Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 13:00

Par Rachel Knaebel (7 juin 2012)


La retraite à 60 ans pour celles et ceux qui ont commencé à travailler très jeunes vient d’être rétablie par décret.

 

Mais les inégalités devant la mort – et donc la retraite – demeurent : les ouvriers vivent en moyenne six ans de moins que les cadres. L’espérance de vie sans incapacité a diminué en France. En Allemagne, où les bas salaires se massifient, les plus pauvres ont même perdu deux ans d’espérance de vie alors qu’ils travaillent plus.

 

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault doit décider avant l’été d’un décret pour revenir partiellement à la retraite à 60 ans. Un premier pas. Car reculer l’âge de la retraite pénalise avant tout les ouvriers, qui vivent toujours moins longtemps que les cadres, alors que l’espérance de vie continue à augmenter. Pire, en Allemagne, l’espérance de vie des travailleurs aux salaires les plus bas a même eu tendance à baisser ces dix dernières années.

Le décret aménageant l’âge légal de départ en retraite vient d’être publié par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Il permet à des salariés âgés de 60 ans, ayant commencé à travailler à 18 ou 19 ans, de partir en retraite à condition de réunir 166 trimestres cotisés. Cela concerne les personnes nées à partir de 1955. Un nombre limité de trimestres pourra être pris en compte au titre du chômage et de la maternité. Ce retour partiel aux 60 ans était une promesse de campagne de François Hollande. Selon la CGT, « il s’agit d’une décision marquante qui rompt avec les politiques menées partout en Europe » mais qui « doit s’inscrire dans une dynamique de retour aux 60 ans pour tous » [1]. Car en Europe, l’espérance de vie ne progresse pas pour tout le monde, loin de là.


En France, l’espérance de vie en bonne santé diminue


Reculer l’âge de départ à la retraite pénalise avant tout les travailleurs les plus pauvres, qui vivent moins longtemps que les autres, alors même que l’espérance de vie générale continue d’augmenter. Une étude de l’Insee soulignait fin 2011 la constance des inégalités sociales face à la mort. Un homme cadre supérieur de 35 ans peut aujourd’hui espérer vivre jusqu’à 82 ans. Mais un ouvrier du même âge a une espérance de vie de seulement 76 ans, soit six ans de moins [2].


L’écart entre cadre et ouvrier atteint même dix ans pour l’espérance de vie en bonne santé, qui a baissé de presque un an en France entre 2009 et 2010 : 61,9 ans pour les hommes [3] (lire aussi notre article). L’écart est moins marqué chez les femmes, avec trois années de différence d’espérance de vie entre cadres et ouvrières. Mais les disparités demeurent : une ouvrière de 2012 est au même niveau qu’une cadre dans les années 1980.

Le risque de mourir plus tôt que la moyenne est aussi très différent selon les catégories sociales. Un ouvrier de 35 ans a, par exemple, deux fois plus de risque de mourir avant 60 ans qu’un cadre du même âge (13 % de risque contre 6 %) [4]. Ces écarts restent les mêmes depuis un quart de siècle (lire aussi : Toutes les 3 minutes, un salarié européen meurt à cause de son travail).


En Allemagne, l’espérance de vie des plus pauvres recule


En Allemagne, où près d’un actif sur quatre touche un bas salaire (moins de 9,15 euros brut de l’heure), l’espérance de vie des travailleurs les plus pauvres a même tendance à baisser depuis dix ans. C’est ce que révélait en décembre le député Die Linke (gauche radicale) Matthias Birkwald, spécialiste des retraites. Selon son analyse des chiffres fournis par l’assurance retraite allemande, les hommes qui gagnaient moins de trois quarts du revenu moyen et avaient cotisé trente-cinq ans sont morts en 2010 à 75 ans et demi en moyenne. En 2001, le décès survenait à 77 ans et demi. Ils ont donc perdu deux ans de vie en dix ans. La baisse est encore plus forte pour les habitants d’ex-Allemagne de l’Est : de 77,9 ans en 2001 à 74,1 ans en 2010.


