Portrait
« Quand quelqu'un vient nous demander de chanter, si la date est libre, on n'aime pas refuser. » Les FrèresMorvan, icônes de la musique traditionnelle bretonne
et ambassadeurs du kan ha diskan, vont faire danser le Pont de Rohan, à Landerneau, dimanche 11 septembre.
Pour le dernier fest-deiz de l'été organisé sur le pont habité, les organisateurs prévoient une affluence record. Et qu'on soit prévenu : les deux chanteurs de Saint-Nicodème
(Côtes-d'Armor), chemises à carreaux et béret sur la tête, viennent sur les bords de l'Elorn « pour faire la fête ! ».
53 ans de scène
« Chanter devant du public, c'est ce que nous aimons, explique Yvon, 76 ans, le benjamin des deux frères. À la sortie de scène, les
gens viennent discuter avec nous, même s'ils ne nous connaissent pas. C'est génial. »
Habitués des micros - ils chantent ensemble depuis 1958 - Ar Vreudeur Morvan le sont aussi de Landerneau. « La première fois que nous sommes venus chanter
ici, nous étions encore trois », se souvient Henri, 79 ans.
Depuis, ils écument les scènes de Bretagne, conscients d'avoir encore un rôle à jouer pour préserver la tradition. « Partout les gens dansent sur nos airs traditionnels, même
les jeunes, s'enthousiasment les deux frères. Il faut veiller à ce que cette culture ne se perde pas, c'est important. »
« Chanter, c'est naturel »
Symboles d'une génération qui a permis au chant populaire breton de sortir de l'oubli, les Frères Morvan n'en restent pas moins plein d'humilité. Dans la rue, mélomanes et touristes les
reconnaissent, les interpellent parfois. « On nous demande même des autographes », sourit Yvon.
Un phénomène qui dépasse ces deux anciens agriculteurs. « Nous sommes de la terre et le chant nous ne l'avons pas appris, c'est venu en entendant les anciens chanter,
s'excuse presque Henri. On ne connaît pas les notes de musique, chanter pour nous, c'est comme aller travailler dans les champs, c'est naturel. »
Naturel. L'une des caractéristiques qui fait le charme du duo. Dimanche, au milieu des danses plinn, fisel et gavottes, Yvon et Henri entonneront sans doute leur Joli
coucou (presque) nationalement connu.
Suffisant pour déchaîner les danseurs ? « Je ne sais pas mais quand nous voyons tous ces gens qui s'accrochent par le bras pour danser, ça nous donne envie d'y mettre
tout notre coeur », répond Yvon.
Pour ceux qui ne pourront être de la partie, soyez rassurés : ils n'ont pas prévu de s'arrêter !