blog du Npa 29, Finistère
24 juillet 2009 - Le Télégramme
23 juillet 2009 à 12h39 -
Alcatel-Lucent avait annoncé la mise en place d'un plan social engageant la suppression d'un millier de postes en France. L'Ouest est particulièrement concerné : Lannion perd 201 emplois.
Lannion est durement touchée par le plan de 1.000 suppressions d'emplois en France (850 suppressions, au moins 150 externalisations) annoncé par
Alcatel-Lucent. La mauvaise nouvelle est tombée peu après 10 h. Entre les 49 suppressions de postes et les 99 externalisations confirmées, le site lannionnais perd 148 emplois.
Auxquels il faut ajouter la suppression des 53 postes de la branche production de la filiale RFS (radio frequency system). Lanniojn perd donc 201 emplois.
Des centaines de salariés mobilisés
"C'est plus qu'on ne l'aurait cru. les externalisations ne visent pas seulement les produits historiques de la téléphonie fixe, mais sont étendues aux 51 personnes qui travaillent sur NGN
mobile, produit axé vers le futur", déploraient à chaud les syndicats. Jusqu'à midi, l'accès au site était entièrement bloqué. Les salariés, plusieurs centaines en dépit des congés, ont
installé leur campement avec chapiteau, café et gâteaux. Mais le coeur n'y était pas. Lannion attendait l'issue du CCE de RFS, filiale d'Alcatel-Lucent, qui s'est tenu cet après-midi. Bilan
négatif : comme le craignaient les syndicats, RFS supprime 53 postes. Soit la totalité de la branche production de la filiale qui n'emploie plus qu'une trentaine de salariés en recherche
et développement.
111 postes en moins en Loire-Atlantique
Quel tribut paient les autres sites français ? 241 postes doivent être supprimés à Vélizy (Yvelines), 129 à Villarceaux, 49 à Ormes (Loiret), 49 à Lannion (Côtes d'Armor), 60 à Orvault
(Loire-Atlantique) et 200 à Eu, d'après les informations qu'ont reçues les syndicats d'Alcatel-Lucent France (ALF, principale filiale). En outre, 51 postes à Orvault doivent être
transférés vers des entreprises partenaires, ce que la direction nomme "co-sourcing" et les syndicats "externalisation".
Un poste de la filiale Alcatel-Lucent Enterprise a également été supprimé à Brest.
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200 emplois en moins à Lannion, 111 à Orvault, près de Nantes, un millier au total en France. Alcatel-Lucent taille une fois encore dans ses effectifs en France. Un nouveau coup dur pour l'industrie des télécoms dans l'Ouest.
La nouvelle était attendue depuis quinze jours. La direction d'Alcatel-Lucent a confirmé hier, à l'occasion de comités d'entreprise
dans ses différents sites, la suppression de 850 postes en France et l'externalisation de 150 autres vers des entreprises partenaires. Au total, mille postes de moins pour un groupe qui comptait
plus de 12.000 salariés dans l'Hexagone, il y a deux ans, et qui en comptera à peine 10.000 l'an prochain. Au niveau mondial, il s'agit du quatrième plan social en trois ans. Pourtant, Ben
Verwaayen, qui a pris en septembre dernier la succession du tandem Patricia Russo-Serge Tchuruk à la tête du groupe franco-américain, avait assuré qu'il ne procéderait plus à aucun plan social
global. Mais la situation financière d'Alcatel-Lucent, qui souffre particulièrement sur un marché des télécoms dominé par les Asiatiques, le contraint une nouvelle fois à réduire les coûts.
Autrefois concurrencé par l'Américain Motorola ou les Européens Nokia, Siemens et Ericsson, voilà Alcatel-Lucent doublé en termes de coûts et de technologie par les groupes chinois.
Déjà 1.800 postes supprimés en 2007
Comme en 2007, alors que le groupe avait supprimé 1.800 postes en France, l'Ouest de la France paie le prix fort. Sur le site de Lannion, qui compte aujourd'hui 900 salariés, 49 emplois vont être
supprimés, essentiellement en recherche et développement. 99 autres seront externalisés. Par ailleurs, également à Lannion, 50emplois disparaissent au sein de la filiale RFS (antennes de
téléphonie mobile). À Orvault, 60 postes disparaissent et 51 sont externalisés. Toutefois, c'est le site de Vélizy (Yveslines) qui est le plus touché avec 241 suppressions de postes, devant
l'usine d'Eu (Seine-Maritime), qui perd 200 de ses 500 emplois. À Brest, un seul emploi est supprimé au sein d'Alcatel-Lucent Enterprise (sur 240). Selon la direction du groupe, ce nouveau plan
«vise à réduire les coûts de structure, tout en préservant le rôle central de la France dans le groupe et sa capacité de recherche et développement». Les départs se feraient d'abord sur la base
du volontariat. Mais les syndicats craignent des départs contraints, faute d'un nombre suffisant de volontaires.
Une mobilisation annoncée à la rentrée
L'intersyndicale du groupe, qui a demandé à rencontrer NicolasSarkozy, veut «empêcher ce dépeçage d'une industrie française de haute technologie exportatrice» et faire «cesser le dumping des
équipementiers chinois». «La colère domine. Nous en avons ras-le-bol des annonces à répétition», a martelé, hier, Hervé Lassalle (CFDT). Il a annoncé «une mobilisation à la rentrée pour limiter
la casse». Depuis la difficile fusion en 2006 entre le français Alcatel et l'américain Lucent Technologies, le groupe a déjà procédé à plusieurs plans de restructuration, comprenant 17.500
suppressions d'emplois d'ici à fin 2009, dont plus de 2.000 en France. Dans l'Ouest, le plan social de 2007 avait entraîné la suppression de près de 450 postes à Orvault, Rennes, Lannion et, dans
une moindre mesure, Brest .