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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 14:43

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Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 190 (10/04/13)

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Si l’affaire Cahuzac en dit long sur les pratiques d’un certain nombre de dirigeants politiques qui imposent aux plus pauvres des « sacrifices » desquels ils choisissent de s’exempter, elle révèle également, une fois de plus, les connivences, pour ne pas dire les liens incestueux entre sphères politique, économique et médiatique.


S’il serait exagéré d’affirmer que les journalistes de Mediapart n’ont reçu le soutien d’aucun de leurs confrères, force est de constater que durant les quatre mois séparant les premières révélations du journal et les aveux de Cahuzac, le bruit médiatique dominant s’est résumé à une mise en cause de Mediapart et à une attitude particulièrement conciliante à l’égard du ministre.


Nombre d’éditorialistes, de Laurent Joffrin à Christophe Barbier en passant par l’inénarrable Jean-Michel Aphatie, ont ainsi choisi de taper sur Mediapart, contestant les méthodes d’investigation de ses journalistes, exigeant du journal qu’il produise des « preuves » (en contradiction manifeste avec le principe du secret des sources), et apportant du crédit aux mensonges de Cahuzac.

 

Aphatie écrivait ainsi sur Twitter, quelques jours avant les aveux du ministre : « Personne ne sait si Cahuzac a un compte en Suisse. Bravo Mediapart, ça c’est du journalisme… ». Un des 80 (!) tweets de l’éditorialiste de RTL et de Canal plus au sujet de l’affaire, dans lesquels il n’a cessé de décrédibiliser Mediapart, messager devenu accusé.


Tristes médias…


L’ensemble des journalistes n’a évidemment pas emboîté le pas de ces éditorialistes pour qui la parole des puissants est parole d’évangile, mais le moins que l’on puisse dire est que Mediapart n’a guère été soutenu par les autres médias qui ont, au mieux, fait état des révélations du journal en se dissimulant derrière des formules du type « selon le site Mediapart », sans chercher à les confirmer et entretenant, dès lors, la suspicion.

 

De toute évidence, la stratégie de Cahuzac et de ses communicants a fonctionné auprès des grands médias, et les déjeuners du ministre, organisés depuis décembre, avec les équipes de Libération, de France Inter, du Point, du Nouvel Observateur et de bien d’autres ont porté leurs fruits.


Au-delà de ces connivences et de ce suivisme à l’égard des classes dirigeantes, qui se manifestent par une sacralisation de la parole des puissants et par une autocensure de la plupart des journalistes, l’affaire Cahuzac révèle le triste état du paysage médiatique en France.

 

Par souci d’économie, les grands médias exigent de leurs journalistes de publier des articles à la chaîne, ce qui interdit les enquêtes au long cours et les investigations dignes de ce nom. Et lorsque certains, comme Mediapart, tentent de pratiquer un journalisme qui se fixe pour premier objectif d’informer, et non d’être rentable, quitte à fragiliser les pouvoirs en place et l’ordre établi, les chiens de garde aboient. Cahuzac a démissionné et s’est excusé pour ses fautes. La moindre des choses serait que Barbier, Joffrin, Aphatie et consorts en fassent de même.


Julien Salingue

 

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 13:43

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Leçon 1: Celle-là, oui, elle doit aller en prison!

 

Le Yéti voyageur à domicile Publié le 05/04/2013 à 16h33

Le Monde, associé à l’opération Offshore Leaks, annonce détenir 130 noms de Français impliqués dans cette vaste opération d’escroquerie de riches. Mais à ce jour, seul le premier d’entre eux, Jean-Jacques Augier, proche de François Hollande, a véritablement été rendu public.

Anne Michel, journaliste du Monde, prévient :

« Et, jusqu’où aller dans la révélation des noms ? Le gros entrepreneur régional qui cache ses plus-values aux Caïmans vaut-il autant que le responsable politique à qui la charge confère un devoir d’exemplarité ? Que disent nos recherches du visage de l’évasion fiscale de la société et du rapport à l’impôt ? »

Au nom de la loi

Etrange pudeur ! Sauf à y voir une opération commerciale de communication visant à étendre les révélations dans le temps pour faire durer le suspens et vendre un peu plus de papier, on peut légitimement se demander ce qui motive cette étrange rétention d’informations.

On a connu nos médias beaucoup moins scrupuleux quand il s’agissait de livrer en pâture le nom de tel ou tel voleur de poules présumé.

Eh bien, figurez-vous que le motif officiel de ce silence pudique serait précisément la « légalité » invoquée par certaines des « victimes » expiatoires pour justifier leurs actes. Jean-Jacques Augier :

« Je n’ai rien fait d’illégal. »

Cerise sur le gâteau du « légalisme », le trésorier de campagne indélicat n’aurait à l’écouter ni tiré, ni cherché le moindre avantage fiscal de ses opérations. D’ailleurs initiées presque à l’insu de son plein gré par d’obscures partenaires chinois. On se demande vraiment quelle peut bien être la motivation de toutes ces gesticulations financières tordues.

