blog du Npa 29, Finistère
18 octobre 2012
Pas de tramway et presque pas de bus. Le réseau des transports urbains sera, aujourd'hui, quasi inopérant. La CFDT Bibus a déposé un préavis de grève qui court jusqu'au 31décembre, mais n'impactera pas la journée de demain.
«97% des conducteurs seront aujourd'hui en grève, confirment Thierry Craveur et Benoît Cariou, délégués CFDT Bibus, syndicat
majoritaire. Il n'y aura pas de tramway et les bus ne circuleront quasiment pas. Sur les lignes 1 à 7, il n'y en aura pas dutout. Cela fait sept ans qu'il n'y a pas eu de mouvement social de cette ampleur». Après quatre mois d'exploitation de la nouvelle organisation du réseau de transports urbains, les représentants
syndicaux parlent de catastrophe. «Nous sortons de trois ans de travaux, c'est compliqué pour les conducteurs qui ont pris sur eux en espérant une amélioration des conditions de travail. Or,
celles-ci sesont dégradées, comme le climat social. Sur les lignes 1, 2 et 5, en périphérie de la ville, vers le Bouguen ou le Technopôle, le bus peut passer avec
cinq, dix, voire parfois 30 minutes de retard. La ligne 7 est complètement plantée. Les conducteurs sont stressés. Les relations avec la clientèle se dégradent et génèrent de fréquentes
altercations».
Le bus parent pauvre du tram
Le tramway, lui, roule très bien. «C'est une réussite qui se fait au détriment du bus. Il manque 30 heures par jour de service commercial, soit une dizaine
d'emplois». Thierry Craveur et Benoît Cariou évoquent aussi l'aménagement d'un deuxième dépôt à Thales, inadapté selon eux. «Il n'y a pas de fosse, pas de pont élévateur. Les bus se dégradent».
Des négociations sont en cours avec la direction de Keolis. «La balle est dans son camp», jugent les délégués CFDT. Hervé Cohadon, directeur, ne conteste pas les difficultés liées à la nouvelle
organisation du réseau tramway - bus. «Nous travaillons dans un milieu ouvert, de circulation générale. Lorsque nous avons totalement modifié le réseau de bus, nous avons pris un certain nombre
d'hypothèses. J'ai un accord signé avec le syndicat, dans lequel il est écrit que l'on observerait le fonctionnement du réseau avec, à Noël, une mise en place de modifications. Depuis septembre,
nous avons constaté qu'il existait des points assez durs de circulation qui amènent des difficultés de ponctualité sur plusieurs lignes. Nous partageons totalement ce diagnostic. Je suis désolé
pour les clients et pour le personnel qui se trouve face à des clients mécontents».
Des changements effectifs le 12 novembre
Comment modifie-t-on cela? «Nous travaillons sur la ponctualité des lignes et l'amélioration du service, avec des passages plus tôt le matin et plus de bus
scolaires. Aujourd'hui, nous avons une vision des éléments à changer, nous les mettons en oeuvre. Ils seront effectifs le12 novembre. Avec, entre autres, huit à dix conducteurs de plus par jour».
Les quatre autres points du préavis de grève portent sur des problèmes d'organisation du travail. «Nous avons négocié là-dessus pendant plus d'un an avec les organisations du travail. Cela a été
validé dans un accord accolé aux négociations salariales 2012. Je suis ouvert à des changements, à condition que cela se fasse dans un cadre économiquement neutre. Je considère avoir largement
accordé des compensations et je ne vais pas recommencer tous les trois mois. Or, les syndicats refusent actuellement que ça se fasse à coût neutre. C'est pourquoi je considère que la balle est
dans leur camp. Mais ma porte reste ouverte, jele leur ai dit».