blog du Npa 29, Finistère
21 septembre 2012 à 08h56 -
La tension est encore montée d'un cran hier au sein des équipages de la Brittany Ferries. Après l'échec d'une réunion en matinée entre les syndicats de marins CGT et CFDTau cours de laquelle la direction a claqué la porte, les navigants qui avaient déposé des préavis de grève de 24 heures ont mis leurs menaces à exécution.
08H54. Le Pont-Aven dérouté sur Brest débarque ses passagers
Attendu à Roscoff ce matin, il a accosté à Brest faute de pouvoir s'amarrer au
quai en raison de la grève à bord de l'Armorique...
Jeudi 20 septembre
C'est ainsi que l'Armorique qui devait quitter Roscoff pour Plymouth, hier
après-midi, avec 390 passagers est resté à quai. C'est également le cas pour deux autres bateaux de la compagnie bretonne: le Normandie, à Ouistreham, et le Cap
Finistère à Santander. 600 passagers auraient dû embarquer depuis le port espagnol à destination de Portsmouth. Ces mouvements ont eu des conséquences en chaîne. À cause de la présence
du Normandie à quai, le Mont-Saint-Michel a été dérouté vers Cherbourg. Et il ne traversera pas la Manche ce matin, ses rotations ont été annulées.
Et il est fort possible que le Pont-Aven attendu ce matin soit dérouté sur Brest, faute de pouvoir s'amarrer au quai de Roscoff. Dans un communiqué, les officiers de la CFDT-FGTE précisent qu'ils se désengagent et désavouent les mouvements en cours et demandent à leurs adhérents de ne pas participer aux votes organisés sur les bords: «Le dialogue doit rester le maître-mot des débats. Les solutions radicales prenant en otage nos passagers et impactant plus encore les finances de l'entreprise sont irresponsables. Nos passagers sont nos salaires», indiquent-ils.
Ils demandent en outre pour apaiser les tensions la nomination d'un médiateur. Ils ont adressé une demande en ce sens à Stéphan de Ribou, commissaire pour la Bretagne au Redressement productif.
Les passagers qui devaient embarquer ce jeudi après-midi à bord du Cap Finistère à Santander, pour un départ à 15 heures vers Portsmouth, de l'Armorique, à Roscoff (départ vers Plymouth), et du Normandie, à Ouistreham (départ vers Portsmouth) sont actuellement tous bloqués. Les membres d'équipage des navires de la Brittany ferries qui avaient déposé mercredi un préavis de grève de 24 heures ont mis leurs menaces à éxécution. Ils refusent d'appareiller.
Deux membres de la direction venus spécialement de Roscoff à Santander sont montés à bord du Cap Finistère pour convaincre l'équipage de quitter le navire. "Ils nous ont demandé de débarquer en prétextant que notre grève est illégale. Comme nous avons refusé la direction a décidé de nous couper les vivres. Tous les frigos sont sous scellés", témoigne un navigant.
Grève généralisée
La grogne du personnel de la Brittany Ferries touche maintenant l'ensemble des navires de flotte de la
compagnie maritime, tous les équipages ayant voté le principe d'une grève.
Ce jeudi matin, la réunion sur le temps de travail organisée à l'intention des syndicats a tourné court, la direction ayant claqué la porte 10 minutes après le debut de l'entretien.
Cette dernière refuse toujours de négocier la fameuse clause de retour à meilleure fortune, réclamée par les navigants. "Nous sommes prets à faire beaucoup d'efforts le temps qu'il faudra mais on veut aussi retrouver nos acquis quand l'entreprise ira mieux", martèle un membre de l'équipage.
Brittany ferries prévoit un plan déconomie de 15 millions d'euros, dont six sur la masse salariale.