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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 10:29

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Immigration dimanche 17 juin 2012

Le collectif Casss Papiers alerte sur le fait qu’une famille russe d’origine Tchétchène est en voie d’expulsion imminente.

 

« Ils ont été avertis vendredi que leur avion partait ce lundi pour le centre de rétention administrative (CRA) de Mesnil-Amelot (77), en vue d’une expulsion vers la Pologne mardi », écrit le collectif dans un communiqué.

 

La Pologne étant le premier pays d’Europe par lequel ils ont transité, c’est au regard des conventions dans ce pays que leur demande d’asile devrait être examinée.


La famille est composée d’un couple et de 3 enfants de 8, 7 et un an. les deux grands sont scolarisés aux écoles rues de Lyon et Algésiras.


Selon Casss papiers, alors que cette famille « est arrivée en France pour échapper aux persécutions subies dans son pays liées à leur engagement politique », son renvoi vers la Pologne est « inadmissible, au vu des traitements inhumains infligés par ce pays aux ressortissant-e-s Tchétchènes ».


Les Casss Papiers appellent à un rassemblement ce lundi 18 juin, à 16h30, devant l’entrée de l’école de la Rue de Lyon (entrée rue du colonel Fonferrier, parking de l’hôpital des armées).

 

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Une-famille-Tchetchene-sur-le-point-d-etre-expulsee-de-Brest_40779-2088124------29019-aud_actu.Htm
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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 09:23

Photo F.vignette paysage

 

Depuis plusieurs mois, les associations en défense des demandeurs d’asile et des sans papiers se démènent sans compter pour faire admettre le droit à l’hébergement et au logement pour ces personnes que ce soit à Brest ou à Quimper.


Depuis quelques jours, comme pour annoncer le changement promis, le préfet a décidé de « déporter » des familles vivant pour certaines depuis 3 ans sur Brest vers des campings ou des centre de vacances du sud Finistère (Trégunc et Bénodet) sans l’accord des associations, en déscolarisant les enfants et en les plaçant sous des tentes, alors même que la pluie ne cesse de tomber depuis plusieurs semaines en Bretagne.


Déposées dans ces camps, vides, sans nourriture et sans explications, le préfet a même menti au gestionnaire du camp de la CCAS EDF de Bénodet en prétendant que ces familles étaient des primo-arrivants et en refusant qu’ils soient hébergées dans des bungalows en dur…Des fois qu’ils prendraient du bon temps !!!

La méthode est inhumaine, brutale, indigne !


Seule la solidarité des parents d’élèves, des militants associatifs, politiques et quelques élus (EELV de Quimper et PCF de Fouesnant) permet à ces familles tchéchènes, mongoles, congolaises de ne pas sombrer.

 

Dans le même temps à Quimper, l’association nouvellement créée, « Urgence un toit pour tous » a réquisitionné une maison appartenant à la commune.

 

* Pour y admettre des personnes sans abri, en particulier des demandeurs d’asile qui se voient refuser l’hébergement alors même qu’il y a des places disponibles.


* Pour avoir la domiciliation par le CCAS de la ville pourtant nécessaire pour avoir accès à l’AME, à l’aide juridictionnelle et diverses sociales et administratives.

 

Entre les camps de réfugiés et la ville de Quimper (majorité PS en alliance avec les Verts et le PCF) qui bloque les hébergements et les domiciliations, des vents contraires et nauséabonds, soufflent en Finistère. Heureusement la solidarité, les manifestations, le soutien large s’organisent.

 

Grâce à cela, un couple de jeunes Tchéchènes, envoyé mardi en camp de rétention à Rennes à cause d’absence de domiciliation, a retrouvé sa liberté et est revenu à Quimper. Nous avons pu les ré-héberger dans notre maison réquisitionnée. Même si dans le même temps, un autre couple avec 3 enfants va être expulsé en Tchétchénie via la  Pologne. (Etant entré par là dans "l'espace Schengen" , ils doivent y retourner, or la Pologne de donne pas de statut de réfugiés aux tchétchènes).


