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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 08:28

 

 

Par Olivier Vilain (2 octobre 2010)


Contrairement à ce que prétend le gouvernement, les patients sont encore les grands perdants du Projet de loi des finances de la Sécurité sociale. Coincés entre une nouvelle baisse de remboursement de médicaments et une hausse des tarifs des complémentaires santé, ils risquent de faire l’impasse sur certains soins. Pendant ce temps, la rente des assurances et des mutuelles augmente.


 

 

 

La rigueur va encore s’accentuer. Le gouvernement a présenté fin septembre son projet de loi de finance pour la Sécurité sociale de 2011.

 

Objectif : économiser 2,5 milliards d’euros. Première mesure : une taxe sur le chiffre d’affaires des complémentaires santé, sans distinction entre celles qui sont à but lucratif, les assurances, et celles qui ne le sont pas, les mutuelles. La taxe devrait rapporter un milliard d’euros. Autre économie : la baisse du taux de remboursement de certains médicaments (vignette bleue) de 35% à 30%. Cette baisse sera mécaniquement compensée par une hausse de la prise en charge par ces mêmes complémentaires santé. Et cela fait dire au gouvernement que ce ne sont pas les ménages qui paieront cet énième rabotage de la Sécurité sociale, mais les complémentaires santé.


Ces mesures avaient été annoncées deux ans plus tôt, fin juillet 2008. « Le patient ne doit être en aucun cas perdant : aucune de nos mesures ne porte sur les assurés », promettait à l’époque Éric Woerth, alors ministre du Budget. « C’est bien sûr un mensonge, les mutuelles ont déjà prévenu qu’elles augmenteraient leurs primes  », relève aujourd’hui Patrick Dubreil, président du Syndicat de la médecine générale (SMG). Dans une étude publiée le 28 septembre, l’UFC-Que Choisir confirme que les assurances complémentaires pourraient augmenter leurs primes de 48 euros par personne. « Soit une augmentation moyenne de 8% par rapport à l’année 2010 », souligne Grégory Carret, qui a dirigé l’étude.


Ouvriers et chômeurs, premiers touchés


Les mesures d’économies prévues par le gouvernement reprennent les recettes déjà employées ces dernières années : le remboursement de médicaments à vignette bleue – comme l’antispasmodique Spasfon ou le pansement gastrique Smecta – va baisser, alors que le ticket modérateur va augmenter pour certaines hospitalisations. « Depuis plus de 20 ans, ce sont les mêmes méthodes qui sont utilisées, mais cela ne marche pas, analyse Patrick Dubreil. Cette fois-ci, le gouvernement s’attaque même aux affections de longue durée. » Les personnes souffrant « d’hypertension artérielle isolée » seront exclues du dispositif de remboursement à 100%.

Une fois de plus, l’égalité de tous dans l’accès aux soins est battue en brèche. Entre 2002 et 2008, les dépenses qui ne sont plus remboursées par l’Assurance maladie ont bondi de 6% à 49%, selon l’étude de l’UFC-Que Choisir. Résultat, en 2008, chaque Français consacrait, en moyenne, 618 euros pour sa santé, contre 407 euros au début des années 2000.

Parmi les 10% des Français de plus de 18 ans déclarant avoir renoncé à des soins, un sur trois est dépourvu de couverture complémentaire, selon l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes) [1]. Soit au moins un demi million de personnes. Avec l’augmentation des tarifs des assurances et mutuelles, ils seront de plus en plus nombreux à se retrouver dans cette situation. En première ligne : les bas revenus et les chômeurs, mais aussi les ouvriers et les employés. « Le fait d’appartenir à un ménage où le chef de ménage exerce une profession d’employé ou d’ouvrier augmente la probabilité de renoncer à des actes dentaires ou à l’achat d’optique », illustre l’Irdes [2] .


Marché opaque


Celles et ceux qui disposent d’une mutuelle ou d’une assurance santé ne sont pas pour autant à l’abri. Le projet de loi sur les finances de la Sécurité sociale fait des assurances complémentaires un « passage obligé pour l’accès aux soins ». « Pas de complémentaire, pas de soins ! », s’alarme Alain Bazot, président de l’UFC Que choisir.


L’association constate que les Français se sont rués ces dernières années sur les complémentaires. Mais, que ce marché est totalement « grippé », notamment en raison d’une « opacité dans les offres », selon Alain Bazot. L’association propose donc la mise en place d’un indice indépendant traduisant le taux de remboursement de chaque complémentaire par rapport aux dépenses engagées par leurs clients. Cet indice doit faciliter la comparaison entre les différentes offres et permettre au consommateur de jouer son rôle de « régulateur ». « Comme il est possible de connaître la consommation de carburant d’un véhicule ou celle en énergie des produits d’électroménager, il doit être possible de connaître la performance d’un contrat d’assurance au regard des sommes redistribuées aux assurés en fonction des sommes prélevées », explique l’association.


Depuis leur arrivée dans la santé, au début des années 2000, les assureurs taillent des croupières aux mutuelles. Leur part de marché s’est envolée de 31%. « Pourtant, ce sont les acteurs qui remboursent le moins bien », s’étonne Daniel Bideau, responsable des questions de santé chez l’UFC-Que Choisir. Dans un marché opaque, les clients se laissent embrouiller par les publicités, dont le budget a bondi de 250% en cinq ans !


