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blog du Npa 29, Finistère

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Cuba - Il y a cinquante ans, le 17 avril 1961

Si Fidel es comunista, estoy d'acuerdo con el!  (Si Fidel est communiste, je suis d'accord avec lui.
Une chanson de l'époque) .
Dicen los Americanos,
Que Fidel es comunista,
Pero no dicen que Batista,
Mató a veinte mil Cubanos.

Si las cosas de Fidel,
son cosas de comunistas,
que me pongan en la lista,
pues estoy de acuerdo con el.

Cuba Si, Cuba Si,
Cuba Si, Yankee No!

Fidel, Fidel,
Que tiene Fidel?
Que los Americanos,
No pueden con el!

 

Le débarquement de la baie des Cochons

Le 17 avril 1961, avec le débarquement de la baie des Cochons, des exilés cubains disposant du soutien matériel et humain des États-Unis tentaient un coup de force contre le régime castriste. L'attaque avait été mise au point par l'administration du précédent président américain, le général républicain Eisenhower, mais elle était mise en œuvre par son successeur, le démocrate John Fitzgerald Kennedy.

Le projet était de faire débarquer à Cuba 1 500 exilés cubains recrutés et entraînés par la CIA et de renverser le gouvernement nationaliste de Fidel Castro, arrivé au pouvoir en janvier 1959, porté par la vague d'une insurrection paysanne. Les dirigeants castristes avaient d'abord tenté de maintenir des liens avec les États-Unis, mais l'intransigeance de Washington avait entraîné la rupture.

Le 17 mai 1959, Castro lançait une réforme agraire modérée, celle promise par la Constitution cubaine de 1940 mais jamais mise en œuvre, visant les terres laissées en friche. Les propriétaires expropriés devaient être indemnisés. Malgré cela, l'annonce affola la Bourse de commerce de New York. Les États-Unis exigèrent une compensation plus importante. Mais Castro ne céda pas et s'empara des terres des compagnies américaines.

Dès mars 1960, l'administration Eisenhower prépara un plan de renversement de Castro, tandis que face aux pressions nord-américaines celui-ci cherchait l'appui de l'URSS. Le 20 avril 1960 arrivait à Cuba le premier tanker de pétrole russe. Le lendemain, les États-Unis suspendaient toute aide à Cuba et plusieurs compagnies américaines annonçaient leur refus de raffiner ce pétrole-là. Castro fit saisir ces raffineries. Le Sénat américain piétina alors l'accord avec Cuba sur les achats de sucre, la principale richesse du pays, en réduisant fortement ses commandes. Le 6 juillet, Castro nationalisait une partie des biens américains et amplifiait la réforme agraire. Le régime cubain ne pliant toujours pas, le 13 octobre 1960 les dirigeants américains déclaraient l'embargo sur toutes les exportations américaines vers Cuba, à l'exception de certains produits alimentaires et médicaux. En réponse, le gouvernement cubain saisit de nouvelles entreprises.

Les nationalisations cubaines furent donc plus la réponse pragmatique d'un gouvernement défendant avec détermination sa souveraineté face aux pressions de l'impérialisme qu'un choix idéologique fait a priori.

Les dirigeants de l'impérialisme américain étaient décidés à abattre le régime de Castro, dont ils craignaient que l'exemple ne fasse école dans toute l'Amérique latine, leur chasse gardée. Le 3 janvier 1961, l'administration Kennedy rompait les relations diplomatiques avec Cuba. Le 15 avril, des avions américains bombardaient les aéroports du pays, détruisant une grande partie des avions civils et militaires. Et le 17 avril, les 1 500 exilés cubains débarquaient.

La CIA avait estimé que, encouragée par ce débarquement, la population cubaine se soulèverait contre le régime. C'est tout le contraire qui se passa. Castro lança un appel à la lutte contre l'agression et des miliciens vinrent en masse de tout le pays repousser les assaillants. À l'inverse des calculs de Washington, la population civile fit bloc derrière Castro car elle savait que le retour des exilés cubains, en général ex-hommes de main des grands propriétaires, aurait signifié le retour du régime corrompu et détesté du dictateur Batista que la révolution de 1959 avait renversé. En quelques heures, le débarquement anticastriste se transforma en un fiasco retentissant pour l'administration Kennedy.