Ce dimanche, nous avons organisé sur place dans le camp de Bénodet un pique-nique de la solidarité avec nos amis Tchéchènes et congolais. Sont venus les rejoindre des enseignants, des parents de Brest et leurs camarades de classe …  Un moment émouvant et chaleureux …malgré un temps de chien.

 

Que le préfet, représentant de l’état, sache que nous nous ne baisserons pas les bras ! Que les élus locaux et nationaux sachent que nous continuerons le combat pour l’accueil et l’hébergement dignes.


Que le nouveau gouvernement sache qu’il ne connaîtra pas d’état de grâce.


Nous exigeons de lui et de sa nouvelle majorité qu’ils rétablissent partout dans ce pays et d’abord en Finistère, la reconnaissance du droit d’asile, de l’hébergement et du droit au logement.


Les déplacements doivent être stoppés, les expulsions doivent cesser. Il faut ouvrir des places d’hébergements et permettre un vrai accès au logement et au travail pour les demandeurs d’asile et les sans papiers.

 

Correspondant NPA Quimper

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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 10:55
Les p arents d'élèves soutiennent des demandeurs d'asile à Brest

Vendredi soir, une centaine de parents d’élèves se sont rassemblés

place Guérin à Brest.

 

Ils manifestaient contre le transfert, mardi, de 20 demandeurs d’asile, dont une dizaine d’enfants, de Brest vers un centre de vacances de Bénodet.

 

Un lieu isolé, à 2 km du bourg, loin de leurs proches. Personne ne comprend pourquoi ces enfants, tchétchènes, mongols et congolais, dont certains scolarisés à Brest depuis trois ans, ont ainsi subitement été déplacés, à trois semaines de la fin de l’année scolaire.


Pour l’instant, la préfecture ne donne aucune explication, arguant de son «devoir de réserve» à l'approche des élections.

 

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Deplaces-de-Benodet-les-parents-d-eleves-mobilises-a-Brest_40779-2087705------29019-aud_actu.Html

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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 10:45

16 juin 2012 

 

Trois jours après le départ de cinq familles pour le camping EDF de Bénodet, la mobilisation reste forte aux portes de l'école Guérin où étaient scolarisés quatre enfants déplacés. La colère et l'indignation sont à peine tempérées par une solidarité sans faille.

Leurs prénoms, partout. Dans le hall d'accueil de l'école maternelle Bugeaud où l'on dit penser à«Dulguun, Makhdi, Mata et Sayana». Sur le parvis en bitume de l'école primaire Guérin où des enfants s'échinent à tracer àla craie le prénom de leurs copains disparus en un instant.

 

Lundi soir, ils étaient sortis avec les autres àl'heure du goûter. Et puis, moins de 24 heures après, la gare sur décision préfectorale. Le car. L'exil. Les parents qui étaient venus soutenir les partants forcés gardent encore, en cette fin d'après-midi presque plaisante sur la place Guérin, le souvenir «atroce» d'un chauffeur en larmes qui ignorait sa mission et «d'une vingtaine de CRS» accourus pour «faire monter les enfants plus vite». La pilule n'est pas passée. Alors, ils continuent à militer pour le retour des évaporés.

«Ça turbine»

Sur la place Guérin, l'audience ordinaire d'une fin d'école est bien multipliée par deux. À l'appel notamment de l'association des parents d'élèves pour une nouvelle manifestation de soutien, d'autres personnes sont arrivées. Des militants associatifs. Des élus de la majorité municipale dont l'adjoint à l'éducation Marc Sawicki qui assure qu'en coulisses, en mairie ou chez la députée sortante, «ça turbine». Mais pour le moment, rien. Le responsable de l'écoeurement est vite ciblé et les coupables pointés du doigt par tout le monde.

 

Marc Sawicki appuie. «Les services de la préfecture. Ce sont eux qui ont pris la décision de les déplacer pour de basses raisons financières, poursuit l'adjoint. C'est le système administratif dans ce qu'il a de pire. On est sous les ordres précédents, sur des lignes budgétaires précédentes mais on dénigre des enfants». La faute exclusive à l'ancien gouvernement? Tout le monde n'est pas d'accord: «Les élus de gauche tardent à réagir, dénonce-t-on sous le manteau. Peut-être attendent-ils la fin des législatives. Défendre des Tchétchènes, ce n'est pas porteur».

