blog du Npa 29, Finistère
20 octobre 2012
Le projet de contournement de Lambézellec par la vallée du Restic ne devrait pas être bloqué par le crapaud accoucheur. Conjuguant intérêt économique et écologique, la collectivité a répondu à toutes les réserves émises.
Le projet d'aménagement de la voie nord, reliant le Spernot àKergaradec, au nord de Lambézellec, a donné lieu à quatre enquêtes
publiques... Et un dossier de 1.000 pages! Au final: un avis favorable assorti de sept réserves et 23 recommandations.
Un projet d'intérêt général majeur
Hier, par délibération votée à la majorité, la collectivité a répondu point par point aux réserves et en a demandé la levée au préfet. Le président de BMO, François Cuillandre, a lui-même réaffirmé l'intérêt général majeur du projet pour le territoire, en insistant sur le fait que «le tracé retenu était bien le résultat de
la recherche du moindre impact et de la meilleure prise en compte de l'ensemble des dimensions humaines, environnementales et sociales».
Le projet de création de cette nouvelle voie de liaison vise àrelier la RD 112 (Kergaradec) et la RD 205 (le Spernot) en contournant l'agglomération par le nord, a pour but de favoriser l'accessibilité des pôles d'activités et de santé situés à l'ouest (CHR, technopôle, base navale...), d'offrir une alternative à la traversée du centre de Lambézellec et de permettre l'ouverture àl'urbanisation des secteurs de Messioual et du nord de Lambézellec. Certes.
Mais au coeur de cet itinéraire se trouve la vallée du Restic.
Et, au tournant, des associations de défense qui ne voient pas du même oeil qu'on veuille toucher à cette «zone naturelle». Si presque tous s'accordent sur l'intérêt
économique de ce contournement, certains tiquent sur l'enjeu environnemental. Dans la délibération présentée hier, les porteurs du projet ont donc insisté sur leur volonté de faire «au moins
mal», soulignant que 4 M € sur le budget total des 14,7M€ étaient consacrés à la traversée du Restic, avec «des mesures exemplaires d'accompagnement pour préserver et mettre en valeur ce
secteur (restauration de cours d'eau et zones humides, boisement...) avec la création, à terme, d'un espace naturel de proximité». Tenant à démontrer que développement durable n'était pas un vain
mot, ils ont de surcroît souligné que «cette nouvelle voie contribuera à réduire les déplacements motorisés et donc la consommation d'énergie et l'émission de gaz à effet de serre. Elle constitue
par ailleurs une alternative raisonnée aux grandes rocades».
Des arguments contestés
Mais ces arguments n'ont pas convaincu tout le monde. Jacques Perennes, qui a eu l'autorisation de s'exprimer devant les élus au nom du Collectif pour la sauvegarde
de la vallée du Restic, a redit «qu'il existait d'autres alternatives», estimant que «la collectivité avait usé d'arguments spécieux pour parvenir à ses
fins».
Yann Fanch Kerneis (EELV) et Anne-Marie Kervern (UDB) ont renchéri, rappelant qu'il y avait eu, lors de l'enquête publique, 2.500 réactions négatives contre 243 positives.
Paulette Dubois (Parti de gauche), qui a voté tout en affirmant qu'elle resterait toutefois vigilante, a regretté «un dossier qui a déjà généré beaucoup de débats car il aurait dû être mieux anticipé». Dubitatif, le socialiste Thierry Fayret a précisé «que la collectivité était respectueuse des lois, plutôt pilote en matière de protection de l'environnement et qu'il ne fallait pas tomber dans la caricature». Pour conclure, François Cuillandre a soutenu qu'il y aurait un comité de suivi des travaux et qu'au final, le bilan écologique serait positif dans un espace qui, il est bon de le rappeler, était laissé àl'abandon»...