Le démantèlement de la
centrale engendrera 20 000 tonnes de déchets radioactifs.
Que dit le décret publié hier ?
Il autorise la déconstruction de la station de traitement des
effluents, l'assainissement du chenal de cette station, et le démantèlement des échangeurs de chaleur à l'intérieur du réacteur nucléaire. Il précise qu'EDF a cinq ans pour réaliser ces
travaux. Elle devra le faire en informant la population et la commission locale d'information (CLI) du suivi des opérations. En outre, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) devra disposer d'un
bilan six mois avant la fin des travaux. Les opérations commenceront à l'automne, en septembre en principe. Une centaine d'ouvriers vont y participer.
Pourquoi le démantèlement avait-il été arrêté
?
Une plainte pour non-respect des dispositions européennes en matière
d'information de la population avait été déposée par des associations antinucléaires. Le droit français n'était pas en accord avec le droit européen sur ce sujet. En 2007, le Conseil d'État
annulait le décret signé un an plus tôt par le gouvernement, autorisant le démantèlement. EDF avait constitué un nouveau dossier en 2008. À l'issue de l'enquête publique, le
commissaire-enquêteur avait donné un avis défavorable en mars 2010, précisant cependant que, sur certains points, un démantèlement rapide était possible. Ce sont ces travaux, détaillés dans le
décret d'hier, qui vont pouvoir démarrer.
Le démantèlement complet de la centrale bretonne va-t-il être
poursuivi ?
EDF va présenter, avant la fin de l'année, un nouveau dossier de
démantèlement complet de ce qui restera, c'est-à-dire du réacteur. L'État décidera ensuite de la date de la nouvelle enquête publique, probablement fin 2012. EDF souhaite que cette phase se
déroule entre 2020 et 2025.
Combien de déchets ces opérations vont-elles produire
?
100 000 tonnes, estime EDF, pour le démantèlement complet de la
centrale : 80 % de déchets standards (dits conventionnels) et 20 % de déchets radioactifs. 33 000 tonnes ont été évacuées lors des travaux déjà réalisés. Restent donc 67 000 tonnes, dont un
dixième environ radioactifs. Les déchets produits par les travaux qui vont bientôt démarrer seront acheminés vers les centres de Soulaines ou Morvilliers, dans l'Aube.
Qu'en pensent les associations de protection de
l'environnement ?
Leur souhait, c'est d'attendre pour que le démantèlement soit le moins
dangereux possible, pour les personnes qui travaillent sur le site et pour l'environnement. Selon la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), il
faudrait 40 ans pour être sûr que la radioactivité présente dans le site ne soit plus dangereuse.
Philippe ATTARD.