«Les enfants ont froid»

Sur l'estrade, Zebda a fini de cracher «Le bruit et l'odeur» dans les haut-parleurs installés pour l'occasion. Une lettre d'un père, adressée à François Hollande, est lue par Claude, représentant l'association des parents d'élèves. Surtout, les nouvelles des familles, logées là-bas à Bénodet, sont distribuées. Elles ne sont pas bonnes. Les enfants ont froid.

 

Les chauffages électriques finalement consentis par la mairie de Bénodet n'ont pas été installés. Trop dangereux. Le camping du comité d'EDF où ils sont installés serait interdit d'accès. «Mais ça va à peu près, tempère Laurence Perron, l'un des maillons d'une chaîne de solidarité exemplaire (lire en page 10). Hier, les médecins sont venus gratuitement et de l'argent a été collecté». La nuit dernière, Dulguun et les autres ont encore dormi au camping. La préfecture n'a toujours pas répondu aux demandes de rendez-vous. Place Guérin, la lutte continue.

  • Steven Le Roy

http://brest.letelegramme.com/local/finistere-nord/brest/ville/familles-deplacees-guerin-gronde-toujours-16-06-2012-1740216.php

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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 10:34

16 juin 2012 

 

À l'école maternelle Bugeaud, à Brest, Makhdi, Mata, Souyana et Dulguun étaient des «bons élèves». Déplacés mardi vers Bénodet, les enfants et leurs familles -demandeurs d'asile- bénéficient d'un vaste élan de solidarité.

Laurence Perron, professeur des écoles en grande section, ne voudrait surtout pas tirer les draps à elle seule mais elle veut bien expliquer la belle chaîne de solidarité qui s'est mise en place à la suite du départ brusque et imprévu d'enfants «que je veux revoir».

Crayons, nourriture...

Comme souvent dans pareil cas, les nouveaux moyens de communication ont chauffé sec pour échanger infos et actualités. Pour faire le point, également, sur les manques patents de ceux qui vivent sous tente. «Une aide de la vie scolaire a fait le trajet jusqu'à Bénodet, pour voir comment ils allaient», explique Laurence Perron. «J'ai profité de son voyage pour demander aux parents d'apporter des produits de première nécessité et un peu d'argent».

 

Succès complet. La chaîne a fonctionné à plein et l'aide à la vie scolaire a emporté avec elle des crayons, des coloriages, de la nourriture, des livres offerts par la «Petite Librairie» et un petit pécule. Laurence Perron se chargera du reste en allant, demain, au pique-nique organisé là-bas par l'association des parents d'élèves. Hier, «ça a été impressionnant», dit-elle en contemplant les sacs qui s'entassent au fond de sa classe. Encore de l'argent. Des produits d'hygiène. Des DVD.

 

Tout le monde a mis la main à la pâte. «Maintenant, je crois que les services sociaux doivent prendre le relais», estime l'institutrice qui a chargé sa voiture jusqu'au balai d'essuie-glace arrière, «mais quand nous avons su que rien n'avait été distribué à manger mardi soir et mercredi, nous ne pouvions pas laisser les choses perdurer».

Tendres pensées

Reste que la chaîne de la solidarité ne s'arrêtera pas brusquement. Si une solution a pu être trouvée dans le Sud-Finistère pour la scolarisation des enfants (*), Laurence Perron tonne que «leurs places sont ici!

 

Dans la classe, on parle de Makhdi tous les jours avec les élèves. Je donne des nouvelles aux enfants, à ses amis. On ne peut pas l'oublier. On voit sa place avec son étiquette». Elle ponctue: «Il nous manque, quoi». Hier, les enfants de la grande section ont pris un peu de temps pour lui faire quelques dessins. Ils continueront. La solidarité ne s'arrête pas aux dons, même si Laurence Perron enrage de savoir «que l'on fait dormir une famille de cinq dans quatre lits» et «que personne là-bas n'est même capable de garantir un peu de chauffage».

