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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 14:26
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Par Ivan du Roy (26 avril 2012)


Sarkozy a fustigé les corps intermédiaires, dont les syndicats font partie.

 

Le FN a dénoncé le « chaos » des grèves et « le sabotage de l’économie française » pendant le mouvement sur les retraites. Ces prises de position ont-elles eu un impact sur le vote des syndicalistes et de ceux qui s’en sentent proches ? Une enquête d’opinion livre quelques éléments.

 

Parmi les syndicats, c’est dans les rangs de Force ouvrière (FO) que l’on trouverait le plus d’électeurs de Marine Le Pen (25 %), selon une enquête réalisée en ligne par l’Institut Harris Interactive, pour Liaisons sociales, auprès des votants du 1er tour [1].

 

Viennent ensuite ceux qui ne se sentent proches d’aucun syndicat (qui ont voté à 22 % pour le Front national), puis l’Unsa, très présente dans la police, avec 16 % des votes en faveur de la candidate frontiste, et la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) avec 15 %.


Le syndicalisme, plutôt un antidote au vote FN


Les sympathisants de la CGT ne sont que 9 % à accorder leur voix au FN (12 % à la CFDT). L’affaire, très médiatisée, de Fabien Engelmann, ce syndicaliste CGT de Moselle, ancien militant d’extrême gauche, passé au FN, demeure donc un épiphénomène.

 

Les tendances révélées par cette étude montrent que la proximité syndicale constitue plutôt un antidote au vote Front national. FO mise à part, Marine Le Pen réalise des scores en dessous de sa moyenne nationale, et plutôt faibles parmi les deux grandes confédérations.


Les partisans de Nicolas Sarkoy sont proportionnellement les plus nombreux parmi les syndicats… patronaux (Medef et CGPME), qui le préfèrent à 74 %.

 

Précisons que le Conseil des entreprises, employeurs et groupements de l’économie sociale (Ceges), qui pèse 20 % chez les patrons aux élections prud’homales, n’est pas cité par l’étude. À l’inverse, le président sortant « n’obtient que 14 % des voix des personnes se déclarant proches d’un syndicat de salariés », commente l’Institut Harris Interactive.

 

Chez les salariés, ce sont les cadres se déclarant proches de la CFE-CGC qui lui accordent majoritairement leur confiance (à 53 %), suivis par les syndicalistes de la CFTC, chez qui Sarkozy (42 %) devance largement François Bayrou (15 %). Apprécieront-ils la conception sarkozyste du « vrai travail » qui sera célébrée par l’UMP le 1er mai ?


À gauche, c’est sans surprise parmi les sympathisants de la CGT et de l’Union syndicale Solidaires que l’on trouve le plus d’électeurs de Jean-Luc Mélenchon (39 %), le candidat du Front de gauche y rivalisant avec François Hollande.

 

Le candidat socialiste est lui largement en tête à la CFDT (56 %), ainsi qu’à l’Unsa et à la FSU, et devance de justesse Marine Le Pen à FO. Le syndicat le plus imprégné des idées écologistes demeure l’Union syndicale Solidaires, où Eva Joly réalise son meilleur score (8 %).


Ivan du Roy

Notes

[1] Sondage réalisé en ligne auprès de 2 935 personnes inscrites sur les listes électorales. L’institut ne communique pas le nombre de personnes qui, parmi les interrogés, se sont déclarées proches d’un syndicat, ni, pour chaque syndicat, le nombre de répondants concernés. On ne sait pas par exemple combien de « proches de la CGT » ont répondu, si ce sont quelques dizaines de personnes ou plusieurs centaines (à consulter ici).

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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 14:19
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26 avril 2012
  

Le débat sur la succession de Bernard Thibault à la direction de la CGT ne passe pas inaperçu. Il illustre l’évolution et les contradictions qui traversent le syndicat depuis des années.


Depuis longtemps, des tensions, des débats voire des fractures existent dans la CGT malgré une façade mettant en avant cohérence et homogénéité. Mais c’est la première fois que ces tensions portent de façon aussi visible sur le remplacement du secrétaire général.

 

Autre nouveauté, la réaction de Thibault vise moins les médias qui «  inventeraient  » des divisions dans la CGT que «   des camarades [qui] ont fait le choix une nouvelle fois d’utiliser la presse après notre dernière Commission exécutive pour influencer les débats internes aux instances de la CGT  ». Et enfonçant le clou  : «  J’ai été habitué aux coups bas lorsqu’ils viennent d’en face, pas aux coups tordus qui viennent de notre propre camp  ».


La stratégie du groupe dirigeant autour de Bernard Thibault provoque deux désaccords profonds. D’abord la stratégie de «  recentrage  », sur le mode du tournant effectué par la CFDT il y a 25 ans. Il s’agit, de fait, d’accepter le cadre de la société capitaliste sous prétexte de l’absence de projet alternatif et de l’échec du socialisme «  réellement existant  ». Ce positionnement implique une prise de distance avec la politique, et plus précisément avec le Parti communiste qui a longtemps fourni le cadre politique de la stratégie de la CGT. Le deuxième sujet de confrontation concerne la structuration de la Confédération.