Ces chiffres ont fait du bruit. Conservateurs et libéraux, au pouvoir en Allemagne, les ont contestés, mais pas sur le fond. « Ils ont dit qu’il ne s’agissait pas d’espérance de vie, explique Matthias Birkwald. En effet, nous avons calculé ces chiffres sur la base de la durée effective de retraite des hommes entre 2001 et 2010. Ce n’est pas une prévision sur le nombre d’années à vivre dans le futur, mais un fait pour ceux qui ont déjà perçu leur retraite. Le temps effectif de perception de la pension, et donc de vie, a baissé pour les hommes aux faibles revenus. »


6 euros de l’heure pour 45h de travail par semaine


Ce recul surprend peu au vu des conditions de travail toujours plus précaires des salariés aux bas revenus en Allemagne. Dans un pays sans salaire minium interprofessionnel, où 2,5 millions de personnes travaillent pour moins de 6 euros brut de l’heure, ils sont de plus en plus nombreux à devoir travailler toujours plus pour s’en sortir.

 

Selon une étude de l’institut allemand DIW (le plus grand institut d’analyse économique du pays), publiée le 22 mai, les travailleurs à bas salaires et à temps plein exécutent en moyenne 45 heures par semaine. Un quart travaillent même 50 heures ou plus. Des temps de travail qui n’existaient avant que dans la couche la plus élevée des revenus.

Comment travailler à ce rythme, dans des emplois souvent pénibles, jusqu’à 65, voire 67 ans, le nouvel âge légal de la retraite en Allemagne [5] ? « Ceux qui exercent les travaux les plus durs ne peuvent souvent pas travailler jusqu’à 65 ans et ne profitent pas de la hausse de l’espérance de vie, répond Matthias Birkwald. Ils doivent partir plus tôt et reçoivent des retraites réduites. »

 

Pour l’élu, l’équation est claire : reculer l’âge de la retraite appauvrit ceux qui ne peuvent pas travailler jusqu’à l’âge légal. Or, seuls 10 % des personnes de 64 ans exercent une activité à temps plein aujourd’hui en Allemagne. 14 % des plus de 65 ans y sont menacés de pauvreté [6]. Manifestement, élever l’âge de la retraite n’est pas la solution. A moins de vouloir sciemment faire mourir plus tôt les plus pauvres.

Rachel Knaebel

Notes

[1] Communiqué du 6 juin.

[2] Un cadre de 35 ans peut espérer vivre encore quarante-sept ans, contre quarante et un ans pour un ouvrier.

[3] De 62,7 à 61,9 ans pour les hommes, selon l’Ined.

[4] De même, un homme de 35 ans a 27 % de risque de mourir avant 70 ans s’il est ouvrier, 13 % s’il est cadre.

[5] Il doit augmenter progressivement de 65 à 67 d’ici à 2029.

[6] Le seuil est fixé à 940 euros de revenus mensuels.

Partager cet article
Repost0
27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 10:17


On le savait, le PS n’avait promis le retour de la retraite à 60 ans que pour ceux et celles qui ont commencé à travailler jeunes et qui disposent de leurs annuités.

 

Tout ça sans remettre en cause la durée de cotisation allongée par Sarkozy. Une mesure bien en deçà des besoins et qui ne répondait pas non plus à l’énorme mobilisation contre ce retour en arrière en termes d’exploitation. Mais, bon, c’était mieux que rien.

 

Mais voilà que la nouvelle ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, tourne autour du pot sur la manière de calculer les trimestres pris en compte. Ainsi, en plus des trimestres cotisés (c’est-à-dire ceux qui correspondent à un travail effectif), elle prendrait en compte les trimestres validés au titre des congés maternité et du service militaire.

 

Les périodes de maladie seraient comptabilisées « dans certains cas » qui restent à définir, mais les temps de chômage ne compteraient pas, tout comme les majorations de trimestres pour enfant.

