blog du Npa 29, Finistère
18 juin 2010 - Le Télégramme
Malaise au sein de Brico Dépôt. Trente salariés ont débrayé, hier matin, pour protester contre un objectif de vente annuelle jugé irréalisable. Ils se disent, par ailleurs, pressurisés au quotidien.
«Nous étions une entreprise conviviale, un des plus petits magasins de France au niveau surface et nombre d'employés, mais en
progression constante», expliquent Christian Provotal, Anne Carouge et Carole Pionneau, délégués du personnel. Ils rappellent que sur la centaine de «Brico Dépôt» de l'Hexagone, l'enseigne
quimpéroise, implantée route du Loch, se plaçait en 5e position en taux de démarque. «L'an passé, nous égalions presque le chiffre d'affaires de Lorient, un magasin pourtant beaucoup plus grand»,
rajoute Christian Provotal.
«La direction aurait dû anticiper»
Les 70 employés en concevaient apparemment de la fierté. Ils disent qu'ils étaient satisfaits des primes qui récompensaient ces bons chiffres. À preuve, depuis l'ouverture du magasin, il y a six
ans, les trois quarts du personnel étaient les mêmes, alors que le «turn over» est plus important dans les autres Brico Dépôt. À les écouter, l'âge d'or est révolu. Il y a quinze jours, un
syndicat CFDT a été créé, «malgré la politique de l'entreprise qui a tout fait pour l'empêcher de naître».
Dans la foulée, trente salariés ont débrayé, hier, de 9h15 à 12h30. La goutte d'eau qui a fait déborder le vase est cet objectif de 5% de progression des ventes qui
leur est demandé, «et qu'on ne pourra jamais atteindre. À Brest, le Brico Dépôt est en baisse de 6,78%, à Lorient de 1%». Ils évoquent la crise, qui fait baisser le panier moyen du client. Ils
voient déjà l'ouverture du nouveau Castorama, qui cannibalisera une partie de leur clientèle. Ils craignent une baisse importante de leur prime, déjà réduite de 54% sur le premier trimestre. «La
direction aurait dû anticiper tout cela!», déplorent-ils.
«C'est devenu impossible!»
Autre motif de discorde: «La pression au travail. Il faut toujours en faire plus, sans les moyens. On doit être partout à la fois. On a deux chefs de rayon absents mais ce sont les vendeurs qui
gèrent. On s'est retrouvé une fois avec un vendeur pour les trois rayons décoration, outillage et électricité. C'est devenu impossible!». Fatigue physique, morale, moins de temps à accorder aux
clients... «C'est un effet de masse qui se répercute». Les caissières se font régulièrement rabrouer selon eux.
«Coup de semonce»
Le «malaise», comme ils disent, aurait peu ou prou débuté il y a un an et demi. «Il n'y a plus ce côté humain qui existait jusque-là, cet esprit Brico Dépôt». Leurs délégués du personnel ont été
reçus longuement en fin de matinée par le directeur, Hervé Pointet (*). «Sur l'objectif de progression, il demande un temps de réflexion jusqu'à jeudi prochain. Sur les conditions de travail, il
nous a dit commencer à y travailler. Nous allons voir dans le temps. Nous attendons déjà sa réponse sur les 5% de progression, ensuite nous aviserons», expliquait, hier après-midi, un délégué.
Les protestataires ont prévenu: «C'est un coup de semonce. Nous irons jusqu'au siège de Longpont-sur-Orge (Essonne) s'il le faut».
(*) Contacté, le directeur n'a pas souhaité s'exprimer.