 

En lien avec le point précédent, il s’agit d’adapter l’outil syndical aux évolutions de l’appareil productif et des structures de l’État. La prise en compte de l’évolution de la structuration de la production pose des questions pertinentes  : syndicat de sites, regroupement de fédérations ou syndicats, prise en compte de la diversité des statuts du salariat. Questions qui sont utilisées pour en même temps inscrire l’action syndicale dans le cadre du dialogue entre partenaires sociaux, depuis l’échelle régionale et les TPE jusqu’à l’échelon européen.


Des évolutions contradictoires


Ces évolutions sont souvent présentées comme nécessaire pour le développement du syndicalisme  : le recentrage répondrait à une évolution sociologique marquée par une prise de distance avec la politique, et celle des structures devrait les rendre plus proches du salariat réellement existant. Mais elles se heurtent aux difficultés de la situation politique et aux résistances d’appareils notamment fédéraux qui défendent leurs propres intérêts sous habillage de radicalité ou de respect du fédéralisme.

 

C’est ainsi que le référendum sur le Traité constitutionnel européen de 2005 a permis l’unification de ces critiques et imposé à la direction confédérale un soutien (qui resta discret) à la campagne du Non. L’adhésion à la CES, l’évolution du système de cotisation (le Cogetise) visant à une meilleure gestion des finances et notamment à leur répartition mieux contrôlée politiquement, la construction des nouvelles règles de représentativité ont tour à tour suscité des débats et contestations importants mais insuffisants pour faire obstacle à leur mise en œuvre. La prise de distance avec la politique, relativisée au moment du TCE, fut de nouveau prise en défaut avec la «  découverte  » de militants CGT adhérents du Front national. Aujourd’hui, c’est la pression exercée par le rejet du sarkozysme et sa mise en œuvre politique par l’alliance conflictuelle de Mélenchon et du PCF qui repolitisent les positionnements de la CGT.


Ces évolutions, en partie contradictoires, suscitent ainsi des oppositions à géométrie politiquement et «  géographiquement  » variable. Des fédérations comme l’Agro, le Bâtiment, la Chimie sont, à la fois, classées comme «  archaïques  », pouvant même encore appartenir à la Fédération syndicale mondiale (ex-stalinienne mais elle-même traversées par des courants contradictoires) et relativement radicales. Tout en maintenant des fonctionnements eux-mêmes «  traditionnels  » et une radicalité très relative (comme la fédération Chimie et les luttes des raffineries). Des fédérations, des unions départementales et des unions locales connaissent des débats voire des conflits profonds et durables.


Mais c’est peut-être dans les mois qui viennent que vont se dérouler les batailles les plus importantes avec la lutte contre l’austérité de droite comme de gauche. En même temps, à l’image de ce qui se passe en Italie, va se jouer l’avenir du syndicalisme de contestation sociale, affaibli par les reculs sociaux, politiques et militants.

Ces questions sont décisives pour l’avenir de la CGT et ne sauraient se réduire au choix d’une femme ou d’unE représentantE du secteur privé. Les choix d’orientation prennent à la gorge des appareils peu habitués aux débats et soucieux de la préservation de leurs intérêts particuliers.


Pour Thibault, «  cette mise en concurrence de dirigeants a notamment été renforcée du fait que des camarades se sont organisés depuis plusieurs mois pour imposer leur réponse, quoi qu’en pense le reste de la CGT  ». L’avis qu’il rendra donc le 25 mai sera ensuite soumis à l’approbation du Comité confédéral national (CCN), qui se réunira les 30 et 31 mai. Aujourd’hui, seize noms, et non pas seulement les trois les plus cités ces derniers temps dans la presse (Agnès Naton, Nadine Prigent et Éric Aubin), ont été mis en avant dans les consultations des structures fédérales et régionales. L’évolution de la situation sociale et politique d’ici le prochain congrès confédéral (mars 2013) risque de rendre bien illusoire et bien fragile le compromis trouvé autour de celui ou celle qui succédera à Bernard Thibault.


Robert Pelletier


Les citations sont extraites du rapport de Bernard Thibault à la Commission exécutive confédérale le 17 avril.

* Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 146 (26/04/12).

 

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 13:46

bre13

 

BREST
Lieu : Manifestation départ place de la Liberté
Heure : 10h30
Organisation : CGT, FSU, UNSA, SOLIDAIRES


CARHAIX
Lieu : Manifestation départ de l'union locale, 2 rue Georges Clémenceau
Heure : 10h30
Organisation : CGT, FSU, UNSA, SOLIDAIRES


CHATEAULIN
Lieu : Manifestation départ place de la Résistance
Heure : 10h30
Organisation : CGT, FSU, UNSA, SOLIDAIRES


 MORLAIX
Lieu : Manifestation départ place de la Mairie
Heure : 10h30
Organisation : CGT, FSU, UNSA, SOLIDAIRES


PONT L'ABBE
Lieu : Manifestation lieu à confirmer
Heure : 10h30
Organisation : CGT, FSU, UNSA, SOLIDAIRES


QUIMPER
Lieu : Manifestation départ place de la Résistance
Heure : 10h30
Organisation : CGT, FSU, UNSA, SOLIDAIRES


QUIMPERLE
Lieu : Manifestation départ Coat Ker
Heure : 10h30
Organisation : CGT, FSU, UNSA, SOLIDAIRES


SAINT-POL DE LEON
Lieu : Manifestation départ place de l'Evéché
Heure : 10h30
Organisation : CGT, FSU, UNSA, SOLIDAIRES

 
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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 11:55

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Front Syndical de Classe
vendredi 20 avril 2012 - 13h03

 

C’est par la presse extérieure à l’organisation que les militants sont finalement informés des désaccords sur la succession annoncée du premier responsable de la CGT !