*Dès lundi, en accord avec l'inspection d'académie, huit enfants en âge scolaire des cinq familles de réfugiés accueillies au centre de vacance d'EDF seront scolarisés dans les classes du groupe scolaire de Kernevez de Bénodet. Ils déjeuneront à la cantine et bénéficieront du transport scolaire.

  • Steven Le Roy

http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/finistere/familles-deplacees-a-l-ecole-de-la-solidarite-16-06-2012-1739838.php

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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 09:42
vendredi 15 juin 2012

À Bénodet, les 20 demandeurs d'asile sont hébergés dans un village de vacances d'EDF.
À travers le département, de Brest à Bénodet, la solidarité s'organise. À l'école maternelle Bugeaud à Brest, où étaient scolarisés quatre des enfants transférés à Bénodet, les parents d'élèves se sont retrouvés hier de manière impromptue. Inquiets des conditions de vie des familles de demandeurs d'asile, ils doivent aussi répondre à leurs enfants, qui se demandent ce que sont devenus leurs copains de classe.

Ils ont organisé une collecte de denrées alimentaires, des couvertures et des jeux pour permettre à des enfants déscolarisés de se « distraire ».

 

L'ensemble a été distribué dans l'après-midi aux familles des demandeurs d'asile. Un appel à la mobilisation a été lancé pour ce vendredi, à 16 h 45, place Guérin à Brest.


À Bénodet, 20 personnes, dont neuf enfants, ont été installées dans le village de vacances situé près du Letty. Sollicité hier par un collectif, le maire Christian Pennanech commente la situation : « On me demande d'aider ces personnes en situation irrégulière. On me dit qu'ils n'ont pas d'argent, c'est faux. Le conseil général a donné des sommes. S'ils ont des difficultés pour se nourrir, qu'ils en appellent aux associations humanitaires. »


« Ma banque alimentaire n'est prévue que pour 30 personnes. En ce qui concerne la scolarisation, je pose la question : ai-je le droit d'imposer quelque chose quand on ne me l'impose pas ? Maintenant, les conditions météo ne sont pas bonnes. On va mettre à disposition du matériel de chauffage pour ces gens. »


Hier soir, la caisse mutuelle complémentaire et d'action sociale (CMCAS) du Finistère-Morbihan du personnel des industries électrique et gazière a réagi. « Nous demandons à l'État de prendre les décisions rapides pour assurer un hébergement pérenne correspondant, a minima, aux besoins élémentaires de vie. Les organisations syndicales qui composent le conseil d'administration se réservent le droit d'intervenir avec force afin qu'un accompagnement social digne soit mis en oeuvre pour ces familles. »

 

Mickaël DEMEAUX et Olivier PAULY

 

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-La-solidarite-avec-les-refugies-s-organise-_40734-2087296------29019-aud_actu.Htm

 

Commentaire:

 

Donc le Préfet (qui obéit à Manuel Vals ou encore à Guéant?) refuse de loger sur Brest et "déporte" 20 personnes dont des enfants scolarisés, fin juin dans une commune balnéaire à l'autre bout du département pour emmerder la solidarité, où le maire UMP à l'air dans son rôle "pas de çà ici" ET réquisitionne (?) le camping du comité d'entreprise d'EDF où les colonies de vacances vont commencer.  Donc il devront encore "démenager" dans une 15 jours .  "C'est quand le bonheur?", comme dit Cali?

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 14:02

Par Nolwenn Weiler (14 juin 2012)


Certains, comme le maire UMP d’une commune de Seine-et-Marne, décident de leur interdire l’école.

 

D’autres, comme dans plusieurs lycées professionnels de Rennes, font tout pour que leur scolarité se déroule correctement. Les élèves sans papiers sont toujours confrontés à des situations kafkaïennes, et à l’incertitude face à la menace de l’expulsion. Et ce, tant que la loi ne changera pas. Reportage auprès de ces enseignants et proviseurs qui ont choisi le camp de la solidarité.