 

Cela fait quand même une sacrée différence à une époque où la plupart des salariés connaissent plusieurs périodes de chômage dans leur vie active. Encore une fois, c’est la double peine pour ceux qui non seulement sont virés de leur boîte, mais qui de ce fait perdent en annuités et, comme par hasard, pour les femmes.

 

D’autant plus que cela instaure une inégalité de fait entre ceux qui ont commencé tôt mais dont tous les trimestres validés ne comptent pas et les autres...

 

La ministre a promis un décret d’ici juillet, elle doit entendre que le compte n’y est pas.


Partager cet article
Repost0
24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 09:02

Sarkozy, en 2008, assurait n’avoir jamais reçu mandat pour toucher à la retraite à 60 ans, il complétait en affirmant que cela n’était pas nécessaire et qu’il la maintiendrait donc. Il se reniait en 2010 et trahissait sa parole en imposant ensuite avec Woerth et Fillon une loi pour la retraite à 62 ans et à 65 ans à taux plein.


Sans qu’il n’y ait eu aucune urgence, aucune obligation significative nouvelle, sauf paraît-il, le chantage des fameuses agences de notation partiales et corrompues. Soudainement, ça n’était plus une question de démographie ou d’allongement de la durée de la vie, mais une nécessité prétendument due « à la crise ». Ils ont imposé cela aux forceps contre 8 millions de manifestants et contre 75 % de l’opinion.

 

Mais cela ne leur suffit pas, plus rien ne les arrête : Fillon vient d’annoncer la retraite à 67 ans. Il nous traite comme la troïka UE/BCE/FMI traite les salariés Grecs.


Cet homme ignore ce qu’est une vie ordinaire à s’user au travail : il n’a jamais fait les 3 X 8 les 4 X 8, travaillé par cycle de nuit, enfoncé un marteau-piqueur, il n’a jamais pensé à un vieil instituteur à cheveux blancs de 62 ans devant sa classe de 35 gamins. Il n’a jamais regardé une infirmière âgée courir dans les couloirs de l’hôpital. Il ne sait pas que 85 % des maladies sont des TMS (troubles musculo-squelettiques), méconnaît les AVC liés au travail et le fait que 5 millions de salariés soient contraints à des ports de charge. La biologie du corps humain est inchangée entre 55 et 65 ans et le travail est plus dur que jamais. Fillon feint d’ignorer que 2 salariés sur 3 sont écartés du travail à partir de 55 ans. Il ne sait pas qu’un jeune commence à pouvoir travailler vers 29 ans. Il veut cacher le fait que la moyenne réelle d’annuités cotisées est de 36 en France.

 

Il veut aligner la retraite à 67 ans sur l’Allemagne, mais en Allemagne c’est envisagé seulement pour l’an 2030 et il n’y a nécessité de cotiser qu’à hauteur de 35 ans.


En Allemagne, ils ont fait un point d’étape en septembre 2010 sur la durée réelle de départ en retraite et en moyenne, les salariés partaient nettement avant 60 ans, alors les syndicats ont changé d’avis et contestent même le « plan Hartz IV » qu’ils avaient signé pour allonger la durée de travail sur la vie… dans 20 ans.

 

Fillon affirme qu’il veut aligner les droits entre France et Allemagne, mais c’est exactement le contraire de la lettre et l’esprit du fameux Traité constitutionnel et du traité de Lisbonne qui interdisaient « l’harmonisation des droits sociaux et fiscaux ». S’il doit y avoir rejet de ces maudits traités et harmonisation des droits sociaux, alors que ce soit selon la clause de faveur : – Les salariés allemands ont 29,1 jours fériés. Alors ? on s’aligne ! – Les salariés allemands travaillent 1 432 heures par an. Alors, on s’aligne ! – Le salaire moyen allemand est de 39 440 euros. Alors, on s’aligne ! Et inversement la durée légale en France est de 35 h, les Allemands s’alignent ! Et on construit un Smic européen le plus vite possible.