Secret défense ?

Que monsieur l’ex-fonctionnaire à l’inspection des finances nous pardonne de nous interroger légitimement sur la légitimité des lois dont il se réclame. Enfin quoi, ne nous avait-on pas dit déjà il y a quelques temps que ces horreurs de paradis fiscaux, c’était « fini », qu’ils devaient être mis « au ban de la communauté internationale » ?

En attendant, très peu de noms ont à ce jour filtré parmi les dizaines de milliers de fraud... optimisateurs fiscaux figurant sur les 2,5 millions de fichiers fuyards. Le Monde annonce son attention de dévoiler bientôt « une dizaine de noms ». Dix sur cent trente, ça n’est tout de même pas bézef ! Secret défense ? Wikileaks au moins publiait ses documents bruts.


Au bout du compte, à quoi sert donc une aussi vaste enquête, si c’est pour entendre les enquêteurs du microcosme nous dire qu’ils savent ce que nous ne saurons pas ? Le grand public est-il voué à demeurer dans la même ignorance crasse que l’ineffable président Hollande ?

« Je ne connais rien des investissements de Jean-Jacques Augier. »

Bon, me direz-vous, celui-là ne savait pas non plus que la crise allait être aussi dure et si longue. Et ignorait superbement (dit-il) « l’outrage » de son ministre Cahuzac. Sait-il encore, au moins, qu’il est toujours (mais pour combien de temps au juste ?) président de la République française ?

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http://blogs.rue89.com/yeti-voyageur/2013/04/05/offshore-leaks-ces-etranges-pudeurs-denqueteurs-230052

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 12:31

voixdesonmaitre

Daniel Schneidermann | Fondateur d'@rrêt sur images
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Dans le hall des bâtiments administratifs de PSA à Aulnay-sous-Bois, se trouve une plante verte. Une humble plante verte, ne demandant rien à personne, et certainement satisfaite de son destin de plante verte de salle d’attente. Ou plutôt : se trouvait. Un jour d’irruption légèrement énervée de grévistes dans ledit hall, la plante fut renversée par le grand vent de l’Histoire. On ne sait pas si elle a, depuis, été rétablie dans sa position verticale. Mais on aimerait bien le savoir. Car cette plante verte, accidentée de la vie, n’est pas n’importe quelle plante verte. C’est la plante verte préférée de David Pujadas.

Son gri-gri contre la « bien-pensance »

David Pujadas est ce présentateur de journal télévisé qui estime de sa mission prioritaire de nager à contre-courant de la « bien-pensance », laquelle « bien-pensance » impose en ce début du XXIe siècle, selon lui, de donner toujours raison « au salarié contre l’entreprise ».

A chaque fois qu’il se heurte à la « bien-pensance », David Pujadas se souvient de la plante verte d’Aulnay. C’est son talisman, son gri-gri, sa gousse d’ail contre les Malins de la « bien-pensance ».

Le voyant lancer un sujet sur la loi d’amnistie sociale votée la veille au Sénat – « les auteurs de dégradations ou de violences commises lors des conflits sociaux doivent-ils être amnistiés ? » – hop, issue directement des archives, je savais que j’allais, avant les deux interviews rituelles contradictoires de Mélenchon et Parisot, revoir la scène insoutenable du martyre de la plante verte, gisant dans son terreau tiède encore.

Et Norbert Gilmez, gréviste de 1948 ?

A force de regarder Pujadas, j’ai développé une sorte de « sixième sens plante verte ». Banco. Jeudi soir elle était de retour, illustrant un commentaire qui relatait comment les grévistes de PSA ont « tout saccagé » lors de l’irruption fatale. Oui, « tout ». Car la plante verte, quand souffla sur elle le grand vent de l’Histoire, eut deux compagnons d’infortune : une étagère (renversée), et un écran plat scellé au mur (descellé).


A propos de cette loi d’amnistie, Pujadas aurait pu aussi envoyer une équipe de tournage faire connaissance de Norbert Gilmez, cet employé des Charbonnages, gréviste de 1948 (oui, de 1948) dont tous les compagnons survivants ont été amnistiés jeudi par la même loi (l’histoire de cet autre « auteur de dégradations ou de violences », aujourd’hui âgé de 91 ans, est brièvement relatée ici). Mais non. L’amour qui lie Pujadas à sa plante martyre de PSA est un amour possessif, exclusif. Aucun tiers ne saurait s’y glisser. Aussi nous garderons-nous bien de faire quelque reproche à l’opiniâtre présentateur. Les choses de l’amour ne se discutent pas.

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http://www.rue89.com/2013/03/01/amnistie-sociale-cetait-la-plante-verte-preferee-de-pujadas-240144

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 13:40
wayneprice 2
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Daniel Schneidermann | Fondateur d'@rrêt sur images
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C’est un autre nonagénaire, qui a passé sa vie à résister, à se battre contre l’injustice. En 1948, Norbert Gilmez était employé administratif aux Charbonnages de France.

