blog du Npa 29, Finistère
Ouvriers en armes
Le 29 octobre 1922, il y a 90 ans, Mussolini accédait au pouvoir au terme de la Marche sur Rome.
Ses troupes fascistes, les Chemises noires, avaient commencé à converger vers la capitale italienne la veille. Il voulait donner l'allure d'une révolution à ce qui ne fut à ce moment qu'un changement de gouvernement dans les règles constitutionnelles, mais qui allait installer pour plus de vingt ans la dictature fasciste.
Face à la convergence des troupes de Mussolini le 28 octobre, l'état de siège fut d'abord proclamé par le gouvernement, puis levé le jour même, le roi Victor-Emmanuel III ayant refusé de signer le décret le proclamant. Dès le lendemain, le roi proposa à Mussolini de prendre la tête du gouvernement. Les Chemises noires poursuivirent malgré tout leur marche, sans rencontrer aucune résistance, et entrèrent dans la capitale le 30 octobre, avec Mussolini à leur tête. Mais cette arrivée théâtrale au pouvoir ne faisait que confirmer les résultats d'un combat qui s'était livré bien avant dans tout le pays, au cours duquel les hommes de main de Mussolini, avec la complicité de l'appareil d'État, avaient écrasé les organisations du mouvement ouvrier.
Le mouvement révolutionnaire trahi
Au sortir de la Première Guerre mondiale, en 1919 et 1920, l'Italie, comme bien d'autres pays d'Europe, avait été touchée par une vague révolutionnaire, à l'exemple de la révolution russe de 1917. Au cours de ces deux années rouges, le Biennio Rosso, la classe ouvrière avait occupé les usines et la paysannerie les terres.
Le prolétariat italien était alors organisé massivement au sein du Parti socialiste italien, le PSI, et au sein de syndicats puissants. Mais les dirigeants réformistes de ce Parti socialiste et les chefs syndicaux de la Confédération générale du travail (CGL) ne voulaient pas de la révolution. « La dictature du prolétariat était une réalité, il fallait seulement l'organiser et en tirer toutes les conclusions. La social-démocratie prit peur et fit marche arrière. Après des efforts audacieux et héroïques, le prolétariat se retrouva devant le vide. L'effondrement du mouvement révolutionnaire fut la condition préalable la plus importante de la croissance du fascisme », écrivit plus tard Trotsky.
Autre article du PSL:
http://www.socialisme.be/psl/archives/2012/01/07/occupations.html