blog du Npa 29, Finistère
14 décembre 2010 à 09h18 -
En grève depuis huit jours, les salariés de Competence (ex-Jabil) ont voté la reprise du travail, hier matin. Mais le plan de sauvetage présenté par la direction ne prête guère à l'optimisme.
Un total de 137 des 173 salariés inscrits au vote s'est exprimé, hier, sur la reprise du travail, votée à une large majorité (122
pour, 15 contre). Et ce, à la veille d'un conseil d'administration de Competence France, à Brest. «Cela ne veut pas dire qu'ils sont contents, l'avenir est toujours très obscur, note la CGT. La
procédure de conciliation mise en place par la direction donne aux salariés l'assurance d'une surveillance financière de l'entreprise. Le fruit de leur travail ne sera pas capté par Mercatech,
l'actionnaire. Il n'échappera pas à Competence France (les sites de Brest et de Gallargues). La situation n'est pas résolue pour autant et les salariés restent vigilants sur cette situation
ubuesque». Force ouvrière appuie le propos: «La reprise du travail se fait sans conviction, sans enthousiasme».
Un plan de sauvetage guère optimiste
FO communique aussi sur le plan de "sauvetage" de Competence-France établi par l'avocat de la direction. «En l'absence de réaction de l'actionnaire (Mercatech), du
fait qu'il ne réponde pas à la demande, légitime, émise par le président, Sylvain Gros, d'un remboursement au plus vite de 12M$, il est absolument nécessaire que la société soit sous la
protection de la justice. C'est dans ce cadre que Competence France SAS a présenté une requête au tribunal de Commerce pour l'ouverture d'une procédure de «conciliation». L'objet de cette mesure
est de permettre à l'administrateur judiciaire de prendre contact en tant que mandataire de justice, tant avec les représentants de Mercatech qu'avec ceux de Jabil. Ce, pour récupérer le montant
des sommes dues à Comptence France. (...) Bien que la mission soit fixée pour une durée de quatre mois, il est d'évidence que celle-ci ne pourra perdurer au-delà du 15janvier 20011, et sera même
écourtée si Mercatech et Jabil ne rendent pas les fonds qui appartiennent à Competence France».
Éviter la liquidation judiciaire
«Dans l'hypothèse d'un échec, ilsera indispensable de recourir àune procédure collective dont il faut faire en sorte qu'elle puisse être en redressement judiciaire.
De façon à favoriser la recherche puis la cession de tout ou partie de l'activité et des emplois qui y sont attachés, à un repreneur que le tribunal appréciera comme fiable. Si les fabrications
s'arrêtent, il n'y aura pas de facturation et il ne pourra y avoir de poursuite d'exploitation au lendemain de l'ouverture de la procédure collective, dont il y aurait àcraindre qu'elle serait en
liquidation judiciaire». Le patron d'Etrali France Télécoms, troisième client de Competence, s'est entretenu la semaine dernière avec Michel Petit, directeur du site brestois, ainsi qu'avec des
représentants de la CGT.