blog du Npa 29, Finistère
mardi 25 août 2009
Reportage : Radicalité.
Lors de son université d’été, le NPA entend franchir un nouveau cap.
NPA, acte II. Près de huit mois après leur congrès fondateur, les troupes du Nouveau Parti anticapitaliste d’Olivier Besancenot sont priées de passer la vitesse supérieure. Et la première université d’été de l’ère NPA, en bord de plage à Port-Leucate (Aude), est là pour remobiliser des militants, en shorts, sandales, maillots et bracelets… rouges, bien sûr.
Après le piètre score obtenu aux européennes (4,9 %), pas de gueule de bois certes, mais entre guitares, bières et débats, reste un petit goût amer chez certains. Pour son meeting de rentrée, dimanche soir face à un bon millier de personnes, Olivier Besancenot a été clair : tout le monde sur le pont. «Plus de régularité»,«plus de constante militante».
«Marathon». Il veut plus d’implication de la part des militants : «On doit se retrouver avant et après les luttes», a expliqué le porte-parole du NPA. Et prévenu ses camarades : «On est parti pour un vrai marathon. Il va falloir trouver de l’endurance.» Un NPA à court de souffle ? Le facteur redouterait-il toujours cette satanée vague de départs des nouveaux militants déçus, rumeur lancinante qui traîne depuis le début de l’été ?
Pas d’inquiétude pour Alain Krivine : «Regardez, il y a plus de 1 400 participants à cette université d’été, et je n’en connais même pas la moitié !» plaisante le leader historique du parti. Reste que la direction le sait : s’il ne veut pas voir partir ses nouveaux militants et redevenir un groupuscule, le NPA doit «continuer à s’élargir», explique Besancenot. Symbole de cette ouverture en direction des syndicats, associatifs et sans-parti, l’université d’été met en avant cette année «l’écosocialisme» et les quartiers populaires. Et pour attirer le chaland anticapitaliste et l’initier à la lutte féministe, des cours de «salsa antisexiste» ont même été programmés. «Il nous faut de la diversité», explique Krivine. «Pour faire pénétrer davantage nos idées dans la société», ajoute Besancenot.
Les adversaires sont toujours les mêmes : Sarkozy, le gouvernement, les patrons. Les slogans («Taxons les patrons»,«Nos vies valent plus que leurs profits») n’ont pas changé. Mais après la création de l’outil (le parti) et sa médiatisation, place à la «visibilité du projet politique».«Il ne faut pas que l’on reste simplement "sympathique", défend l’ancien de Mai 68. Il faut donner une crédibilité au NPA en terme de contenu parce que sinon, on jette nos électeurs dans les bras du centre gauche.»
«Minimum vital». Ça tombe bien. Invités pour débattre, hier, dans une salle bondée, les représentants du PCF et du Parti de gauche (PG) de Jean-Luc Mélenchon font le pari du «contenu» pour rassembler la gauche du PS pour les régionales de mars prochain. «Si on veut se rassembler, on a besoin de prendre point par point ce qui peut nous rassembler», a lancé le porte-parole du PCF, Patrice Bessac. «Les choses qui nous rassemblent sont plus fortes que celles qui nous divisent», a tenté de rassurer le délégué général du PG, François Delapierre. Réponse du NPA : OK pour discuter dans des «groupes de travail» mais avec un «minimum vital» : l’indépendance totale vis-à-vis du PS.
Difficile pour des communistes et des anciens socialistes d’accepter cette condition préalable. Et question symbole, hier, contrairement à 2005 où les leaders du non de gauche au référendum sur le traité constitutionnel européen étaient venus trinquer ensemble à Port-Leucate, ni la secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet, ni le président du PG, Jean-Luc Mélenchon, n’étaient présents. Pour la photo de famille de la gauche de la gauche, il va falloir encore attendre.
mardi 25 août 2009
Comment les partis jugent-ils la rentrée? LEXPRESS.fr a interrogé Pierre-François Grond, membre du comité politique national du NPA.
Comment envisagez-vous votre rentrée politique ?
Cet été, le gouvernement a poursuivi sa feuille de route anti-sociale. Même si cela a été moins médiatisé du fait des vacances scolaires, les conflits persistent comme les fermetures d'usine, La Poste, le pouvoir d'achat décline, l'emploi des jeunes est en berne. La situation reste difficile et dramatique pour la majorité de la population: on approche des 700 000 emplois supprimés en 2009. De plus, 600 000 jeunes vont arriver sur le marché du travail en septembre avec le risque de se retrouver au chômage.
Il s'agit pour nous de constituer un front d'opposition politique et social. Nous avons besoin d'un mouvement syndical et d'une convergence des forces politiques pour s'opposer frontalement à Nicolas Sarkozy.
Quels sont vos chantiers prioritaires ?
L'emploi et l'écologie constituent les questions centrales sur lesquelles nous allons travailler: les plans de licenciement qu'on a connus cet été vont s'accélérer à la rentrée et toucher tous les secteurs de l'économie, que ce soit dans l'industrie automobile, dans la chimie ou l'électronique.
