blog du Npa 29, Finistère
Les salariés de la fédération ADMR 29 sont en grève reconductible depuis hier. Ils demandent à rencontrer la gouvernance, ainsi que l'administrateur judiciaire, et veulent les documents qui font défaut à l'analyse du plan social en cours.
«Je suis heureuse que ce mouvement ait lieu, livrent Annie, Françoise et quelques collègues en grève, au siège de la fédération, à Plabennec. Il exprime une grande
lassitude, une usure, face au non-respect de nos employeurs vis-à-vis de nous. Nos instances représentatives n'ont pas les éléments nécessaires pour étudier la situation actuelle. Certains
d'entre nous espèrent partir, d'autres veulent rester, tout le monde est très tendu». Ça fait plus de deux ans qu'un licenciement leur est promis, alors qu'ils pensaient la structure
saine.
«Jusqu'à présent, tous les salariés de la Fédération ont été de bons petits soldats, car nous n'ignorons pas que le sort des personnes aidées (28.000) dépend de
notre travail. Les bénévoles nous le rappellent. Nous avons respecté cet aspect humain. Or, on se fout de nous. Les pouvoirs publics, qui ne bougent pas, aussi. Lors du plan social précédent
(annulé par la cour d'appel de Rennes, en mai, NDLR), M. Derrien, le président de l'époque, disait qu'il fallait faire vite. Et nous sommes toujours là».
Plan social : 900 € par personne licenciée !
Mais le nouveau plan social ne prévoit que 70.000 € pour l'accompagnement des salariés licenciés, soit seulement 900€ par personne.
L'élément déclencheur du mouvement de grève a été le report d'une semaine, par l'administrateur judiciaire, de la deuxième et dernière réunion de consultation des
salariés dans le cadre du plan social (78 licenciements sur 115 salariés), prévue le 23 janvier. «C'est une semaine de trop.La santé de plusieurs d'entre nous s'est dégradée. J'ai été absente
cinq mois et les seuls mots de ma direction à mon retour ont été "Je ne pensais pas vous revoir". Nous ne sommes plus dans une relation humaine», témoigne Patricia.
En 2011, la fédération ADMR a enregistré 5.800 journées d'arrêt de travail pour 115 salariés, et 60 % d'entre eux ont été concernés par ces arrêts maladie. «Qu'en
pense la CPAM ?». Hier, après avoir été reçus par la direction, un préavis de grève reconductible a été déposé. En fin d'après-midi, le mouvement a été reconduit à l'unanimité. Il y aura une
incidence sur la trésorerie, pour le paiement des salaires: «Dans les associations, les aides à domicile (3.500) n'auront pas leurs fiches de salaire ou pas dans les temps», préviennent les
grévistes. Sollicitée, la gouvernance ne nous a pas répondu.
> Le blog de Karine Joncqueur, journaliste au Télégramme.