Pour financer leurs campagnes publicitaires, les complémentaires peuvent puiser dans un trésor de guerre qui ne cesse de grossir : la part des primes non redistribuées aux clients sous forme de remboursement – la différence entre ce que l’assuré paie et ce que son assurance lui rembourse – est passée, en moyenne, de 37 à 107 euros, entre 2001 et 2008. Une belle rente ! « Le patient ne doit être en aucun cas perdant », qu’il disait...

Olivier Vilain

Notes

[1] Chiffre de 2006

[2] L’état de santé de la population en France, rapport 2008

En savoir plus

« Le coût de la couverture santé pour les ménages », étude de l’UFC-Que choisir.

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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 09:12


29 août 2010 - Le Télégramme

 

  • Ouvrir des salles d'injection pour les toxicomanes? Pour Camel Guelloul, c'est une urgence. Ancien toxicomane, il s'est investi dans la prévention auprès des jeunes. Sur une teuf finistérienne, une expérimentation a très bien fonctionné. Reste à vaincre l'hypocrisie.
 

«Lorsqu'on a eu le droit de distribuer des seringues, on a pu réduire les risques. Cela n'a pas augmenté le nombre de toxicomanes, cela a simplement permis qu'ils meurent moins. On a réussi à réduire les contaminations par le sida», dit Camel Guelloul. À38 ans, il parle en connaissance de cause, il revient de loin. Après 15 ans de défonce, il a réussi à décrocher. «Tous mes potes de l'époque sont morts du sida ou d'overdose. Moi j'ai été contaminé par l'hépatite C. Quand je l'ai su, j'ai décidé de décrocher».

A l'originede LoverPause, à Brest

Père de trois enfants, il travaille à la prévention avec son association Apica (Association de prévention et d'information sur les conduites addictives), qu'il a créée il y a huit ans. Ses interventions en classes de 3e sont couplées, si possible, à des rencontres en soirée avec les parents. Une suite logique de son travail avec l'association Aides qui avait abouti à l'ouverture de Lover Pause à Brest. Cette structure d'accueil pour les usagers de drogues a obtenu, il y a quatre ans, une reconnaissance officielle avec l'obtention du statut de Caarrud (Centres d'accueil et d'accompagnement à la réduction de risques pour usagers de drogues). Un lieu où il est possible de s'informer, de recevoir des kits d'injection stériles, de discuter sans être jugé.

«Éduquer et informersur les drogues»

«J'ai décidé de créer Apica et de me lancer dans la prévention lorsque j'ai vu arriver à Lover Pause des jeunes de 15-16 ans, souvent en fugue. Parallèlement, je m'arrangeais pour aller dans les squatts quand je savais qu'ils allaient consommer, pour qu'ils ne fassent pas n'importe quoi». Avant même l'autorisation, Camel Guelloul distribue des seringues stériles aux toxicos, ce qui lui vaut un jour d'être placé en garde à vue.

 

«Le seul fait d'être porteur d'une seringue valait présomption de consommation. D'autres me disaient "C'est bien ce que tu fais, mais il ne faut pas en parler ». La difficulté est aussi de faire comprendre à ceux qui sont loin du monde de la drogue qu'il est indispensable d'expliquer aux jeunes les dangers de se piquer sous la peau ou dans le muscle au lieu d'une veine. «Il faut éduquer à l'injection et à l'utilisation des produits. Leur seule source d'information, sinon, c'est leur dealer». Camel Guelloul rappelle que les deux dernières overdoses mortelles sur Brest étaient liées à des mélanges de produits antagonistes. Un drame qui aurait été évité dans une salle d'injection.

«Que les jeunes ne meurent plus»

Et l'initiative est aussi attendue par les usagers. Une expérimentation a été menée lors d'une teuf dans le Finistère, avec médecin et infirmières d'une association caritative.

 

«La salle d'injection est une réponse pour que les jeunes ne meurent plus, ne se retrouvent plus en hôpital psychiatrique et soient encore en bonne santé au moment où ils décident et sont capables d'arrêter. Mais une salle doit obligatoirement être encadrée par des professionnels de santé». Et de poser la question: «Est-ce que l'on va au bout de notre politique de réduction des risques où est-ce que l'on s'arrête au milieu parce que des gens estiment que cela n'est pas politiquement correct? J'ai envie de répondre à ceux qui sont contre les salles d'injection: et si c'est votre gamin que l'on retrouve avec une seringue dans le bras, on lui dit quoi?».

 

Pratique Apica, tel 06.78.23.25.77. guelloulcamel@yahoo.fr

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23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 11:33

Salles de consommation de drogues à moindre risque

20 août 2010 — Act Up-Paris
Après une réunion décevante avec son cabinet, Act Up-Paris appelle François Fillon à enfin tenir compte des réalités de terrain et des preuves scientifiques. Faute de quoi, il se rendra responsable de milliers de morts et d’un nouveau scandale sanitaire.

La rencontre entre le cabinet du Premier ministre et les associations sur les salles de consommation a été très insatisfaisante. Le directeur de cabinet, Jean-Paul Fougère, est resté campé sur ses positions, même devant les preuves scientifiques que nous lui apportions.

Reconnaissant timidement les problèmes qui justifient la mise en place de ces salles, Jean-Paul Fougère estime que les centres d’injection supervisés ne seraient pas la solution, et qu’il faut réformer le dispositif de réduction des risques - sans jamais expliquer comment, avec une lecture partiale et partielle du rapport de l’INSERM [1].

