blog du Npa 29, Finistère
Le 22 novembre 2011
Communiqué du 22 novembre 2011 des 7 associations (AE2D, BV, CLCV, ERB, GMB, SDNC, VMA*)
Discrètement pendant les vacances de la Toussaint , un arrêté est paru au Journal Officiel autorisant la centrale nucléaire de Brennilis à des rejets radioactifs dans l’environnement, mettant fin à 44 années d’illégalité depuis sa mise en service en 1967.
La centrale de Brennilis a réussi ce tour de force de l’impunité : rejeter sans autorisation légale pendant tout ce temps-là. C’est ce que Bruno Chareyron, ingénieur du laboratoire de la CRIIRAD avait pointé lors de sa conférence en septembre 2007 à La Feuillée**, obligeant EDF à reconnaître la contamination radioactive du chenal du aux rejets de la centrale.
Et ces rejets de cette centrale à eau lourde en fonctionnement ont été gigantesques , plus que ceux de l’usine d’extraction de plutonium (dit « de retraitement ») de La Hague, pourtant eux-même plus élevés que l’ensemble des rejets des centrales en fonctionnement.
Rejets tellement hors normes que le professeur Pellerin** (celui qui pourtant avait nié l’impact sanitaire du nuage de Tchernobyl) avouait en août 1987 au journal Libération avoir pesé de tout son poids pour la faire fermer.
La population est en droit de s’interroger
Si le médecin de Brennilis mariée à un employé de la centrale affirme n’ avoir observé aucune augmentation de pathologies, le medecin de Commana (aujourd’hui décédé ) s’interrogeait sur l’inflation de cancers et autres pathologies observées chez ses patients.
Michel Marzin, ancien technicien de la centrale, a fait le bilan chez ses collègues : la moitié ayant travaillé sur les circuits tritiés sont décédés avant l’âge de la retraite. Mais comme l’excès de leucémies infantiles observés aux abords des usines de La Hague, Sellafield, comme le bilan de Tchernobyl et maintenant de Fukushima, l’industrie continuera à nier. Jusqu’à quand ?
Cette industrie nous ment quand elle affirme que le nucléaire est sans danger et que la sécurité est assurée. C’est donc à chaque citoyen, conscient qu’il y va de sa vie, d’exiger l’arrêt immédiat du nucléaire civil et militaire.
Contact : Chantal Cuisnier 02 98 53 81 79 / 06 84 14 58 87
*Agir pour un environnement et un développement durables, Bretagne vivante, Consommation logement et cadre de vie, Eau et rivières de Bretagne, Groupement Mammologique Breton, Sortir du nucléaire Cornouaille, Vivre dans les monts d’Arrée
**voir le film de Brigitte Chevet « Brennilis, la centrale qui ne voulait pas s’éteindre... »
http://www.vivement-lundi.com/vivement-lundi/Brennilis.html
23 novembre 2011
Depuis le mois d'octobre, les travaux préparatoires ont commencé sur le site de la centrale nucléaire de Brennilis. Les plus lourds concernent les échangeurs de chaleur situés dans le bâtiment réacteur. Il s'agit de 16 colonnes, de 20 m de haut, dans lesquelles circulaient le gaz chaud. Pour leur démontage, des ateliers spécifiques de découpe (enceintes confinées avec sas d'accès) sont en cours de construction sous le dôme.
Un bâtiment précédemment démantelé a été reconditionné pour servir de zone de stockage des déchets avant leur évacuation vers les centres dédiés.
"90 à 95 % des déchets provenant des échangeurs sont très faiblement actifs",indique le responsable du site, Jean-Christophe Couty. Le démantèlement de cette partie se fera en 2013 et 2014. Autres bâtiments, partiellement déconstruits avant l'arrêt en 2007, ceux de la station de traitement des effluents. Une sorte de bulle enveloppant cette partie sera aménagée courant 2013 avant la démolition et l'assainissement.
La troisième partie de cette nouvelle phase de démantèlement concerne le chenal de rejet, le fossé dans lequel circulaient des fluides ayant servi à la station de traitement (lire par ailleurs le communiqué ) . "Les contaminations identifiées les années passées ont été traitées, on sait point par point où se trouvent les radioéléments qui ont pu sortir lors d’incidents d’exploitation", précise Jean-Christophe Couty.
Trois zones de contamination ont été détectées dans ce chenal qui rejoint l’Elez. "Ils ne sont présents qu’au stade de traces", assure le directeur. Plusieurs centaines de tonnes de terre
devront être excavées à l’été 2012.