Un nom, sur proposition du secrétaire général, devait émerger de la Commission exécutive de ce mardi 17 avril !

Faute de consensus sur cette proposition - illustration du trouble qui se manifeste dans notre organisation - , c’est au 25 mai, dans la perspective du Comité Consultatif National des 30 et 31 mai que la décision est reportée. Démocratie syndicale

.

Les difficultés rencontrées dans le débat, l’échec de cette tentative, ne résultent-ils pas de la procédure choisie elle-même et du refus de débattre sur le fond, de faire le bilan de l’action de la direction sortante et des orientations à venir de la confédération ?


A quoi sert-il en effet d’avancer des noms sans débat d’orientation si ce n’est à transformer la direction de la CGT en une écurie de prétendants au pouvoir et à la course aux places à l’instar de ce qui se passe malheureusement trop souvent dans le monde politique ?


Et ce n’est pas un hasard si une série de fédérations et d’UD (selon la presse) auraient fait le choix de ne pas faire de choix en refusant de proposer des noms et en avançant un certain nombre de critères pour la succession envisagée !


Et pourquoi le choix et le débat devrait-il être circonscrits à une consultation au seul sein de l’appareil de direction ?

Déjà lors du dernier congrès la proposition de candidature de Jean-Pierre DELANNOY avait été repoussée sans débat de fonds en évoquant le respect statutaire.


En réalité pour éviter ce débat et imposer les choix d’accompagnement du système et de sa crise.

Choix concrétisés par l’adhésion à la CES réformiste et à la CSI, présentés comme irréversibles, et comme ne pouvant pas faire l’objet d’une interrogation et d’une contestation !


Pourtant, plus que jamais, le bilan de 15 ans de reculs sociaux dramatiques doit être fait !


Pourtant, plus que jamais, à l’heure d’une crise sans précédent du capitalisme et de la "guerre sociale" qui s’annonce au-delà du résultat des présidentielles, le débat sur la nécessité d’organiser la lutte des travailleurs sur la base d’orientations de lutte de classes et non de collaboration doit avoir lieu !


Pourtant, plus que jamais, l’intégration de la CGT dans les institutions européennes doit faire l’objet d’une interpellation à l’heure où l’appartenance à l’Union européenne et à la zone euro sert de levier à la mise en œuvre des politiques d’austérité et à la flexibilisation mortelle du marché du travail et donc de l’emploi !


Voilà les critères qui selon le FSC doivent présider au choix du ou de la futur(e) dirigeant(e) de la CGT !


La démocratie syndicale exige que chaque syndiqué compte pour UN. Toute l’organisation doit-être associée à ce débat en faisant appel aux propositions de toutes les structures de l’organisation : UD, UL, fédés, Unions, syndicats …

Les adhérents ne doivent pas rester spectateurs d’un débat de sommet dans les semaines qui viennent dans la perspective du prochain CCN (30 et 31 mai 2012) mais également dans la perspective du prochain congrès (50éme en mars 2013).


Rapidement, démocratiquement, actifs et retraités, intervenons pour que ce débat devienne incontournable et que d’autres propositions nominatives émergent en phase avec des orientations de luttes et de pratiques démocratiques !


Le Front Syndical de Classe mi-avril 2012

 

Commentaire du blog : Résumé des épisodes précédents:


Le secrétaire de la CGT avait désigné lui-même son successeur (comme un vrai chef quoi!) , une femme. Opposition, de qui de quoi, on ne sait. Puis il est revenu sur sa décison : un homme. Puis retour sur la femme. Un " journaliste bourgeois" a même émis l'idée saugrenue "qu'il jetterait volontairement le trouble, pour pouvoir se présenter en recours afin de pouvoir repartir pour un autre mandat". Opacité quand tu nous tiens! Le vrai problème ce sont les glissements progressifs vers l'institutionnalisation des syndicats et le refus d'engager des luttes un peu coordonnées ayant des chances de réussir. Le morcellement systématique des conflits partiels sans jamais dépasser les "journées d'action"aussi coûteuses qu'inutiles, voilà ce dont on ne cause jamais!


Le NPA, à priori, ne fait pas partie du Front syndical de classe, ne créant pas de "front","tendance" ou de "fraction"  politiques dans les syndicats. Nous nous prononçons pour des convergences d'Unions et de Fédérations syndicales pour former des alternatives au  "tout réformisme".

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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 09:51

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18 février 2012 - 

 

L'union départementale CGT a claqué la porte hier après-midi, à la CCI de Quimper, lors d'une réunion organisée par la préfecture avec les acteurs économiques du Finistère sur les mesures prises pour lutter contre le chômage, à la suite du sommet social du 18janvier dernier.

 

«Pourquoi une réunion dans une telle hâte alors que l'ensemble des dispositions légales ne sont pas encore prises?», s'interroge l'UD-CGT.

 

«La goutte qui a fait déborder le vase a été quand les organisateurs ont demandé aux invités d'être les vecteurs du zéro charges sociales.

 

Les exonérations de cotisations sociales ont fait la preuve de leur inefficacité depuis des années, en témoignent les 60.000 demandeurs d'emploi du département», précise le syndicat.