Le directeur de cabinet a indiqué aux associations faire le point avec François

 

Fillon sur le sujet. Nous appelons le premier ministre à se poser les bonnes questions :


- Est-il logique de gouverner sur des principes obscurantistes ? Est-il souhaitable, comme François Fillon le fait depuis une semaine, de mépriser à ce point les scientifiques et leurs travaux ? François Fillon pense-t-il que cette démarche honore la politique française ?


- Fillon a-t-il envie d’être responsable et coupable d’un nouveau scandale sanitaire ? Il ne pourra pas dire en tout cas « je ne savais pas ». Il a toutes les preuves scientifiques , et il sait les conséquences sanitaires désastreuses que son refus engendrerait. À partir d’aujourd’hui, le Premier ministre devra rendre des comptes sur chaque overdose mortelle, sur chaque contamination au VIH ou aux hépatites virales qui se seront produites en l’absence de salles de consommation. Act Up-Paris l’interpellera sans relâche sur son obscurantisme et sa responsabilité dans les morts à venir.


Act Up-Paris appelle la communauté scientifique à se mobiliser contre l’obscurantisme du gouvernement. Au-delà des salles de consommation, le mépris affiché par François Fillon pour les résultats de la recherche doit être l’objet de toutes les inquiétudes.


Act Up-Paris appelle les villes qui se sont proposées à lancer sans plus attendre l’expérimentation. L’histoire de la réduction des risques a été celle d’expériences menées dans l’illégalité, comme les premières actions d’échange de seringues. Parce que, comme aujourd’hui, des politiques refusent de questionner leur idéologie, malgré les évidences de terrain et de la science, il a toujours fallu procéder ainsi. On aurait pu espérer que Françosi Fillon tirerait les leçons du passé. Mais s’il a envie d’être un nouveau Laurent Fabius, les villes qui se sont portées volontaires n’ont pas à en payer le prix.

Notes

[1] L’INSERM apporte par exemple la preuve que les salles de consommation permettent d’améliorer l’accès aux soins, y compris à ceux de substitution et de sevrage. Jean-Paul Fougère prétend ne pas avoir lu cette information.

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19 juillet 2010 1 19 /07 /juillet /2010 17:56

hopitaux-quatre912.jpg

La loi Bachelot entérine la casse du service public de santé. Depuis un an, les fermetures de services hospitaliers se multiplient, au profit des cliniques privées.

Le plan hôpital 2007, avec la mesure phare de la tarification à l’activité (T2A), avait ouvert la voie vers un système de santé hospitalier financé à l’acte et transformant l’hôpital en entreprise de soins cherchant en toute logique commerciale à rentabiliser l’activité.La pression budgétaire mise sur les établissements a déjà amené de nombreuses suppressions de postes et des fermetures de lits jugés non rentables et à des externalisations de nombreuses activités : ménage, restauration, ou plus original comme par exemple l’édition des fiches de paye à l’Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP).
 


C’est la logique des cliniques privées lucratives qui a ainsi tendance à remplacer la logique du service public de santé, le projet de convergence tarifaire entre l’hôpital public et les cliniques privées est là pour en témoigner (même si le gouvernement vient d’annoncer le report de la convergence totale) et l’ensemble prépare la privatisation des activités les plus rentables.
La loi Bachelot « hôpital patients santé territoires » votée il y a un an a fait de grands pas dans cette direction et est venue confirmer et amplifier une politique à l’œuvre depuis de nombreuses années : la mise en place des Agences régionales de santé (ARS) chargées de gérer les réorganisations du secteur hospitalier et du secteur médico-social avec à leur tête un directeur tout puissant, véritable préfet sanitaire nommé par le ministre ; la modification de la « gouvernance » de l’hôpital, avec la mise en place d’un directeur d’hôpital-chef d’entreprise, et mise à l’écart des élus locaux, des médecins et des représentants du personnel. Enfin, et c’est ce qui se déroule actuellement, la loi prévoit la possibilité de regrouper des établissements dans un établissement unique.


Cela permet de « constater » l’existence de doublons et, sous prétexte d’organisation, de fusionner deux services avec au passage suppressions de lits, de personnels et dégradation des conditions d’accès aux soins pour les malades.


L’AP-HP a ainsi adopté un plan de restructuration qui prévoit la création de treize regroupements avec à terme fermetures de certains sites, comme l’hôpital pédiatrique Trousseau, fermetures de plusieurs centres d’interruption de grossesse et projet de fermeture de maternités, comme celle de l’hôpital Saint-Antoine, en annonçant que les accouchements qui s’y déroulaient auront lieu sur d’autres sites.


Mais il est impossible de faire le point sur les mauvais coups de la loi Bachelot sans parler de l’annonce de la fermeture des services de chirurgie et de maternité dans 54 hôpitaux de proximité.


À l’heure où le nombre des naissances est en augmentation, les conditions de suivi et d’accouchement vont se dégrader et de nombreuses femmes devront effectuer des kilomètres en plus.


Pour les services de chirurgie, ce sont les cliniques privées qui vont se retrouver en situation de monopoles pour les malades qu’elles accepteront de prendre car les cliniques trient leurs « clients » et réorientent vers les hôpitaux publics les interventions trop lourdes ou les malades ayant des pathologies chroniques.