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Eclate la grande grève des mineurs, parce qu’une circulaire a supprimé le salaire minimal des mineurs. Orchestrée par le PC, la solidarité nationale s’organise. Gilmez collecte les vêtements, les chaussures, au bénéfice des familles de mineurs en grève. A la fin de la grève, il est licencié, avec 3 000 grévistes. Alors logé par les Charbonnages, Gilmez est aussi expulsé avec sa famille. Depuis lors, avec quinze de ses camarades, il demande réparation pour licenciement abusif.

« Victimes de terrorisme d’Etat »

On passe les péripéties judiciaires. En 2011, la cour d’appel reconnaît le caractère abusif du licenciement, condamnant les Charbonnages de France à payer 30 000 euros à Norbert Gilmez (encore dans la fleur de l’âge, avec ses 89 printemps) et ses camarades. Alors ministre des Finances, Christine Lagarde se pourvoit en cassation. En 2012, l’arrêt de la cour d’appel est cassé.

 

Gilmez ne sera pas indemnisé.

 

Si longtemps après, on sent encore percer, dans sa voix, une indignation intacte. « Nous avons été victimes de terrorisme d’Etat. Il n’y avait pas de délit. On a résisté au terrorisme comme on doit résister à tous les terrorismes », déclare Gilmez à La Voix du Nord, un des rares médias à recueillir son témoignage à ce moment.

Inclus dans la loi d’amnistie sociale

Norbert Gilmez ne fait pas, n’a jamais fait, ne fera sans doute jamais la une d’un journal. Même pas aujourd’hui, au lendemain d’une journée où il vient pourtant de remporter une grande victoire : les sept mineurs encore sous le coup de condamnations après les grèves de 1948 et 1952 ont été inclus dans la loi d’amnistie sociale, votée mercredi par le Sénat, comme le signalent en quelques lignes les quelques comptes-rendus de presse qui s’intéressent au sujet. Condamnations ? Oui, car plusieurs de ces licenciés, anciens résistants, prisonniers de guerre, ou titulaires d’un grade dans l’armée, ont été dégradés lors de leur licenciement, et réclament la reconstitution de leur carrière. Les mineurs peuvent s’estimer heureux. A la demande des socialistes, les antipub, les militants de RESF, ou les faucheurs d’OGM condamnés ont été, eux, exclus du champ de cette loi d’amnistie. Ils ne devraient pourtant pas désespérer. Un calcul élémentaire leur permet d’entrevoir une possibilité d’amnistie dans 65 ans, soit en 2078.

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http://www.rue89.com/2013/02/28/norbert-gilmez-mineur-greviste-en-1948-lindigne-qui-ne-fera-pas-la-une-240112

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 13:01

par Olivier Poche, le 15 février 2013

 

Dans le concert médiatique fustigeant l’incompréhensible grève des instituteurs parisiens du 22 janvier dernier, Libération était resté relativement en retrait,

 

proposant un « décryptage » qui évoquait une réforme « passablement illisible » et « confuse  », sans dire un mot de l’égoïsme des enseignants, et laissant Le Monde triompher en déplorant, dans un édito publié en « Une », leur « corporatisme étriqué » et « lamentable ». Sans doute un peu vexé de s’être laissé distancer, et démontrant les vertus d’une saine concurrence, Libération s’est rapidement repris et, dans son édition du lundi 11 février, veille d’une nouvelle journée de mobilisation nationale contre la réforme des rythmes scolaires, sort l’artillerie lourde. Très lourde.


Nous avions déjà noté cette propension médiatique à se poser en défenseur de la veuve et de l’écolier. C’était le cas du Parisien du 22 janvier, qui semble avoir inspiré Libération. Mais Le Parisien se contentait de renvoyer tout le monde (journalistes mis à part) dos à dos : ministre, parents, enseignants, incapables de se mettre d’accord, comme « dans un mauvais divorce, où l’on s’étripe sur le dos des enfants ».

 

Alors que pour Libération, la cause est désormais entendue : ce sont bien les « enseignants de primaire et maternelle » qui sont coupables de négliger l’intérêt de l’élève, en luttant « contre la semaine de quatre jours et demi ». Un « combat » d’autant plus « difficile à justifier », en effet, que comme nous l’avions déjà noté dans notre article précédent, les médias se préoccupent davantage d’expliquer pourquoi il est incompréhensible que d’informer sur ses motifs réels et les arguments qui le fondent. Pour ne prendre qu’un exemple, la « Une » de Libé contient une erreur factuelle grossière : les enseignants ne sont pas en grève « contre la semaine de quatre jours et demi », mais contre les conditions de la mise en place de cette réforme en 2013, et pour son report en 2014.