 

 

http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/finistere/mesures-contre-le-chomage-lacgt-claque-la-porte-18-02-2012-1605185.php


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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 13:25
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Par Ivan du Roy (7 février 2012)


À l’heure où les plans d’austérité se multiplient, où le chômage partiel se banalise, où la durée de vie au travail s’allonge un peu partout, quel est l’état de santé des salariés européens ? Les inégalités sociales face à l’enjeu de la santé au travail demeurent très fortes. Pour espérer vivre vieux, mieux vaut être cadre qu’ouvrier, et ouvrier que jeune précaire. Entretien avec Laurent Vogel, de l’Institut syndical européen.

 

Basta !  : Comment se portent les salariés européens ?


Laurent Vogel [1] : Nous assistons à une détérioration de la santé au travail sur le long terme. Le problème est moins l’impact immédiat des conditions de travail sur la santé que le cumul des atteintes à la santé dans la durée. Dans le cadre de l’enquête européenne sur les conditions de travail [2], lorsque l’on demande aux salariés s’ils se sentent capables de travailler jusqu’à l’âge de 60 ans, les réponses négatives sont importantes.

 

Un effet d’usure se manifeste : seulement 44 % des ouvriers non qualifiés pensent ainsi pouvoir tenir le coup jusqu’à 60 ans, et à peine la moitié des ouvriers qualifiés. Les différences sont fortes selon la place dans la hiérarchie sociale, car la proportion de ceux qui pensent pouvoir tenir le coup monte à 71 % pour les employés les plus qualifiés. Il existe ainsi un fossé entre les ouvriers les moins qualifiés et les personnes qui ont des qualifications élevées. En France, les ouvriers décèdent six ans et demi avant les cadres supérieurs.

 

En Estonie, la différence d’espérance de vie entre un homme âgé de 25 ans possédant un diplôme universitaire et un homme du même âge possédant le niveau d’éducation le plus bas s’est accrue de 13 ans. La situation des femmes est plus favorable que celle des hommes dans des secteurs où les conséquences immédiates du travail sont moins perceptibles. Mais sur le long terme, les femmes perdent tout avantage. Elles sont notamment confrontées tout au long de leur vie à une organisation plus disciplinaire du travail.


Dans un contexte où la durée de vie au travail s’allonge...


Tout cela est effectivement inquiétant alors que dans beaucoup de pays européens l’âge de départ à la retraite et la durée du temps travaillé s’allongent. Cette logique simpliste qui vise à affirmer que l’espérance de vie augmentant, la durée du travail doit suivre, risque d’avoir des effets délétères. Les conditions de travail actuelles rendent cet objectif impossible pour une grande partie de la population.


460 personnes meurent chaque jour en Europe à la suite d’accidents et de maladies liés au travail (168 000 par an selon la Commission des affaires sociales du Parlement européen). Les décès liés au travail ont-ils tendance à se réduire ?


C’est, à mon avis, une estimation plutôt basse. Elle prend en compte les accidents du travail mais aussi les pathologies mortelles provoquées par le travail, principalement le cancer. Les accidents du travail mortels constituent une petite partie de ces décès : environ 6 000 par an. Ils ont tendance à diminuer. D’abord parce que les secteurs économiques changent : il y a moins d’emplois dans la sidérurgie ou les mines, des secteurs davantage exposés aux accidents. Ensuite, grâce à une amélioration des conditions de travail et de la prévention de la sécurité. Nous observons cependant une augmentation claire des cancers d’origine professionnelle.

 

Cela s’explique vraisemblablement par une meilleure connaissance des différents types de cancers – nous sommes mieux en mesure de dire que tel cancer est causé par telle activité. Mais nous vivons aussi dans un modèle économique très dépendant des substances chimiques. Un point de PIB supplémentaire équivaut à une augmentation d’1 % des substances chimiques dangereuses produites par l’industrie.

 

Selon certaines estimations, environ 28 % des travailleurs sont exposés à des substances cancérogènes [3] Les ouvriers sont beaucoup plus exposés que les employés, et les cadres supérieurs sont ceux qui s’en tirent le mieux. Dans le cas de la souffrance mentale et des suicides pouvant être liés au travail, nous ne disposons pas de données d’ensemble crédibles. Mais le phénomène existe partout en Europe, pas seulement en France comme l’a montré le drame des suicides à France Télécom.


En matière de prévention des risques au travail, quelle est l’ampleur des inégalités en Europe ?


Cela dépend des secteurs et des types de prévention. En Allemagne, par exemple, si les pratiques de prévention sont plutôt avancées en matière d’accidents du travail, elles ne le sont pas du tout concernant les cancers professionnels. Cela s’explique par le poids de l’industrie chimique. Globalement, plus les inégalités sont fortes dans la société, plus les inégalités découlant du travail sont importantes. Le niveau de prévention dépend aussi des capacités de mobilisation collective dans tel ou tel secteur. En France, le point positif, comparé à d’autres pays européens, est la relative visibilité de cette question depuis la révélation du scandale de l’amiante.

 

Les conditions de travail sont présentes dans le débat public. C’est un préalable pour trouver des réponses efficaces. Autre question : la place du travail et des conditions de travail dans la stratégie globale des syndicats. En Espagne, par exemple, dans le secteur de la construction, la santé au travail a été mise au centre des revendications syndicales. Et les choses bougent. En France, les syndicats sont moins forts qu’ailleurs en Europe, mais la place qu’ils accordent aux conditions de travail se situe plutôt dans une moyenne haute. Avec un obstacle : plus l’emploi est précaire, moins les mobilisations sont possibles.


