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blog du Npa 29, Finistère

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Clis de Kerjestin. Dans les pas des écoliers

 

29 mai 2010 - Le Télégramme

 

Les parents d'élèves de Kerjestin animeront un stand pédagogique sur les classes pour l'inclusion scolaire d'enfants en situation de handicap, tout le week-end, au forum des solidarités. Pourquoi est-ce utile une Clis? Éléments de réponse dans les pas des écoliers.


Dylan, Marie-Laure, Lionel, Gwénaëlle, Elsa, Kevin, Romain, Ewen et Amaury ont commencé par écrire la date, puis une phrase sur leur cahier vert. La phrase décrit le programme de la matinée: «Nous allons aujourd'hui en car à la ferme de Killian à Porzh Richard, à Cast». À chacun son rythme. S'y ajoute, pour certains, un dessin: une vache. Avant de monter dans le car, les écoliers de la classe pour l'inclusion scolaire de Kerjestin, à Quimper, glissent leurs mains dans celles d'élèves de petite section de maternelle. Le lien qui les unit saute aux yeux.

 

Ce n'est pasun hasard. Chaque mardi matin, les premiers, âgés de 9 ans et demi à 11 ans et demi, qui souffrent de troubles cognitifs, vont lire des histoires aux tout-petits. Des histoires simples, courtes. «Ça leur donne confiance en eux, ça les valorise. Car la lecture, comme l'écrit, peut générer de la panique, de la peur, de la souffrance chez eux. Là, ils sont en situation de pouvoir échanger avec les autres enfants», décrit Anne, leur institutrice spécialisée, dans le car qui roule vers Cast. C'est une forme d'intégration, douce, progressive, vécue collectivement, dans le milieu scolaire ordinaire. Mais ça n'a rien à voir avec une immersion solitaire dans une classe classique.

Besoin de plus de clés

Impensable pour ces enfants. Les écoliers de la Clis de Kerjestin sont capables d'apprendre évidemment. Leurs parents et leur maîtresse trouvent d'ailleurs qu'ils ont progressé. Mais ils ont besoin de plus de clés de compréhension, de prendre le temps, comme de calme dans leur tête. Ça signifie qu'il faut choisir les instants, qu'il faut concrétiser au maximum l'apprentissage des mathématiques ou du français.

 

«On tourne en gros autour des programmes de CE1 et CE2, mais on passe beaucoup par des faits d'actualité, l'histoire, les sciences, des spectacles, par des sorties comme celle-ci pour y parvenir», insiste leur institutrice. Arrivée à Cast. Au milieu des vaches alpines, jurassiennes, hollandaises. Il y a même une Jersiaise et deux taureaux, dont un musclé «blanc bleu belge». Quatre-vingts bovins dans le pré verdoyant, des veaux sous les vaches dans un autre, 200 au total.

 

Plus des poules et 420 cochons élevés en batterie. Yeux écarquillés. Les questions des écoliers fusent. Les exploitants, Christelle et Ronan, se prêtent bien volontiers au jeu. Killian les assiste, pas peu fier de décrire la vie de la ferme à ses camarades. Sacré moment de valorisation, mine de rien. Souvent, les écoliers n'ont pas le temps d'écouter la toute fin des réponses. Ils sont passés à autre chose. Se dispersent. Chacun selon ses envies. Un mot de trop de l'un d'eux crée, par intermittence, un bref instant de tension. Puis leur attention se fixe sur la découverte rurale suivante.

«J'ai été sage hein!»

«J'ai été sage hein», s'exclame, tout sourire, un garçon en remontant dans le car. Grands et petits toujours côte à côte. «C'est une belle histoire, avec des projets communs utiles aux plus petits comme aux plus grands, qui s'est écrite cette année entre nos deux groupes», a confié, quelques instants plus tôt, Catherine, l'institutrice de petite et très petite section. Retour à Kerjestin. Anne, l'institutrice, envisage de mettre à profit l'épopée à la ferme en abordant les distances, le calcul, la géographie, la sexualité...

 

Mais les écoliers devaient commencer par regarder les photos prises sur place. Elles leur inspireront vraisemblablement des légendes. Travail d'écriture et projet de livret au bout des mots. Un carreau de plus à leur singulière fenêtre ouverte sur le monde. Une fenêtre ouverte depuis la Clis, «un lieu de respiration, de pause, de repères, qui doit permettre à chaque enfant de rebondir pour se construire un avenir, car tous ont connu des échecs scolaires avant de venir ici», décrit leur maîtresse.

  • Bruno Salaün

Note: La Clis est sur la liste des fermetures...

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