 

Voici par exemple ce que disait le communiqué du Snuipp, syndicat majoritaire, le 8 février :

Mardi 12 février, près de 6 enseignants sur 10 (58 %) seront en grève pour demander une réforme des rythmes réussie pour tous les élèves sur tout le territoire et prenant en compte l’avis des enseignants et des parents. […] Alors que nous avons besoin d’avancer sur une amélioration des temps de l’enfant, les annonces contradictoires et le flou longtemps entretenu sur de nombreux points ont davantage semé le trouble que permis de construire de la confiance envers la réforme. […] Ce vendredi 8 février, devant 1 400 Inspecteurs de l’Éducation nationale rassemblés à Paris, le ministre lui même a reconnu que « Nous allons commettre des erreurs (...) Nous n’aurons pas les meilleurs rythmes [dès la rentrée de 2013] (...) On fera des choses approximatives. On y reviendra. » Et de poursuivre, « nous avons le temps d’agir (...) ». C’est bien pour donner à la réforme le temps de réussir, Monsieur le Ministre, que le SNUipp-FSU estime qu’un report à 2014 est nécessaire, ainsi qu’une réécriture du décret. […] Cette réforme des rythmes insuffisamment préparée relègue au second plan des sujets essentiels pour une meilleure réussite des élèves : révision des programmes, scolarisation des tout-petits, revitalisation de la maternelle, avenir des RASED, Éducation prioritaire, direction d’école.

Mais cette « Une » inexacte, ou plus exactement mensongère, n’est qu’une mise en bouche.

 

À l’intérieur, deux doubles pages, dont la première est un chef-d’œuvre.  Dans la colonne de gauche, des « Repères » – c’est-à-dire une suite de « brèves » sans lien entre elles, qui n’apprennent rien ou pas grand-chose : trois phrases sur « une mobilisation variée » (qui manifeste et pourquoi : c’est le seul « espace » accordé aux revendications des syndicats), une citation de Peillon (qui « ne croi[t] pas à ces histoires de corporatisme » – il faut dire qu’il n’a pas encore lu Libé), et des chiffres : 144 (le nombre de jours de classe en primaire) ou 29 (la place de la France pour les performances en lecture). Le premier expliquant sans doute le second. Ou pas.


Un autre encadré achève de présenter « L’essentiel », en deux parties et quarante mots : « Le contexte » (« une nouvelle grève […] ») et surtout « L’enjeu » (« le ministre vaincra-t-il les corporatismes pour imposer une réforme globalement soutenue par les parents d’élèves ? »). Le lecteur s’étant ainsi bien « repéré », on peut passer aux commentaires : ceux de l’expert universitaire et de l’expert éditocratique. Dans quel ordre ? Peu importe, car ils sont interchangeables.


Le premier, François Dubet, est longuement interrogé sur… « les crispations des profs », comme le résume – assez justement – le chapeau de l’interview [1]. Une seule question porte sur le projet de loi lui-même (« La réforme du rythme est-elle une bonne réforme ? »), et la réponse, qui se moque des prétendues « arguties » des opposants, sans présenter le moindre élément d’analyse, dit assez ce que vaut cet « expert » :

Les opposants cachent leur opposition derrière des arguties : « ça va être nul », « on n’y arrivera jamais » […] Certaines critiques peuvent être fondées. La loi n’est pas parfaite. Mais on ne peut pas reprocher à Vincent Peillon de passer en force. Il a procédé à une vaste consultation. Et tout est négociable. Surtout, chacun sait que 6 heures de cours par jour […] ce n’est pas un bon système scolaire.

On l’a compris, ce n’est pas en sociologue que parle le sociologue pourtant invité à ce titre, mais en qualité de fabricant d’opinion. Et Libération sait les choisir : celui-là ne se borne pas à dénoncer le « corporatisme » [2] prêté à une partie des enseignants à l’occasion d’une mobilisation particulière : c’est le corps enseignant dans son ensemble qu’il pourfend, ici comme ailleurs. En 2010, il déclarait déjà :

« L’École française est le produit de l’Église. [...] À une période de ma vie, il y a environ 12 ans, j’ai été chargé par un ministre de l’Éducation de gauche de réformer une partie du système scolaire, à savoir le collège [...]. J’ai donc passé beaucoup de temps à discuter avec les syndicats d’enseignants. [...] Je n’ai eu que des discussions théologiques. Je croyais que j’avais affaire à des syndicats ; j’avais affaire à des curés ; à des gens qui avaient des raisonnements symboliques, très peu de raisonnements pratiques. » [3]

Alors, pourquoi faire appel à un « expert » pour dire ce que « chacun sait » et ce que tout bon éditocrate peut gribouiller sur les « crispations des profs » ou l’impossibilité de réformer l’Éducation nationale ?

 

Peut-être pour permettre à l’éditocrate en chef de la « maison commune de toute la gauche » de s’appuyer sur lui pour fustiger le « corporatisme enseignant » – ce qu’on fait tout de même avec un peu plus de complexes qu’au Monde ou au Figaro.


Quoi qu’il en soit, Nicolas Demorand, dans un éditorial simplement intitulé « Paralysie », nous fait part de son inquiétude :  

 

« maintenant que les banderoles sont de sortie et que les manifestations s’enchaînent », il y a un « risque » : le risque que s’impose « l’idée, parfaitement décrite par le sociologue de l’éducation François Dubet, […] que le monde enseignant, ou ses syndicats, incarne l’archétype le plus achevé du conservatisme. » Idée vraie ou fausse ? Nicolas reste prudemment ambigu – ce qui ne l’empêche pas, lui et le journal qu’il dirige, de mettre tout en œuvre pour la faire triompher.


