blog du Npa 29, Finistère
Un journaliste britannique installé à Beyrouth exprime sans ménagement son dégoût pour la monarchie britannique, justifié en particulier par sa proximité avec les monarchies sanguinaires du Golfe.
04.06.2012 | Alex Rowell | Now Lebanon
Le Royaume-Uni s'est lancé dans quatre jours de festivités en l'honneur de la dictature héréditaire du pays – des réjouissances imposées par l'Etat et à la
charge du contribuable. Sa Majesté Elisabeth II (pour utiliser une version très abrégée de son titre officiel*) occupe le trône depuis soixante ans, soit davantage que les règnes de Bachar et
Hafez El-Assad réunis, et c'est la raison pour laquelle des millions de ses sujets se rassemblent au cours de ces congés obligatoires pour exprimer leur joie et leur gratitude.
La BBC, dont l'intégrité journalistique sur les questions monarchiques n'a rien à envier à la propagande stalinienne, propose un guide des événements dont
l'ennui frise le comique : une flottille d'un millier d'embarcations sur la Tamise, une garden-party, un concert de Gary Barlow, j'en passe et des meilleures. Il y aura même une "messe
d'action de grâce" à la cathédrale Saint-Paul, dite par l'archevêque de Cantorbéry, pour qui une "prière spéciale" a été composée "à l'intention de la reine". L'une des invocations de cette
prière "remercie et salue" le Tout-Puissant d'avoir "doté" la Grande-Bretagne d'"ELISABETH [sic], notre reine bien-aimée", réaffirmant ainsi cette idée ouvertement théocratique, chère aux
despotes de temps immémorial, que le souverain a été désigné par Dieu.
Toutes ces marques de vénération dictatoriale seraient déjà regrettables si elles se limitaient au territoire
britannique.
Mais il semble qu'il existe d'ignominieux projets d'exportation de cette hystérie vers le Liban, sous l'étiquette de "Britweek". On aurait pu penser qu'à l'heure
du "printemps arabe" les représentants des autocraties resteraient un peu en retrait. Ils auraient tort, alors que Liz elle-même donne le mauvais exemple. Ainsi, le mois dernier, on l'a vue
déjeuner avec un intime, le sanguinaire roi du Bahreïn, parmi d'autres tyrans.
Certes, cultiver la discrétion au Moyen-Orient n'a jamais été le fort des Britanniques. Mais certains d'entre nous, y compris parmi les Britanniques, gardent un
minimum de décence. Nous sommes désolés pour le Liban.
N.-B. : si vous êtes en Grande-Bretagne et que vous vouliez manifester contre ces festivités, retrouvez ici tous les
renseignements sur le Mouvement officiel contre le jubilé, organisé par les gens formidables du groupe [britannique] Republic .
http://www.courrierinternational.com/article/2012/06/04/assez-de-toutes-ces-marques-de-veneration