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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 14:41

 

29 mai 2010 - Le Télégramme

 

Les parents d'élèves de Kerjestin animeront un stand pédagogique sur les classes pour l'inclusion scolaire d'enfants en situation de handicap, tout le week-end, au forum des solidarités. Pourquoi est-ce utile une Clis? Éléments de réponse dans les pas des écoliers.


Dylan, Marie-Laure, Lionel, Gwénaëlle, Elsa, Kevin, Romain, Ewen et Amaury ont commencé par écrire la date, puis une phrase sur leur cahier vert. La phrase décrit le programme de la matinée: «Nous allons aujourd'hui en car à la ferme de Killian à Porzh Richard, à Cast». À chacun son rythme. S'y ajoute, pour certains, un dessin: une vache. Avant de monter dans le car, les écoliers de la classe pour l'inclusion scolaire de Kerjestin, à Quimper, glissent leurs mains dans celles d'élèves de petite section de maternelle. Le lien qui les unit saute aux yeux.

 

Ce n'est pasun hasard. Chaque mardi matin, les premiers, âgés de 9 ans et demi à 11 ans et demi, qui souffrent de troubles cognitifs, vont lire des histoires aux tout-petits. Des histoires simples, courtes. «Ça leur donne confiance en eux, ça les valorise. Car la lecture, comme l'écrit, peut générer de la panique, de la peur, de la souffrance chez eux. Là, ils sont en situation de pouvoir échanger avec les autres enfants», décrit Anne, leur institutrice spécialisée, dans le car qui roule vers Cast. C'est une forme d'intégration, douce, progressive, vécue collectivement, dans le milieu scolaire ordinaire. Mais ça n'a rien à voir avec une immersion solitaire dans une classe classique.

Besoin de plus de clés

Impensable pour ces enfants. Les écoliers de la Clis de Kerjestin sont capables d'apprendre évidemment. Leurs parents et leur maîtresse trouvent d'ailleurs qu'ils ont progressé. Mais ils ont besoin de plus de clés de compréhension, de prendre le temps, comme de calme dans leur tête. Ça signifie qu'il faut choisir les instants, qu'il faut concrétiser au maximum l'apprentissage des mathématiques ou du français.

 

«On tourne en gros autour des programmes de CE1 et CE2, mais on passe beaucoup par des faits d'actualité, l'histoire, les sciences, des spectacles, par des sorties comme celle-ci pour y parvenir», insiste leur institutrice. Arrivée à Cast. Au milieu des vaches alpines, jurassiennes, hollandaises. Il y a même une Jersiaise et deux taureaux, dont un musclé «blanc bleu belge». Quatre-vingts bovins dans le pré verdoyant, des veaux sous les vaches dans un autre, 200 au total.

 

Plus des poules et 420 cochons élevés en batterie. Yeux écarquillés. Les questions des écoliers fusent. Les exploitants, Christelle et Ronan, se prêtent bien volontiers au jeu. Killian les assiste, pas peu fier de décrire la vie de la ferme à ses camarades. Sacré moment de valorisation, mine de rien. Souvent, les écoliers n'ont pas le temps d'écouter la toute fin des réponses. Ils sont passés à autre chose. Se dispersent. Chacun selon ses envies. Un mot de trop de l'un d'eux crée, par intermittence, un bref instant de tension. Puis leur attention se fixe sur la découverte rurale suivante.

«J'ai été sage hein!»

«J'ai été sage hein», s'exclame, tout sourire, un garçon en remontant dans le car. Grands et petits toujours côte à côte. «C'est une belle histoire, avec des projets communs utiles aux plus petits comme aux plus grands, qui s'est écrite cette année entre nos deux groupes», a confié, quelques instants plus tôt, Catherine, l'institutrice de petite et très petite section. Retour à Kerjestin. Anne, l'institutrice, envisage de mettre à profit l'épopée à la ferme en abordant les distances, le calcul, la géographie, la sexualité...

