blog du Npa 29, Finistère

La version définitive de la carte scolaire sera publiée la semaine prochaine. Ce document prévoit les ouvertures et fermetures de classes dans les écoles primaires publiques. Il sera validé à l'issue d'un nouveau comité technique spécial départemental (CTSD) et d'un nouveau comité départemental de l'Éducation nationale (CDEN), le 2 février à Quimper. Il reste donc une semaine aux parents d'élèves, aux syndicats et aux enseignants pour se mobiliser.
Quels changements ?
Cette nouvelle version de la carte scolaire sera-t-elle différente de la première ? « Pas sûr, répond Guy Barré, secrétaire départemental du Snuipp. La marge de manoeuvre de l'inspectrice d'académie est étroite. Mais elle dispose tout de même d'une quinzaine de postes sous le coude. Une partie servira aux ajustements de rentrée, en septembre. » Le syndicaliste rappelle que le projet de carte scolaire prévoit 85,5 fermetures de postes et 16,5 ouvertures. Résultat : 54 postes sont perdus pour le Finistère.
Moins 473 élèves
Dans un communiqué, Brigitte Kieffer, inspectrice d'académie rappelle le contexte départemental : « Après une baisse de 473 élèves à la rentrée 2011, les écoles publiques du Finistère verront leurs effectifs diminuer à nouveau de 576 élèves en septembre 2012. Cette baisse a pour conséquence la perte de 29 postes classe à la rentrée prochaine pour le département [...] Par ailleurs, dans le cadre national de contribution au non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, un retrait de 25 emplois hors classe dont 18 en Rased (réseaux d'aides spécialisées) est également notifié. »
Un millier de manifestants
Hier, près d'un millier de manifestants se sont mobilisés pour protester contre ces suppressions de postes dans le primaire public. Près de 600 personnes se sont rassemblées dans la matinée devant l'inspection académique à Quimper. Et 300 personnes l'après-midi devant la préfecture. Le CDEN n'a d'ailleurs pas pu se tenir, faute de quorum.
Boycott
Les syndicats et la fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) ont, en effet, boycotté la réunion. De nombreux élus de gauche étaient présents. Forough Salami, représentante du conseil régional, a rappelé son opposition aux projets gouvernementaux qui portent atteinte aux conditions d'enseignement des professeurs.
Les écoles rurales mobilisées
De nombreuses délégations, venues de tout le département, ont déployé les banderoles. Les élus, eux, ont arboré leur écharpe tricolore. Comme le maire de Plogoff, Maurice Lemaître : « Depuis sept ans, nous faisons tout ce que l'inspection d'académie nous demande dans le Cap-Sizun. On s'est regroupé, on a fermé deux écoles à Primelin et Cléden-Cap-Sizun, on a investi 700 000 euros pour aménager un nouvel établissement, on a mis en place une cantine, une garderie et des transports scolaires. En échange, on nous promettait de nous soutenir et paf, cette année, on nous enlève un poste. C'est un délit de convention. »
« Les Rased sont rasés »
Les réseaux d'aide spécialisés pour les élèves en difficulté (Rased) perdent 18 postes dans le département. « On raye de la carte ces dispositifs mis en place pour les plus faibles, regrette Olivier Cuzon, porte-parole de Sud-éducation. Les inégalités vont se creuser. Et ce sont ces mêmes élèves en difficulté qui sont les premières victimes des classes surchargées. C'est pourquoi nous continuerons à nous mobiliser ! »