 

Fillon fait partie de cette caste de néolibéraux sans frein, sans retenue quand il s’agit de voler les salariés pour donner aux actionnaires. Cynique comme son maître Sarkozy, menteur et truqueur comme lui, il n’a pas de frein : avec ces gens-là, s’ils étaient, par malheur, réélus, vous reviendriez vite au XIX° siècle.


Retour au droit à la retraite à 60 ans sans décote. Respect des durées moyennes réelles d’annuités cotisées : actuellement 36 dans les faits. 35 h partout en Europe pour lutter contre le chômage. Smic européen pour lutter contre la misère.


Gérard Filoche

Lire “Une vraie retraite à 60 ans, c’est possible” JJ Chavigné et G Filoche, Ed JC Gawsevitch et D&S n° 187

 

http://www.filoche.net/2011/09/23/la-on-atteint-un-comble-fillon-veut-imposer-la-retraite-a-67-ans/

Partager cet article
Repost0
18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 09:52

 



 

Partager cet article
Repost0
14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 09:58

 imvvages

Le Parti socialiste a dénoncé, par la voix de son porte-parole Benoît Hamon, la décision du gouvernement d'allonger la durée de cotisation requise pour jouir d'une retraite à taux plein en France. « C'est un sacrifice supplémentaire demandé aux Français, quand les revenus du capital sont, eux, exemptés de toute forme de contribution », a-t-il déclaré.

C'est là faire preuve d'une belle hypocrisie. Car, sur le fond, le Parti socialiste n'a pas sur la question des retraites une politique différente de celle du gouvernement. Il défend, comme lui, et comme le Medef, l'idée selon laquelle c'est la démographie - autrement dit l'accroissement de l'espérance de vie, et donc l'augmentation du nombre de retraités par rapport aux actifs - qui menacerait l'équilibre de notre système de retraites.

 

C'est même un Premier ministre socialiste, Michel Rocard en 1991, qui a le premier utilisé l'argument. Et le Parti socialiste est lui aussi partisan de faire évoluer la durée du travail - donc la durée de cotisation - en fonction de l'allongement de l'espérance de vie, principe inscrit dans la loi par Fillon en 2003.

En 2010, en plein mouvement contre la réforme des retraites, Martine Aubry s'était d'ailleurs déclarée favorable à l'allongement de la durée légale de cotisation, jusqu'à 41,5 ans et même au-delà, prévue par la loi Fillon.

De ce point de vue, sa promesse de retour de l'âge légal de départ en retraite à 60 ans - ce que le PS appelle la « retraite choisie » - n'est vraiment qu'un habillage pour faire passer la pilule d'une augmentation programmée de la durée de cotisation et donc d'un recul du montant des pensions en fonction de l'espérance de vie.

 

En fait de choix, le seul qui sera laissé aux futurs retraités sera celui de partir à 60 ans, mais avec une retraite de plus en plus amputée. Mais, précise le programme rédigé par le PS pour les élections présidentielles, « si un allongement de la durée de cotisation devait être envisagé, celui-ci ne devrait pas excéder la moitié des gains d'espérance de vie, alors qu'aujourd'hui il représente deux tiers d'allongement d'activité, pour un tiers de temps de retraite ». C'est tout ce qu'il a trouvé pour s'opposer au gouvernement sur la réforme des retraites. Les futurs retraités n'y verraient pas la différence.

Jean-Jacques LAMY

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2241&id=9

 

 

Partager cet article
Repost0
7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 09:48


arton1616-528ba

Cà c'était le bon temps!

 

Depuis le 1er janvier 2011, le gouvernement a supprimé en catimini l'allocation équivalent retraite (AER), dispositif d'État en place depuis 2002.

Cette allocation, de 995 euros par mois, était versée à des chômeurs âgés n'ayant plus droit aux indemnités chômage mais qui justifiaient d'une durée de cotisation suffisante pour partir à la retraite à taux plein sans avoir encore atteint l'âge légal de départ et qui, pour des raisons administratives, ne pouvaient pas partir au titre du dispositif « carrière longue ».