 

Mais les écoliers devaient commencer par regarder les photos prises sur place. Elles leur inspireront vraisemblablement des légendes. Travail d'écriture et projet de livret au bout des mots. Un carreau de plus à leur singulière fenêtre ouverte sur le monde. Une fenêtre ouverte depuis la Clis, «un lieu de respiration, de pause, de repères, qui doit permettre à chaque enfant de rebondir pour se construire un avenir, car tous ont connu des échecs scolaires avant de venir ici», décrit leur maîtresse.

  • Bruno Salaün

Note: La Clis est sur la liste des fermetures...

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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 13:26

 

 


27 mai 2010 à 12h52 - Le Télégramme


Des appels unitaires à des arrêts de travail, aujourd'hui, ont été lancés par les syndicats dans de nombreux secteurs. PS, PCF, Parti de Gauche et NPA soutiennent le mouvement et appellent à la mobilisation. Plusieurs manifestations se sont déroulées ce matin en Bretagne. 
Environ 5.000 personnes ont défilé dans les rues de Quimper, ce jeudi matin, dans le cadre de la manifestation nationale contre le projet de réforme des retraites. Les syndicats sont satisfaits de la mobilisation. Le cortège s'est dispersé vers 12 h 30 mais Attac, Solidaires et le NPA ont fait un sit in sur le pont devant la préfecture, le bloquant jusqu'à 13 h environ.
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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 07:31
mercredi 26 mai 2010 Ouest France

Les manifestants défileront jeudi derrière une banderole unitaire. Un service minimum est organisé dans les écoles.

Emploi, salaires et retraites

L'intersyndicale CGT-CFDT-CFTC-Unsa-FSU-Solidaires a bon espoir de réussir la mobilisation de jeudi prochain pour les retraites : « L'impression est plutôt favorable, confie Marie-Annick Le Berre (CGT). Il y a pas mal d'entreprises où des heures ou des préavis de grève ont été déposés. »


Formellement, la manifestation qui se rassemblera à 10 h 30, place de la Résistance, portera sur l'emploi, les salaires et les retraites : « On ne peut pas distinguer la question des retraites du niveau de l'emploi, observe Philippe Benjamin (Solidaires). Même si le thème des retraites est plus prégnant dans l'actualité. »


« Si le nombre de manifestants n'est pas énorme, il faudra regarder le nombre de grévistes, avertit Guy Barré (FSU). C'est parfois différent compte tenu des problèmes de garde d'enfants ou autres... »


Service minimum


La Ville de Quimper met d'ailleurs en place dans les écoles publiques un « service minimum » pour les enfants dont l'enseignant est gréviste si 25 % au moins des enseignants de l'école se sont déclarés grévistes.

Les familles qui souhaitent en bénéficier doivent s'inscrire en mairie centre ce mercredi de 11 h 30 à 18 h. Le service sera ouvert, en priorité, aux familles monoparentales exerçant une activité ainsi qu'aux familles dont les deux parents travaillent. Les temps périscolaires du soir et la cantine seront par ailleurs fermés jeudi. Situation école par école sur le site de la mairie ou par téléphone : 02 98 98 89 46.

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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 11:12

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Note: "Chapeau Rouge" ? Tsstsstss! Fallait s'appeler "Chapeau Rose" pour avoir une chance! Y a le Shériff de Nothingham  local qui fait une fixette sur les "rouges".

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 09:37

vendredi 21 mai 2010

Un incontournable ! Quatre jours pour se retrouver autour de concerts, des arts de la rue, des cultures urbaines, dans les « ruelles » du village associatif.

Décidément, Penhars (et Kermoysan en particulier) est en vedette par les temps qui courent : sortie d'un livre sur une aventure collective pour les habitants (lire par ailleurs l'article sur Changement de point de vue), visites collectives du chantier de la future MPT et de la salle de spectacle Le Terrain blanc ; et voici maintenant la programmation de la fête de quartier. Quatre jours en juin de rencontres festives et amicales, entre discussions, pots, repas, arts de la rue, spectacles sous chapiteau, projections d'images...