C’est un véritable carnage que le ministère veut faire. La mobilisation n’en est que plus urgente pour résister et faire reculer ce pouvoir comme l’ont obtenu les salariés et le comité de défense de l’hôpital de Valreas (Vaucluse) qui viennent de gagner devant le tribunal administratif l’annulation de la fermeture de la maternité. Pour plus d’informations : www.coordination-nationale.org
Bertrand Loup

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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 08:59

 

22 juin 2010 - Le Télégramme


L'intersyndicale CFDT-CGT-Sud-FO des Genêts d'Or a profité de l'assemblée générale de l'association, à Saint-Martin-des-Champs, hier après-midi, pour organiser un rassemblement, doublé d'un débrayage collectif dans bon nombre des 27 établissements finistériens, comme à Briec, Saint-Pol-de-Léon, Morlaix ou encore Châteaulin.

«On navigue à vue»


Autour d'un mot d'ordre clair, «Non à la dégradation des conditions de travail!», les salariés s'occupant de l'accueil et l'accompagnement de personnes souffrant de déficiences intellectuelles se sont ouvertement inquiétés des «restrictions budgétaires croissantes constatées depuis janvier». «Elles impactent nos organisations de travail et, par conséquent, les conditions d'accueil des usagers», note à ce propos le délégué syndical central CFDT Pascal Fily. Moins de personnel et recours, disent les manifestants, à des personnels «moins qualifiés»: «On navigue à vue depuis neuf mois. Les arrêts maladie, déjà plus nombreux qu'ailleurs vu la pénibilité du travail, ne sont plus systématiquement remplacés. Les gens ne sont pas bien au boulot, et cela commence à se voir», insiste Ludovic Heliès, délégué Sud.

«Nous rentrons dans une ère nouvelle»


Le directeur général Jean-Pierre Phelippeau et le président Prigent Colin ont, pour leur part, déploré que ce débrayage les oblige à revoir l'ordre du jour de l'assemblée générale. Si le ratio de personnel, et notamment l'appel aux CDD, s'est effectivement réduit, c'est, disent-ils, «à cause de la diminution des budgets». «J'espère que chacun comprendra que nous rentrons dans une ère nouvelle, s'est encore exprimé le président, en début d'après-midi. En interne aussi, nous aurons des changements incontournables à apporter».

 

Genêts d'or : le coup de semonce des salariés
mardi 22 juin 2010

Sur fond de grogne des salariés, l'association a tenu son assemblée générale lundi. La direction, même si elle n'a pas apprécié le mouvement, ne masque pas certaines difficultés.

Débrayage partiel ou total dans les établissements, environ 150 salariés se sont invités au Roudour à Saint-Martin-des-Champs pour manifester leur mécontentement. La triple certification « qualité » que vient d'obtenir l'association plonge l'intersyndicale (CFDT-CGT-SUD-FO) « dans la perplexité ».

 

Il y a, pour les salariés, un « hiatus » : « Comment se prévaloir d'une forme d'excellence et d'un autre côté, produire des situations d'accompagnement social et sanitaire tous les jours un peu plus difficiles ». 40 % de budget de remplacement en moins, absences non compensées, emploi de personnel moins qualifié (des aides médico-psychologiques préférés aux moniteurs éducateurs)...

 

« Cette situation engendre un accroissement des troubles psychiques des personnes accompagnées et contribue à augmenter les risques psychosociaux chez les salariés qui sont mal au travail et qui arrivent rarement en bon état en bout de carrière ».


Si la direction n'a pas apprécié le mouvement, renvoyant les salariés à leurs responsabilités et aux 18 % de taux moyen d'absentéisme, elle pointe aussi du doigt les freins qui marquent l'époque. « Le département nous a fait savoir que tout était bloqué pour cinq ans au niveau des projets », souligne le président Prigent Colin. « Ce tour de vis nous cause de grandes inquiétudes ».


25 ans et toujours en IME


Au niveau des instituts médicaux éducatifs, « on risque de se voir confrontés à la même situation qu'en 2003 quand on s'est retrouvés avec 120 jeunes de plus de 20 ans en IME ». Certains usagers y restent jusqu'à l'âge de 25 ans. Une situation que Jean-Pierre Phelippeau schématise ainsi : « C'est un peu comme si on demandait à des lycéens qui ont le Bac de rester 5 ans de plus en terminale ». Si le blocage actuel se poursuit, « il va manquer 225 places en foyer de vie. Toutes les places des bâtis en cours sont déjà prises » souligne Prigent Colin.


Pas de solution pour les retraités


L'autre bout de la chaîne, c'est le sort des travailleurs handicapés qui arrivent à l'âge de la retraite. En 2015, 120 ouvriers d'Esat (aide par le travail) auront cessé leur activité. Leur « prise en charge spécialisée n'obtient pas d'écho favorable ».

 

Et c'est là tout le paradoxe, ces personnes occupent des places en foyer de vie, là où des jeunes ne peuvent pas entrer.

Face à cette problématique, les Genêts cherchent des complémentarités avec différents partenaires.

 

« Nous avons abouti à la signature d'un premier Groupement de coopération sociale et médico-sociale avec AS Domicile, An Treiz et Sével services » annonce Prigent Colin. Des pistes sont explorées : accueil dans des bâtiments de type pavillonnaire, mise en commun des possibilités de transports, des services repas etc. Il s'agit de « mutualiser les compétences » pour l'accompagnement des personnes handicapées en réduisant les coûts. De leur côté, les salariés avertissent : « Il est un niveau de moyens au-dessous duquel nous ne pouvons pas travailler ! ».

