blog du Npa 29, Finistère
1 avril 2010
Ce n'est pas un canular du 1er avril. Le Bro gozh ma zadoù, l'hymne breton, aurait été écrit en 1895 par William Jenkyn Jones, un pasteur protestant gallois qui vivait à Quimper. François Jaffrenou, l'auteur déclaré de ce chant et nationaliste patenté, serait donc un imposteur.
Le samedi 9 mai 2009, à l'occasion de la finale de la Coupe de France Rennes-Guingamp, AlanStivell s'empare du micro du Stade de
France pour chanter le Bro gozh ma zadoù. Le célèbre barde est sans doute loin de penser que l'hymne national breton qu'il entonne est né, en 1895, dans l'esprit de William Jenkyn Jones, un
pasteur protestant méthodiste ayant choisi la Cornouaille bretonne pour terre de mission.
C'est ce que veut démontrer Daniel Quillivic, un enseignant bigouden retraité. «François Taldir Jaffrenou, secrétaire de l'Union régionaliste bretonne et qui a ensuite collaboré à l'Heure
Bretonne, journal pro nazi et antisémite, a copié les paroles écrites par le pasteur. J'ai toutes les preuves en main», avance-t-il, ses archives sous le bras.
Flash-back. Nous sommes en 1882. Le pasteur gallois William Jenkyn Jones arrive en mission dans le Sud-Finistère, pour délivrer les habitants du «joug papal». Il s'établit à Quimper avec sa
famille. Il yrestera 43 ans, jusqu'à sa mort. Il apprendra très vite le breton. Une langue qu'il maniera à la perfection, puisqu'il laissera à la postérité des dizaines de cantiques écrits en
breton. «William Jenkyn Jones a ouvert quatre temples à Quimper, Lesconil, Léchiagat et Douarnenez, explique Daniel Quilllivic, issu d'une des familles bigoudènes ayant décidé de suivre la
doctrine protestante. Il avait aussi pour souci constant de lutter contre l'alcoolisme. Fléau qui, à cette époque, entraînait un impressionnant cortège de misère».
Exalter la fierté des Bretons
Pour le prêtre, il faut exalter la fierté des marins et des agriculteurs qui constituent la grande majorité de la population. «C'est dans cet esprit qu'il a composé le Bro va zadoù kozh (le pays
de mes ancêtres). En hommage aux Bretons et à la Bretagne», précise Daniel Quillivic.
Il s'agit, en fait, d'une adaptation de l'hymne national gallois, le Hen Wlad Fy Nhadau(vieille terre de mes pères), composé en 1856 par Evan James. Le chant sera publié en 1895 dans un recueil
de cantiques baptisé Telenn ar c'hristen (la harpe des chrétiens). Deux ans plus tard, naîtra la version de FrançoisTaldir Jaffrenou, le Bro gozh ma zadoù(Vieux pays de mes pères) qui deviendra
l'hymne de l'Union régionaliste bretonne en 1904.
La version du pasteur copiée
Selon Daniel Quillivic, François Taldir Jaffrenou, qui a revendiqué jusqu'à sa mort, en 1956, la paternité du Bro gozh, se serait inspiré directement de la version du pasteur. Et non pas de
l'original gallois. «Il se contredit dans ses écrits, poursuit l'enseignant. En 1952, en pleine polémique sur les droits d'auteur, il explique l'avoir composé en 1899 au pays de Galles. Plus
tard, il dira que c'était en 1897, à Saint-Brieuc».
L'enseignant a poussé très loin la comparaison des trois textes. Il en ressort que la version Jaffrenou, en ce qui concerne les deux premiers couplets, est on ne peut plus proche de celle du
pasteur. «Jaffrenou connaissait la version de Jenkyn Jones. Grâce à François Vallée, son professeur, un grammairien renommé. Ce dernier entretenait une correspondance régulière avec Jenkin Jones
qui lui faisait parvenir ses écrits pour d'éventuels conseils».
De son vivant, le pasteur Jenkyn Jones ne s'est que très peu battu pour faire reconnaître ses droits sur le Bro gozh ma zadoù. Le 16 janvier 1904, il écrivait:«Je ne comprends pas cette ambition
de faire sa réputation avec la propriété d'un autre. Car tôt ou tard, la déloyauté se fait jour».
Note 1 du blogueur :
Il est absolument nécessaire que l'on trouve ce genre d'article de vulgarisation dans la grande presse.
1/ Parce que l'histoire de Bretagne n'est nulle part enseignée à l'école puisqu'il faut une seule histoire "nationale" donc française (lire Suzanne Citron
).