Après cette remarquable entrée en matière, la double page suivante apporte quelques nuances.

 

Deux articles (« Des enseignants dans le doute » et « Des parents dans le flou ») qui, malgré leur forme de micro-trottoir à peine amélioré, donnent à entendre quelques critiques, quelques arguments, pour et contre : où l’on comprend qu’il pourrait y avoir un débat sérieux sur cette réforme, son contenu, les conséquences concrètes et pratiques de son application, les solutions alternatives, mais qu’il n’aura pas lieu dans Libération. La dernière page (moins une demi-page de pub) s’attarde sur – « décrypte » – les risques « politiques » de l’échec de cette réforme… pour le ministre. Et, en terminant le « dossier », on en vient à se dire que le titre de « Une » n’était finalement pas si mal choisi que ça : « Et les élèves dans tout ça ? »

Notes

[1] Autrement formulé, selon le paragraphe d’introduction, il « analyse le blocage enseignant et s’inquiète des difficultés à faire bouger le système ».

[2] Ce qu’il fait pourtant fort bien, et comme on lui dit de faire :
Libé : « S’agit-il d’une réaction corporatiste ? »
– F. Dubet : « Évidemment, c’est du corporatisme. » Etc.

[3] Transcription d’une vidéo disponible sur le site Neoprofs.

 

 

http://www.acrimed.org/article4004.html


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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 11:56

voixdesonmaitre

par Frédéric Lemaire, Henri Maler, le 14 février 2013

 

Mardi 12 février. Il est 7h51 sur France Inter. Pascale Clark interroge le syndicaliste Mickaël Wamen de l’usine Goodyear d’Amiens-Nord, à l’occasion de l’action engagée ce matin-là par les salariés de plusieurs entreprises en lutte devant le siège de Goodyear à Rambouillet.

Rapidement, l’interview tourne au réquisitoire contre le délégué syndical CGT. Présumé « belliqueux », en raison de terrifiants « actes de vandalisme » et présenté comme responsable du blocage des négociations, le syndicaliste est sommé de s’expliquer devant un tribunal médiatique imaginaire…


L’interview semble de premier abord cordiale : «  Où êtes-vous exactement ? Il paraît que vous êtes bloqués par les forces de l’ordre ? », interroge la journaliste. Mais lorsque Wamen évoque un dispositif policier disproportionné, Pascale Clark l’interpelle sur les bonnes dispositions des manifestants et sur le caractère pacifique de ses intentions :

 

« Mickaël Wamen, il paraît que les forces de l’ordre craignent des débordements, votre état d’esprit est belliqueux ? »


Le délégué syndical a beau se défendre d’un tel « état d’esprit », la procureure Clark ne lâche pas le morceau. Et lorsque Wamen en vient à critiquer le traitement médiatique de la contestation syndicale (« ça commence à bien faire sans cesse de nous pointer du doigt en disant, que ce soit sur votre antenne ou sur d’autres médias, vous êtes belliqueux, vous voulez en découdre ») elle finit par l’interrompre et s’exclame : « Ouais, mais Strasbourg la semaine dernière, Mickaël Wamen, Strasbourg la semaine dernière, on a vu des actes de vandalisme »


L’interview prend ainsi le tour d’un rappel à l’ordre public. Un ordre public que certains journalistes - suivant en cela l’exemple désormais inoubliable de David Pujadas face à Xavier Mathieu - prétendent contribuer à maintenir… Les salariés en lutte sont-ils des vandales belliqueux ? Clark semble suivre la trace de son confrère quand il lançait à Xavier Mathieu : « On comprend bien sûr votre désarroi, mais est-ce que ça ne va pas trop loin ? Est-ce que vous regrettez ces violences ? »


Mais à l’instar de Xavier Mathieu, Mickaël Wamen ne se laisse pas faire.

 

Il rappelle que c’est un salarié qui a perdu un œil dans les échauffourées avec les forces de l’ordre, et finit par fustiger un gouvernement dont la politique, parce qu’elle est marquée par un déploiement policier répressif, est « pire que Sarkozy ». Il s’attire alors une réplique immédiate destinée à souligner l’extrémisme attribué au syndicaliste : « Pire que Sarkozy ? Un gouvernement de gauche ? C’est pire qu’un gouvernement de droite ? »


Wamen a beau expliquer qu’il dénonce entre autres la criminalisation des actions syndicales et l’impunité des chefs d’entreprises, Pascale Clark l’invite, sous une forme faussement interrogative, à la modération : « François Hollande qui a confirmé hier une prochaine loi sur la reprise des sites rentables, la loi dite Florange, apparemment ça ne vous calme pas ? » Nul doute que Pascale Clark s’adressant à Laurence Parisot ne manquerait pas de lui dire : « François Hollande a annoncé la transposition dans la loi d’un certain nombre de revendications du MEDEF, apparemment ça ne vous calme pas ? »


Et comme Wamen ne « se calme pas » et soutient vigoureusement que, à ses yeux, la politique du gouvernement est incohérente, Pascale Clark après un long soupir conclut l’intervention du syndicaliste par ce fin commentaire : « Vous les aimez pas beaucoup finalement. » Le conflit, une question d’affect, « finalement » !


