blog du Npa 29, Finistère
10 mai 2010 Le Télégramme
La fédération ADMR 29 est sous procédure de sauvegarde depuis six mois. Dans un contexte douloureux pour tout le réseau - déficit, non jugulé, estimé à 10M€ en2008 et2009 -, elle demandera aujourd'hui, au tribunal de grande instance de Brest, la prolongation de la mesure.
Les six derniers mois ont été nerveusement éprouvants pour les 135 salariés de la Fédération ADMR 29 dont le siège se trouve à
Plabennec. Sevrés d'informations et, un temps, de tout dialogue social, ils ont vécu la démission de deux présidents et celle du directeur. Depuis mars, ils sont aussi soumis à la méthode de
gestion de Charley Trigano. Méthode dénoncée, sur un point au moins (ordres de mission), par l'inspection du travail.
Union nationale: un rôle trouble
Comme le conseil d'administration fédéral l'a dit, «Charley Trigano a été placé dans le Finistère, par l'Union nationale ADMR, pour palier les carences de la direction de la fédération, pour
recadrer les chefs de service, (...) pour contrebalancer les actions du cabinet Price et de l'administrateur judiciaire, Me Robert».
Administrateur nommé par le TGI, qui présentera, aujourd'hui, son rapport, après trois audits étendus au réseau: les 92 associations locales (3.700 salariés, 28.000 personnes aidées) dépendent administrativement et économiquement de la fédération.
Une fédération représentée, elle, par Me Novel, avocat de l'Union nationale. Il plaidera pour que soit renouvelée pour six mois la procédure de sauvegarde. Yves
Derrien, président, l'a confirmé. Malgré la volonté affirmée de Me Robert et des financeurs, tel le conseil général, de voir le projet de restructuration se faire hors Union nationale, celle-ci
reste omniprésente. À Châteaulin, mi-mars, les responsables des associations, interloqués, ont assisté à une bagarre d'experts comptables opposant le cabinet marseillais Muselier (missionné par
l'UN) au cabinet Price. Début avril, Charley Trigano s'assurait, lui, de la nomination, au poste de directeur fédéral par intérim, de Michel Mauthé avec qui il a oeuvré en 2009 à la
restructuration de la fédération ADMR du Pas-de-Calais.
Audits contradictoires
L'Union nationale est déterminée, donc, à ne pas perdre la main sur son réseau le plus important en terme d'activité. Un terrain propice au développement des activités de ses filiales privées.
Après six mois de procédure, le plan social de la fédération est en cours de finalisation. «Il sera présenté au CE avant l'été», a dit Yves Derrien.
Au gré des audits (185.000 € l'acte, selon la CFDT 29, syndicat majoritaire), les chiffres, contradictoires, sur le montant des pertes mensuelles actuelles de la fédération et du réseau n'ont cessé de varier. Alarmistes un jour, ils le sont nettement moins à la veille de la présentation du dossier devant le TGI. Le placement en redressement judiciaire de la fédération pourrait ainsi être évité. Le délibéré devrait être rendu en juin. Mais les élus locaux, souvent bénévoles des associations, disent leur inquiétude face au peu d'informations qui leur sont aujourd'hui délivrées.