blog du Npa 29, Finistère
« Il s'attend, compte tenu de la gravité de la situation, à ce qu'ils confirment leurs inquiétudes et en informent le tribunal de commerce de Brest conformément à la loi », indique Serge Roudaut, délégué syndical Force ouvrière.
« Pas du tout rassurés »
Six mois après le rachat de l'usine Jabil par le fonds d'investissement américain Mercatech, les salariés sont particulièrement inquiets quant à leur avenir. La diversification dans le solaire n'a pas dépassé le stade des promesses. L'assemblage de centraux téléphonique pour le groupe Alcatel représente toujours l'essentiel de l'activité du site.
Mercatech a-il eu les yeux plus gros que le ventre ? Au mois de juin, cet investisseur a racheté quatre usines Jabil en France et en Italie. Il s'affirmait prêt à y investir immédiatement 50 millions de dollars. Il se faisait fort aussi de mobiliser entre 100 et 300 millions de dollars auprès des banques.
En fait, Mercatech se trouve toujours à la recherche de financements pour ses différents projets industriels en France et en Italie. Différentes pistes sont explorées. Selon le PDG de Mercatech, Stefano Cevolo, elles doivent permettre de dégager 30 millions de dollars de « cash » au 15 décembre et 30 autres millions de dollars à Noël.
Faut-il y croire? Serge Roudaut se montre très prudent. « Nous ne sommes pas du tout rassurés. On nous a déjà raconté tellement de mensonges. »
Jabil fait des avances
La situation actuelle frise le paradoxe. Après avoir cédé son usine brestoise, Jabil lui tient la tête hors de l'eau. En effet, le groupe américain joue le rôle d'affactureur pour Compétence France. Autrement dit, il lui fait des avances de trésorerie.
Seule bonne nouvelle, si l'on peut dire, la direction de Compétence France exclut à court terme une déclaration de cessation de paiement. Un nouvel accord d'affacturage avec Jabil devrait apporter 9 millions d'euros d'argent frais début décembre. De quoi régler les fournisseurs actuellement impayés et payer les salaires de décembre.
« Jusqu'au 31 décembre, ça devrait passer, remarque Serge Roudaut. Après, si Mercatech n'a rien trouvé comme financements, on se dirige vers le dépôt de bilan. »