2/ Parce qu'on y apprend au détour d'une ligne que Jaffrennou comme pas mal de ces "militants" penchaient pour les régimes autoritaires. Ce qui fait hurler les militants bretons, surtout de gauche, quand on ose l'évoquer.
3/ Parce que cela prouve que cet hymne est connu et accepté par la population, quoi qu'on en dise...
4/ Car mettre "tout sur la table" désarme aussi tous ceux qui veulent jeter le bébé ( l'identité, la langue, la culture bretonne, l'hymne et le drapeau ) avec l'eau du bain ( l'attitude du
"mouvement breton" pendant la guerre de 1939 45).
Lien: Taldir Jaffrenou ( link) et soutien de la LVF (Wikidédia) link
Note 2:
Les commentaires valent leur pesant de Kig ha fars! En gros une majorité de "gens de gauche" assez violents dans la forme, qui appelent comme toujours à dissimuler au nom de la jurisprudence-mouvement breton: "on efface tout"! Exactement comme pour l'église catholique et ses "erreurs".
On devrait remettre les compteur à zéro parce que les miltants bretons actuels seraient passés par Diwan, votent Génération Ecologie et pas FN. Pourquoi leur coller cet "héritage", tous les jeunes assument-ils ces saloperies ? Il vaut mieux donc tout leur cacher!
Ces commentateurs voudraient tout effacer au motif qu'on "sait déjà tout çà"! Or c'est faux! VOUS messieurs les râleurs savez bien des choses, mais vous vous gardez
bien de le dire. Et comme rien n'est enseigné de façon neutre nulle part, en particulier dans les écoles, collèges et lycées (par peur de fabriquer des autonomistes), il ne se dit que la version
officielle de l'Emsav qui ramène tout à du "culturel innofensif". Ce n'est pas nouveau de ramener à des querelles de personnes ou d'orthographe des conflits sociaux. Il s'agissait bein de
liquider le "front populaire"! Que "dans certains milieux" on ait ses sources, soit. Mais n'empêchez pas les autres de connaître leur histoire !
Note 3 :
Tout cela fait penser que la Bretagne se trouve finalement dans une situation "post guerre civile" d'il y a 70 ans! Comme l'Argentine, le Chili, l'Afrique du Sud. Chacun devrait y mettre du sien et rien n'est facile pour la "réconciliation", car chacun a souffert. Moui...
Or notre guerre civile n'a pas opposé des bandes de force presqu'égales (comme dans les balkans) , mais l'immense majorité de la population à 2 ennemis (qui n'en faisaient qu'un): la collaboration française et la collaboration bretonne. La mémoire de la collaboration française ne pose plus de problème (contrairement à l'Ukaine, la Lettonie où les vieux SS paradent), ses héritiers sont disqualifiés, il n'en va pas de même de la collaboration bretonne. On n'en est pas à la situation Ukrainienne ou Lettonnne, mais il y a eu des anciens fachos décorés de l'Hermine!
Que ce soit de la part du mouvement dit "nationaliste traditionnel" que du mouvement " progressiste", la ligne de défense est la même: "Foutez nous la paix bande de fouille merde!" Bizarre non?
On ne peut s'empêcher de penser que pour nos amis "culturels" finalement, pas question de critiquer les partisans du nazisme (ce qu'ils acceptent pour la France), mais au mieux de mettre résistance et "antirésistance " sur le même plan, dos à dos! Combien de gens ne mettent-ils pas encore sur le même plan "exactions de la résistance" avec les "exactions pour la bonne cause" de certains bretons. Certaines victimes des maquis ( ou de vengeances individuelles) sont devenus des martyrs dans certains milieux. C'est ce que visent à imposer la violence des réactions à ce genre d'article. Distiller un doute qui ne profite qu'aux nazis! (Comme toutes les autres tentatives révisionnistes).
Il est pour la plupart des "défenseurs de la langue bretonne" absolument impossible d'appeler un chat un chat et Roparz Hemon (et d'autres) des collabos. Ils ne collaboraient pas, ils défendaient la langue bretonne, point! Ce qui vaut tous les "aménagements moraux". On ne peut employer que "victime des circonstances" , "tellement dévoué à sa langue, aveuglé il ne s'abaissait pas à savoir qui dirigeait la Bretagne à cette époque", "purs esprits patriotes ne faisant pas de politique".
Ce n'est pas avec ce genre de dissimulations , genre église catho voire pays de l'Est, qu'on va faire avancer la cause de la langue et du reste. Il restera toujours une méfiance face à ces zones d'ombre jalousement protégées pour conserver des images d'épinal.
Comme disait Chirac : il y a encore comme une saine rupture à effectuer!