blog du Npa 29, Finistère
Si la direction les laisse dans l'ignorance, c'est l'angoisse qui s'est emparée d'eux. Ils ne se font pas d'illusion. « Notre directeur veut fermer la boîte », lâche un employé. Ils sont dans l'attente de « réponses concrètes » quant à leur avenir.
Le 23 novembre, le tribunal de commerce de Brest a rejeté la cessation de paiements assortie d'une demande de mise en liquidation de la Seib. Elle emploie trente personnes. C'est une des huit sociétés du groupe brestois Cadiou qui compte 270 collaborateurs en Bretagne.
« Des garanties »
« Nous avons été mis au courant la veille du passage au tribunal ! » raconte Gilbert Quellec, délégué CFDT du personnel. Un coup de massue. Depuis, « on ne nous donne aucune nouvelle ». Les salariés s'étonnent : « Il y a pourtant suffisamment d'activité. »
Une réunion de délégués du personnel est prévue lundi. « On veut des garanties concrètes par écrit, insiste Gilbert Quellec. Qu'on nous dise ce que la direction compte faire. »
« Le tribunal a refusé la liquidation judiciaire, expose Claude Cadiou, Pdg du groupe. Il demande une liquidation amiable. » Et d'expliquer que la Seib est déficitaire depuis deux ans. « Un point a été fait en septembre. Pour 2011, le carnet de commandes n'est qu'à moitié plein. Le groupe ne pourra pas supporter une troisième année déficitaire. »
« Frappés par la crise »
« Marché du bâtiment en berne, retard dans la programmation des commandes... », Claude Cadiou explique aussi que la Seib travaille à Rennes et Saint-Brieuc, « dans des bassins particulièrement frappés par la crise ».
Depuis deux semaines, « on a rencontré le mandataire et nos conseils pour voir comment on pouvait cesser notre activité avec l'actif et le passif dont on dispose. Comment étaler les chantiers sachant que, dans l'intervalle, on a eu une proposition de reprise ».
Claude Cadiou dit préparer « un plan de cessation qui sera transmis au mandataire » et une communication sera faîte aux salariés en début de semaine prochaine.
Le reclassement du personnel ? « Il y a sept autres sociétés, répond le Pdg. On fera le maximum. Ces structures ont un niveau de charge suffisant mais pas excédentaire pour « absorber » trente personnes. »
La Seib a été créée en 1998. Elle intervient dans les domaines de l'électricité pour les bâtiments à usage tertiaire et le logement collectif, de l'installation de paraboles, d'antennes hertziennes à la mise en place d'alarmes et de réseaux téléphoniques. « Elle affiche un chiffre d'affaires de 2 millions d'euros en 2010 alors qu'il en aurait fallu 3,8 pour être à l'équilibre. »
Sophie MARÉCHAL