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blog du Npa 29, Finistère

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À propos de la mort de Jean Ferrat (Lutte Ouvrière)

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La censure en France


Les commentaires autour de la mort de Jean Ferrat ont rappelé l'existence en France d'une censure de fait s'exerçant sur les radios et la télévision publiques. Elle a été particulièrement virulente dans les années soixante, sous le régime gaulliste, mais elle s'est poursuivie au-delà.

Ainsi, cinq des chansons de Jean Ferrat ont été censurées, officiellement ou officieusement. En 1963, le directeur de l'ORTF « déconseilla » le passage sur les ondes de la chanson Nuit et Brouillard, titre repris du film d'Alain Resnais qui dénonçait les camps de concentration nazis et qui, parce qu'il montrait la responsabilité de l'appareil d'État français dans la déportation de millions de personnes, avait été retiré du Festival de Cannes en 1955.

En 1965, Potemkine, écrite à la gloire de la mutinerie des marins du cuirassé de la Mer Noire avant la révolution de 1905 en Russie, était interdite lors d'une émission à la télévision en direct : « Chantez autre chose », lui demanda-t-on alors. Ferrat refusa et il ne parut pas à l'émission. Puis en 1968, Ma France, chanson s'en prenant au gouvernement, fut à son tour interdite d'antenne, de même que, l'année suivante, Au printemps, de quoi rêvais-tu ?, inspirée de Mai 68.

Cette censure continua même après la démission de De Gaulle, puisqu'en 1975, la chanson sur la fin de la guerre du Vietnam, Sur un air de liberté, disparut lors de la diffusion d'une émission pré-enregistrée, suite à la demande de Jean d'Ormesson, directeur du Figaro.

Il ne fait aucun doute que les sympathies de Ferrat pour le Parti Communiste ont contribué à faire censurer des chansons jugées trop sensibles, comme Nuit et Brouillard, trop critiques vis-à-vis du pouvoir ou trop favorables aux mouvements de révolte des peuples. D'autres que lui firent aussi les frais de leurs opinions politiques. En 1962, le magazine Faire face fut retiré des programmes de l'ORTF, suite à la diffusion d'une émission sur le communisme. En 1964, l'émission La caméra explore le temps fut supprimée par ordre ministériel, pour cause de non-compatibilité politique entre le pouvoir et le réalisateur communiste Stello Lorenzi, après qu'un épisode consacré à l'affaire Cicéron eut été censuré car jugé trop critique envers la résistance française. L'année suivante, plusieurs séquences de Cinq colonnes à la Une furent aussi censurées, dont un reportage sur les cinq semaines de grève aux Chantiers de Saint-Nazaire en 1957.

Jean Ferrat ne fut pas non plus le seul chanteur à avoir été victime de la censure, puisque Boris Vian (avec Le Déserteur), Georges Brassens (dont Le Gorille), Mouloudji et Léo Ferré l'avaient subie avant lui, dans les années cinquante. Ferré sortit d'ailleurs un disque intitulé Chansons interdites, c'est-à-dire interdites à la radio, le principal mode de diffusion de l'époque. Ils avaient eu pour seul tort de contester (en chansons !) l'ordre établi.

Marianne LAMIRAL

Sujets à ne pas aborder...

Les débuts de la Ve République, sous la présidence de De Gaulle, ont été un âge d'or pour la censure, que ce soit à la radio, à la télévision ou au cinéma. Ce qui ne veut pas dire qu'elle n'existait pas avant : les saisies de journaux critiques par rapport à la politique de répression en Algérie étaient chose courante sous le gouvernement du « socialiste » Guy Mollet et de ses successeurs du « Front républicain ».

L'opposition à la guerre d'Algérie fut la première cible. Ainsi, en septembre 1960, 121 intellectuels publièrent un texte dans lequel ils condamnaient le colonialisme français et appelaient à soutenir le peuple algérien qui luttait pour son indépendance. Le gouvernement en interdit la publication intégrale et saisit un journal qui le publia. Il imposa aussi à la RTF de faire le noir complet sur ce manifeste et d'évincer des programmes ou films présentés tout signataire de ce texte. Jean-Paul Sartre, un des signataires, ne pourra revenir à la télévision qu'en 1969, après la démission de De Gaulle. Le livre La Question d'Henri Alleg, dénonçant la torture en Algérie, qui avait été immédiatement saisi après sa parution en mars 1958, ne put être réédité que trois ans plus tard. Le film de Pontecorvo, La Bataille d'Alger, sera interdit pendant cinq ans, entre 1966 et 1971.

Les films donnant une vision des deux guerres mondiales s'éloignant de la version patriotique qui dominait eurent aussi affaire avec la censure. Dans Les sentiers de la gloire, Stanley Kubrick dénonçait les fusillés pour l'exemple durant la Première Guerre mondiale. Sorti en 1957, le film ne fut projeté en France que dix-huit ans plus tard. Le chagrin et la pitié de Marcel Ophüls, qui relate la chronique d'une ville française sous l'occupation, ne put sortir en salle qu'en 1971, deux ans après son tournage, dans un seul petit cinéma du Quartier Latin ; et ce n'est qu'en 1981 que la télévision le programma.

Critiquer le catholicisme, même dans ses aspects les plus odieux et ouvertement condamnés, était susceptible de censure. En 1967, le régime gaulliste poussa le ridicule jusqu'à interdire le film de Jacques Rivette, La Religieuse, qui reprenait le texte de... Diderot, le philosophe du Siècle des Lumières : place à l'obscurantisme !

... et autocensure

Si la censure officielle a sévi à la RTF (Radio télévision française), devenue en 1964 ORTF (Office de radiodiffusion télévision française), le contrôle du pouvoir sur l'information s'est aussi opéré par d'autres biais. À partir de 1959, les conférences de rédaction du journal télévisé de l'unique chaîne eurent lieu au ministère de l'Information. Et lorsqu'Alain Peyrefitte en devint ministre en 1962, il créa le Service de liaison interministérielle pour l'information (SLII), qui convoquait quotidiennement des représentants de chaque ministère et les patrons des rédactions de la RTF, afin de bien informer ces derniers d'où soufflait le vent. Plus tard, il nomma même son directeur de cabinet, directeur adjoint de la télévision.

Avec la fin du régime gaulliste, la censure officielle s'est moins fait sentir à la radio et à la télévision. Elle est devenue plus sournoise car, la plupart du temps, elle provient des réalisateurs ou des présentateurs eux-mêmes qui sont passés maîtres dans l'art de pratiquer l'autocensure. On « n'invite » pas à la télévision tel artiste non-conformiste, comme ce fut le cas pour Jean Ferrat, on écarte les sujets qui risqueraient de déplaire au gouvernement ou de provoquer des réactions (le conflit du Moyen-Orient par exemple). On glisse ainsi rapidement, quand on ne fait pas silence, sur les mouvements de grève ou de colère des travailleurs pour s'attarder longuement sur les mésaventures d'une quelconque vedette de cinéma, etc. Et cela se pratique sur toutes les chaînes de télévision ou les stations de radio, privées ou publiques, même celles dont le possesseur ne s'appelle pas Bouygues ou n'est pas un ami du président...

M. L.
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A
il me semble avoir entendu dire que c'est à cause de l'intervention de d'Ormesson que le film "la bataille d'Alger" a été interdit sur les antennes TV pendant 5 ans
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