Mercredi 2 juin


Journée d'ateliers et de spectacles pour les enfants et leurs familles, de 10 h à 20 h. On peut venir partager son pique-nique. À 11 h 30 et à 18 h, double concert des Honeymen (Du blues dans mon quartier, sous chapiteau). Jimmy et Elmor Jazz, avec Mich « Rusty » Pronost à la batterie, nous racontent l'histoire du Blues et nous font partager leur plaisir de le jouer.


Jeudi 3 juin


La thématique sera sportive, avec les grimpeurs de l'Odet, ainsi que les ateliers sportifs et de spectacle de cirque, la New school. Avec une première partie à 20 h 15, puis à 21 h 15, une prestation de la compagnie Lézartikal (50 minutes), Une goutte de vertige. Un spectacle aérien dans lequel la logique des déplacements s'inverse : le mur devient sol, le sol devient mur. On sort tout renversé de cette prestation vertigineuse. Tout cela au hall des sports de Penhars.


Vendredi 4 juin


Les cultures urbaines seront en vedette au village associatif du terrain vert. Au menu : à 18 h 15, une nouvelle intervention de la formidable compagnie Carnage production, intitulée GIGN. Leur force d'intervention (la fausse) a déjà accompli 500 missions un peu partout dans le monde, devant plus de 500 000 spectateurs. Des descentes en rappel, des centaines de chutes, quelques entorses, quelques vitres cassées, quelques bides et des milliers d'éclats de... rire.


À 19 h 15, une prestation des élèves du Local musik, du pôle de danse hip-hop P2 h et de la New school (rap et hip-hop), avant, à 21 h, le concert d'Alonzo (membre de Psy 4 de la Rime). Un premier album personnel après déjà trois disques d'or avec son groupe. Tout cela suivi à 22 h 15 par le show de danse hip-hop de la compagnie professionnelle Ultimatum step.

Enfin, c'est Youssoupha qui terminera la soirée à partir de 23 h, un conteur passionné et un rappeur dans toute la noblesse du terme. Il nous propose une sorte de carnet de route entre Afrique et New-York.


Samedi 5 juin


De 13 h à 14 h 30, parade sur le quartier, méga collectif déambulatoire ; de 14 h à 17 h, jeux et animations (le quartier en scène) et restauration au village associatif. À partir de 17 h : arts de la rue, La folle journée du 8 juin 1936, par la compagnie Sucre d'orgue ; à 18 h, Ekilibr(s) par la compagnie les Colporteurs ; à 18 h 45, le retour du GIGN de Carnage production ; puis de nouveau Sucre d'orgue avec cette fois, Rétro vocce à 19 h 45.


À 20 h 30, retour de la voltige poétique d'Ekilibr(s), suivie par Triplettes, autre prestation de haut vol au trapèze à 21 h. Enfin, à 22 h, une visite attendue sur la scène du chapiteau : celle de Mouss et Hakim, les deux frères du collectif toulousain qui a vu naître Zebda, 100 % collègues ou Motivés. Une musique qui dessine un vrai pont entre tradition d'Afrique du Nord (tendance berbère) et cultures urbaines. Ils seront 9 sur scène.

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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 09:54

Éducation mercredi 19 mai 2010 Ouest France

La FSU et Sud éducation organisent un goûter géant demain à 17 h 30 devant l’Inspection académique à Quimper. But de ce rassemblement : protester contre la réforme du recrutement et de la formation des enseignants.

 

Les syndicats réclament l’abandon de cette décision et l’ouverture de négociations avec le ministère de l’Éducation.


Les organisateurs ignorent combien de personnes participeront. « On a dit géant. On espère que ça sera au moins grand. »

 

Inspiré de la mode des apéros géants sur Facebook, l’appel au goûter géant a circulé via les lettres informatiques des écoles et des tracts. Chacun est invité à apporter ce qu’il veut.