Mais le réquisitoire n’est pas terminé, et la procureure de France Inter lance à l’accusé : « Mickaël Wamen, vous avez choisi la ligne dure à la CGT, cinq ans que vous refusez la reprise par le groupe américain Titan pour la partie pneus agricoles. » Et d’ajouter sur un ton désapprobateur : « 500 emplois seraient sauvés, vous dites toujours les 1173 salariés ou rien ? »


Le délégué syndical précise-t-il que l’opposition sur les conditions d’une éventuelle reprise dure, non pas depuis cinq ans, mais depuis trois ans ? La procureure, agacée mais magnanime, lui concède : « Bon, trois ans, je vous les accorde... ». Mickaël Wamen indique que ce n’est pas la CGT mais la justice qui bloque la reprise de Titan. Mais sur cet aspect de son réquisitoire, Pascale Clark ne reviendra pas…


Elle se contente de poser une ultime question : « Dernière chose, Mickaël Wamen, que se passera-t-il en marge du comité d’entreprise exceptionnel de Goodyear, est-ce que vous comptez, vous les manifestants, entrer dans Paris ? » De quoi parle-t-elle ? D’une marche de Rambouillet à Notre-Dame ? Se souvient-elle de la chanson interprétée par Serge Reggiani « Les loups sont entrés dans Paris » ? Imagine-t-elle qu’une foule de vandales belliqueux va fondre sur la capitale (et peut-être sur les locaux de France Inter) pour pendre les aristocrates à la lanterne ?


Wamen doit, une fois de plus, se défendre contre l’accusation de vouloir tout casser : « Ecoutez pour l’instant on n’est pas pour entrer dans Paris ou quoi, on est devant le siège social de Goodyear, avec 700 salariés, qui sont motivés à garder leur emploi, certainement pas rentrer dans le jeu de la direction et des autres qui disent aujourd’hui qu’on est des casseurs. » Des « autres » ? Suivez son regard…


La fin de l’interview est à la hauteur de son déroulement. Alors que Wamen souligne la fierté des salariés mobilisés, Clark le coupe une fois, puis lui lance un long « Merciiii » pour congédier l’ouvrier (qui aura tout juste le temps de terminer sa phrase), avant de conclure en beauté :


« Le délégué CGT de Goodyear Amiens Nord Mickaël Wamen, très en forme, merci et bonne journée, Patrick Cohen.»

Et Patrick Cohen « très en forme » d’apporter son soutien à la journaliste malmenée :

 « Merci Pascale Clark et à tout à l’heure 9h10 par qui allez-vous vous faire engueuler à 9h10 ?  »


Assis au chaud derrière son micro, le présentateur de France Inter disqualifie comme une engueulade les réponses sans complaisance d’un syndicaliste en lutte qui répond depuis un site entouré par un important dispositif policier.

Frédéric Lemaire et Henri Maler

 

http://www.acrimed.org/article4003.html

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 13:41

voixdesonmaitre

par Ugo Palheta, le 5 février 2013


Contestant les politiques d’austérité menées par le gouvernement, plusieurs confédérations syndicales (FSU, CGT, Solidaires) appelaient les travailleurs de la fonction publique à faire grève jeudi 31 janvier.

 

L’occasion pour les « grands » médias d’informer sur les raisons d’une colère sociale dont la grève des professeurs des écoles parisiens a récemment donné la mesure [1] ? Si quelques médias se sont distingués en livrant des éléments de compréhension de cette grève, c’est généralement en les enrobant dans la thématique animalisante de la « grogne ». Plus malveillants, certains médias ont choisi de mobiliser contre la mobilisation sociale, que ce soit en reprenant à leur compte une rhétorique anti-fonctionnaires usée jusqu’à la corde ou en décrétant, une fois pour toutes et par avance, l’inutilité de cette grève.

Il ne nous revient pas ici de défendre les revendications ou le mode d’action des grévistes, mais simplement de constater – et de déplorer – que, loin de se contenter d’être des observateurs du mouvement, un certain nombre de médias se sont plu à devenir des acteurs du conflit en disqualifiant une des parties. Plus généralement, c’est une fois encore l’absence de pluralisme – qui se manifeste à travers le faible intérêt accordé aux revendications du mouvement social – qui doit retenir l’attention.


En guise de préambule, sans doute doit-on évoquer la manière dont les médias dominants avaient, en quelque sorte, préparé le traitement de cette grève, quelques jours auparavant, en ayant recours au discours, lui aussi largement éculé, de la « France en faillite » (ou de « l’État en faillite ») [2].


