L'entreprise tourne au ralenti depuis plusieurs mois.
Faute de marchés nouveaux, l'entreprise de sous-traitance électronique va devoir se résoudre à réduire
la toile.
« Je n'attendais rien, je n'ai donc pas été déçu. » À l'issue de la visite de Roberto Ferri, directeur marketing
Europe, Serge Roudaut, délégué FO de Jabil, n'a pas été surpris de l'absence de perspectives nouvelles envisagées pour l'entreprise (185 salariés). Sans clients
supplémentaires en vue, l'unité brestoise, qui sous-traite quasi exclusivement avec Alcatel, file droit vers le chômage partiel annoncé. « On tourne au ralenti
depuis janvier et on a eu aucune difficulté à faire le boulot des gens en congés au mois d'août. »
La direction, en relation avec le sous-préfet et la direction départementale du travail, s'orienterait vers une restriction du temps de travail de
25 %. « On serait légèrement en sureffectif au cas où la situation s'améliorerait. »
« Tout le monde est concerné » précise Serge Roudaut. Reste à étudier les modalités et à connaître la part compensatrice
que l'État apportera. « Cela pourrait se traduire par une semaine d'arrêt sur cinq ». Prêt à faire des concessions, « le
personnel acceptera difficilement de perdre plus de 3 % de salaire ».
Délocalisations
Compte tenu de la réglementation, le chômage partiel pourrait prendre effet « au plus tôt le
17 octobre ». Depuis la recapitalisation de l'entreprise en août (16 millions d'euros), la recherche de marchés reste à l'ordre du
jour.« Dans un contexte de mondialisation et des délocalisations qui vont avec, il ne faut pas se faire trop
d'illusions » confie, désabusé, le délégué syndical. « Légalement, le chômage partiel ne peut servir d'antichambre à un plan de licenciements.
Mais on sait que les lois sont faites pour être contournées. »