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 09:35

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19 mai 2010 - Le Télégramme


Hitler n'en voulait pas. Les soldats français de couleur étaient donc emprisonnés... en France. Et notamment à Quimper, à Lanniron, où une stèle rend désormais hommage à plus de 8.000 anciens prisonniers.


C'est un pan d'histoire peu connu des Quimpérois qui a pris consistance hier matin, à l'occasion de l'inauguration d'une stèle dans le parc de Lanniron. «Ce matin, en partant du quartier du Braden pour cette cérémonie, des voisins m'ont demandé où j'allais. Ils ne savaient rien de l'histoire de Lanniron.

 

Moi-même, je n'en savais rien jusqu'à il y a peu», assure Rémi Morvan, président finistérien de l'association des pupilles de la nation. Même Bernard Poignant, agrégé d'histoire, a reconnu son ignorance de cet épisode peu glorieux de l'histoire de sa ville. Pensez donc, près de 8.000 hommes venus du Sénégal, du Maroc, d'Algérie ou encore de La Réunion internés durant cinq ans en bordure de l'Odet, dans de longues baraques de bois.

«La mémoire efface ce qui dérange»

«Pour beaucoup de Quimpérois et de Finistériens, c'est une découverte», concède l'édile qui a découvert ce camp à l'occasion de la projection d'un film à Rosporden en 2005. Avant de lire l'ouvrage d'Armelle Madon, citée une fois dans son discours. Étouffant rapidement la polémique née des chiffres inscrits sur la stèle: «2.000 soldats métropolitains et 7.746 soldats issus des colonies françaises d'Afrique et d'Asie». «Je sais bien que ce n'est pas tout à fait le nombre, reprend le maire, mais nous disposons d'un rapport d'inspection de mai 1941, et à ce moment sont recensés 7.746 hommes, 803 blancs, 6.692 hommes de couleur, 31 noirs et 320 d'Indochine.

 

Cette histoire mérite d'être rappelée pour les sortir de l'oubli. La mémoire efface ce qui dérange, l'histoire doit ouvrir les fenêtres de la vérité». L'ancien député européen a salué la ténacité de Christian Durieu, pour la fédération desanciens combattants, et la volonté du préfet Pascal Mailhos. «Longtemps, une chape de silence a pesé sur ce camp de prisonniers de Lanniron, a reconnu ce dernier. Il est difficile de se représenter sur ce site des miradors de dix mètres de haut surveillant le camp. Le souvenir de ce lieu d'emprisonnement et de souffrance doit se perpétuerdans la mémoire collective».

Camp fermé en mai 1946


Face à lui, au sein d'un petit cortège venu pour l'inauguration, Christiane Gérard sèche ses larmes. Cette Morbihannaise, dont le père, Henri Boulay, a été interné à Quimper avant d'être transféré en Allemagne puis en Autriche, a franchi pour la première fois les portes de Lanniron. «Je voulais voir par où il était passé, témoigne-t-elle.

 

Son passage à Quimper, je ne l'ai appris qu'en consultant des archives à Paris. Cela a été une surprise car j'ignorais qu'il y avait eu un camp à Quimper. Mon père est décédé à l'âge de 33 ans en Autriche». La libération de Quimper, le 8 août 1944, n'a pas marqué la fin de ce camp de Lanniron. Plus de 3.800 détenus allemands y furent ensuite internés jusqu'en mai1946.

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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 08:41

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18 mai 2010 à 07h47 - Le Télégramme


La FSU du Finistère, qui réunit notamment les syndicats Snes, SNUipp et Snep, appelle les enseignants à participer à un «goûter géant», jeudi, à 17h, devant l'inspection académique à Quimper, afin de défendre les moyens de leur formation.