En 2011, 30 000 à 40 000 travailleurs âgés ont été brutalement lésés de ce revenu. Et ce nombre va croître avec la date de départ à la retraite reculé de quatre mois chaque année, jusqu'à 62 ans en 2018. Des comités regroupant ces chômeurs se sont constitués. Le 24 juin, à Montbéliard dans le Doubs, une manifestation a eu lieu devant Pôle emploi pour exiger le rétablissement de cette allocation.

Bien qu'ayant travaillé et cotisé toute leur vie, ces salariés n'ont plus droit, pendant un an ou plus en attendant la retraite, qu'au minima social des chômeurs, l'allocation de solidarité spécifique (ASS) de 461 euros mensuels, rejoignant ainsi des centaines de milliers de chômeurs en fin de droits.

Alors qu'au cours d'une émission télévisée, en pleine grève de septembre 2010, Fillon avait pourtant promis de maintenir l'AER, le 29 juin, interpellé à l'Assemblée nationale sur cette suppression, Xavier Bertrand, ministre du Travail, a éludé cet engagement gouvernemental, préférant pérorer sur la « priorité pour les chômeurs âgés de retrouver le chemin de l'emploi, vers la valeur travail ». Aux mensonges, le gouvernement ajoute le cynisme !

Louis BASTILLE

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2240&id=5

Partager cet article
Repost0
7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 09:45

 74

Partir à la retraite à 60 ans, ce n'est plus possible depuis le 1er juillet dernier. Désormais on ne peut le faire qu'à 60 ans et quatre mois. Au rythme de quatre mois supplémentaires chaque année, en 2018 l'âge normal de départ à la retraite sera 62 ans. Globalement le patronat aura donc atteint son but : voir l'âge de départ et les durées de cotisation allongés et unifiés pour le public et le privé.

Le 1er avril 1983 l'âge de la retraite était passé à 60 ans. Un salarié ayant cotisé 37 ans et demi touchait 70 % de son salaire annuel moyen, calculé sur les dix meilleures années. 50 % provenaient du régime général de la Sécurité sociale, 20 % de la retraite complémentaire. L'ordonnance du gouvernement Mauroy avait été contresignée par le patronat, qui y voyait l'occasion de se débarrasser des travailleurs les plus âgés et relativement mieux payés, sans pour autant les remplacer, et donc de réduire à la fois la masse salariale et les emplois.

Depuis, les patrons, avec l'appui des principaux médias, ont constamment fait campagne pour réduire les pensions de retraite, tout en proposant en contrepartie des fonds de pension par capitalisation gérés par les institutions financières et à leur profit. Sous le prétexte fallacieux d'un déficit actuel ou futur et de la « faillite » pronostiquée du système des retraites, ils ont milité pour l'augmentation des annuités de cotisation et pour l'augmentation de l'âge légal de départ.

En 1993, Balladur faisait passer de 37,5 à 40 ans la durée de cotisation pour le secteur privé. Et le calcul du taux de retraite se faisait non plus sur les dix mais sur les vingt-cinq meilleures années de salaire, ce qui faisait chuter brutalement les pensions. En 1995 Juppé tentait d'imposer la même chose aux salariés du secteur public, mais il fut contraint de reculer devant la grève des cheminots et des agents de la RATP. Le gouvernement de la Gauche plurielle n'est pas revenu sur la réforme de Balladur. En 2003 Fillon parvenait, malgré les grèves et les manifestations, à imposer les 40 ans de cotisation à la fonction publique, ainsi que l'élévation vers 42 ans pour tout le monde. Il avait pris soin d'exclure de sa réforme les cheminots et la RATP, se réservant de le faire par la suite. À l'automne 2010 il faisait voter le report de l'âge de départ au-delà de 60 ans et restait sourd aux manifestations qui, en septembre-octobre, ont mobilisé des millions de travailleurs.