Non seulement la politique américaine n'avait pas permis d'abattre le régime castriste, mais elle l'avait repoussé dans le camp de l'URSS et avait montré au monde entier qu'un petit peuple de huit millions d'habitants pouvait tenir tête à la plus grande puissance mondiale.

Les États-Unis n'abandonnèrent jamais l'idée d'écarter les dirigeants castristes du pouvoir et, malgré cet échec, ils allaient maintenir jusqu'à aujourd'hui l'embargo économique contre Cuba.

 


 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2229&id=31link

 

  Note d'opinion:

 

Entre les staliniens nostalgiques de toutes les dictatures, pour qui Cuba est "le" socialisme et Lutte Ouvrière qui nie qu'il y ait eu, même au début, une tentatice de société égalitaire, il y a une marge. Quel drôle de "nationalisme" qui envoie ses troupes aider les noirs d'Afrique contre l'Apartheid, qui aide plus Haïti que tous les autres dès AVANT le tremblement de terre. Et on peut multiplier les exemples, bien que bien sûr, les cubains attendent toujours de pouvoir raconter les blagues contre les Castro sans aller en taule.


 

 

Cuba - Le pouvoir veut encourager le profit privé

Le 6e congrès du Parti Communiste cubain s'est ouvert samedi 16 avril en célébrant les cinquante ans du fiasco nord-américain de la baie des Cochons. Mais un millier de délégués ont aussi approuvé trois cents réformes, dont une partie est déjà en vigueur, visant à la « libéralisation » de l'économie.

L'actuel président, Raul Castro, 80 ans en juin prochain, a été élu premier secrétaire du parti en remplacement de son frère Fidel, qui a salué les réformes engagées. Celles-ci incluraient des suppressions de postes dans la fonction publique, des coupes dans les budgets sociaux et un renforcement du secteur privé, qui s'est déjà développé depuis que le tourisme a relayé l'économie sucrière après la fin de l'URSS et de l'aide économique qui allait avec.

La suppression progressive de la libreta, ce carnet de denrées alimentaires distribuées chaque mois assurant une quinzaine de jours de vivres indispensables, est symbolique du sens de ces réformes. Bien que Raul Castro prétende qu'il « n'y aura jamais d'espace pour les « thérapies de choc » à l'encontre des plus nécessiteux », la libreta est devenue, selon lui, « un fardeau insoutenable ». Le secteur social de l'économie cubaine devrait donc se réduire, au profit du secteur privé. À ceux qui tireront profit des réformes, le régime promet qu'ils pourront désormais revendre leur maison pour en tirer profit ou acheter une voiture récente, toutes choses qui étaient jusqu'à présent difficiles ou réservées à des privilégiés.

Le régime va donc continuer d'accorder des patentes permettant d'ouvrir un commerce ou une petite entreprise privée. Depuis octobre dernier, 200 000 Cubains en auraient bénéficié, mais 30 000 auraient déjà fait faillite, et 250 000 de ces patentes devraient être distribuées d'ici à la fin de l'année. En revanche, sur l'annonce faite l'an dernier du licenciement à terme de 500 000, voire un million de fonctionnaires, Raul Castro s'est contenté d'évoquer une « réorganisation de la force de travail » qui devrait conduire à « réduire les listes gonflées du personnel du secteur d'État ».

Les dirigeants cubains continuent d'affirmer que leur régime est « socialiste ». Mais la révolution cubaine a été avant tout une révolution nationaliste, cherchant à desserrer l'emprise des compagnies américaines sur Cuba, et non pas à remettre en cause le système de domination capitaliste lui-même. Aujourd'hui, c'est celui-ci qui se venge, montrant qu'il n'y a pas de solution à l'échelle d'un seul pays, et encore moins d'une seule petite île.

C'est sous la pression de l'impérialisme et de ses « marchés » que les dirigeants cubains remettent aujourd'hui en cause ce qui, jusqu'à présent, avait fait que, pour les classes pauvres et sur certains aspects, la santé notamment, la vie quotidienne soit moins difficile à Cuba que dans le reste de l'Amérique latine, même si l'embargo imposé par les États-Unis créait par ailleurs des difficultés de toutes sortes. Car le véritable socialisme ne peut exister sans remettre en cause ce système impérialiste, et cela à l'échelle du monde.

Jacques FONTENOY

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2229&id=32

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