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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 08:29

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Nous protestons contre la décision des élus de la communauté de Quimper de fermeture des deux salles du cinéma d’art et essai du Chapeau Rouge, transférées au cinéma commercial des Arcades, au profit de l’implantation d’un auditorium de centre des congrès.


C’est l’indépendance du cinéma culturel et artistique ouvert à la population qui est menacée. A l'occasion du transfert du cinéma d’Art et essai aux Arcades, le directeur des Arcades demande 70 000 euros pour le manque à gagner occasionné par la fermeture de salles commerciales, en plus des 70 000 euros octroyés au titre de subvention pour le cinéma d’Art et essai ! Comment peut-on concilier profit et liberté culturelle?


Quant au Centre des congrès, un des projets phares de la Mairie, il accueillerait 300 à 500 congressistes entre 50 et 80 jours par an, mais au profit de qui ? Il est à parier que les principaux bénéficiaires en seront les entrepreneurs de la région qui pèsent déjà bien assez dans les décisions locales...


Les promesses électorales du PS qui s’engageait à la rénovation du Chapeau Rouge, sont une fois de plus bafouées au détriment de la population, de l’accès de toutes et tous à la diversité culturelle et artistique. La Mairie « socialiste » ne tient apparemment ses promesses qu’aux patrons, auxquels il offre d’un côté un centre des congrès et de l’autre la mainmise sur le cinéma.


Nous affirmons notre plein soutien aux cinéphiles et au salariés de Gros plan qui refusent ce transfert qui remet en cause le cinéma indépendant et l’accès de tous à une culture non soumise aux intérêts des industriels. Nous appelons la population quimpéroise à se mobiliser pour le maintien du Chapeau Rouge.

 

Une pétition existe (http://www.gros-plan.org/) et un collectif de cinéphiles ouvert à tous, en défense du maintien du cinéma d’art et essai indépendant, est lancé.  


NPA Kemper

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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 11:34

 

Par Agnès Rousseaux (12 mai 2010)


Le groupe Doux, leader européen de la volaille sous plastique, porte bien mal son nom. Accidents du travail à répétition, refus d’adapter les postes pénibles, non paiement des temps de pause, intimidations, répression syndicale… Tel est le quotidien de nombreux ouvriers qui travaillent pour le groupe agroalimentaire. Une poignée d’entre eux tentent de résister.


© Philippe Noisette

 


Des tâches répétitives et pénibles physiquement, une température de 5°C maximum, une humidité constante, un bruit assourdissant qui oblige les salariés à porter des protections auditives [1]... Tel est l’univers de travail de l’usine « Père Dodu » à Quimper (Finistère), un des sites de transformation de l’entreprise Doux, géant mondial de la volaille. Chaque jour, des milliers d’escalopes, de saucisses de volaille ou de plats cuisinés sortent des chaînes de production. Emballés sous plastique, les morceaux de volaille découpés, calibrés et standardisés alimenteront les grandes surfaces avant d’atterrir dans les frigos des consommateurs.


Urgence psychiatrique


Le travail « à la dure », les 300 salariés de Doux à Quimper connaissent. C’est leur quotidien, et celui des milliers de travailleurs de l’agroalimentaire et de découpe de volaille. Sauf que Doux ne fait rien pour leur faciliter la tâche et alléger un peu la pénibilité. Accidents du travail, maladies professionnelles, répression syndicale, remise en cause des acquis salariaux : le management chez Doux semble souvent synonyme de casse sociale.


« Aux conditions de travail difficiles s’ajoute le manque de considération voire de respect envers les salariés », constate la Commission départementale de contrôle de la médecine du travail, dont font partie syndicats et organisations patronales. En février 2010, le médecin du travail du site de Quimper observe une « majoration très nette des indicateurs de souffrance au travail tous secteurs confondus ». Des salariés de plus en plus nombreux demandent spontanément une consultation. Ils sont souvent en situation de souffrance ou de conflits, victimes de problèmes médicaux dont la nature « relevait pour plusieurs de l’urgence psychiatrique » !


