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blog du Npa 29, Finistère

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Changement d’ère au Pays basque (Courrier International)

Les élections municipales et provinciales ont fait des héritiers de Batasuna la deuxième force politique dans la communauté autonome.

26.05.2011 | Manuel Montero | El Diario Vasco

 

Dans les trois provinces du Pays basque, Bildu a obtenu 25,40 % des suffrages aux élections municipales et provinciales. Le dernier succès de la gauche indépendantiste remontait à 1999, quand Euskal Herritarrok (coalition créée par Batasuna) avait obtenu 20,04 % des suffrages aux élections provinciales.


Les élections du 22 mai ont créé un tout nouveau contexte au Pays basque. Elles marquent le retour de la gauche indépendantiste dans la bataille électorale, et avec un résultat spectaculaire, puisque Bildu [coalition d'indépendantistes, dont les anciens de Batasuna, parti interdit en 2003] est devenu le deuxième parti de la communauté autonome. Quelles que soient les raisons de cet essor, l'irruption de Bildu sur la scène politique basque est le fait le plus marquant de cette élection.

 

Le succès de la gauche abertzale [indépendantiste radicale] aura des répercussions sur toute la politique dans la communauté autonome ; elle crée aussi une nouvelle donne, jusque-là latente, qui devient aujourd'hui un enjeu clé : la montée de l'affrontement entre le Parti nationaliste basque (PNV) et Bildu pour la domination du mouvement nationaliste. "Pôle souverainiste" contre nationalisme modéré : le combat pour la suprématie au sein de la communauté nationaliste peut devenir l'un des axes de la vie politique basque. La nouvelle enseigne de la gauche abertzale talonne désormais le nationalisme modéré, et le dépasse même dans la province la plus nationaliste [celle de Guipúzcoa].

 

Ce nouveau contexte place à une difficile croisée des chemins le PNV, qui avait exercé jusqu'ici une sorte de paternalisme défensif à l'égard de celui qui devient son principal adversaire. Et ce dernier ne fait pas que mettre en péril son hégémonie historique sur le nationalisme. Le PNV est désormais face à un dilemme, soit creuser sa tendance souverainiste (domaine dans lequel Bildu semble pour l'heure l'emporter), soit poursuivre avec sa traditionnelle ambivalence entre autonomisme et souverainisme. Les deux choix comportent de sérieux risques politiques, notamment celui de perdre son identité face à l'étoile montante rivale. Les résultats électoraux du 22 mai ont aussi des conséquences sur les partis constitutionnalistes.

 

La plus marquée est le recul du Parti socialiste basque (PSE). C'est incontestablement le reflet de la débâcle au niveau national du Parti socialiste (PSOE) ("La soirée ne va pas être bonne", reconnaissait son porte-parole dès les premiers résultats), mais ce repli montre aussi que sa gestion du gouvernement basque, trop souvent justifiée par des raisons floues et des projets incertains, ne séduit pas.

 

Un gouvernement basque politiquement affaibli, une coalition Bildu à peine née et déjà appelée à assumer des responsabilités locales alors qu'elle doit encore se défaire de ses tutelles historiques au sein de la gauche abertzale, un PNV en difficulté parce que son hégémonie est contestée... Telles sont quelques-unes des clés de la nouvelle ère politique qui s'ouvre au Pays basque. A certains égards, la politique basque se simplifie, avec deux grands blocs nationalistes et deux autres, moins bien représentés, côté constitutionnaliste. La dynamique de cette nouvelle ère reste cependant difficile à prévoir. Quant au panorama général en Espagne, on peut le définir comme le début de la fin du règne socialiste. Le Parti socialiste a perdu sur tous les fronts. Il a perdu du pouvoir dans les communautés autonomes, et ses bastions historiques sont désormais aux mains de la droite, le Parti populaire [PP]. C'est à cause de la crise, disent ses dirigeants. Certes, mais aussi à cause de leur façon de la gérer, de leur confiance dans des mesures volontaristes, dans un impossible partage de l'optimisme, et parce qu'ils ont affiché leur perplexité, ce qui plaît rarement à l'opinion.

 

C'est le début de la fin, et le PSOE doit y faire face dans des conditions des plus pénibles. Avec un gouvernement qui a vu sa base électorale s'évaporer, il doit aujourd'hui se mettre en quête d'un candidat au cours de primaires [prévues pour avant septembre 2011] qui menacent de faire voler le parti en éclats, avec dix points de retard sur le parti de l'opposition et sans programme clair. C'est peut-être, d'ici à la fin de leur mandat à Madrid, une longue et douloureuse agonie qui commence pour les socialistes.

 

 

Courrier International

 

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