À ce propos, la Commission des affaires sociales du Parlement européen note « la prolifération de formes d’emploi atypiques (travail temporaire, saisonnier, dominical, à mi-temps, télétravail) ». Ces emplois précaires ont-ils un impact sur la santé des salariés ?


Les jeunes générations sont principalement concernées par la multiplication de ces formes d’emploi. Chez les jeunes qui ont entre 20 et 30 ans, les facteurs de précarité juridiques sont deux, voire trois fois plus importants que chez leurs aînés. Et ce, partout en Europe. Quel sera leur état de santé dans deux ou trois décennies ? Si chacun subit cinq ans de précarité avant de trouver une forme d’emploi stable, ce n’est pas trop lourd. Le problème est que la durée de ces emplois précaires s’allonge. Pour certaines catégories, ces emplois atypiques tendent à devenir la règle !

 

Aux Pays-Bas, les trois quarts des femmes travaillent à temps partiel. Cette proportion est de l’ordre d’un tiers pour l’ensemble de l’Union européenne. Les données fournies par le Secours catholique, et qui sont disponibles aussi ailleurs en Europe, montrent la corrélation entre la précarité en termes d’emploi et l’augmentation des tentatives de suicide. Il existe aussi une précarité que l’on peut décrire et quantifier – le nombre de CDD, d’intérimaires, de saisonniers… – et une précarité de fait, plus difficile à mesurer statistiquement. Elle est liée aux situations de sous-traitance : des personnes en CDI sont cependant précaires car leur emploi peut être remis en cause à tout moment, du fait, par exemple, d’un donneur d’ordre qui va changer de sous-traitant pour des raisons de coûts plus faibles. Ce sont des situations courantes dans le secteur du nettoyage, où la forme du contrat n’a finalement aucune incidence sur le niveau de précarité.


François Hollande propose de mettre en place « un dispositif de notation sociale obligeant les entreprises de plus de 500 salariés à faire certifier annuellement la gestion de leurs ressources humaines au regard de critères de qualité de l’emploi et de conditions de travail ». Pensez-vous que cela peut être utile ?


Déléguer à des experts extérieurs à l’entreprise le soin d’élaborer des critères n’est pas, selon moi, une priorité. Toutes sortes de cabinets d’experts sont prêts à délivrer toutes sortes de certifications, avec tel ou tel « label social ». Mais bien des aspects des conditions de travail ne pourront jamais entrer dans leurs grilles d’évaluation. Saint-Gobain au Brésil, par exemple, avait obtenu toutes les certifications possibles et inimaginables… alors que l’entreprise utilisait de l’amiante. Les évaluations externes étudient les procédures : existe-t-il un comité pour l’égalité salariale ? Y a-t-il un médecin du travail en interne ? Des formations sont-elles mises en place ? Le problème, c’est que les procédures, en elles-mêmes, ne donnent pas forcément de résultats efficaces. Le respect de telle ou telle procédure ne fournit aucune garantie sur les conditions de travail.


Quelle serait alors la priorité ?


Le point important serait de renforcer le contrôle collectif : la possibilité pour les travailleurs d’être représentés, avec des droits associés à cette représentation. C’est tout l’enjeu de la démocratisation du travail : mettre en débat, avec les travailleurs de l’entreprise, ce qui se passe. Ensuite, ce débat ne doit pas se limiter aux seuls salariés de l’entreprise. Des acteurs, en dehors, doivent pouvoir intervenir. La population concernée par une activité – consommateurs, riverains… – doit également avoir son mot à dire.


Pensez-vous que la santé des travailleurs passe après celle des consommateurs [4] ?


Il existe effectivement un décalage. Il est plus facile de mobiliser sur la protection de l’environnement que sur les inégalités sociales, qui passent souvent au second plan. Les règles et législations concernant la protection de la population, des riverains, des consommateurs vont souvent être plus efficaces que celles concernant la prévention de la santé des travailleurs. Le bisphénol A est un épisode révélateur. Tant mieux si cette molécule dangereuse est interdite dans les biberons. Le problème est que l’on oublie de s’interroger sur les travailleurs qui manipulent des produits contenant du bisphénol. C’est logique : parler de la santé des enfants provoque une réaction plus rapide que si l’on évoque le sort des travailleuses des entreprises de nettoyage. Cela alimente le débat sur ce que doit être une écologie politique qui intègre l’enjeu des inégalités sociales.


En France, dans le cas de scandale comme les prothèses PIP, ou certains accidents industriels, on n’entend quasiment pas le point de vue des salariés qui travaillent pourtant au sein de ces entreprises. Comment expliquez-vous cette « omerta » ?


Quand les travailleurs fabriquent des produits contenant des substances dangereuses, eux-mêmes ne le savent pas forcément. En France, l’affaire Adisseo, une entreprise qui a connu un grand nombre de cas de cancer parmi ses employés [5], est emblématique de ces situations. Dans l’affaire des prothèses PIP, il semble que ce soit aussi le cas. C’est d’abord de la responsabilité des industriels. Il faut leur imposer une évaluation préalable des risques, avant qu’un produit soit lancé et que l’on soit obligé de rectifier le tir dix ans plus tard à cause de sa dangerosité. Autre élément : le chantage à l’emploi. Ce ne sont pas les travailleurs qui décident des composants d’un produit ! D’autre part, ce n’est pas nécessairement dans la production initiale que le risque est le plus dangereux, mais dans sa dispersion. Fabriquer un produit nettoyant, par exemple, peut ne pas être trop dangereux, mais l’utiliser entraînera de graves dégâts sur la santé. Sans oublier ce qui se passe lors de son recyclage… Cela pose la question de la solidarité interprofessionnelle.