Escalope cordon bleu = danger !


Le bilan social de l’entreprise interpelle. L’absentéisme est jugé « phénoménal » par Raymond Gouiffès, salarié sur le site de Quimper et délégué syndical de la CGT. Le nombre élevé d’accidents du travail rendrait atone le plus vaillant des coqs. Sur le site « Père Dodu », le taux de gravité de ces accidents est 50 % supérieur à la moyenne des industries « production de viande de volaille ». A Quimper, « le taux de fréquence des accidents de travail est de 98,88 % ! Cela signifie que l’ensemble des salariés du site ont été victimes d’un accident de travail dans l’année, ou que certains ont été plusieurs fois en arrêt de travail suite à un accident (chutes, heurts, coupures,…) », détaille Raymond Gouiffès [2]. L’escalope cordon bleu se révèle être un produit dangereux !


Que font les managers de Doux ? Visiblement pas grand-chose. « En 2009, les pénalités de la Sécurité sociale représentent 365.000 euros à payer par l’entreprise. Plutôt que de payer des pénalités, la direction ferait mieux de s’interroger sur la réorganisation du travail, l’aménagement des postes et des cadences », relève Raymond Gouiffès. Rien qu’au mois d’avril, sur le site de Quimper, il y a eu 14 accidents de travail. Soit 5% des effectifs ! Contacté par Basta !, la direction de l’entreprise n’a, pour l’instant, pas répondu à nos questions.


Licenciements pour inaptitude médicale


Le bilan social de l’entreprise fait également état de 15 à 20 maladies professionnelles reconnues chaque année pour le site de Quimper. Des maladies souvent dissimulées au médecin du travail par les salariés : « Ils ne disent pas qu’ils souffrent, ils cachent certaines douleurs, et un jour c’est trop tard, la maladie est irréversible. Ils ne veulent pas que le médecin les déclare inaptes pour leur poste, car ils craignent des représailles de la part de la direction », raconte Raymond Gouiffès. Sur l’ensemble de ses sites en France (4.500 salariés), Doux a procédé depuis 4 ans à 235 licenciements pour « inaptitude médicale ». De quoi inciter au silence ceux qui craignent de perdre leur emploi. Si Doux a l’obligation légale de trouver un poste adapté à ces salariés en souffrance, l’entreprise utilise l’argument de l’absence de tels postes pour procéder au licenciement.


Carolina [3] a 45 ans. Elle est virée en avril, après avoir été déclarée inapte par le médecin du travail. En 1996, elle a perdu un doigt sur une chaîne où défile en cadence la volaille. Aujourd’hui elle souffre des troubles musculo-squelettiques et de courbatures. Il y a quelques années son mari a été également licencié par le groupe.

 

« Des cas comme ça, il y en a tous les mois, précise le syndicaliste de la CGT. Les médecins du travail se sentent concernés mais sont impuissants face à tout ça. Et ces situations n’apitoient pas la direction de l’entreprise. » Celle-ci vient de signer un accord pour l’accueil de personnes handicapées. Douze embauches sont prévues dans les trois ans qui viennent. Une décision sur laquelle ironise Raymond Gouiffès : « Il faudrait peut-être d’abord s’occuper des handicaps des salariés créés par l’entreprise, avant de se targuer d’intégrer des salariés handicapés. »


 

 

« Le travail chez Doux, c’est Zola ! »


Ceux que Doux met à la porte se retrouvent souvent dans des situations difficiles. « Ils ont entre 35 et 65 ans et ne trouvent pas de poste ailleurs. Comme ils ont été déclarés inaptes, bien souvent aucune entreprise de l’agroalimentaire ne veut les embaucher pour travailler dans les mêmes conditions. Alors ils se retrouvent à la charge de la société. Tout ça parce que Doux refuse d’adapter les postes », décrit Raymond Gouiffès.

