blog du Npa 29, Finistère
3 mars 2012 -
Près de 300 personnes à l'intérieur, une centaine dehors, l'espace des Capucins était, hier soir, bien trop petit pour cette réunion d'information sur la centrale au gaz.
À l'initiative de l'association «Landivisiau doit dire non à la centrale» et du collectif Gaspare (Garantir l'avenir par l'autonomie
régionale énergétique), une réunion a donc eu lieu à l'espace des Capucins, hier soir. Cette réunion d'information faisait suite au choix du ministre de l'Industrie et de l'Énergie qui a retenu
le projet de Siemens et Direct Énergie pour la construction, à Landivisiau, d'une centrale combinée au gaz (Télégramme de jeudi). Le coût de ce projet tourne autour de 400millions d'euros
(M€).
«Plus qu'une seule envie: déménager»
Parmi les 400 personnes présentes aux Capucins, il y avait bien sûr des opposants au projet, mais aussi certains en quête d'informations. «Avant de pouvoir donner un
avis, je suis venu pour me renseigner sur ce que c'est que cette centrale», explique Sophiane, un Landivisien de 32 ans. Toujours dans l'assistance, deux Landivisiennes, Sonia, 62 ans, et Alice,
39 ans, sont, elles, farouchement opposées à la centrale, dont la mise en service est prévue pour octobre2016. «On n'a plus qu'une seule envie, c'est déménager, préviennent-elles. On a déjà assez
de nuisances avec la base aéronavale. Et puis, que se passerait-il en cas d'explosion de cette centrale?».
«Décision sans concertation»
«Il serait tout de même préférable de favoriser les énergies renouvelables: le photovoltaïque, l'éolien...», avance Christophe, un Landernéen de 54 ans. «C'est
regrettable que la décision ait été prise sans la concertation de la population», ajoute le Landivisien Jean-Paul, 49 ans.
Souhait d'un débat public contradictoire
Face au public, c'est Marie-Eugénie Derrien, présidente de «Landivisiau doit dire non à la centrale» qui a ouvert la réunion en exprimant «le souhait de
l'organisation d'un débat public contradictoiresur le projet. Pour l'instant, nous ne savons pas quel sera l'impact de cette centrale sur notre santé et sur notre environnement». «Nous espérons
vraiment que cette centrale ne se fera pas, s'exclame Louis Pouliquen, vice-président de l'association. Il n'est pas question que nous faiblissions. Il faut alerter la population sur les risques
sanitaires, physiques et financiers. Avec 400M€, on peut construire 1.500 microstations d'épurations pour nos agriculteurs». L'association doit prochainement rencontrer la députée Marylise
Lebranchu.
Marche ce matin
Dans la salle, un participant a suggéré la mise en place d'un référendum. En attendant, l'association «Landivisiau doit dire non à la centrale» organise unemarche
citoyenne ce matin. Le départ est fixé à 10h de la place Jeanne-D'arc (près de la mairie). Le cortège se dirigera ensuite vers le site où doit être construite la centrale, à 2km de la place
Jeanne-D'arc. «Les gens se rendront ainsi compte que la centrale sera proche d'une école, du centre-ville», expliquent les organisateurs, qui attendent plus de 800 personnes. «On est parti pour
des années de lutte, indique Marie-Eugénie Derrien. On s'opposera à ce projet en utilisant tous les moyens légaux».