blog du Npa 29, Finistère
L'université Européenne de la Paix organise, le mercredi 13 avril, une après-midi sur le thème :
"Armement et sécurité".
Faculté des Lettres et Sciences Humaines Victor Segalen
14h -- 17h : tables-rondes
Les ventes d'armes en question
Lieu : Le Forum
Présentés comme source de profits pour la collectivité, les marchés de vente d'armes font l'objet d'une âpre concurrence entre pays exportateurs. Régulièrement les media font état de
contrats mirobolants décrochés par l'un ou l'autre des principaux producteurs d'armes sur le marché international. Régulièrement aussi ce sont les scandales retentissants dont
ces contrats sont parfois l'objet qui font la une des journaux : Irangate aux États-Unis, caisse noire de la CDU en Allemagne, ou chez nous frégates de Taïwan, sous marins de Karachi,
Angolagate, la liste de ces scandales est longue...
Voilà vingt ans déjà, Jean Paul Hébert entreprenait la critique à la fois économique et éthique d'un commerce dont l'intérêt pour les autorités publiques et privées du monde de la Défense
ne se prêtait pas à discussion.
Vingt ans après, les choses ont-elles vraiment changé ? Et la critique pénétrante de l'économiste a-t-elle perdu de sa pertinence ?
14h -- 15h30
Les exportations d'armement aujourd'hui. Qu'y a-t-il de changé?
Volume des transferts, nature des produits, identités des acteurs : quelle évolution du marché ?
Les pratiques commerciales se sont-elles modifiées, « civilisées » ?
Transparence et contrôle citoyen : reculs ou avancées ?
Gain ou perte pour la collectivité ? A qui profite le commerce des armes ?
15h45 -- 17h15
Vente d'armes et paix
En matière de paix, la juriste du droit international Monique Chemillier -Gendreau nous rappelle que les armes sont plus souvent le problème que la solution.
Faut-il alors proscrire toute vente d'armes à l'étranger ?
Se satisfaire des règles de bonne conduite établies au plan international ? Ou chercher à les améliorer?
Prévoir la mise en place d'une instance de régulation internationale du commerce des armes ?
Une agence de l'armement au sein de l'ONU ?
Moins d'armes, moins d'emplois ? comment exercer la solidarité avec les salariés concernés dans leurs conditions d'existence ?
Comment mettre en oeuvre la nécessaire reconversion des moyens actuellement mobilisés pour les armes ?
18h -- 20h : conférence-débat
Lieu : Amphi 3
"L'économie de la sécurité internationale ou les relations dangereuses entre la guerre et l'économie"
Par Jacques Fontanel
Professeur d'économie à l'université Pierre Mendès-France de Grenoble
Conçue d'abord comme un affrontement violent et meurtrier de groupes humains organisés, la guerre est un concept polysémique. Aujourd'hui, on parle de guerre froide, de guerre économique,
de guerre commerciale, de guerre de l'information, voire de guerre terroriste. Ne doit-on retenir, dans le concept de guerre, que les conflits armés opposant deux ou plusieurs États (ou
territoires) ou deux ou plusieurs groupes ethniques ou sociaux ?
Depuis Clausewitz (la guerre est la poursuite de la politique par d'autres moyens), la guerre a pris de nouvelles dimensions.
La liaison entre économie et guerre est complexe, l'un et l'autre étant, tour à tour, fin et moyen. Deux conceptions économiques principales de la guerre coexistent depuis au moins trois
siècles. Pour les uns, la guerre et l'économie sont indissolublement liées par des intérêts communs et des liens d'interdépendance profonds. Pour les autres, la guerre est un fardeau, justifiée
ou non par des contraintes politiques et stratégiques des États. Les questions des guerres civiles (notamment la Libye) seront soulevées.
Cette demi-journée est organisée par l'Université Européenne de la Paix avec le soutien des Amis du Monde Diplomatique.
Entrée libre et gratuite.
Un hommage sera rendu à Jean-Paul Hébert. Docteur en Économie, Jean-Paul Hébert était un expert mondialement reconnu des questions industrielles de défense. Esprit indépendant, par ses
nombreux livres, articles, conférences, il a pendant plus de trente ans oeuvré pour l'ouverture démocratique d'un domaine considéré encore trop souvent comme affaire de spécialistes. Homme de
conviction, Jean-Paul Hébert était aussi un militant de la Paix.