blog du Npa 29, Finistère
Les salariés de l'ADMR 29 sont inquiets. Hier, ils ont de nouveau réclamé plus de transparence sur les difficultés que rencontre le réseau depuis cinq mois.
Les salariés du réseau ADMR 29 ont occupé, hier, la tête des manifestations finistériennes derrière la banderole CFDT. «On nous cache
tout, on ne nous dit rien. Plus on apprend, plus on ne sait rien», ont-ils chanté en choeur à Brest. La fédération du réseau, distincte des 92 associations (3.700 salariés, 28.000 personnes
aidées) est placée sous sauvegarde par le tribunal de grande instance de Brest depuis le 7décembre. L'union nationale ADMR en a pris le contrôle depuis trois semaines. MeRobert, administrateur
judiciaire, mandaté pour assister et aider à la présentation du plan de redressement de la fédération finistérienne, s'en étonne. «J'ai appris que l'union nationale était sur place (au siège de
la fédération, à Plabennec) et avait missionné divers intervenants. Or, dans le cadre de la sauvegarde, le débiteur (NDLR, la fédération de l'ADMR 29) conserve l'entière gestion de l'entreprise,
en l'espèce de l'association. Et je n'ai en ma possession aucune délibération de la fédération donnant une telle mission».
Selon lui, l'audit commandé par l'union nationale au cabinet marseillais Muselier, appartenant au groupe parisien PKF France, est sans valeur légale. «J'ai contacté ce jour (vendredi) l'union
nationale qui devait me rappeler, mais à cette heure, je n'ai eu aucun interlocuteur. Cette attitude de l'union nationale pourrait éventuellement relever de la gestion de fait, il appartiendra
éventuellement à un tribunal d'en juger si cela devait être nécessaire pour la sauvegarde de l'association (...)». Me Robert avertit et précise encore: «La situation n'est pas aussi florissante
que les chiffres communiqués par l'union nationale. Un travail de restructuration est entrepris depuis l'ouverture de la sauvegarde. Il devrait aboutir à une solution globale permettant aux
associations et à la fédération de retrouver la sérénité. Il va y avoir des moments difficiles, peut-être même très difficiles, mais tous les acteurs bretons s'emploient à trouver une solution
sans compter sur des intervenants extérieurs».
La Cram : «Nous avons un problème...»
La Cram (Caisse régionale d'assurance-maladie) s'est également saisi du problème. Donald Goldie, directeur, l'a confirmé. «Nos liens conventionnels avec l'ADMR sont historiques. Un millier de nos
adhérents sont suivis par l'ADMR et nous souhaitons continuer à travailler avec elle. Mais là, nous avons un problème. Nous nous sommes positionnés en tête de la procédure de justice qui est en
cours. Nous regardons très attentivement ce qui se passe», a-t-il expliqué.