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blog du Npa 29, Finistère

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Brest: carte scolaire, cinq ans de disette (Le Tél)

10 février 2012 

 

En cinq ans, la ville de Brest aperdu 44 classes d'écoles maternelles et primaires publiques. Carte scolaire après carte scolaire, la ville semble payer la double addition des restrictions budgétaires du gouvernement et d'une démographie sans cesse à la baisse.


Chaque année, l'annonce de la carte scolaire est comme la valse de Jacques Brel: à trois temps. Au premier temps de la carte, àl'hiver, c'est depuis longtemps la saison de la soupe à la grimace. Année après année, les classes du public se ferment et l'inspection propose de sévères réajustements, quitte à négocier un peu ici et là.

 

Au second temps de la carte, après discussions paritaires, certains sourires reviennent à la faveur d'un assouplissement institutionnel type pommade. La technique est vieille comme le monde. Au troisième temps de la carte, les têtes blondes sont rentrées et l'inspection ajuste au plus près en fonction des inscriptions réelles. Mais la valse des classes a déjà eu lieu depuis des mois. Depuis au moins 2007, les écoles de Brest redoutent la danse. En tout, 44 classes ont été rayées des cadres pendant ce quinquennat.

 

Il serait parfaitement injuste de laisser le chiffre brut dans toute sa froideur. Il mérite d'être corrigé par plusieurs paramètres, à commencer par le nombre d'inscriptions dans les diverses écoles publiques de la ville. En 2007, début septembre, 8.730 écoliers avaient convergé vers les établissements de la ville. En 2011, ils ne sont plus que 7.864 à avoir accompli le même chemin. Encore que: voici maintenant deux rentrées que plus personne ne se rend à la maternelle Madeleine-Porquet, ni à celle de Levot, ni à celle du Valy-Hir par décision municipale de fermeture des trois écoles. À l'époque, sept classes avaient été closes de fait, auxquelles s'était ajoutée la classe et demie rabotée par l'inspection lors de la carte scolaire de l'année. Toutes les explications de ventilation des élèves peuvent s'entendre mais les chiffres sont têtus. À la rentrée 2010, huit classes et demie se sont évaporées.

Mobilisation compliquée

Sans chipoter sur les virgules, et en faisant abstraction des arcannes les plus obscures du système administrativo-éducatif, une division toute bête ramenant le nombre de classes supprimées au nombre d'élèves disparus donne le résultat suivant: pour 22 élèves de moins, un poste en moins. Le ratio peut paraître acceptable mais il ne peut être comparé avec le nombre d'élèves nécessaire à la création d'un poste. Les balances finales sont en effet toujours calculées entre les quelques créations et les suppressions importantes, justifiées parfois, discutées souvent. La publication de la carte scolaire est souvent liée, en effet, àdes tirs de barrages sporadiques des parents d'élèves qui ont du mal à fédérer toute la ville derrière le cas de telle ou telle classe en péril.

 

De même, le sujet pourtant sensible peine à faire descendre dans la rue des hordes de parents d'élèves, d'enseignants et de bambins ulcérés par le régime sec installé depuis quelques années. La maigre mobilisation du 1er février dernier le démontre encore une fois. La fragmentation des luttes, comme elle se poursuit ces jours-ci à l'école Jacquard, ne semble pas suffisante pour faire infléchir l'institution académique. Une fois cependant l'an passé, les parents de l'école Kérisbian, comptes d'enfants dans les mains, étaient parvenus à donner une ampleur importante à leur coup de sang. Le poste avait été réintégré lors des ultimes corrections de rentrée. Comme un signe? Ou comme une correction d'erreur?

Des faits encore des faits

Parce qu'au-delà du régime commun et de ces quelques exemples, les coupes sombres existent bien. Les Rased, maillon essentiel des enfants en difficulté, sont menacés d'extinction par l'inspection via le gouvernement dans un silence politique local assourdissant où seule la députée Patricia Adam a apporté sa voix d'indignation. Ici et là aussi périssent des classes d'intégration scolaire (Clis) comme celle de Langevin en 2009 sans un soupir après leur mort. Au-delà des chiffres, ilreste des faits. Qui sont au moins aussi têtus.

  • Steven Le Roy

http://brest.letelegramme.com/local/finistere-nord/brest/ville/carte-scolaire-cinq-ans-de-disette-10-02-2012-1596664.php

 

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