blog du Npa 29, Finistère
2 novembre 2012
Pour beaucoup de cinéphiles, le film de René Vautier «Avoir 20ans dans les Aurès» était, avant tout, une oeuvre polémique et militante sur la guerre d'Algérie, dont les qualités artistiques souffraient d'un tournage en 16mm et d'une lente dégradation des bandes depuis sa sortie, il y a tout juste 40 ans.
Depuis la fin de l'été, ces critiques de forme ne sont plus recevables. Grâce à un travail de fourmi, mené notamment par la fille du cinéaste, Moïra
Chappedelaine-Vautier et financé pour partie par la région Bretagne, les éléments du film bloqués dans un laboratoire ont pu être restaurés. Un très gros travail de postproduction fourni par la
cinémathèque de Bretagne a également été accompli et grâce au réseau Cinéphare, le film retrouve une nouvelle jeunesse et sera diffusé dans de nombreuses salles de larégion.
Réactions toujours vives
Accueilli à Brest cette semaine, René Vautier s'est dit «ébloui» par le film restauré. Et la
tournée au long cours menée pour présenter ce film, récompensé en 1972 par le prix international de la critique à Cannes, fait toujours carton plein lors des séances programmées. «Les salles
continuent de réagir très fort», souligne-t-on, même si certaines menaces de manifestations nostalgiques sont prises au sérieux. «Qu'importe», s'amuse RenéVautier, dont le verbe est toujours
aussi percutant, «une association d'anciens combattants, les Anciens combattants pour la paix, nous soutient».
Il est vrai qu'en ayant débouché les écoutilles en parvenant à un son impeccable, plus aucun dialogue ni son de ce film «pour la paix en Algérie» ne peuvent désormais échapper au public. À en croire les promoteurs d'«Avoir 20 ans dans les Aurès», la portée de ce film culte - marqué par la censure, la création de l'unité de production de cinéma en Bretagne (UPCB) et des anecdotes à foison - n'en est que décuplée. N'en déplaise à ses éternels détracteurs.