L'écologie, ensuite, s'avère un chantier important parce que la crise écologique nécessite que l'on réfléchisse à un mode de consommation énergétique propre,
avant le sommet sur le climat, prévu en décembre à Copenhague. La taxe
carbone prônée par Michel Rocard est en cela un mauvais système car cet
impôt va pénaliser les plus pauvres sur le principe du consommateur-payeur. Nous sommes partisans d'un dispositif pollueur-payeur où ce sont les entreprises les plus énergivores qui paient.
La taxe carbone est un des thèmes centraux qui sont abordés lors de notre université d'été du 23 au 26 août à Port-Leucate (Aude).
Etes-vous favorables à des alliances pour
les régionales ?
Nous priviliégions un débat avec les forces politiques partenaires. Une convergence avec toutes les forces anticapitalistes: LO, le parti
de gauche, les Alternatifs, les écologistes de gauche...Ce rassemblement viserait à présenter des listes indépendantes du PS. Nous voulons une gauche de rupture différente de la gauche de
gestion. Celle des conseils régionaux, détenus par le PS, et qui distribue des subventions aux entreprises qui ferment et licencient leurs employés. Nous désapprouvons cette politique et
plaidons pour le retour de ces aides publiques en cas de fermeture de site.
La CGT a décliné votre invitation à l'université d'été...
La CGT est présente à tous les débats organisés par les partis politiques sauf... le nôtre. Nous sommes pourtant ouverts à la discussion pour mettre à plat le désaccord qu'il y a avec le syndicat sur la stratégie d'action revendicative. Il est dommage que la direction confédérale de la CGT refuse tout dialogue. Nous rappelons que nous sommes pour l'indépendance syndicale et non pour la soumission d'un syndicat à un parti. Mais sur certaines questions politiques les luttes sociales contre le capitalisme brutal doivent se faire sur la base d'un rassemblement.

lundi 24 août 2009
Reportage : Le petit parti d'extrême gauche, qui tient depuis dimanche sa première université d'été à Port-Leucate (Aude), espère profiter d’une alliance Modem-PS.
Au Nouveau parti anticapitaliste d’Olivier Besancenot, le cliché proposé par Vincent Peillon à Marseille fait franchement rigoler. «J’ai vu la photo dans le journal, c’est assez ridicule de les voir tous alignés comme ça…» glissait hier, un militant, entre deux débats de l’université d’été du parti, dans la chaleur des tentes blanches installés à deux pas de la plage de Port-Leucate (Aude).
Bronzé et prêt pour son meeting de rentrée, Olivier Besancenot y voit une confirmation de son diagnostic : «C’est une union de centre gauche que je vois arriver gros comme une baraque !» Pas de doute pour le porte-parole du NPA : le PS prépare un coup à l’italienne. Un rassemblement des centristes aux communistes comme l’avait fait Romano Prodi pour battre Silvio Berlusconi en 2006. «On doit assumer une gauche de rupture, contester l’hégémonie du PS», propose Olivier Besancenot.
Flirt. Surtout, le NPA voit sa stratégie d’alliance pour les régionales de mars prochain renforcée : d’accord pour des listes communes dès le premier tour avec «les forces anticapitalistes», à condition qu’elles soient «clairement indépendantes du PS», c’est-à-dire que ses élus refusent de gouverner les régions avec les socialistes. «On ne peut pas être un trait d’union entre la gauche radicale et celle de gouvernement, explique le postier. Regardez le résultat en Italie ! Cette stratégie a créé beaucoup d’espoirs mais, au final, tous ont été contraints de soutenir une politique de droite dans le gouvernement Prodi. Résultat, Berlusconi est revenu au pouvoir mais il n’y a plus d’opposition politique !» Message adressé aux dirigeants du PCF.
Les communistes souhaitent, eux aussi, dans le cadre du Front de gauche - lancé pour les européennes avec le Parti de gauche (PG) de Jean-Luc Mélenchon - faire l’union, dès le premier tour, des forces politiques à la gauche du PS. Mais le parti de Marie-George Buffet, qui cogère de nombreuses régions avec des présidents socialistes, est loin d’avoir renoncé à des accords entre les deux tours (voire dès le premier) avec le PS pour rester dans les exécutifs régionaux. Un flirt trop pressant du PS avec le Modem pourrait-il alors convaincre les responsables PCF de passer d’une autonomie souhaitée à une indépendance assumée ? Pas sûr. Surtout que la décision reviendra aux militants dans chaque région. Mais le rapprochement PS-Modem a eu le don d’exaspérer les dirigeants de la place du Colonel-Fabien. «Le spectacle donné, ici par une alliance d’une partie de la gauche avec une partie de la droite, là-bas par le casting pour 2012 sur fond d’inflation des ego à défaut des idées, est désespérant et dangereux», a réagi hier l’un des porte-parole PCF, Olivier Dartigolles.
«Fusions». Aujourd’hui, des responsables du PCF et du PG seront présents dans l’Aude pour venir débattre et (peut-être) rapprocher leurs points de vue. Tous sont déjà désormais d’accord sur une stratégie nationale. «Pas de géographie variable», prévient Besancenot. Sauf pour des «fusions techniques» au second tour. En cas de listes à plus 5 %, le NPA est toujours prêt à fusionner avec le PS pour battre la droite. A condition (évidemment) que le Modem ne soit pas de la partie.
Par Lilian Alemagna (envoyé spéciale).