blog du Npa 29, Finistère
10 h 15. « Retraites : oui aux 60 ans à taux plein, non à l'allongement de la durée de cotisation ! »... La banderole agrippée à la façade de la mairie annonce la couleur. Déjà beaucoup de monde se presse place de la Liberté. Signe avant-coureur d'une forte mobilisation. Un quart d'heure plus tard, c'est la foule, dense. Difficile de se frayer un passage. Du coude à coude dans une chaleur écrasante.
Olivier Le Pichon de la CGT annonce que le cortège ne partira qu'à 11 h. La foule empiète abondamment sur les côtés de Liberté. « La réforme des retraites du Gouvernement, c'est non ! » appuie au micro le cégétiste. Presque à s'en casser la voix, il lit le texte commun (à la CGT, CFDT, CFTC, FSU, Solidaires, Unsa) avec détermination.
« On pourra s'échanger nos dentiers ! »
Et « en avant ! ». La CFDT ouvre le défilé suivie de la CGT. Public, privé, les manifestants ne voulaient pas rater le rendez-vous. Dans la foule, des employés de la clinique de Keraudren, du groupe Even, d'Ifremer, de l'hôpital de Landerneau, d'EDF-GDF, de BMO, de Bibus, de l'Arsenal, du CHU de Brest, de la chambre de commerce, de Thalès, la Poste, des enseignants du public et du privé...
Le long cortège glisse dans les rues. Les responsables syndicaux ont le sourire. « On s'y attendait. On a eu de nombreuses commandes de tracts et d'appels ces derniers jours », raconte Patrick Jagaille de la CFDT. Le syndicat recense 17 500 manifestants, la CGT 22 000, la police seulement 8 000, notre rédaction 12 000. Les chiffres dépassent largement ceux du 27 mai. La mobilisation est un grand succès.
Personne n'est là pour faire de la figuration. Tout le monde a son mot à dire ! Comme Christine, 45 ans. Elle travaille en Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Avec ironie, elle se demande si, dans quelques années, « on fera la différence entre soignants et soignés ». Et de lâcher d'un ton tranchant et au pas de charge : « Au moins, on pourra s'échanger nos dentiers ! »
« Retraite anticipée pour Sarkozy », scande un cégétiste qui embraye sur un « retrait de la réforme » et un « fonds de pension, c'est dela m... » Les marcheurs reprennent en choeur. « Les vieux dans la misère, les jeunes dans la galère, de cette société-là, on n'en veut pas ! », poursuivent-ils.
« C'est notre avenir qui se joue »
Les retraités ont chaussé ce jeudi des souliers à semelle souple. Tel André, 65 ans, pour « défendre le système de retraite par répartition ». L'ancien agent maritime perçoit 1 500€ par mois. Il est inquiet : « Comment va-t-on embaucher des jeunes si on maintient les autres au travail ? Le chômage ne va pas faire entrer de l'argent dans les caisses de retraite ! »
De nombreux jeunes gens se manifestent au travers des syndicats et partis. « C'est notre avenir qui se joue », lance Mallorie Créac'h, présidente de l'Unef Brest. Le cortège se disloque avenue Clemenceau sur cette scène qui invite à la réflexion : de jeunes bras vigoureux aident un retraité assis à se relever.