Depuis 1983, le chômage n'a fait que s'aggraver et il devient de plus en plus difficile d'avoir les trimestres nécessaires pour toucher une retraite à taux plein. Sans compter que, malgré le battage du gouvernement autour de l'emploi des seniors, plus on avance en âge et plus il est difficile de retrouver du travail, sans même parler d'un travail bien payé. Autant dire que le recul de l'âge où l'on peut faire valoir ses droits à toucher une retraite représente une véritable catastrophe pour de très nombreux travailleurs.

Jusqu'ici, le patronat a réussi à imposer ses plans pour payer de moins en moins pour les retraites, même si cela n'a pas toujours été facile pour lui. Car cela fait quinze ans que les luttes contre les réformes des retraites sont parmi les plus déterminées qu'a menées la classe ouvrière, à la fois contre l'État qui les impose et contre la bourgeoisie qui les inspire. Les patrons et leurs ministres auraient tort de croire qu'ils en ont fini avec les travailleurs, y compris sur la retraite.

Vincent GELAS

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2240&id=4

Partager cet article
Repost0
7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 09:41

imvvages

Le 5 juillet, alors que la réforme des retraites de 2010, qui prévoit d'allonger progressivement l'âge légal de départ à la retraite de 60 ans à 62 ans, à raison de quatre mois supplémentaires par an, est à peine entrée en application le 1er juillet, Xavier Bertrand, ministre du Travail, a annoncé que la durée de cotisation requise pour toucher une retraite à taux plein augmenterait d'un trimestre pour les personnes nées en 1955 et après et passerait donc à 166 trimestres, soit 41,5 ans.

Actuellement, cette durée de cotisation est de 40 ans et trois trimestres pour les personnes nées en 1951 et doit passer à 41 ans en 2012 pour ceux qui sont nés en 1952. La réforme des retraites de 2010 avait prévu qu'elle passerait en 2013 à 41 ans et un trimestre pour les générations suivantes. Quant au passage à 166 trimestres, il était prévu pour... 2020.

Cette mesure va faire que les personnes nées en 1955, pour avoir droit à une retraite complète au moment de leur départ, devront à la fois être âgées d'au moins 61 ans et huit mois, et avoir travaillé 41,5 ans. Ceux qui ne satisferont pas à ces deux conditions devront, soit repousser la date de leur départ en retraite et continuer à travailler au-delà de l'âge légal, s'ils en ont la possibilité physique, soit, et c'est le plus probable compte tenu du taux de chômage des plus de cinquante ans, partir avec une retraite amputée. Tel est le but de la mesure.

Pour justifier cette nouvelle attaque, le gouvernement invoque une disposition de la loi Fillon de 2003 sur les retraites, qui lie allongement de l'espérance de vie et allongement du temps de travail, tout allongement de la première devant se traduire automatiquement par un allongement de la durée de cotisation pour la retraite. Or, selon l'Insee, l'espérance de vie aurait, en quatre ans, augmenté d'un an.

Mais il n'y a aucune raison objective, aucun mécanisme qui implique que l'augmentation de l'espérance de vie -- d'ailleurs très inégale selon les classes sociales -- doive se traduire automatiquement par une augmentation de la durée du travail... ou par une baisse des retraites des travailleurs.

La productivité du travail, c'est-à-dire le volume de richesses que chaque travailleur est capable de produire, s'accroît en même temps que l'espérance de vie, et donc que le nombre de retraités. Le problème, c'est de savoir à qui profite cet accroissement de la production de richesses.

Pour permettre à la bourgeoisie de maintenir ses revenus, voire de les accroître pendant la crise, pour financer les subventions, baisses de cotisations, réductions d'impôt, etc. en faveur des grandes entreprises et des plus riches contribuables, l'État puise dans les caisses de retraite -- et les poches des futurs retraités -- comme il puise dans toutes les caisses de la protection sociale et des services publics utiles à la population.

C'est une question de choix, de choix de classe.