La « France en faillite »


Les propos tenus quelques jours auparavant par le ministre du Travail Michel Sapin, affirmant que l’État français serait « totalement en faillite », tombaient en fait fort à propos pour délégitimer préventivement la grève des travailleurs de la fonction publique. Du moins fallait-il pour cela qu’ils soient largement relayés par de « grands » journalistes, avides de « discours de vérité », tels que le chroniqueur économique d’Europe 1 Axel de Tarlé (ou encore Jean-Michel Apathie, qui se fait longuement l’écho de la déclaration de Michel Sapin sur RTL le même jour).


Car pour ces journalistes, il est hors de doute non seulement que l’État français est en « faillite », mais que seules des « réformes de structure » (comprendre les réformes néolibérales de dérégulation et d’austérité budgétaire) seraient susceptibles de « remettre le pays sur la bonne voie » (pour reprendre les propos de Tarlé dans sa chronique du 28 janvier.


En effet, ces marchés financiers « commencent à trouver que nous sommes trop endettés, et ils veulent bien continuer à nous prêter de l’argent mais à une seule condition : c’est que nous fassions ces fameuses réformes structurelles ». Plus besoin donc de prôner des politiques économiques dont les populations ne veulent pas (et qu’énumère Tarlé : « économies à tous les étages, souplesse dans les entreprises, gel des pensions de retraite, on parle même de baisser les indemnités chômage des cadres »), il suffit pour le journaliste économique de faire fonctionner (en le justifiant au passage) le chantage auquel se livrent le créancier-gendarme : « on l’a dit, on n’a plus le choix, on est obligés de se réformer sous peine de ne plus pouvoir emprunter ».


Circulation circulaire de la « grogne »


Deux jours avant la grève dont il est question ici, le terrain était donc d’ores et déjà miné pour quiconque aurait eu l’idée saugrenue de revendiquer des hausses de salaires, des créations d’emploi ou la suppression de la journée de carence dans la fonction publique (revendications avancées par les syndicats appelant à la grève).

 

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 13:41

 

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Comment lutter contre la pollution croissante de l'eau ?


Peut-on boire sans crainte l'eau du robinet ? C'est ce qu''affirme Janez Potocnik, commissaire européen en charge de l'environnement. Mais les scientifiques qui analysent les substances rejetées dans nos eaux se montrent plus réservés. En effet, ils observent chez les poissons et les amphibiens des troubles de la masculinisation, des hypertrophies du foie et des branchies...

 

Chez l'homme, les phénomènes d'allergies et de résistance aux antibiotiques progressent.

 

La biologiste Barbara Demeneix a décelé dans l'eau des molécules perturbant le fonctionnement de la thyroïde. Écotoxicologue, Peter von der Ohe plaide pour une révision des protocoles expérimentaux d'analyse des eaux : selon lui, trop peu de substances sont testées, et sans que les équilibres complexes de la chaîne alimentaire ne soient pris en compte.

 

Résultat : les estimations des seuils de tolérance à ces substances sont trop hauts et le scientifique estime que seules 15% de nos eaux sont propres.

 

Mais dans les pays en voie de développement, la situation est plus dramatique encore : en Inde, où l'industrie pharmaceutique européenne a délocalisé une partie de sa production, le chercheur Joakim Larsson a mesuré des concentrations en antibiotiques un million de fois supérieures à la normale.

 

Maladies chroniques, fausses couches, naissance de nourrissons handicapés se multiplient. Un constat qui invite à se mobiliser : les scientifiques en appellent à la responsabilité des industriels et aux autorités administratives et explorent des solutions pour dépolluer l'eau.

jeudi, 7 février 2013 à 23:05

Rediffusions :


10.02.2013 à 10:50
21.02.2013 à 15:10


Quand la chimie contamine notre eau
(Allemagne, 2012, 52mn) ZDF

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 12:31

par Olivier Poche, le 30 janvier 2013


Mardi 22 janvier, les instituteurs parisiens se sont massivement mis en grève et ont défilé contre le projet de loi pour la « Refondation de l’école », présenté le lendemain au Conseil des ministres.

 

Si le mauvais traitement médiatique que les grévistes ont eu à subir a été d’inégale gravité [1], la tonalité d’ensemble laisse à penser que l’alternance n’a rien enlevé aux grands médias de leur goût pour « La Réforme », de leur dégoût pour ceux qui La refusent, ni surtout de leur capacité à donner des leçons en lieu et place d’informations.

Certes, qui aurait eu le loisir, l’envie et la patience de tout lire, tout écouter et tout voir de ce que journaux, radios et télés ont pu dire de cette grève serait sans doute parvenu à se forger une vision d’ensemble et à recueillir des informations détaillées sur ses tenants et aboutissants… Il n’en demeure pas moins qu’un « citoyen lambda », se contentant d’un ou deux médias pour s’informer sur la réforme proposée, la concertation qui l’a précédée, et la mobilisation des instituteurs qu’elle a entraînée, n’en retirera bien souvent qu’une vision tronquée et incompréhensible, fustigeant les grévistes – et s’exprimant, comme il se doit, dans cette langue automatique du journalisme par temps de grève, que nous connaissons malheureusement si bien.


