blog du Npa 29, Finistère
Image de la "révolution culturelle": lecture des "dadzi bao", journaux muraux
Par le Samedi, 01 Décembre 2012
L'élection à la tête du Parti Communiste Chinois de Xi Jinping ainsi que de six autres qui constituent avec lui Comité permanent du Bureau politique du parti, est venue appuyer ce que l’intellectuel marxiste chinois Au Loong Yu a appelé le « capitalisme bureaucratique ».[1]
Les capitalistes bureaucratiques, dont de nombreux petits princes, ou des fils des fondateurs du gouvernement de la Chine communiste, sont parvenus, grâce à leur contrôle de l'Etat et à la connivence Etat-entreprise, à dominer le cœur de l’économie capitaliste du pays et à former le noyau de la nouvelle bourgeoisie qui dirige celui-ci. Ils forment un groupe de familles et de clans reliés par des relations de parti et d'affaires et qui constitue la classe dirigeante. C'est cette utilisation du parti et de l’Etat pour contrôler les entreprises capitalistes, pour exploiter les travailleurs, et pour faire des profits qui, comme l’explique Au, constitue la caractéristique du capitalisme chinois d'aujourd'hui.
Le leadership émergent des petits princes ne cherchera pas à changer quoi que ce soit de fondamental, mais oeuvrera plutôt à préserver et à étendre le pouvoir et les privilèges de leur classe. Comme l’a écrit Edward Wong dans le New York Times:
« Les petits princes ne sont pas une faction politique cohérente, et leurs rangs sont en proie à des rivalités personnelles et idéologiques. Leurs liens familiaux peuvent signifier une plus grande familiarité avec l’exercice du pouvoir et encourager des changements audacieux. Dans le même temps, cette classe a connu une croissance de richesses de l'économie politique de la Chine; les responsables et les entreprises publiques travaillent ensemble pour tirer des profits, souvent au détriment de l'entreprenariat privé. Même les princes qui soutiennent la libéralisation de l'économie ou le système politique croient encore à la primauté du parti, et leur pression pour différentes réformes est perçue comme un effort visant à assurer la survie du parti. »[2]