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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 09:17

 

 

Médecine du travail


Par Agnès Rousseaux (25 mai 2010)


En France, plusieurs milliers de salariés, dans l’industrie ou la recherche, sont exposés aux nanoparticules. Sont-ils suffisamment protégés et informés ? La médecine du travail peut-elle dépister d’éventuelles pathologies pulmonaires ou cancers liés aux nanomatériaux ? Il faut se rendre en Suisse pour le savoir : la Suva, première caisse d’assurance pour les travailleurs suisses, a publié des recommandations sur la manipulation des nanoparticules. Entretien avec le docteur Marcel Jost, chef de la division Médecine du travail.

 


 

 

Plusieurs milliers de salariés français pourraient être directement concernés, en particulier dans la chimie, l’industrie automobile, la sidérurgie ou le ciment : « Selon l’état actuel des connaissances, on ne peut pas exclure que certains nanomatériaux présentent un risque pour la santé », prévient la médecine du travail suisse. Des spécialistes y étudient depuis cinq ans l’évolution des nanotechnologies et leurs possibles effets sur la santé des salariés qui les manipulent.

 

Basta ! a interviewé en exclusivité les médecins du plus important organisme d’assurance-accidents obligatoire du pays : la Suva [1] assure près de 110.000 entreprises, soit 2 millions d’actifs en Suisse. Cette entreprise indépendante assume entre autres les tâches de médecine du travail, de prévention et de médecine des assurances. Son conseil d’administration est composé de représentants des employeurs et des salariés, ainsi que du gouvernement helvétique.


C’est le docteur Marcel Jost, Médecin-chef de la division Médecine du travail de la Suva, qui a répondu à notre interview, avec le concours du Dr Claudia Pletscher, cheffe du secteur Prévention en médecine du travail, et du Dr Marc Truffer, directeur de la division Sécurité au travail pour la Suisse romande.


Basta ! : Depuis combien de temps la médecine du travail suisse s’intéresse-t-elle aux nanotechnologies et quels sont les risques potentiels ?


Dr Marcel Jost [2] : Les nanoparticules et les particules ultrafines sont absorbées avant tout par les voies respiratoires. Elles peuvent être à l’origine de réactions inflammatoires. Les nanotubes de carbone ont une structure similaire à celle des poussières fibreuses telles que l’amiante.

 

Plusieurs études expérimentales conduites chez l’animal ont été publiées : elles montrent que ces nanotubes de carbone ont un effet cancérigène, pour autant que la géométrie et la taille de leurs fibres leur permettent de pénétrer dans les poumons [3] et que ces fibres soient biopersistantes. Depuis 5 ans, la division médecine du travail de la Suva suit étroitement l’évolution des nanotechnologies et la littérature dans ce domaine. Dans les pays environnants, les responsables de la médecine du travail suivent également de près cette évolution.


Une entreprise qui utilise des nanoparticules est-elle obligée de le déclarer ? Peut-on savoir combien de salariés sont concernés par cette exposition ?


  Il n’y a pas d’obligation pour les entreprises de déclarer l’utilisation de nanoparticules, en Suisse. Afin de déterminer le nombre de travailleurs susceptibles d’être exposés aux nanoparticules, la Suva a cofinancé une étude scientifique de l’Institut universitaire romand de Santé au Travail (IST). C’est une première mondiale. Ce nano-inventaire se fonde sur une enquête représentative réalisée auprès d’un échantillon de 1626 entreprises [4]. Les résultats montrent qu’en Suisse, 1.300 travailleurs réalisent des opérations mettant eu œuvre des nanoparticules [5]. Cela concerne 600 entreprises (soit environ 0,6%) du secteur industriel.


Dans quels secteurs les nanotechnologies sont-elles présentes ?


La plupart de ces entreprises se trouvent dans l’industrie chimique, mais aussi dans les secteurs du commerce en général, de l’électrotechnique, des équipementiers de l’industrie automobile, du traitement de surfaces ou du traitement de pierres, céramique et verre. Les volumes travaillés de nanoparticules sont généralement faibles. En Suisse, il n’y a que peu d’entreprises qui utilisent les nanoparticules en grande quantité, à l’échelle de la tonne.


Quels sont aujourd’hui les principaux procédés de production de nanoparticules, et comment les travailleurs peuvent-ils être exposés à ces nanoparticules ?


Les nanoparticules sont généralement produites par des processus de combustion puis de condensation de matière. Sous forme de poudre, ces particules sont utilisées depuis des années comme additif dans des formulations et pour des revêtements de surface. Les situations dangereuses se rencontrent majoritairement lors de la manipulation de ces poudres. Il s’agit principalement de l’exposition des voies respiratoires à des nanoparticules dispersées dans l’air ambiant autour du poste de travail.


Comment mesure-t-on la présence de nanoparticules ? Peut-on évaluer l’exposition des travailleurs aux nanoparticules et avoir une vision fiable des risques encourus ?


Des appareils de mesures complexes sont nécessaires pour évaluer le niveau d’exposition des travailleurs et contrôler l’efficacité des mesures de protection. Les appareils utilisés jusqu’ici - type « Scanning Mobility Particle Sizer » (SMPS) - étaient volumineux, énergivores et peu conviviaux pour une utilisation mobile aux postes de travail. Un nouvel appareil de mesure a été mis au point avec l’aide de la Suva [6]. Il peut être transporté dans un sac à dos et permet de fournir, pour la première fois, des valeurs d’exposition individuelle à chaque poste de travail. Sa fiabilité est largement suffisante pour évaluer les risques d’exposition pour le travailleur, qui varient parfois d’un facteur 1000 entre deux postes de travail.


