blog du Npa 29, Finistère
L'arrivée des violences : « J'ai 55 ans et je vivais depuis 3 ans avec cet homme, beaucoup plus jeune que moi. Jusqu'en novembre dernier, il vivait chez moi. Je payais le loyer et les charges. Nous avons décidé de prendre une colocation dans une commune voisine. Et là, ça a commencé à dégénérer. Il ne voulait pas payer le chauffage par exemple. J'ai vécu tout l'hiver à 12°. »
Le harcèlement : « Il lisait mes mails, surveillait mes allées et venues. Nous avons alors commencé à faire chambre à part. Il venait me réveiller régulièrement la nuit pour me crier dessus. J'ai aussi perdu mon travail. A 55 ans, je me suis retrouvée seule à gérer la situation et au chômage. »
La goutte d'eau : « La semaine dernière, la situation a craqué pour une demi-tasse de café. Il m'a projeté contre le radiateur, trainé par les cheveux, craché dessus. J'ai cru que ma dernière heure était arrivée. Je viens juste de retrouver un emploi et malgré cela, j'ai quand même assuré mon travail. Le soir, j'ai été dormir à l'hôtel. Le lendemain, j'ai contacté l'association Abri côtier qui m'a aidé et m'a trouvé un autre hôtel qui a l'habitude d'accueillir des femmes comme moi. »
La plainte : « Je n'ai pas pu déposer plainte au commissariat de police de Concarneau car je n'y résidais pas. Je me suis donc rendue à la gendarmerie de Pont-Aven puis à celle de Rosporden, dont dépendait mon domicile. L'association a aussi appelé la gendarmerie. C'est un peu compliqué quand on vient de subir un tel choc. »
Récupérer ses affaires : « Depuis huit jours, je n'ai pas osé retourner là-bas car j'ai peur. J'aimerais bien récupérer mes papiers, mon ordinateur, les photos de mes enfants. Comme j'ai retrouvé un travail, j'ai pu également reprendre un appartement sans alerter le propriétaire. C'est très dur. On est victime et on n'a pas le droit d'en parler car une femme battue, ça fait peur ! »
Recueilli par Isabelle JÉGOUZO