« Incompréhensible » : c’est un des leitmotive éditocratiques devant la mobilisation des instituteurs parisiens, dont le caractère massif pouvait en effet surprendre.

 

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 13:55

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Daniel Schneidermann | Fondateur d'@rrêt sur images
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Rien. Pas un mot. Pas une image

Plusieurs heures durant, les manifestants pour le mariage gay auront défilé à Paris dans l’ignorance générale des deux chaînes d’info continue diffusées sur la TNT, BFM-TV et i>Télé. Les chaînes étaient ailleurs, aux Sables d’Olonne (Vendée), où le navigateur François Gabart allait arriver, il arrivait, il n’avait jamais été si près, voilà, il est là, on le voit, on le touche, voyez comme il est beau, comme il est jeune, comme il est blond, comme il sourit, quel exploit, et 29 ans seulement, ah il sourit encore, et sa femme est là aussi, qu’elle est belle Henriette, et leur bébé de 9 mois, quelle fête mes amis, et tous ces braves gens qui l’acclament, quelle joie, quel bonheur innocent, pur, sans taches celui-là. Oh pardon. On ne l’a pas dit.

En janvier, c’était télé Barjot

Ils ne l’ont pas dit, mais leur silence le pensait si fort. Leur silence le criait. C’est le problème avec le silence. Il crie des choses que l’on entend très fort, même s’il ne dit rien. Comme quoi il vaut toujours mieux parler. Evidemment, ils démentiront. Ils plaideront l’exploit historique, les 78 jours, le record battu. Ils expliqueront qu’il faut choisir. Et pourtant, le 13 janvier, pour les autres, vous aviez tenu l’antenne toute l’après-midi ? On l’avait vue virevolter, la Barjot, devant vos caméras. Vous aviez fait télé Barjot. Alors ? Alors, puisque vos cars-régie se trouvaient sur le parcours, puisque vos invités étaient réservés (et ont été décommandés au dernier moment), pourquoi n’avoir pas partagé votre antenne ?

Le droit au direct

A quelque chose, malheur est bon : les marcheurs de dimanche, ceux qui les soutiennent, ceux qui, en province, espéraient vivre la manif en direct, auront touché du doigt le malheur de n’être pas représentés par le système de représentation qui semble prendre le pas sur tous les autres : le direct. Le direct interminable, le direct creux, le direct en boucle. Comme tout le monde, ils revendiquaient le droit au direct. Raté. Ils se seront vengés sur Twitter, qui résonnait d’imprécations et de blagues contre les chaînes continues.


Leur non-représentation, ils avaient pu l’oublier, ces derniers temps. Ils avaient commencé à rattraper le temps perdu. On avait commencé à les voir, à les entendre, et plutôt généreusement. Et vlan. En une après-midi, retour à la case mitard. Tu n’existes pas, tu n’as jamais existé, je ne te vois pas, je ne t’ai jamais vu. Cette humiliation-là, que subissent à longueur d’année toutes les minorités, cette négation, ils l’auront touchée du doigt, en direct.

Ecraser ce qu’on ne veut pas voir

Parmi eux, parmi ceux qui marchaient dimanche pour le mariage pour tous et apprenaient peut-être, par la rumeur de la manif, qu’ils n’existaient pas aux yeux de BFM et i>Télé, il en est peut-être quelques centaines, quelques milliers, qui croyaient encore que l’image télévisée reflète le réel, qui se disaient que ce n’est pas si grave que nous le répétons ici, et qui auront touché du doigt comment les « pravdas » audiovisuelles privées écrasent ce qu’elles ne veulent pas voir, l’écrasent sous les hurlements de triomphe, sous le bavardage scintillant, sous les célébrations factices, sous les boucles creuses. Ces hurlements, ce bavardage, ces célébrations, cette télé-confetti, se seront marqués en eux au fer rouge, et la trace en restera toujours.

 

http://www.rue89.com/2013/01/28/gabart-la-marche-pour-le-mariage-gay-et-les-pravdas-du-direct-239056

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L’homophobie pour tous

 

- Mariage pour tous : quand i-Télé fait la réclame graphique de la #manifpourtous (L’observatoire des médias, 14/01) – « Le 15 octobre dernier, la chaîne revoyait son habillage. Un habillage qui comme toutes les grandes chaînes d’info aujourd’hui présentent un « ticker » dans le bas de l’image, pour faire défiler dépêches, annonces de programmes, exclus de la chaîne etc. À gauche, le logo de la chaine, à droite l’heure, et entre les deux les dépêches avec une majeure partie du temps une catégorisation apparaissant en blanc sur fond rouge. Quelle ne fut pas ma surprise de voir, hier, i>Télé utiliser le logo officiel des opposants au « Mariage pour tous », ce « logo » représentant un père une mère et leurs enfants. »

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http://www.acrimed.org/article3985.html

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