 

Quand le proviseur lui a annoncé que sa classe comptait une élève sans papiers, Catherine* [1], professeure en lycée professionnel à Rennes, n’était guère enchantée. « Je me suis demandé comment j’allais faire. J’étais convaincue qu’elle ne serait jamais là, qu’elle n’aurait pas le niveau, qu’elle ne pourrait pas suivre. J’étais inquiète pour la cohésion de la classe. Je ne savais pas si les autres élèves allaient bien l’accueillir. Et j’ai prévenu mon proviseur que, de toute façon, elle n’aurait pas de traitement de faveur ! »


Cinq ans plus tard, Catherine et son élève s’appellent régulièrement. Pour s’assurer que tout va bien et pour régler, encore et toujours, des histoires de papiers. « Elle vient de se voir refuser un visa pour Hong-Kong, où elle devait aller faire un stage dans le cadre de son BTS commerce international. Il faut que je m’occupe de ça. » Recherche d’un logement, bataille pour avoir une place en crèche, renouvellement annuel de la carte de séjour… Les démarches administratives ne s’arrêtent jamais. « Je serai tranquille quand elle aura fini ses études », sourit Catherine. Ses préjugés ont volé en éclats. L’enseignante a été conquise en quelques mois par l’assiduité de sa jeune élève et la rapidité avec laquelle elle a appris le français, tout en déménageant de squat en squat, alors qu’elle n’avait pas encore de logement stable.


« Un peu comme ma mère »


« Cette professeure, c’est un peu comme ma mère, ici en France, sourit la jeune élève. Sans elle, et sans le soutien de mes collègues lycéens, qui m’ont toujours encouragée, jamais je n’aurai pu réussir. » Aujourd’hui inscrite en BTS dans un lycée général, elle regrette l’ambiance de fraternité qui régnait dans le lycée pro où elle a débarqué, alors qu’elle parlait à peine le français. « Là, je dois vraiment faire mes preuves toute seule. Personne ne me tend la main. C’est un peu dur parfois. »


« Quand ils s’inscrivent, on ne sait pas forcément qu’ils sont en situation irrégulière, indique Jacques*, proviseur. Sauf s’ils sont envoyés par un foyer, ou une association. » Ce sont généralement les professeurs ou les conseillers pédagogiques qui s’en aperçoivent. Au détour d’une conversation avec les élèves, ou bien sollicités par eux à l’occasion d’une convocation au tribunal administratif, qui signifie souvent qu’ils risquent d’être expulsés.


L’ombre de l’expulsion


Le Réseau éducation sans frontières (RESF) a dès 2009 alerté sur la situation de ces jeunes majeurs sans papiers. Arrivés en France adolescents, ils y poursuivent leur scolarité mais, à leur majorité, le titre de séjour leur est refusé. « Ils peuvent alors être interpellés, internés en centre de rétention administrative (CRA), puis, malgré les fortes mobilisations de leurs camarades, de leurs professeurs et de tous ceux que leur sort indigne, expulsés au premier contrôle vers des pays où ils n’ont parfois plus ni attaches ni famille », rappelle RESF [2].


« Quand mon élève m’a dit tribunal administratif, je me suis dit "ça urge", se souvient Catherine. J’ai discrètement parlé du sujet à des élèves majeurs, que je savais sérieux et posés. Et ils se sont organisés : tractage au lycée et sit-in devant le tribunal. Je me savais évidemment soutenue par le proviseur. Je suis fonctionnaire, je dois obéir, mais rien ne m’empêche de toucher aux limites du cadre. »

 

La solidarité des proviseurs


Un cadre que le proviseur aussi se permet d’adapter en fonction des situations. Il y a quelques mois, averti par une conseillère principale d’éducation (CPE) affolée, Jacques a ainsi téléphoné à la préfecture pour s’enquérir du cas d’un élève convoqué au tribunal administratif, et qui risquait l’expulsion. Les enseignants du lycée l’ont ensuite aidé à rassembler toutes ses pièces administratives. Et tout est rentré dans l’ordre… jusqu’à la prochaine fois.