Recueilli par Ivan du Roy

Notes

[1] Directeur du département Conditions de travail, santé et sécurité de l’Institut syndical européen (Etui, European Trade Union Institute), le centre indépendant de recherche et de formation de la Confédération européenne des syndicats (CES).

[2] Réalisée auprès de 44 000 travailleurs, à consulter ici.

[3] Selon les estimations du projet Carex, Carcinogen Exposure database, concernant les 15 États membres en 1995, plus la République tchèque et les pays baltes. Ce projet n’a pas été étendu aux autres pays membres.

[4] Lire à ce sujet la tribune de Dominique Huez, médecin du travail.

[5] En 2007, on y dénombrait 25 cas de cancers du rein, dont 9 décès, dans un atelier qui a vu passer quelque 82 personnes. Lire ici.

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 10:37

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L'éléphant est le symbole des Républicains aux USA: Union, c'est "syndicats": "go union": "dehors les syndicats"

 

Par Alain Van Praet le Dimanche, 29 Janvier 2012

 

Depuis quelques jours, la «grande presse» est à nouveau à l’offensive contre le mouvement syndical, accusé de faire preuve d’irresponsabilité («vu la situation du pays, les syndicats se tirent une balle dans le pieds»), d’inconséquence (« la grève ne sert à rien car le gouvernement a déjà décidé »), voire même de terrorisme (la victime étant ici la population belge «prise en otage») !


Devant nos yeux ébahis se multiplient aussi des «sondages» destinés à démontrer que la population rejette massivement les actions syndicales. Certains, emportés par leur zèle destructeur, affirment même que les syndicats sont aujourd’hui «marginalisés» ! Mais si c’était le cas, pourquoi s’inquiètent-ils donc du débrayage interprofessionnel généralisé de ce lundi 30 janvier ? Décidément, la perte de tout sens de la mesure ne favorise pas la lucidité de ces « observateurs avisés » !


Le but de cette campagne vise naturellement à discréditer le syndicalisme qui reste, malgré ses difficultés, un obstacle à l’offensive du «gouvernement papillon», gagné par une frénésie «austéritaire» qui ne semble plus connaître de limites…


Face à ce rouleau compresseur médiatique, il est important d’allumer des contre-feux idéologiques, et de rappeler inlassablement un certain nombre d’arguments et d’éléments de réflexion :


1. Il aura fallu 541 jours de palabres pour former un exécutif fédéral, mais quelques jours auront suffi à la nouvelle coalition pour trancher dans le vif et imposer une volée de mesures d’austérité ! Sans la moindre concertation avec les organisations représentatives des travailleurs avec ou sans emploi, et au mépris de toutes les traditions en la matière. Un coup de force (bien dans la ligne des tendances autoritaires qui se développent au niveau de l’Union Européenne) qui représente une véritable remise en cause de la démocratie sociale, et une régression démocratique loin d’être anodine !


2. Ce sont les banques qui portent une lourde responsabilité dans la crise financière actuelle, mais ce sont les premières victimes de cette crise qui sont priées de régler la note. Indécent et indéfendable, d’un point de vue éthique comme sur le plan de la «simple» équité !


3. Cette volonté rageuse de vouloir frapper le plus grand nombre tout en ménageant les possédants et les nantis, est dénuée de pertinence sur le plan économique. Le recul social provoquera de nouvelles récessions qui serviront à leur tour de prétexte pour amplifier les politiques d’austérité. Entretenant ainsi une spirale régressive sans fin. Inacceptable !


4. «Les syndicats abusent» tempêtent les faiseurs d’opinion. Heureusement que les syndicats ont «exagéré» au cours des 150 dernières années, car sans le combat ininterrompu des salariés et de leurs organisations, pas de suffrage universel, pas de Sécurité Sociale, pas de congés payés, pas de journée de 8 heures, pas de droit du travail, pas de conventions collectives, pas d’indexation des salaires,…. Ce sont ces conquêtes sociales arrachées de haute lutte qui nous garantissent un (relatif) bien-être, et ce sont celles-ci qui sont inlassablement contestées par les possédants, depuis plus de 30 déjà !


5. «La grève pénalise les citoyens» ajoutent les mêmes propagandistes du capital. La grève entraîne surtout des difficultés pour les grévistes eux-mêmes, qui sacrifient une partie de leur salaire et qui, dans beaucoup d’entreprises, subissent des pressions et des menaces patronales ! Et elle est rendue quasiment impossible dans les PME, «légalement» privées de représentation syndicale. Elle n’est donc jamais une partie de plaisir, et présenter les travailleurs qui débrayent comme des fêtards en quête d’une journée de congé supplémentaire est une mystification qui doit être dénoncée avec force !


