blog du Npa 29, Finistère
Jean-Paul Le Floc'h, Fabienne Tartaise, Marie-Pierre Boé et Laurence Journal, représentants de la CFDT.
La fédération CFDT santé sociaux s'est engagée depuis l'automne dans une enquête sur les conditions de travail chez les soignants des établissements publics. Les personnels administratifs, techniques, kiné... ont également été consultés dans les hôpitaux et maisons de retraite. Au total, 1 427 agents ont répondu dans le département. « Dans le Finistère-sud, le taux de réponses est variable selon la taille des établissements, précise Marie-Pierre Boé, membre de la section du centre hospitalier de Cornouaille (Chic). Il y a plus de retours dans les petites structures que dans les grandes. À Douarnenez, par exemple, il y a eu 100 réponses et 282 au Chic. »
Perception négative
Le constat est le même au niveau national et au niveau local : les personnels ont une perception négative de leurs conditions de travail. Selon l'étude, 95 % se disent exposés au stress. Certains le vivent bien (près de 38 %) mais ce stress se traduit généralement par des problèmes de santé (57 %). Par ailleurs, plus de 40 % des personnels observent qu'ils ne sont que partiellement consultés sur les organisations de travail.
Manque de reconnaissance
70 % des personnels considèrent qu'ils s'investissent énormément dans leur travail mais plus de 47 % remarquent un manque de reconnaissance qui affecte leur vie personnelle. 86 % ont le niveau de qualification requis pour exercer leur métier. Par contre, on constate des dépassements de tâches importants entre les aides-soignants et les agents hospitaliers. « Dans les maisons de retraite notamment, les agents donnent les médicaments, précise Fabienne Tartaise, de l'hôpital de Douarnenez. Certains font également des toilettes. »
Prise de repos difficile
Toujours selon l'enquête, la gestion des ressources humaines détériore leur vie personnelle (60 %) : 50 % regrettent qu'on les rappelle pendant leurs jours de repos afin de combler le manque d'effectifs. 63 % regrettent l'impossibilité de prendre leur repos (RTT ou congés) quand ils le souhaitent. Les repos sont imposés par les contraintes de service. 72 % considèrent que le rythme et l'intensification du travail se sont dégradés depuis ces cinq dernières années. 45 % des agents ressentent des troubles musculo-squelettiques.
Peu de dialogue
Pour 48 % du personnel, notamment les infirmières, l'organisation médicale affecte leur propre organisation et 55 % jugent qu'elle n'est pas sécurisante. De plus, 35 % des infirmières et aides soignantes remarquent que les médecins ne tiennent pas compte de l'effectif dans leur organisation. Les personnels déplorent le manque de relation avec leur hiérarchie directe. « Les soignants souffrent et le problème des effectifs reste un élément incontournable dans la recherche de solutions », conclut la CFDT.
Lucile VANWEYDEVELDT