blog du Npa 29, Finistère
25 juillet 2012 -
La charte de territoire de la baie de Douarnenez,la deuxième dans le département après celle de Fouesnant,se concrétise.Hier, le projet finalisé a été présenté.La signature interviendra à l'automne.
La réunion qui s'est tenue, hier, à Plonévez-Porzay, est l'aboutissement de mois de négociations. Les financeurs et partenaires locaux (élus, Clé et chambre d'agriculture) sont venus présenter la charte de territoire de la baie de Douarnenez dans sa version finalisée.
En février , le comité scientifique avait émis des réserves sur les moyens proposés pour atteindre l'objectif fixé, à savoir réduire de 200t le flux annuel d'azote
vers la mer d'ici 2015. Depuis, le projet a été enrichi.
Adhésion massive nécessaire
La nouvelle feuille de route prévoit une adhésion massive des agriculteurs: 90% d'entre eux devront réaliser un diagnostic de leurs pratiques et systèmes dans leurs
exploitations d'ici à 2014 et 66% devront s'engager sur des contrats d'objectifs individuels.
Au total, 7.000 ha de surface agricole utile de la baie, soit 40%, seront concernés par la mise en oeuvre de du plan. 10t d'azote seront à gagner par la disparition
des assainissements polluants, 50t par la reconquête des zones humides et 140t par le volet agricole. Pour les exploitants, la priorité sera d'instaurer de nouvelles pratiques à plus basses
fuites d'azote. Cela passera aussi par une évolution et des conversions des systèmes (herbe, bio), par une mutualisation des effluents d'élevage et la construction d'au moins cinq unités de
méthanisation d'ici fin 2015.
Un équilibre entre les enjeux
«Ce projet est le fruit d'une très large concertation, porteur d'une ambition intercommunautaire. Nous proposons un compromis politique, au carrefour des enjeux
économique, agricole et environnemental», a insisté Paul Divanac'h, pilote de ce plan à la CCPCP.
Du côté de la chambre d'agriculture, le vice-président, André Sergent, rappelle que «la chambre s'implique sur cette baie. Nous devrons évoluer encore, mais comme
nous l'avons toujours fait. Il y a une grande diversité de modèles agricoles pour produire et concilier les enjeux économique et environnementaux». Jacques Jaouen, le président, appelle à plus de
solidarité: «On doit rester une région productive et décider ensemble de ce qu'on doit faire. Il faut arrêter de taper sur la profession. Des règles unilatérales sur un territoire, ça ne marche
pas, il faut prendre en compte les spécificités de chaque exploitation et savoir écouter ces professionnels».
Une chance de réconciliation?
Thierry Burlot, vice-président du conseil régional et Armelle Huruguen (conseil général) se veulent optimistes: «Et si ce plan était une chance de mobilisation
exceptionnelle, de réconcilier agriculture et environnement?». Positif aussi, le préfet de Région, Michel Cadot, insiste sur l'approche territoriale du dossier.
«Le partage des actions est une démarche novatrice, une forme de décentralisation de la responsabilité, dans un dossier compliqué». L'enveloppe budgétaire pour financer la mise en oeuvre de ce
projet est de 11,2M€, dont 6,5M€ d'aides publiques (État, Région, conseil général, Agence de l'eau). La signature de la charte interviendra après délibération au
sein des trois communautés de communes.