Social samedi 01 mai 2010
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Le défilé s’est engagé sur les quais de l’Odet.
Environ 1 700 personnes défilent actuellement dans le centre-ville de Quimper dans le cadre des manifestations du 1er mai.
CGT, CFDT, Unsa, Solidaires et FSU sont regroupés derrière une banderole unitaire. Comme prévu, Force ouvrière est absente. Des partis (NPA, PS, Alternatifs) sont
également présents dans le défilé.
1.700 manifestants. «On sent que ça monte»
2 mai 2010 -Le Télégramme
500 manifestants en 2008, plus de 5.000 l'an passé: en réunissant environ 1.700 personnes ce samedi 1ermai, le traditionnel
rassemblement des travailleurs n'a pas trop démérité. Certains sont déçus, d'autres préfèrent croire à la mobilisation qui monte.
«Vous savez il y a quelques années, le 1er-Mai c'était la rencontre avec les collègues et puis le pot après. Le moment
de camaraderie primait», commente Jean-Claude Le Guen (CGT) dans le cortège. «Cette année on ne pouvait pas savoir ce que cela allait donner. On sent que ça bouillonne partout, dans la rue, dans
les entreprises.
C'est sensible au niveau des adhésions. Il y a une montée en puissance qui se confirme». Il n'est pas trop déçu à l'annonce de 1.700 manifestants. Jean-Marc Cléry,
du SNES-FSU, estime aussi que «la mobilisation est satisfaisante». «C'est mieux qu'il y a quelques années. Le choix de l'unité syndicale est important. On sent une volonté de se rassembler et il
y a le contexte de crise. Le problème des retraites sera un thème très fort, d'autant qu'il est lié à celui de l'emploi».
Sentiment plus mitigé un peu plus loin. François Riou, militant CFDT, conseiller général de Châteauneuf-du-Faou, arbore au veston l'autocollant de son syndicat. «Et
je suis à jour de mes cotisations», dit-il en montrant la vignette dans son portefeuille. Il ne cache pas sa déception devant la mobilisation. «Où sont les jeunes, alors qu'ils sont dans la merde
concernant leur travail, leur avenir? Je pensais qu'il y aurait foule. J'ai du mal à comprendre. Pour nous les anciens, c'est inquiétant de voir cela. D'accord, on sent que ça monte, mais pas
assez vite. Il y a beaucoup d'individualisme dans la société d'aujourd'hui».
Michel Bondis est, lui, militant de l'UNSA. «C'est mon premier jour de retraite aujourd'hui», dit-il en souriant. Il avoue ensuite qu'il a tout juste 50 ans.
«J'étais chauffeur de bus à la RATP à Paris. 28 ans de maison». N'est-il pas difficile d'expliquer cette retraite précoce? «Si, dit-il. Le statut de l'entreprise change en juillet et la retraite
passera progressivement à 60ans d'ici 2012. Mais il faut prendre en compte la pénibilité du travail. Vous n'imaginez pas l'importance du taux d'inaptitude dans notre métier. Il y a des métiers
pénibles qui méritent une retraite à 55 ans. De toute façon, on ne doit pas partir en retraite après 60 ans. Car que fera-t-on des jeunes et des seniors qui n'ont déjà pas d'emploi».
AFOBAT, Kerjestin
Le cortège de ce samedi matin était ponctué des banderoles qui font l'actualité. L'an passé, les salariés de Livbag et Cummins étaient en première ligne. Cette année, on a vu et surtout entendu
ceux de l'Afobat qui vivent une crise sans précédent avec leur direction et leur conseil d'administration. Le comité de soutien nouvellement créé a ainsi eu l'occasion d'expliquer sa
démarche.
En fin de cortège, les parents d'élèves de l'école de Kerjestin ont aussi manifesté leur présence, soudés par de longues journées d'occupation de l'école où la Clis
doit être supprimée. Un groupe affichait aussi son soutien à «L'IUFM en lutte pour sa survie». Le cortège avait de quoi remplir les rues du centre-ville et perturber la circulation rue
Amiral-Ronac'h. Ce premier mai 2010 aura ainsi plutôt satisfait les vieux syndicalistes qui ont connu d'autres époques plus désespérantes.