupture avec le système capitaliste et cherche à répondre aux besoins sociaux élémentaires de la population.
Les choix opérés pour les transports, l’agriculture, le logement ou l’énergie, nous engagent pour des dizaines d’années. C’est donc dès aujourd’hui que ces ruptures sont à effectuer.


Par exemple, dans le secteur du bâtiment, il s’agit de répondre à la grave crise du logement en lançant la construction de milliers de logements sociaux dans les centre-ville, ce qui diminuerait les déplacements en voiture, pour les ménages. Leur conception écologique permettrait d’éviter de lourdes factures de chauffage. Un tel plan mettrait en œuvre un grand chantier de réhabilitation des logements existants pour diminuer drastiquement leurs consommations de chauffage et développer les énergies renouvelables (solaire, biomasse…).


Mais pour être exécuté de manière juste et efficace, ce plan doit être pris en charge par la collectivité et financé par les profits des groupes énergétiques. Un grand service public du logement serait créé afin de mener à bien ce projet à la fois social et écologique.

Alternative solaire


Le développement des énergies renouvelables est un mot d’ordre aujourd’hui défendu par tous les pays et toutes les grandes entreprises, y compris les plus irresponsables sur le plan écologique.


On entend notamment des discours plein d’emphase sur la conversion de nos sociétés à l’énergie solaire qui se basent sur une réalité : l’énergie solaire est abondante, disponible dans toutes les régions du monde et largement suffisante pour couvrir l’intégralité des besoins de l’humanité (le rayonnement solaire arrivant sur Terre en un an représente 3 000 fois nos consommations d’énergie).


Mais ne nous y trompons pas, leur solaire n’est pas le nôtre !

Les grandes puissances capitalistes cherchent aujourd’hui à s’accaparer une ressource qui, par nature, pouvait sembler difficilement appropriable. C’est pourquoi les projets soutenus par les grandes entreprises sont aujourd’hui pharaoniques.


Un seul exemple, le projet DeserTec lancé par un consortium allemand, consiste à installer dans le désert du Sahara d’immenses usines de production d’électricité, qui serait acheminée vers l’Europe. Un projet purement productiviste avec un arrière-goût nauséabond de colonialisme…
Le solaire est effectivement la principale alternative renouvelable aux énergies fossiles et de son développement massif dépendra notre capacité à limiter la catastrophe climatique. Mais pour allier réponse à la crise écologique et justice sociale, il faudra penser le développement du solaire de manière très différente.


Tout d’abord, l’énergie solaire ne peut pas être le joker technologique nous permettant de poursuivre notre fuite en avant. La réduction drastique des consommations énergétiques est un préalable indispensable à un développement efficace du solaire.


Ensuite, pour être maîtrisée et contrôlée par les usagers, cette source d’énergie doit être décentralisée. Cela signifie qu’il faut en finir avec la conception ultra-centralisée de notre système énergétique. Enfin, pour garantir une solidarité Nord/Sud, les technologies solaires doivent être transférées gratuitement, en dehors de toute notion de brevet, aux pays les moins développés afin de leur permettre un accès à l’énergie et de leur garantir un droit au développement.

Droits des salariés


Répondre réellement à la crise climatique implique une transformation des modes de production et donc du système industriel. Il faut dire clairement qu’à terme, des industries devront fermer. Mais cela n’implique pas que les salariés de ces entreprises seront mis au chômage. Bien au contraire, un tel processus s’appuirait sur les choix et les savoir-faire des salariés, en leur garantissant leur statut, leurs salaires et un droit à la formation rémunérée.


Pour aller plus loin, des politiques capables d’imposer de nouveaux droits face au patronat, permettront également de repenser le travail en lui-même : réduction massive du temps de travail, pour ne pas perdre sa vie à la gagner, organisation collective du travail, articulation entre choix politiques pour la production et organisation du travail au sein des entreprises...

Services publics


Afin de transformer les modes de production et de consommation, et de répondre aux besoins sociaux et environnementaux, il est nécessaire d’ôter des mains du privé et de la loi de la concurrence les principaux secteurs économiques. En effet, la logique de la concurrence empêche toute planification démocratiquement définie et il s’agit d’assurer dans le même temps la transition énergétique, et les réponses aux besoins et droits des salariés, toutes choses incompatibles avec la marchandisation promue par les entreprises privées.


En matière énergétique, il faut donc s’orienter vers la nationalisation des grands groupes du secteur. Mais créer une nouvelle entreprise publique ne suffira pas, l’histoire d’EDF le prouve. Un nouveau service public de l’énergie devra être décentralisé afin de rapprocher les centres de production de ceux de consommation, et remplir des tâches à la fois d’économies d’énergie, et de développement massif des énergies propres, donc sans nucléaire.

Même raisonnement pour le transport.


Pour les passagers, la gratuité, dans un premier temps des transports de proximité, permettrait de repenser l’usage de la voiture individuelle à condition que les transports en commun se développent et soient en mesure de remplacer pratiquement le transport individuel.


Pour les marchandises, plutôt que de fermer les gares et de construire des autoroutes, un service public du rail et des voies d’eau organiserait un maillage dense du territoire, le développement du fret-ferroutage et l’interdiction des transports longue distance de marchandises par la route.

Ce qui implique d’autres transformations, orientées par une relocalisation de la production, une réorganisation du territoire permettant de rapprocher lieux de travail et d’habitat, transformation et distribution alimentaire…

S’il est nécessaire de saisir les enjeux précis des négociations en cours, en particulier pour dénoncer la montée en force des mécanismes marchands et de la finance carbone, la question climatique ne peut se résumer à un jeu entre États et multinationales. L’écologie anticapitaliste doit être à même de fournir les pistes d’un changement global de société.


En effet la crise climatique n’est pas un moment passager, elle impose donc de transformer radicalement l’économie et la répartition des richesses, mais également la façon de produire ainsi que les choix énergétiques.
« Dé-carboner » l’économie impose une baisse drastique de la consommation énergétique et ne peut se faire au détriment des besoins sociaux ni des droits des peuples et des salariés.


Il importe alors de remettre en centre du jeu la démocratie jusqu’au bout : qui décide de ce qu’il faut produire, comment, pour répondre à quels besoins, en fonction de quels impératifs et de quelle organisation du travail ? Mais également, comment doit-on se chauffer, se transporter, organiser les territoires… Toutes questions qui aujourd’hui sont laissées aux mains de quelques dirigeants, d’États ou d’entreprises, qu’il faut se réapproprier collectivement.


L’année 2009 a vu l’émergence d’un mouvement mondial pour l’urgence climatique et la justice sociale, encore fragile et disparate. Il doit dès à présent se consolider et se structurer dans la durée. Car si le réchauffement climatique est déjà là, ses conséquences les plus graves sont encore devant nous.


La manifestation internationale de Copenhague le 12 décembre est un premier pas pour exprimer la réalité de ce mouvement à la face des grands de ce monde. Après Copenhague, tout restera à faire, tous et toutes ensemble.

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