6. Celles et ceux qui critiquent les organisations syndicales profitent de leurs combats, car chaque avancée sociale bénéficie à l’ensemble des travailleurs, syndiqués ou non syndiqués. On a rarement vu un détracteur du syndicalisme (journalistes y compris) refuser une augmentation salariale, un avantage financier ou un aménagement favorable des conditions de travail, obtenus par les syndicats ! Il est d’ailleurs piquant de constater que le ministre du budget (Olivier Chastel, MR) a, récemment, justifié la stabilité de son traitement et de celui de ses pairs au nom du… système d’indexation !


Au-delà de la stigmatisation pure et simple de l’action syndicale, la campagne orchestrée actuellement vise aussi à s’en prendre directement aux syndicats, à commencer par une remise en question du droit de grève. Ainsi, les articles de presse, les témoignages et autres «micro-trottoirs» qui passent en boucle sur les chaines de télévision, ont également pour objectif de justifier ce qui va se passer lundi. Car des entreprises ont déjà annoncé qu’elles saisiraient les tribunaux, en utilisant la procédure «des référés» (une procédure ici non contradictoire), pour obtenir l’interdiction de piquets de grève !


Et du coté gouvernemental, le premier ministre a indiqué que les autorités des différents niveaux de pouvoir prendraient leurs responsabilités, en d’autres termes que des recours à la police («pour faire respecter l’ordre») sont envisageables et envisagés.


Il est temps pour le mouvement syndical dans son ensemble de prendre conscience de tous les défis qui lui sont lancés : nous ne sommes pas confrontés uniquement à un débat académique sur le choix de la meilleure politique à suivre pour sortir de la crise, nous sommes également menacés par des attaques concrètes et multiformes contre les syndicats, qui s’inscrivent dans une véritable guerre engagée au niveau européen (et au-delà) contre les travailleurs salariés et les allocataires sociaux, dans le but d’imposer au monde du travail une régression sociale de plusieurs décennies !


Alain Van Praet, délégué CSC-Transcom

Le 29 janvier 2012

 

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=2367:loffensive-anti-syndicale-bat-son-plein-&option=com_content&Itemid=53

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 11:18
arton354

Par Ivan du Roy (26 janvier 2012)


La multinationale de la sidérurgie a été condamnée le 21 janvier à verser une amende de 494 000 euros à la CGT.

 

L’affaire concerne onze militants du syndicats – représentants du personnel, élus ou mandatés dans diverses instances – d’ArcelorMittal à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), dont les carrières ont été ralenties, ou qui ont été écartés de postes à responsabilité par la direction. Le tribunal des prud’hommes de Martigues avait reconnu la discrimination en 2009. La cour d’appel d’Aix vient de confirmer le jugement. La direction du groupe sidérurgiste envisage un pourvoi en Cassation.


« Les directions et les managers changent, mais les mentalités, faisant des militants des parias, perdurent », commente Juliette Goldmann, l’avocate de la CGT. Le syndicat a annoncé une nouvelle action en justice pour dénoncer deux nouveaux cas de discrimination, deux jeunes syndicalistes récemment sanctionnés par la direction d’ArcelorMittal. « On aurait pu attendre que les sanctions punitives et les condamnations judiciaires fassent cesser ces pratiques rétrogrades et illicites, mais il faut encore défendre des jeunes salariés qui, pour avoir choisi d’adhérer au syndicat, voient leur progression freiner », déplore l’avocate.

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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 12:36

imvvages

 

Lors de sa conférence de presse du 26 août, Bernard Thibault a annoncé : « La CGT met en avant 10 exigences pour cette rentrée, qui seront autant d'axes de campagne dans les entreprises, les professions, les territoires. »

 

Et suivaient les propositions de la confédération en particulier sur les deux problèmes majeurs rencontrés par les travailleurs : le blocage des salaires et les licenciements.

Sur les salaires, la confédération annonce : « Nous revendiquons l'ouverture immédiate des négociations annuelles obligatoires par anticipation au titre de 2012. »

Pour contrer les licenciements, la revendication de la CGT est la suivante : « Il faut contraindre les entreprises à examiner sérieusement toutes les alternatives au licenciement. »

Voilà donc le programme que la direction de la CGT voudrait que ses militants reprennent à leur compte et sur lequel les travailleurs devraient se mobiliser ! On est vraiment tombé au degré zéro du programme revendicatif. Pas une seule revendication chiffrée, ou ayant la moindre consistance, pas une mesure capable de changer quoi que ce soit à la situation actuelle.

Sur les salaires, nul besoin d'avancer ou retarder les négociations annuelles obligatoires pour en savoir les résultats. Elles existent, elles sont dans la loi et, avec elles comme sans elles, le résultat est le même : il n'y a aucune augmentation générale de salaire qui en sort. Les patrons, eux, comme chacun le sait, ne connaissent qu'une chose : le rapport de forces. Et ils ont le sentiment qu'il est en leur faveur en ce moment. Le pire, si l'on peut dire, est qu'en plus les dirigeants CGT font comprendre que le problème des salaires serait un problème particulier à chaque entreprise, alors qu'il s'agit d'une offensive concertée de l'ensemble du patronat et du gouvernement, et qu'il est vital pour les travailleurs de faire front ensemble pour arriver à des résultats tangibles.