Établir des valeurs limites d’exposition pour les nanoparticules synthétiques est difficile. Il existe de très nombreux types de nanoparticules présentant des toxicités diverses et encore peu connues. L’effet des nanoparticules peut varier considérablement, en fonction de leurs tailles en plus de leurs propriétés physico-chimiques. Les études réalisées à ce jour ne permettent pas de définir de relations dose-effet claires pour les nanoparticules. L’objectif de la Suva est de publier des chiffres de référence pour certaines nanoparticules en 2011. Aucune valeur limite n’a encore été publiée à l’échelle internationale [7].


Quelles sont les mesures de protection existantes pour les travailleurs ?


Sur le plan de la protection des travailleurs, notre nano-inventaire montre que les entreprises ont tendance à se concentrer sur les équipements de protection individuelle des travailleurs. L’expérience montre que des mesures techniques, telles que le confinement et l’aspiration à la source, permettent d’obtenir une protection plus efficace et durable. Notre objectif est donc de « mettre des masques aux machines » et non aux travailleurs ! En 2006, la Suva était l’un des premiers assureurs contre les accidents et maladies professionnels en Europe à publier des recommandations concrètes sur l’exposition aux nanoparticules aux postes de travail. Aujourd’hui, l’Institution italienne pour l’assurance contre les accidents du travail (INAIL) a repris les différents documents de notre site internet.


Les lacunes d’information sur les produits utilisés constituent un autre problème. Certaines entreprises utilisent des nanoparticules sans même en avoir conscience. Même si la situation est plutôt rare, il faudrait légiférer sur ce sujet. Un « devoir de déclaration » est évoqué dans le plan d’action national développé par la Confédération suisse. Une déclaration du producteur est déjà possible sur la fiche de données de sécurité du produit.


Comment s’opère le suivi sanitaire des travailleurs exposés aux nanotechnologies dans le cadre de leur travail ? Ces salariés bénéficient-ils d’un suivi spécifique par les médecins du travail ?


Les médecins du travail de la Suva s’emploient à contrôler les entreprises pour déterminer s’il existe une exposition aux nanoparticules. La Suva a développé en 2009 un programme pour les travailleurs exposés, qui comprend une anamnèse ciblée, un examen clinique, des analyses biologiques, un contrôle de la fonction pulmonaire, un électrocardiogramme ainsi qu’une radiographie cardio-thoracique en alternance. Ces examens s’adressent aux travailleurs exposés aux nanoparticules et aux nanotubes dans le cadre de la recherche, des laboratoires, d’études pilotes et de la production. Mais il n’existe pas à ce jour de test de dépistage spécifique des maladies qui seraient provoquées par des nanoparticules.


Selon votre organisme, « aucune étude pratiquée sur des travailleurs exposés aux nanoparticules et atteints de maladies professionnelles spécifiques n’a encore été publiée à ce jour dans les pays occidentaux ». Pensez-vous que les entreprises et les pouvoirs publics consacrent suffisamment de moyens aux études toxicologiques nécessaires pour améliorer la protection des travailleurs ?


De très nombreux projets de recherche sur les risques des nanoparticules et des nanotubes de carbone sont réalisés et soutenus, tant au niveau national qu’international. La Suva subventionne de tels projets. Elle apporte en outre son soutien au développement de nouveaux instruments de mesure. Ceci étant dit, il faut rappeler que c’est la pratique régulière d‘examens de prévention en médecine du travail et leur exploitation qui représente un instrument essentiel pour la détection précoce des éventuels effets délétères des nanoparticules chez les travailleurs exposés.


Vous évoquez la possibilité de « lésions tardives dues à une exposition aux nanoparticules en l’absence de mesures de protection appropriées ». Risquons-nous un nouveau scandale sanitaire comme celui de l’amiante ?


Compte tenu de la géométrie de leurs fibres et de leur biopersistance, il est possible que les nanotubes de carbone aient des effets similaires à ceux des fibres d’amiante. Mais les enseignements tirés de l‘expérience avec l’amiante ont conduit la Suva à suivre précocement les développements dans le domaine des nanotechnologies. Nous avons défini des mesures de protection pour faire en sorte que l‘exposition aux nanoparticules et aux nanotubes de carbone demeure aussi faible que possible.

 

Les principes ALARA (as low as reasonnably achievable, aussi faible que cela est raisonnablement faisable), bien connus en matière de prévention, de même que la prudence en matière de manipulation des nanoparticules, ont ainsi fait la preuve de leur efficacité. Grâce à cette approche et moyennant une information transparente sur les risques et les mesures de protection à prendre, nous voulons éviter que l’histoire ne se répète.


Les instituts technologiques suisses sont très actifs sur le plan international et mènent de nombreux projets dans les nanotechnologies. Les organismes internationaux donnent également lieu à des échanges concernant la protection des travailleurs. On peut citer les programmes et réseaux internationaux NanoSafe et NanoImpactNet qui se préoccupent activement des aspects de sécurité et de santé. L’ensemble de la communauté internationale a pris conscience de la nécessité d’éviter un effet de non-acceptation dû à des lacunes de communication et d’évaluation des risques, similaire à celui observé avec les OGM. 


