blog du Npa 29, Finistère
Ouverts au dialogue
« Nous pensons qu'une solution satisfaisante est possible pour toutes les parties. Nous proposons la fusion des Pommiers et de Jules-Ferry dans les locaux de Jules-Ferry. » Tristan Pichard, représentant des parents d'élèves des trois écoles publiques qui fermeront en septembre, a pris la parole en début de séance : « Du point de vue du fonctionnement de la démocratie locale, cette affaire soulève des problèmes [...] On nous a traités avec mépris. Mais malgré ce constat et une certaine indignation, nous restons ouverts au dialogue ».
« Effort à faire »
Le débat sur la réorganisation scolaire à Quimper s'est poursuivi en présence des élus. Aussitôt, l'opposition s'est exprimée afin de dénoncer la méthode
utilisée par la municipalité, mais le fond. « Nous demandons au maire de revenir sur cette décision, a déclaré Ludovic Jolivet, conseiller municipal UMP.
Le centre-ville a besoin de la vraie vie. » Le Modem, par la voix d'Isabelle Le Bal a regretté le manque de discussions :
« Il est important que le conseil municipal débatte avant de prendre ce genre de décision car le conseil municipal, c'est le lieu de la démocratie. »
Concernant la méthode, la municipalité a fait son mea culpa. Daniel Le Bigot, membre de Kemper écologie à gauche, a déclaré : « Nous ne
sommes pas à l'abri d'une erreur. »
Le maire, Bernard Poignant a de nouveau répété que dans la manière d'annoncer la nouvelle, « On n'a pas été exemplaire ». Mais il reste sur sa ligne de conduite : « Il y a une sorte d'effort à faire pour contribuer à l'équilibre de l'enseignement public à Quimper. »
Dans la salle, quelques quolibets et commentaires acerbes ont fusé entre les discours. Au bout d'une heure, le conseil a pu reprendre son cours normal avec de
nombreux dossiers à l'ordre du jour.
19 décembre 2009 - Le Télégramme
Statu quo confirmé, hier soir, au conseil municipal de Quimper, sur l'épineux dossier des fermetures d'écoles. Le maire n'a pas cédé aux appels au dialogue et maintient sa décision de fermer les trois écoles Jules-Ferry, Les Pommiers et Petit-Parc.
Dans un brouhaha de désapprobation du public, Bernard Poignant n'a pas donné suite, hier soir, à l'offre de dialogue formulée, devant les élus quimpérois réunis, par un parent d'élèves scolarisés dans les deux écoles du centre-ville promises à la fermeture en 2010.
Tristan Pichard lui a pourtant proposé d'ouvrir «une concertation constructive» autour de «la fusion de Jules-Ferry et des Pommiers» sur le site de la première
école. Reprenant des arguments formulés ces dix derniers jours, certains élus de l'opposition ont, eux aussi, tenté de convaincre la majorité de «faire machine arrière». Ludovic Jolivet (UMP)
a demandé au maire socialiste de «reconsidérer sa position». Même démarche vaine de la centriste Isabelle Le Bal (MoDem), qui a soumis un voeu proposant de «surseoir à la fermeture des trois
écoles» et suggéré de «renouer le dialogue».
«Fusionnez !»
«Ne gardez pas cette position buttée, négociez, on a le temps !», a exhorté l'opposant Nouveau Centre, André Guénégan. «Je suis contre», a tonné un autre centriste, Pierre Donnars, faisant
valoir «l'intérêt des enfants». «Fusionner, il y aura 94 élèves inscrits en janvier dans les deux écoles», s'est exclamé Georges-Philippe Fontaine.
Du côté de la majorité, le leader du groupe Kemper l'écologie à gauche, Daniel Le Bigot, a jugé nécessaire «de prendre du temps pour engager le dialogue, en l'élargissant à l'ensemble des écoles concernées». Pas franchement une demande de remise à plat de l'épineux dossier.
Le socialiste Gilbert Gramoullé et le communiste Piero Rainero ont, eux, volé au secours de la stratégie Poignant-Cariou. Tout en reconnaissant comme les autres que la méthode a été «trop brutale et trop technocratique».
À scruter les regards, stigmates et attitudes de bien des membres de la majorité, le public fourni se sera, en tout cas, rendu compte que la décision est loin
de faire l'unanimité à gauche.
Malaise à gauche
Chahuté lors des réunions de la semaine comme en conseil municipal hier soir, Bernard Poignant fait front. «J'ai une conviction visiblement difficile à faire partager, mais mon devoir, c'est
d'anticiper la baisse régulière des effectifs si l'on veut défendre l'enseignement public sur toute la ville», a-t-il réaffirmé hier midi.
«J'ai entendu que l'on fait le jeu du gouvernement, mais on ne peut être passif, sinon on est complice. Je sais que les postes se raréfient dans l'Éducation nationale, il faut justement s'organiser pour ne pas subir», a insisté le maire. Écartant d'un revers de main l'impression tout aussi fondée de parents, selon laquelle les fermetures des trois écoles confortent l'État dans sa réduction pluriannuelle des effectifs enseignants.
Bref, face au statu quo, Bernard Poignant réclame des parents et enseignants «un effort» de compréhension. Il s'estimerait «heureux qu'il n'y ait pas autant de fermetures de classes entre 2009 et 2014» que les 16 suppressions enregistrées entre 2004 et 2009.