Quant à l'emploi, voilà que Thibault en est à proposer le peu qu'il y a déjà dans la loi, et depuis très longtemps. « Contraindre les entreprises à examiner sérieusement toutes les alternatives au licenciement » ? Mais c'est ce qu'elles font, quand elles proposent de baisser les salaires, de reprendre les droits sociaux, d'exiger que les travailleurs augmentent de 10, 20 % ou plus leurs cadences et leur temps de travail sans être payés. Ce qui ne les empêche pas de licencier après, quand elles le décident. Proposer de se battre pour ça ? Mais quel militant sincèrement soucieux de défendre ses camarades de travail et d'empêcher les licenciements oserait mettre cela en avant sans honte devant les travailleurs ?

Mais visiblement il ne s'agit pas d'un plan de lutte, même pas d'un programme revendicatif minimum. Il s'agit surtout de ne pas mettre en avant des revendications incompatibles avec ce que propose le PS, qui se prépare à l'alternance dans la continuité.

S'il faut se battre -- et il faudra se battre pour enrayer les attaques actuelles et celles qui se préparent -- il faut un programme qui en vaille la peine et qui change réellement le rapport des forces et apporte des garanties durables à tous les travailleurs. Sur les salaires, en plus de la revalorisation substantielle des salaires et des pensions, il faut absolument imposer leur revalorisation automatique en fonction de la hausse réelle des prix, au travers de l'échelle mobile des salaires. Pour empêcher les licenciements, il faut les interdire purement et simplement, en imposant la répartition du travail entre tous sans perte de salaire et le contrôle des travailleurs sur les comptes officiels et officieux des entreprises. Voilà ce qui doit être à la base d'un véritable programme de lutte pour les travailleurs, et non les renoncements officiels du programme mis en avant par les dirigeants confédéraux de la CGT.

P. S.

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2248&id=6

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 10:26

Scene anthologique de management  


Le patronat et une partie des syndicats se sont mis d’accord sur un diagnostic commun sur la compétitivité dans un document qui fait passer les intérêts de salariés après la performance et qui remet en cause la protection sociale.

Avec leurs gros sabots, les Échos titraient le 8 juin : « Les partenaires sociaux s’accordent sur une approche commune, et inédite, de la compétitivité. » Pour le Figaro et l’Express : « Syndicats et patronat main dans la main pour redresser la compétitivité ». En fait, un document de 50 pages intitulé « Approche de la compétitivité française » a été cosigné par le patronat (Medef, CGPME, UPA) et trois organisations syndicales (CFDT, CFTC, CFE-CGC). La CGT a refusé de participer au groupe de travail et FO a refusé de signer le document final. Malgré ces refus, ce document est significatif de la double volonté du patronat et d’une partie du mouvement syndical de poursuivre dans la logique du diagnostic partagé qui a plombé les mobilisations sur la Sécurité sociale ou les retraites.


Le préambule est aussi clair qu’inquiétant, puisqu’il s’agit de « dépasser les approches idéologiques » et de reconnaître « l’importance de la compétitivité » et « la nécessité d’une compétitivité durable visant un mode de développement équilibré sur trois piliers, économique, social et environnemental ».

 

Mais, plus grave que l’accord « philosophique », ils en viennent à l’accord sur les critères économiques : « Pour que nos performances économiques progressent, il faut donc améliorer à la fois ce que les économistes appellent la compétitivité coût (coût des matières premières et de l’énergie, travail...) et la compétitivité hors coût : qualité de nos produits et services, formation, organisation du travail et management, recherche et innovation, environnement fiscal et social, tissu productif... »

 

Mais c’est quand les « partenaires sociaux » se penchent sur les remèdes que cela devient franchement inquiétant. Pour eux, il faut « repenser l’assiette du financement de la protection sociale », ils reconnaissent que « le taux de prélèvements sur le travail peut rester un frein au développement de l’emploi et à l’amélioration de la compétitivité des entreprises, malgré les dispositifs d’allègement mis en œuvre depuis près de 20 ans ».

 

Et encore : « Un des enjeux est de penser une fiscalité de croissance, qui favorise notamment le développement d’activités sur le territoire. Un vrai débat sur les modes de financement de la protection sociale est également à engager. Une réflexion approfondie et globale sur une nouvelle répartition entre ce qui doit être payé par la solidarité nationale (l’impôt) et ce qui doit être pris en charge par la solidarité professionnelle (les cotisations sociales), constituerait sans doute une méthode à explorer ».

 

Du pur Parisot-Copé-Bertrand. Bien sûr, le but de ce texte confidentiel est avant tout, pour les directions syndicales, de donner des gages de bonne volonté pour les mois qui viennent. Mais cela ne peut être sans conséquence sur les batailles a mener dès aujourd’hui dans l’automobile et demain dans d’autres secteurs.


D’autant plus que même les non-signataires de ce texte valident d’autres accords tout aussi dangereux tel que l’Accord national interprofessionnel du 31 mai relatif au Contrat de sécurisation professionnelle. Dans le cadre d’une consultation bidon qui donnait cinq jours aux organisations de la CGT pour s’exprimer, la direction confédérale proposait de donner un avis favorable à un accord qui entérine la délégation des missions de Pôle emploi aux opérateurs privés, n’accorde le bénéfice du dispositif que pour les métiers « en tension » et à condition de ne pas refuser deux « offres raisonnables d’emploi » et une baisse de revenus.

 

Toutes ces règles sont combattues depuis toujours par les mobilisations mais de fait entérinées par un accord clandestin au nom d’une prétendue avancée sur la voie de la « sécurisation professionnelle » chère à la CGT et à... Sarkozy.

 

Robert Pelletier

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