Jean-Jacques LAMY

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2240&id=3

Partager cet article
Repost0
28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 11:22

imvvages.jpg

 Vern-sur-Seiche

lundi 27 juin 2011


Le dépôt de pétrolier de Vern-sur-Seiche était bloqué ce lundi matin par une quinzaine de chauffeurs routiers. Un barrage filtrant a été installé dans la zone industrielle de Vannes. Ces actions s’inscrivent dans le cadre d’un mouvement de protestation national contre la réforme des retraites dans cette profession.

 

Les chauffeurs routiers manifestent ce lundi. Un mot d’ordre national a été lancé par les syndicat FO et CGT pour protester contre un accord qui repousse de 55 à 57 ans l’âge d’entrée dans le congé de fin d’activité (CFA). Le dépôt pétrolier de Vern-sur-Seiche, près de Rennes, était bloqué depuis 5 h ce matin par une quinzaine de chauffeurs routiers qui occupaient les entrées et les sorties du site.

 

Autres actions prévues


Une autre action était menée en début de matinée par une dizaine de manifestants à Vannes. Ils ont installé un barrage filtrant dans la zone industrielle, ralentissant les voitures, et distribuant des tracts aux conducteurs. Plusieurs autres actions sont prévues dans la journée. Des assemblées générales sont programmées dans les entreprises ce lundi matin.

 

http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/bretagne/greve-des-routiers-blocage-d-un-depot-petrolier-a-rennes-action-a-vannes-27-06-2011-1351221.php

Partager cet article
Repost0
18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 14:09
Faits de société jeudi 17 mars 2011

« Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère ! » ou « Les prix flambent, les retraites flanchent ! » Les slogans des retraités ont la vie dure. Ce jeudi matin, une centaine d’entre eux, à l’appel de la CGT et de la FSU, arpente les quais, à Quimper (Finistère). Les revendications montrent combien le fossé se creuse : depuis vingt ans, les retraités ont perdu 25 % de pouvoir d’achat.

 

Au micro, place de La Résistance, Marie-Andrée Bernard donne le « la ». La militante liste les augmentations de prix : « Gaz, électricité (20 % en un an), alimentation, dépenses de soins avec les franchises qui explosent, les mutuelles santé (entre 5 et 8,5 %) transports, logement, impôts, loisirs. » Au passage, elle rappelle que « les retraites des femmes représentent 67 % de celles des hommes. Que 64 % des femmes touchent moins de 900 € par mois, une sur trois, moins de 700 €. »

Partager cet article
Repost0

Contactez le NPA du Finistère

 

faou

 

UNE-190.JPG

 

cgt-gg.jpg

 

affiche_Peillon_Fioraso_BAT_0_0.preview.jpg

 

encart npa taille normale

 

 

nukleel-nam-bo-ket.jpg

accueil
*

Brest

06 42 22 96 37

brest.npa@gmail.com

 

Quimper

06 59 71 42 21

quimper.npa@gmail.com
 

Le blog sur les

questions maritimes

L'autre grenelle de la mer

 

Le blog de solidarité avec

les camarades arabes

Revolution arabe 

 

fermoez-fesse.jpg

Recherche

Actions !

Pour plus de détails voir les liens: 

 

diapo prisonnier palestine

Soirée prisonniers palestiniens

AFPS Brest

mardi 16 avril

20H30

Maison des syndicats

 

sortir-copie-1.jpg


manifestants-hopital-SUD-copie-1


Quimper Gourmelen

Rassemblement

vendredi 19 avril

8 h 45


foto2-205-ebf3f

 

Fermez Cofrents

(pays Valencian)

 

 

laniion.jpg

  Concert à Lannion

 

no nuk

 

Dimanche 28 avril

Brennilis

anti-r-1-r-copie-1.jpg

 


robertbelle5mai13DZ

 

 

Mardi 7 mai

 Yves-Marie Le Lay,

Président de

Sauvegarde du Trégor

  Douarnenez

Librairie l'Ivraie à 20h00

 

nddk.jpg

 

yy.jpg

 

st nnonon

 

grece.jpg