blog du Npa 29, Finistère
L'interpellation, jeudi, de la militante de Batasuna Aurore Martin, première Française remise à l'Espagne dans une affaire basque, a suscité, hier, un concert de protestations.
Dans un texte commun, seize élus «socialistes et républicains» ont condamné l'application du mandat d'arrêt européen (MAE) dont
Aurore Martin faisait l'objet depuis 2010 et réclamé son «retour immédiat (...) sur le territoire français». Madrid reproche à Aurore
Martin d'avoir participé en Espagne à des réunions publiques comme membre de Batasuna, parti considéré par Madrid comme le
bras politique de l'organisation séparatiste basque ETA et interdit en Espagne alors qu'il est légal en France.
La jeune femme, qui avait échappé de justesse à une première tentative d'arrestation à Bayonne en juin 2011, a été incarcérée, hier, à Madrid, après avoir été
présentée à un juge de l'Audience nationale (tribunal chargé notamment des affaires de terrorisme). Elle encourt 12 ans de prison pour «appartenance à une
organisation terroriste». Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF et conseiller municipal de Pau, a qualifié cette interpellation de «honte». «Choqués» également, Europe Écologie-Les Verts
(EELV) Aquitaine et Pays basque se sont inquiétés de voir «pratiquer une répression que rien ne justifie dans le climat actuel».
A Bayonne, 500 personnes de toutes obédiences se sont rassemblées hier soir derrière le slogan "Nous sommes tous des Aurore
Martin" rapporte sud-Ouest.
Valls critiqué
De nombreuses critiques ont visé Manuel Valls, plusieurs élus voyant la main du ministre de l'Intérieur derrière cette arrestation.
«Ce que Guéant n'avait pas osé faire, le ministre Valls vient de le commettre», a ainsi dénoncé Olivier Dartigolles. «Dans cette affaire, Manuel Valls n'a pris
aucune décision. Il n'y a donc nulle raison de le mêler à cette polémique», a répondu Jean-Jacques Urvoas, président de la Commission des Lois de
l'Assemblée. Le député PS finistérien s'est dit «assez surpris» de voir le ministre critiqué à ce sujet.
Commentaire: Monsieur Urvoas est prof de droit et donc enseigne la théorie de la "séparation des pouvoirs". Mais même en théorie qui peut croire que le ministre de l'intérieur n'a pas
lui-même supervisé la localisation et décidé de livrer Aurore martin?