« C’est mon rôle de chef d’établissement, que de m’occuper des élèves, dit-il simplement. Je ne sais pas si cela a une influence au niveau du traitement du dossier. » Dans la mesure où là préfecture appelle parfois les proviseurs pour avoir leur avis sur tel ou tel dossier, on peut imaginer que oui, leur parole compte. Jean*, un autre proviseur en lycée professionnel, a de son côté fourni un certificat d’assiduité pour compléter le dossier d’une jeune élève menacée d’être renvoyée au Maroc.


L’école, dernier sanctuaire ?


« La scolarité se construit dans la durée, rappelle Jean. On passe notre temps à demander aux jeunes ce qu’ils veulent faire. Comment peuvent-ils répondre s’ils ne savent pas s’ils seront encore là le mois prochain ? » Cette incertitude peut bien sûr influer sur leur capacité à s’intégrer et à réussir leur parcours scolaire. « Cela dit, même si cette question des papiers les obsèdent, cela reste pour eux une insécurité toute relative. Ces jeunes ayant bien souvent vécu des choses très dures, très violentes. D’ailleurs, on ne mesure pas toujours l’ampleur de leur traumatisme. Nous ne sommes pas armés pour ça », confie le proviseur.


« J’ai la conviction que l’école est le dernier sanctuaire, un endroit où l’on peut se reconstruire et se voir dispenser de l’affection. L’accueil des élèves en situation irrégulière est une évidence pour moi. Je considère d’ailleurs que, en tant que chef d’établissement, je représente la permanence des valeurs de l’État, garant de l’absolue nécessité de protéger les enfants », explique-t-il.


Un élu UMP empêche toute scolarité


Une position qui tranche avec celle de Jacques Baumann, maire UMP de Rubelles, en Seine-et-Marne. Pendant des mois, il a refusé l’inscription scolaire de 18 enfants étrangers, âgés de 3 à 12 ans. Pour leur barrer la route, son conseil a même voté un arrêté interdisant l’admission scolaire sans le certificat d’inscription délivré par la mairie. Et lors d’une des tentatives d’inscription des enfants à l’école, il est carrément intervenu avec la police pour les en empêcher ! Mais l’élu et ses conseillers municipaux ignoraient sans doute qu’en France l’instruction est obligatoire pour les enfants des deux sexes, français et étrangers, de 6 à 16 ans !


Pour Jean, « il semble normal de faire porter par la solidarité de l’établissement l’hébergement d’un gamin qui, sinon, se retrouverait à la rue ». Pour les périodes d’été, durant lesquelles ils se retrouvent livrés à eux-mêmes, il arrive que le conseil d’administration vote une aide des fonds sociaux (réduits comme peau de chagrin aux cours des cinq dernières années). « Cela peut les aider à ne pas tomber dans la délinquance. »


Déjouer la spirale de la pauvreté


« Quand ils doivent faire un stage en entreprise, on les aide à se procurer des vêtements adaptés, pour qu’ils présentent bien. Ce sont des petites choses importantes pour eux. Qui les aident à ne pas se sentir abandonnés », raconte Jacques. Ces élèves se retrouvent souvent pris dans la spirale infernale de la paupérisation de leur famille, étrangères ou pas, qui ne cesse de croître depuis quelques années. Dans l’enceinte du lycée, certains gamins ne mangent que quatre jours sur cinq. Sachant qu’ils se débrouillent certainement pour manger à deux sur une carte…


« Nous sommes incapables d’organiser la solidarité. Alors cela se fait autrement. Mais ce serait bien de structurer tout ça, et de donner du sens et de la cohérence », espère le proviseur. La régularisation des jeunes lycéens étrangers, qui se retrouvent dans l’illégalité au lendemain de leur majorité, pourrait peut-être aussi leur simplifier la vie. Réunis à Paris le 21 mai dernier, ils ont d’ailleurs répété à François Hollande qu’ils comptaient sur lui.


Nolwenn Weiler

Notes

[1] Les prénoms marqués d’une * ont été modifiés à la demande de nos interlocuteurs.