 

« Ces salariés n’ont pas de formation scolaire poussée, mais ce sont des gens courageux. C’est le seul moyen pour eux de gagner leur vie. » Parfois au prix de beaucoup de sacrifices. « Ici, c’est Zola » a lâché une des directrices des ressources humaines quand elle est arrivée dans l’entreprise. « Les gens ont même peur de dire bonjour à la hiérarchie. Ça dit bien l’état de la situation. » Qu’en pense Charles Doux, propriétaire du groupe et 151ème fortune française ?


Une « affaire » anime les salariés depuis quelques mois : le non-paiement des temps de pause. Suite à la dénonciation de l’accord sur les 35 heures par la direction en 2004, les pauses ne sont plus rémunérées. Les « pauses », ce sont ces 30 minutes par jour pour manger, s’asseoir, aller aux toilettes, fumer, discuter… pour ceux qui travaillent des journées entières sans interruption. Le paiement de ces heures était un avantage individuel acquis : 2h30 par semaine.

 

Désormais, les ouvriers « marmitons » sont présents dans l’entreprise pendant 37h30 et sont payés 35h. 1.200 salariés français du groupe ont porté l’affaire aux prud’hommes. Le verdict est tombé en avril : en appel, puis en cassation, le tribunal a donné raison aux salariés, représentés par la CGT. Une décision de justice qui se concrétise par 6.000 à 7.000 euros d’arriérés versés pour chaque salarié plaignant. « Ce n’est même plus une question de droit, mais une question d’honnêteté vis-à-vis des salariés », assène le juge d’exécution du tribunal de grande instance de Quimper.


25.000 euros d’arriérés de salaire


Cette victoire signifie aussi 100 euros bruts par mois en plus sur le bulletin de salaire pour les salariés payés au Smic. Cela ne s’est pas fait sans mal : « Des responsables de la direction sont passés dans tous les sites et ont dit aux salariés que le droit individuel acquis, c’est aléatoire. En échange d’un arrêt de la procédure, ils ont proposé à chaque salarié 500 euros, payables en deux fois ! », s’indigne Raymond Gouiffès. 270 salariés auraient accepté cette proposition. « Il faut du culot pour aller dire à des salariés, qui n’ont pas de connaissances juridiques, que ce droit est aléatoire, alors même que la Cour de Cassation s’était déjà prononcée sur le sujet ». 500 euros, contre un manque à gagner pouvant aller jusqu’à 30.000 euros !

 

« Pour un salarié de 40 ans, cela représente 25.000 euros jusqu’à la retraite, en plus des arriérés de 6.000 euros. Et encore, c’est sans compter les conséquences sur le montant des pensions de retraite. C’est intolérable que les politiques et le préfet du Finistère n’aient pas tapé pas du poing sur la table ». Doux continue de jouer la montre et utilise tous les recours possibles pour refuser de verser l’argent, allant jusqu’à assigner plus de 600 salariés au tribunal de grande instance, au motif que l’huissier avait mal orthographié leur nom ou leur adresse.


L’aboutissement de ce marathon judiciaire, les salariés le doivent au temps passé par quatre délégués syndicaux. Ils ont épluché les bulletins de salaires et calculé les arriérés dus à chacun. Quatre salariés contre l’armée d’avocats du cabinet Capstan qui défend les intérêts de la direction du champion européen de la volaille. Et des salariés dont l’entreprise ne paye plus les heures de délégation syndicale exceptionnelles, nécessaires au montage du dossier, tant que celles-ci ne seront pas justifiées. « Depuis juillet 2009, je gagne 600 ou 700 euros par mois au lieu de 1.200 euros, témoigne Raymond Gouiffès. Les trois autres salariés ont été obligés de reprendre le travail. Je reçois des mises à pied incessantes, des lettres recommandées tous les jours, mon nom n’est mis sur aucun planning de travail ».


