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blog du Npa 29, Finistère

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Agressions de journalistes : Sarkozy condamne, mais justifie (Rue 89)

Augustin Scalbert | Journaliste Rue89

Jeudi 3 mai, pour la troisième fois depuis le début de la campagne, des journalistes ont été agressés par des militants de l’UMP. Ruth Elkrief et Thierry Arnaud, de BFM-TV, couvraient en direct le meeting de Nicolas Sarkozy à Toulon.

« Il y a une atmosphère assez désagréable tout autour de nous, les militants nous agressent, nous prennent à partie », a d’abord déclaré à l’antenne Ruth Elkrief. Puis le direct a dû être interrompu.

La journaliste raconte :

« On nous a traités de vendus, de collabos, il y a eu des crachats, quelqu’un disait “on est de droite et fiers de l’être”. Le service de sécurité de l’UMP est intervenu quelques minutes plus tard, mettant fin à l’incident. »

Sarkozy : « Que chacun comprenne »

Cet incident a, pour la première fois, suscité une réaction de Nicolas Sarkozy.Interrogé sur Europe 1, il a clairement condamné ces agressions :

« Je condamne toute personne qui s’en prendrait verbalement ou physiquement à un journaliste. »

Mais le candidat UMP a aussi souhaité que chacun « comprenne l’attitude des gens qui sont exaspérés par une forme d’intolérance et de parti pris » de la part des journalistes.

Citée par 20Minutes.fr à propos de l’agression d’une journaliste de Mediapart le 1er mai, sa porte-parole Valérie Rosso-Debord est sur la même ligne :

« Ce n’est pas quelque chose qu’il faut cautionner loin de là. Mais les militants engagés à l’UMP peuvent tenir des propos excessifs car ils se trouvent caricaturés dans la presse. La violence est inacceptable mais elle témoigne de la souffrance dont ils voient notre candidat traité par la presse. »

Estrosi : « Vous volez le contribuable »

« Intolérance », « parti pris » qui provoqueraient de la « souffrance »... Mais aussi « vol du contribuable ». C’est ce qu’a déclaré l’ancien ministre Christian Estrosi à Nice, le 22 avril. Avec Eric Ciotti, autre membre de la Droite populaire, il s’en est pris à une équipe de France 3 Côte-d’Azur :

« Que vous n’ayez pas couvert le meeting de Nicolas Sarkozy, de la part du service public, c’est honteux ! Vous volez le contribuable. »

Les journalistes ont eu beau expliquer que le temps de parole était respecté, les militants étaient surexcités, selon un représentant du syndicat SNJ-CGT :

« Dans une permanence UMP, donc avec un public de militants chauffés par la harangue d’Estrosi, nos journalistes se sont sentis menacés. Un militant UMP a voulu porter un coup. Il a été stoppé par la journaliste-caméraman. »

RSF : « Les mots ont un sens »

Reporters sans frontières (RSF), qui dénonce « un climat délétère pour les médias », voit un lien évident entre les prises de position des responsables politiques et les agressions des militants. Par exemple avec celle de la journaliste de Mediapart :

« Contester les conclusions d’une enquête journalistique est une chose ; multiplier les attaques publiques contre un média et ses collaborateurs en est une autre.

Les mots ont un sens. L’excitation des esprits n’est pas sans conséquence : après le déversement d’insultes à l’encontre de Mediapart ces derniers jours, une journaliste de ce site d’information a été agressée. »

Sur son blog, le rédacteur en chef de LExpress.fr, Eric Mettout, note que cette agressivité n’est pas l’apanage de l’UMP : le Front national ou le Front de Gauche se sont aussi montré violents. Une journaliste de son équipe a été « brutalement prise à partie » par des mélenchonistes ; le 1er mai, Jean-Luc Mélenchon en personne a d’ailleurs traité des journalistes de Canal + de « fachos ».

Le FN et le FDG aussi, pas le PS ou le MoDem

Mettout remarque que d’autres partis n’agressent pas les journalistes :

« François Bayrou a beaucoup dénoncé l’ostracisme médiatique dont il serait victime, aucun membre du MoDem n’a jamais agressé, oralement ou physiquement, un journaliste ; le PS peut, à juste ou mauvais titre, se plaindre du Figaro ou du traitement déséquilibré que lui réserveraient les chaînes “amies” du Président, aucun participant à un meeting socialiste n’a jamais arraché l’accréditation d’un JRI de TFI ou Direct 8.

Ce genre de comportement indigne était jusqu’à présent le monopole du Front national. »

Commentaire: A notre connaissance, ni la LCR, ni le NPA n'ont jamais été concernés.

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