N’y a-t-il pas un paradoxe entre les mesures de protection préconisées pour les salariés exposés, et l’absence de protection des consommateurs, qui se retrouvent en contact avec les nanoparticules, voire même en ingèrent dans leur alimentation ?


En matière de protection des salariés, on s’intéresse surtout à l’inhalation des nanoparticules et à leur possible effet délétère sur les voies respiratoires et les poumons. Des effets toxiques systémiques sont aussi possibles après l‘absorption de nanoparticules au niveau des alvéoles et leur passage dans les vaisseaux pulmonaires. Les nanoparticules qui atteignent la peau, via des cosmétiques par exemple, n’agissent pas sur les voies respiratoires. Mais on ignore encore si de telles nanoparticules peuvent être absorbées par une peau intacte en quantités significatives. La réglementation des nanoparticules dans les articles de consommation courante en Suisse ne relève pas de la compétence de la Suva.


Propos recueillis par Agnès Rousseaux

Notes

[1] Schweizerische Unfallversicherungsanstalt

[2] Médecin-chef de la division Médecine du travail à la Suva, avec le concours du Dr Claudia Pletscher, cheffe du secteur Prévention en médecine du travail, et du Dr Marc Truffer, directeur de la division Sécurité au travail pour la Suisse romande

[3] Ce qui correspond selon la définition de l‘Organisation mondiale de la Santé à une longueur supérieure à 5 μm, un diamètre inférieur à 3 μm, un rapport longueur/diamètre supérieur à 3:1.

[4] 947 ont retourné le questionnaire dûment rempli, ce qui correspond à un taux de réponse de 58,3%.

[5] Près d’un salarié du secteur industriel suisse sur 1.000. En France, selon l’INRS, entre 2.000 et 4.000 travailleurs étaient exposés aux nanoparticules en 2007, ainsi que 7.000 chercheurs en laboratoire.

[6] Un détecteur de particule (Elektrodiffusionsbatterie EDB), mis au point en collaboration avec l’Institut für Aerosol- und Sensortechnik der Fachhochschule Nordwestschweiz (IAST)

[7] Aux États-Unis, le National Institute of Occupational Safety and Health a proposé une valeur indicative de 0,1 mg/m3 pour les particules de dioxyde de titane. En Grande-Bretagne, une référence de 0.01 fibres/ml est recommandée pour les nanotubes et nanofibres de carbone. Cette valeur correspond à la valeur limite en Suisse des fibres d’amiante pouvant pénétrer dans les poumons.

Lire aussi :

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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 09:03

manifestants-hopital-SUD 
(L'illustration est sympa mais n'oublions pas Cfdt, FO, Unsa et CGT!)
mardi 18 mai 2010

Le personnel des établissements de santé de la Mutualité s'est lancé dans un mouvement de grève illimitée, malgré une rencontre dans l'après-midi avec la direction.

Le ras-le-bol des personnels de santé de la Mutualité (2 500 salariés en Morbihan et Finistère) s'exprime depuis quelques semaines. Débrayages, rassemblements, rencontres avec la direction. Mais hier, ils ont haussé le ton.
À l'appel des syndicats CGT, Unsa et FO, ils se sont mis en grève illimitée. La CFDT, quant à elle, invitait ses adhérents à un débrayage de deux heures.

On annonce un taux de 60 % de grévistes à la clinique mutualiste de Lorient, de 30 % au centre de rééducation fonctionnelle de Kerpape. Les salariés des maisons de retraite Lorientine à Lorient, Kerloudan à Ploemeur étaient également dans le mouvement.


Le centre de Kerpape bloqué


Première action de la matinée : le blocage de l'entrée de Kerpape. « Nous ne laissons passer que les ambulances et les produits médicaux, ont expliqué les manifestants. Même la nourriture, nous la bloquons. Il y a du stock pour deux jours. » Lundi, le centre a fonctionné au ralenti, avec une équipe d'astreinte pour garantir la sécurité des patients.


Dans l'après-midi, tous les grévistes, environ 150 personnes, ont convergé vers le siège de la Mutualité, située place Colbert. Et ils ont envahi les lieux. Sur les blouses des infirmières, des aides soignantes, étaient inscrites des phrases telles que « j'aime mon métier, pas mon salaire », ou encore « gagner plus, c'est quand ? »


Le gros des revendications porte sur les rémunérations. « Entre un aide-soignant et un chirurgien, c'est un écart d'un à onze », s'indigne Marc Bacci, délégué CGT à Kerpape. Il stigmatise également l'accroissement des charges de travail, notamment dans les petites maisons de retraites, sans voir les effectifs augmenter.


Dans la salle de réunion du siège, investie par les salariés, ils ont pu dialoguer pendant plus d'une heure avec le directeur général André Beaudic. Ce dernier a rappelé que les salaires se négociaient au niveau national, dans le cadre de la convention collective définie par la fédération des établissements hospitaliers et d'aide à la personne (Fehap).


Il a toutefois précisé le calendrier des discussions pour réviser la dite convention. « Ce qui devrait durer jusqu'au 31 janvier 2011. » Il a également annoncé une revalorisation des salaires les plus bas (ceux des agents) de 2 %. Pas de quoi calmer la grogne des personnels. Ils ont décidé de poursuivre leur mouvement, ce mardi. Avec des actions dans la rue. À partir de 8 h, ils bloqueront le rond-point de la CTRL, vers la clinique mutualiste. Ils souhaitent également interpeller le sous-préfet, le président du conseil régional.

