blog du Npa 29, Finistère
Le patronat français vient de remporter une nette victoire sur la question de la compétitivité.
Le gouvernement a fait droit à ses principales exigences en matière de diminution des coûts pour les employeurs, d’augmentation de la TVA pour les consommateurs et de restriction des dépenses publiques pour l’État.
L’offensive a été remarquablement menée :
_ fuites organisées autour du contenu du rapport Gallois sur la compétitivité ;
_ bataille sur la Toile des « pigeons » contre le projet d’augmentation (très limitée) de l’impôt sur la plus-value des cessions d’actions au nom de « l’esprit d’entreprise » ;
_ rafale d’interviews et de déclarations du Medef, l’organisation patronale nationale, contre le « racisme anti-entreprises » et le « matraquage fiscal » ;
_ ultimatum des patrons d’une centaine des plus grands groupes, regroupés dans l’Afep (Association française des entrepreneurs privés, défendant leurs propres intérêts sans les mêler aux entreprises plus réduites) ;
_ publication du rapport Gallois, puis
_ annonce des mesures gouvernementales, renforcées par la conférence de presse du président de la République.
En moins d’un mois l’affaire était pliée.
Cette victoire en meute est une leçon : le patronat a utilisé tous les leviers pour défendre ses options, se faire relayer (s’il le fallait encore) par les principaux médias, se faire écouter par des oreilles attentives dans les sphères du pouvoir, en n’hésitant pas à brandir des menaces à peine voilées, et finalement imposer sa politique comme la seule possible et légitime (« il n’y a pas d’alternative… »).
On se met à rêver que les salariés, avec leurs diverses organisations, soient capables d’en faire autant – même si les moyens sont disproportionnés – par une bataille idéologique, politique et sociale d’ampleur.
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Charles Aubin