blog du Npa 29, Finistère
Les Catalans votent, dimanche, pour leur gouvernement autonome. Les nationalistes partent favoris, malgré les mises en garde du gouvernement espagnol.
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Barcelone. De notre envoyé spécial
C’est une vague qui semble ne plus vouloir s’arrêter. Aux balcons, les drapeaux poussent comme des jonquilles, bandes sang et or avec l’étoile sur un triangle bleu, les bannières de l’indépendance. L’automne catalan est un printemps. « On ne parle que de ça. Partout. Au restaurant, au travail. En catalan. En espagnol. »
Xavier Bas, 52 ans, designer, s’étonne de cette fièvre qui a saisi la région depuis l’énorme manifestation du 11 septembre en faveur de l’indépendance. Près d’un million et demi de personnes dans les rues de Barcelone, le cinquième de la population catalane.
L’arrogance de Madrid
Selon certains sondages, les élections de dimanche pourraient donner une majorité absolue à la coalition nationaliste de centre droit CiU d’Artur Mas, actuellement au pouvoir. Dès lors, le processus d’indépendance entrerait dans une phase active à la faveur d’un référendum. « La Catalogne, prochain État en Europe ! », répète volontiers Mas.
« Une démarche irresponsable, à l’encontre de l’histoire et du pur bon sens », rétorque, irrité, Mariano Rajoy, le Premier ministre espagnol. D’autant qu’il y a un mois, les nationalistes de droite et de gauche ont raflé deux tiers des sièges au parlement basque.
Comme beaucoup, Xavier Bas votera pour CiU. Et dira « oui » à un éventuel référendum d’autodétermination. « Et pourtant, je ne suis pas nationaliste, ni pour la Catalogne, ni pour l’Espagne. Pour moi, la solution à la crise n’est pas un fédéralisme au niveau de l’Espagne mais de l’Europe. » Xus, sa femme, trouve que cela va un peu trop vite : « Dire qu’avant l’été, on n’en parlait pas. »
Pourquoi, soudain, la Catalogne redouble-t-elle d’appétit pour l’indépendance ?
En partie à cause de la rigidité, de « l’arrogance » de Madrid. Il y a peu, le ministre de l’Éducation a demandé à ce que les petits Catalans soient « re-espagnolisés », ce qui lui a valu d’être tancé par le Roi lui-même. « Je parle catalan 95 % de mon temps, explique David Perramon, un caviste. Le reste de l’Espagne ne le supporte pas. Or, parler deux langues nous rend bien plus ouverts. »
La crise économique a corsé le contentieux. Longtemps une des régions les plus riches d’Espagne avec le Pays Basque, la Catalogne tangue sous une dette de 42 milliards d’euros. Quand, cet été, Artur Mas a réclamé plus d’autonomie fiscale et le pouvoir de prélever directement l’impôt, Madrid lui a claqué la porte au nez. Sur un euro d’impôt qui file dans la capitale, seuls 43 centimes reviennent actuellement en Catalogne.
Marc PENNEC.
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