 

Françoise ROSSI.

 
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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 08:43

manifestants-hopital-SUDet CGT !

 

18 mai 2010 - Le Télégramme


Dénonçant une réorganisation et des pressions «difficiles à vivre», les aides soignant(e) s des services cardiologie et soins intensifs de l'hôpital ont débrayé durant une heure, hier après-midi.


«On a déshabillé Paul pour habiller Jacques. Et ça, on le dénonce». Voilà comment Francis Landouar résume les raisons qui ont poussé les aides-soignant(e) s des services de cardiologie et de l'unité de soins intensifs cardiologiques (Usic) à débrayer de 14h45 à 15h45, hier après-midi. Et le délégué de Sud-Santé de préciser le contenu de la réorganisation que la direction va appliquer d'ici le 31mai : «On va perdre un poste d'aide-soignant (AS) en Usic au profit de la cardio, qui va donc bénéficier de moyens supplémentaires, ce qu'on approuve.

 

Mais on ne veut pas que ça se fasse au détriment des soins intensifs qui vont passer de quatre AS (deux le matin et deux le soir) à trois (un le matin, un en journée qui travaillera durant dix heures et un le soir)», explique Francis Landouar, dont le syndicat est à l'origine du mouvement avec la CGT qui rejette également cette réorganisation. «On ne répond plus à notre mission de service public», ajoute-t-il.

«Vous n'irez pas en vacances...»

«Trop, c'est trop», clame de son côté la vingtaine de personnes à avoir cessé le travail hier. «Jusque-là, tout allait très bien. Mais depuis qu'on manifeste notre mécontentement vis-à-vis de cette réorganisation, on subit des pressions. Psychologiquement, c'est très dur», raconte l'une d'entre elles, qui estime que «ça ne peut pas continuer ainsi». Pendant qu'une autre assure avoir été menacée: «Continuez comme ça et vous n'irez pas en vacances», m'a-t-on dit l'autre jour. «L'activité de l'Usic est imprévisible et spontanée. L'AS a un rôle important dans la gestion de l'urgence. L'Usic serait-elle condamnée à disparaître faute d'activité rentable?», s'interrogent les agents du service dans un courrier qu'ils ont adressé à la direction.

«Aucune baisse des effectifs»


La direction, justement, insiste sur le fait qu'au total, il n'y a eu «aucune baisse d'effectif dans ces deux services». Et Richard Bréban de poursuivre: «Toute réorganisation suscite certaines craintes. On évoluera la situation début septembre». Et s'il admet que «derrière tout ça, il y a des contraintes budgétaires», le directeur de l'hôpital morlaisien ne ferme pas la porte aux négociations: «Je suis ouvert à toute nouvelle proposition».

  • Ronan Tanguy
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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 08:44

  comment cacher les vrais problèmes

Le ministère du Travail a lancé le 19 avril une campagne sur le thème des troubles musculo-squelettiques (TMS), ces maladies des articulations provoquées par la répétition des mêmes gestes des heures durant.

La campagne intitulée « mettre fin aux TMS dans votre entreprise, c'est possible » est censée « sensibiliser » les patrons mais elle commence par pointer du doigt les soi-disant responsabilités des salariés. Ainsi dans des spots diffusés à la télévision ou sur les radios on peut voir deux travailleurs, Carole et Hervé, qui ont mal au dos ou au poignet parce qu'ils portent des sacs et des cartons sans utiliser un chariot ou un monte-charge. C'est à croire qu'ils sont seuls responsables de leurs douleurs en faisant des gestes inadaptés et que leur patron n'y est pour rien.

Cela fait des années que le gouvernement prétend faire de la prévention dans le domaine des TMS, mais c'est un échec complet, la Caisse d'assurance-maladie indiquant que, depuis 1995, le nombre de nouveaux cas de TMS s'est accru de près de 13 % par an. Et encore ne prend-t-elle en compte que les TMS indemnisés et reconnus comme maladie professionnelle, au nombre d'environ 40 000 en 2008. Mais il y en a beaucoup plus car bien des patrons refusent d'admettre le lien entre les douleurs et le travail effectué : l'Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail estime ainsi que 25 % des travailleurs souffriraient de TMS en Europe.

Si les TMS augmentent, c'est tout simplement parce que les conditions de travail se dégradent et que les patrons ne font rien ou presque en matière de prévention. Entre aménager des postes de travail, ou permettre à des salariés de ne pas faire de gestes répétitifs toute la journée, ils ont vite fait de ne rien... faire et de laisser le soin à l'Assurance-maladie de prendre en charge les TMS pour la bagatelle de 847 millions d'euros en 2008.

Pour ne prendre que l'exemple d'une caissière d'un hypermarché, qui fait d'ailleurs l'objet d'un autre spot de la campagne, les patrons des Carrefour et autres Auchan savent pertinemment que la répétition des gestes quotidiens est seule responsable des TMS. Ils n'ont même pas besoin de lire l'étude de la faculté de Rennes qui a montré que, dans une seule journée de huit heures, une caissière soulève près de 17 articles par minute pour la lecture des code-barres et manipule plus de trois tonnes de marchandises, à raison d'un client toutes les deux ou trois minutes.

Ils le savent parfaitement, mais entre la santé des travailleurs et la recherche de la productivité maximale et de profits en hausse, les patrons ont choisi sans hésitation.

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 10:37

 

 

 

Origine: le NPA de Pologne

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