[2] Le 26 juin 2004, une soixantaine d’associations et de syndicats lançait un appel : « Il est inconcevable d’imaginer nos élèves, nos camarades, les copains de nos enfants, menottés, entravés, bâillonnés et scotchés à leurs sièges d’avion pendant que leurs camarades étudieraient paisiblement (...) et que, sans trembler, on effacerait des listes les noms et prénoms des bannis. » Le Réseau éducation sans frontières (RESF) est né. Au printemps 2006, RESF appelle chaque citoyen à prendre sous sa protection des enfants sans papiers menacés par les préfectures. « Chacun, avec les moyens qui sont les nôtres, nous leur apporterons notre soutien, notre parrainage, notre protection. S’ils nous demandent asile, nous ne leur fermerons pas notre porte, nous les hébergerons et les nourrirons. »

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 11:56

 

Immigration mardi 12 juin 2012

Transfert demandeurs d'asile

Une centaine de Brestois s'est rassemblée en cette fin d'après-midi place Guérin pour protester contre le transfert de 20 demandeurs d’asile, en hébergement d’urgence à Brest, vers un camping de Bénodet.

Originaires de Mongolie, de Tchétchénie et du Congo, les quatre familles, comprenant une dizaine d’enfants, ont été prévenues vendredi dernier de leur départ.

La plupart des enfants est scolarisée dans des écoles de la ville, à Bugeaud et Guerin entre autres.

Parents d’élèves, communauté éducative, représentants syndicaux des établissements scolaires concernés et membres de l’association de solidarité aux sans-papiers, Casss’papiers, dénoncent une mesure « scandaleuse ».

Ils jugent la situation «traumatisante pour les enfants, qui éloigne ces personnes des organisations caritatives qui les aidaient».
 
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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 09:20

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-        Libérez nos camarades emprisonnés : Beslan et Zarema nos amis Tchétchènes qui habitaient depuis quelques jours au n° 41 rue de l’île aux Moutons (la maison que nous avons réquisitionnée) ont été arrêtés aujourd’hui pour être incarcérés en centre de rétention puis reconduits en Tchétchénie. Nous pouvons légitimement craindre pour leur sécurité.

-        La raison invoquée est leur absence de domiciliation. Or le C.C.A.S. de Quimper, seul habilité à en délivrer, refuse depuis lundi 4 juin de délivrer des domiciliations aux demandeurs d’asile. La décision aurait été prise en bureau municipal.

-        Nous exigeons l’application de la loi par la préfecture. Pendant l’instruction de leur dossier, les demandeurs d’asile doivent être logés.

-        Nous demandons également à la mairie de Quimper de rétablir l’électricité au n° 41

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 08:34

 

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Aujourd'hui lundi 11 juin, plusieurs  familles demandeuses d'asile ont été avisées d'une fin de leur hébergement sur Brest.

 

Elles seront déplacées dans un camping de Bénodet. Elles sont attendues demain mardi à 13h15 à la gare pour embarquer dans un train. 


C'est faire preuve de beaucoup de mépris pour ces familles que de les déplacer autoritairement, comme des pions, du jour au lendemain, pour les installer à l'autre bout du département, loin des militants qui les ont accompagnés jusqu'à présent, loin des associations caritatives qui les aident au quotidien, loin de l'école ou sont scolarisés et intégrés les enfants, l'école maternelle Bugeaud et l'école primaire Guérin.


Par ailleurs, 9 adultes demandeurs d'asile et un enfant de 4 ans n'ont toujours pas d'autres refuge que le couloir de l'AFTAM pour y passer la nuit.


Enfin, jeudi 14 juin vient à terme la prise en charge de plus d'une centaine de demandeurs d'asile sur le bassin brestois. L'État prétend qu'il n'y a plus d'argent dans les caisses. L'État a pourtant obligation de loger ces personnes qui ont fui leur pays.

 

Face à ce déni de droit, face à cette atteinte à la dignité humaine, nous vous proposons de nous rassembler demain,  

mardi 12 juin, à 16h45 place Guérin, pour retrouver parents, élèves, et enseignants autour des familles.


Nous irons à l'AFTAM demain matin à 10h pour empêcher cet éloignement.

 

Nous vous proposons de rester attentifs à votre messagerie, nous envisageons selon les résultats de la matinée à l'AFTAM de nous rassembler à 13h à la gare de Brest pour dénoncer ce déplacement


  CASSSpaPIER

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