 

 

Harcèlement syndical


Le précédent délégué syndical central est également en conflit avec Doux. Après avoir refusé un reclassement suite à la fermeture d’une usine, il a fait l’objet de trois procédures de licenciement, au motif qu’il n’existait aucun poste adapté à sa qualification. Trois fois la procédure a été annulée par l’inspection du travail. Le ministère du travail, saisi de l’affaire, a confirmé à chaque fois cette décision.

 

Un recours au tribunal administratif a été déposé par Doux, et une quatrième démarche de licenciement est en cours. Depuis 2004, ce salarié est payé mais n’est affecté sur aucun poste. Une forme de « harcèlement syndical » selon Raymond Gouiffès. Autre moyen de décourager les tentatives de contestation : un « accord seniors » est signé pour « conserver les plus de 50 ans dans l’emploi », c’est-à-dire aménager pour eux les postes et les horaires de travail. Mais l’entreprise applique des « critères d’influence » : « si un salarié a mené une action juridique contre Doux, il ne peut pas bénéficier de cet accord, s’indigne Raymond Gouiffès. Cela est totalement discriminatoire »


Selon le syndicaliste, les situations de surendettement des salariés se banalisent. Ils sont toujours plus nombreux à venir demander une aide personnelle au comité d’entreprise, « pour payer leur loyer par exemple ». « On se transforme en assistante sociale. Si les salariés se battent pour les temps de pause et veulent récupérer leur argent, ce n’est pas pour changer de voiture ou acheter une télé, mais seulement pour manger et vivre », s’indigne Raymond Gouiffès. 80 % des salariés touchent le Smic. Aucune augmentation de salaire n’a été accordée en 2009.


 

Délocalisations et subventions


L’entreprise met en avant sa situation financière difficile, essayant même de culpabiliser les salariés concernés par le paiement des temps de pause, qui mettrait en péril la compétitivité de l’entreprise. En 1998, le groupe a racheté le volailler brésilien Frangosul [4]. Depuis, treize usines ont fermé en France. En 2008, ce sont 650 salariés qui ont été remerciés. Le géant de la volaille bas de gamme, élevée en trente-sept jours sous les néons, s’auto-concurrence lui-même. Il inonde le marché français de poulets du Brésil, au coût de production de 0,74 centimes le kilo, contre 1,45 euro le kilo pour celui produit en France [5]. Ou comment déstabiliser la filière en France, et faire monter les prix, en se constituant des marges financières sur des produits importés par les filiales brésiliennes, tout en touchant des aides à la cessation d’activité en France.


Doux figure aussi parmi les premiers bénéficiaires des aides de la politique agricole commune, avec 62,8 millions d’euros en 2008, au titre du « soutien à l’exportation », pour que l’entreprise puisse s’aligner sur les prix mondiaux. En 2007, elle subit sa plus grosse perte, avec un déficit de 45 millions d’euros, qui vient s’ajouter à une dette de 310 millions d’euros. La fortune personnelle de Charles Doux ne semble pas affectée, passant de 200 à 300 millions entre 2006 et 2007. En 2008, l’entreprise renoue avec les profits. Le bénéfice net de l’entreprise est alors de 52,3 millions d’euros. Quant aux augmentations de salaires, ce sera quand les poules auront des dents. Chaque employé a touché, au titre de la participation sur le bénéfice en 2008, 83 centimes.


Agnès Rousseaux

Photos : reportage de Philippe Noisette au sein d’une entreprise de production de volaille.

Notes

[1] Deux salariés sur trois sont exposés à plus de 80 décibels, soit l’équivalent du bruit d’une voiture ou d’un aboiement constant

[2] Pour 24.998 salariés de « production de viande de volaille » en 2006, le taux de fréquence des accidents était de 51.4 (26.3 en moyenne pour l’ensemble du régime général en 2005). Source : Ministère du travail

[3] Le prénom a été changé

[4] Sur l’histoire du groupe au Brésil, lire Le Monde Diplomatique, Quand les volailles donnent la chair de poule

[5] Source : Le Monde Diplomatique, 11 juillet 2008

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